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Saïd et Diana

Said-et-Diana-2.jpg

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  • : Les cahiers des diables bleus
  • : 19/09/2005
  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
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Texte Libre

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Image de Dominique par Louis

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P'tits poèmes diabolique

Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 23:38

      Le début de cette année 2012 est encore plus dure pour l'écriture que l'a été la fin de celle de 2011... J'ai toujours eu du mal à relier entre eux les fragments de mes récits pour en faire ces choses qu'on appelle... des livres... Ecrire pour moi c'est de l'enthousiasme à vif qui brûle et puis s'échappe... Sans doute pour ça que je ne suis plus guère publiée désormais car il faut un début un milieu une fin aux histoires hein ? Mais les miennes n'ont souvent qu'un début ou qu'une fin et pas de milieu... ça vous le savez bien...

      Voilà que je me suis acharnée à " finir " ces choses ces livres... et à les confier à des éditeurs qui n'éditent pas enfin pas moi... Rien de grave mais juste que sans porte la parole se ferme à moins que ça soit le contraire...

      D'où mon silence de ces derniers temps que vous avez remarqué hein ?

      Et puis voilà que sorti du bois où je croyais bien mourir de froidure l'éditeur ou peut-être l'éditrice a eu envie de publier peut-être... faut jamais s'avancer hein ?... le dialogue que je mène avec Leïla Sebbar depuis deux ans et qui est lui... achevé !

      Alors il se peut que l'écriture r'ouvre ses portes et ses fenêtres qui sait... au printemps hein ?

 

Antres-tuesNuit oasis 1
 
Un œil bleu dans une nuit de henné
Dans une nuit rouquine
Un œil bleu ouvert sur deux
Parenthèses de rimmel fugitives
Une paupière qui lèche des entre-ciels
Dans cette rue les porches sont lourds et mouvants
Comme des quais saouls où viendraient mourir
Des navires mais ils se tirent juste avant
Emportant leur cargaison furtive
Juste avant qu’un œil bleu les lave
Avec l’eau des aquarelles

Un quartier où le poids de la chair fraîche claque
Entre deux coupures mais pas de sang
Papier monnaie emballe beaucoup mieux
Que celui des boucheries
Des ballots de coton comme des sentinelles
Guettent la fin de la nuit
Les blanches matrones des plantations
De l’Afrique à la rue rouquine
Ont épongé mutines
Les fleuves de rubis
Le long des bras tatoués de la Cité
Ses bras brûlants d’amante ensorcelée
Qu’un œil bleu entre ouvre obstinément

Antres plombés à l’humidité de hammam
Eclaboussures sueurs des Négresses
Achetées par paquets jadis
Qui vernissent les strings des Boulevards
Des orchidées de doigts fleurissent sur les fesses
Des filles aux pesantes toisons
Les tenancières se parent d'elles
Un œil bleu ne les quitte pas malgré
Neige violette leur peau
Au bout des seins fripée
Un œil bleu à l’intérieur d’une cicatrice
Dans une nuit rouquine de henné
Les voit comme elles sont

Mille souffles chauds venus de dessous
Le blouson noir des trottoirs morts où crisse
La chair des hommes scarifiée au cou
Par le lacet des muselières
Mille souffles entre leurs cuisses se glissent
Dans ce goulot ils passent à nouveau
Fœtus mouillés au milieu des odeurs de pisse
D’oranges vertes de narcisses
Et de sperme météore
Hommes ils passent sans jamais les regarder
Comme s’ils avaient été tirés au sort
Par un œil bleu dans une nuit de henné

Rue Saint Denis le string des Boulevards se plisse Sakountala-1976-Ch-teauroux-petit-copie-1.jpg
Le long des cuisses des rues
Rougies d’orchidées nues
Et ça me fait trop mal au ventre
Pour que je puisse donner encore à leur corps
Souillé mon œil bleu dans une nuit de henné
Une nuit rouquine
Où je me cogne cependant comme un navire
Entre les deux parenthèses rimmel
De leur vie que jamais
Personne n’a regardée comme elle est
Personne n’a entendue comme elle crie.

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Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 23:53

      Il y a des années j'aurais tout fait pour être peintre et j'ai peint durant vingt piges et je n'ai pas montré ça à grand monde... Ils y a des années que je voulais être écrivain et j'ai beaucoup écrit et j'ai un peu montré ça à pas grand monde... Aujourd'hui je ne sais pas bien ni ce que je veux ni ce que je suis et je n'ai plus envie de montrer ça à personne...

      Pourtant c'était un temps où l'espoir portait chacun de nous vers un grand idéal partagé... et déjà j'étais une voyageuse solitaire... Je ne crois pas que ce poème ait jamais été publié alors voilà...

      A Antonin et à Vincent... deux fous qui me font supporter ma folie...


“ Chacune des floraisons glacières de mon âme intérieure bave sur moi ”… 

A.Artaud  Oeuvres complètes I artaud9.jpg

 

“ Floraisons glacières ”

 

Trottoir cinglant théâtre à vif

Jupe entrouverte avant les trois coups

Voiture gyrophare bleu exploser le décor

Odeur de pneus chaude à vomir pas possible de ralentir

Freins miaulant écrasés le sable a grimpé sur les planches

Un type à quatre pattes cherche au pied d'un rosier                

Son trousseau de clefs

Epine de glace dans le corps du rosier

 

Ville qui crépite et se déhanche

Maisons bidons juste pour rire

Murs fulgurants coups de poings écarlates

Achète ! c'est combien ?

Toute la cité est à vendre

C'est un théâtre gigantesque où les rats tiennent les chandelles

Et entretiennent les grimoires

De la lubricité géométrique

Moisissures sanglantes d'orchidées béton

Deux vieux regardent l'escalier en lambeaux Vincent_van_Gogh_1872.jpg

Qu'un balancier fracasse lentement 

Poèmes implosés comme “ le cri de la vie ”

Dans une assiette d'encre 

 

“ Vous me détestez parce que je ne vous ressemble pas ”

Un type fatigué a laissé son costume de lézard au vestiaire 

Le garde-barrière habite une petite maison jaune

Dans les coulisses

Toit de chaume hérissé d'iris

           

Trottoir cinglant théâtre à vif

Masque de vieux clown                                  

Exonérer sa tronche des rides du hibou

Se voir est proprement dégueulasse 

Bas frontières entre ventre et parking

Arlequin à losanges noirs sur sexe blanc

Passer par ici repasser par là

Trou du souffleur à la fourrure louve

La douleur se marre comme un blouson noir

Camisole de glace au couteau flagrant

Bouquets de roses-haine dans des yeux enfants

 

Enfants barbares comptent leur fric dans les parkings

Le vieux clown joue sa vie sur le trottoir fragile

Les rats notent dans les grimoires

Que le trottoir est un théâtre

Trottoir frontière entre jupes rouges et bas noirs

Histrions purs comme l'épine de glace 

Qui défend le garde-barrière des trains voraces

 

La porte de la maison est fendue sur des champs

De tulipes rougeoyantes                                  

Des signaux d'alarme

Et des femmes courbées aux hanches larges

Le corps grand ouvert un type écarte les jambes

Au milieu de la ville en hurlant

Comme un soleil avorté

 

Trottoir cinglant théâtre à vif

Tournoiement des anges projecteurs soleils castrés

Dans la lueur de son visage     

Pourriture des mots au fond des flaques d'eau vertes   

Mangue-solitude dévorée par des yeux de jeunes loups

Qu'un sax incendie de silences             Ossip-Zadkine.jpg

Trottoirs creusés par des galops de doigts

Bleus gyrophares allument

Leurs jambes comme des aiguillages

Les loges sont remplies de blousons-noirs

Qui protègent les artistes affamés des courants d'ère

 

Trottoir cinglant un ange a entrouvert ma peau  

Avec une épine de glace et m'a faite rosier

Vous entendez bien rosier non pas rose

Et c'est pour cela que vous me détestez

J'ai griffé mes fleurs de glace

A la rampe de l'escalier

Chaque main posée sur elle

Sentira son cœur qui bat dans les décombres

 

La maison au toit d'iris mauves

Brille au fond des souterrains de ma mémoire

Je sais qu'il faut sautiller dans un champ de mines

Pour y parvenir

Un chien aux tendances suicidaires est assis

Au sommet d'un monticule d'escarbilles 

Les rails coupent les champs de tulipes rougeoyantes

De scarifications qui fuient

                       

L'homme au corps grand ouvert rayonne un soleil sanglant

A l'extrémité du sexe

Gouttes de sang dans les grimoires

C'est de nous tout ce qui restera

Moins qu'un costume de lézard

           

Trottoir cinglant Théâtre à vif

Pestilence des rues suant l'urine et les lilas                               

Des centaines de nez rouges se pointent

Dans l'herbe d'un terrain vague

“ Ça sent le rat crevé ”                        

Murmure la petite dame Vincent_Willem_van_Gogh_102.jpg

Dans le trou du souffleur

“ Parlez pour vous ”

Ricane le vieux clown

A quatre pattes il caresse les feuilles

Avec ses mains illusionnistes

“ Nous sommes en pays de barbarie ” 

Souffle la dame obstinément                           

Aux pieds ailés des anges incendiaires

Qui prennent leur envol                                   

En froissant leurs ailes de tôle

Dans les poussières de mercure

Leurs dents s'enfoncent dans la viande crue des étoiles

Mastiquent les mots avalent les lettres

Déchiquètent les points-virgules et les lilas

Sur la scène du parking désert les rats achèvent

De réduire à néant les grimoires

           

Une épine de glace a percé le cœur du rosier

Son cœur de chair seulement

Car son cœur de rose a explosé

En mille cathédrales d'odeurs inhabitées

 

Le garde-barrière de la petite maison

Au toit d'iris a conservé

Secrètement quelques grimoires

Sûr qu'ils se souviennent

Que le dernier train est passé juste à l'heure

Où un type se faisait dans sa baignoire

Un mauvais sang d'encre

 

Deux vieux assis au cinquante quatrième étage

Dans l'escalier de la Tour Azur

Qui résonne de coups de canne et de hululements

Regardent quelques centaines de mètres plus bas

Un homme au corps grand ouvert leur faire signe

Que la répétition va commencer

 

Trottoir cinglant théâtre à vif

Des filles hiboux chassent en rase-bitume                                

L'asphalte rend gorge des mecs au sexe fric 1857.jpg

Petite lampe du géomètre lubrique                              

Guide client pas regardant

Achète ! c'est combien ?

Toute femme est à vendre

C'est un bordel gigantesque     

De triangles éphémères 

Où les écureuils font les fous               

Pas de murs qui résistent

A leurs griffes rouillées

 

Ils entrent un à un                                           

Dans les bocaux de verre des épiciers

Et rapportent aux filles et aux poètes

Des poignées de berlingots acidulés 

Et d'étoiles d'araignées

Incandescente indécence

Des trottoirs lucioles aux trésors dévoilés

Où j'ai traqué pour leur déplaire

Le corps de la rose et le cœur du rosier

 

La petite maison au toit d'iris

Est retournée se blottir

Dans son rectangle flamboyant

Il n'y a plus de refuge pour les enfants barbares

Sauf les grimoires ensorcelés

Où les anges noirs et blancs

Se glissent dans les coulisses

Enjambant la ligne rouge qui sépare

Les trottoirs-saltimbanques

Du ventre mou des honnêtes gens A-Artaud.jpg

           

Au  milieu de la ville

Un type au corps grand ouvert comme un livre d'images

Tourne les pages vierges de l'été

Où tombent une à une les épines de glace

Des étoiles d'araignées.

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Samedi 17 décembre 2011 6 17 /12 /Déc /2011 22:31

Histoire sans paroles

En-ballon.jpg

 

Oh ! Etre qui rebondit au rebord des nues

Que fais‑tu là sur cet asphalte de papier

De ce désert ta forme survenue

Oh ! Etre tellement inconnu que je crois

Jeune marionnette par des doigts agités

Encore l’avoir inventée mais c’est toi

Qui redessine ma vie à volonté

 

Oh ! Etre de brume chaude et de pain

Que tu partages fol avec les oiseaux

Scotchés nous parlions dans le bitume à l’étroit

Les clochards et les rats passent la porte enfin

De la citadelle enchantée où le château

N’est rien que le secret du dessinateur

Sur le désert parking de ses cartons en tas

 

Oh ! Etre de feuilles et de poussière

Ricoche à chaque image ton rire moqueur

Comment es-tu monté dans ce train où

Je t’ai rencontré tu n’existes qu’à travers

Premi-re-page.jpg

Mes mots qui sautent les tourniquets des gares

Dans les escalators s’assoient sur les genoux

Des personnages fatigués de leurs histoires

Et parmi les calques jetés sur le trottoir

 

Oh ! Etre mirage à l’eau du pinceau

Se mêlent tes désirs d’habiter un empire

Se frottent les couleurs de tes oripeaux

A bord de mes bulles nacelles tu te tires

De la citadelle où l’encre a le dernier mot

Oh ! Tu enjambes comme on sort d’une marelle

Le trait noir qui te cerne ainsi qu’un faire part

Nous dormons ensemble dans des nids d’hirondelles

 

Oh ! Etre qui jaillit là dehors de la ville

Dont je ne connaissais rien encore ou si peu

Petite créature bien plus grande que

Les héros les vainqueurs les sauveurs et les dieux

Tu traverses le hall de la gare hostile

Page2.jpg

Et viens changer ma vie d’un tourbillon de feu

En posant sur ma peau le froissement fragile

De ta peau tatouée par mes mots à musique

 

Oh ! Etre qui prend de mes mains la plume

Le papier l’encrier la règle le buvard

Et les jette très loin sur les trottoirs d’écume

Tu pousses toutes les portes des grimoires

Tu chevauches sans peur des destriers de paille

Plus légers qu’une feuille perdant la mémoire

Pour venir me rejoindre Oh ! Mon amant canaille

Toi et moi déchirant tous les livres des gares

Pour venir me vêtir de tes bulles silence

Visage-d-tail.jpg

Toi et moi effaçant des tableaux noirs d’enfance

Les mots de craie si lourds qu’ils ont tué l’histoire

Oh ! Ami retrouvons notre incroyable errance !

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Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 21:58

      Voici la fin du poème commencé il y a pile un an que j'avais appelé alors " Déjà qu'il neige sur la lune " qui est une de mes goualantes d'infini et que j'ai rebatisée " Le trompettiste de l'Armée Rouge "... J'ai repris quelques-uns des vers déjà publiés dans le passage précédent début 2011 pour que vous vous y retrouviez un peu... Bon... vous avez l'habitude de mes écritures éclatées hein ? 

Le trompettiste de l'Armée Rouge

Chameau de chat

Aujourd’hui ils ont décidé

Hier ils décidaient déjà

J’ai 50 ans je descends du métro à la station Edgar Quinet le jour del a St Jean ce sont mes retrouvailles avec la lumière

Il fait tellement chaud au bord du grand champ de blé jaune et les fleurs de tournesol me grimpent entre les doigts

Sur le quai il y a un homme assis vêtu d’un uniforme de l’Armée Rouge qui joue de la trompette avec entre ses pieds aux bottes de cuir déchirées un sac en plastique bourré de cannettes de Chimay et de Kriek

Et c’est le dernier rendez‑vous qu’on s’est fixé avant que le présent nous remette chacun à notre place le cimetière du Montparnasse ça n’est pas loin

En coupant à travers les prairies qu’on connaît comme notre poche lui et moi nous marchons à la boussole C’est une vieille habitude qui permet d’égarer le chien du temps qui renifle les solstices aux aisselles citronnelle et les équinoxes aux crinières réglisse

Le soldat de l’armée rouge ne transpire pas nous fumons comme des lessiveuses de neige fondant dans le four des locomotives en prenant d’assaut l’allée 4

Ses cratères de lune aussi gros que des terriers de loups aux corridors incroyables tout au bout Fatima silhouette accroupie

Impatientes ses lavandes et sa djellaba bleue a balayé la terre la ghessa creuse son trou remplie de couscous sur les feuilles de bananier

A l’abri de la stèle dressée les azulejos que le jardinier de l’Alhambra de Grenade m’a donnés dessinent ton nom vols saugrenus Yahya

Martins pêcheurs orange et turquoise frôleurs de bougainvillées violets noyés dans leurs miroirs Fatima allume les écorces des araucarias

Cavaliers corps d’arbres leurs talons crevasses que ton oncle a menés jusqu’au Jardin d’Essai à Alger éloignent leurs lucioles de camphre clignotant les passants de l’intention folle de s’arrêter

De ce côté‑ci du temps brasier nos cérémonies du passage du feu à d’autres roses de sel les bâtons de pluie sont plantés ils avouent notre peau qui veut retourner à la chaleur d’un désespoir jaune

Et la tribu des salamandres cogne sa tête contre tam‑tam peau de chèvre le soleil la tend et on entend leurs coups petits et sourds qui lancent pierres d’horizons de l’autre côté

Magiciennes elles peuvent le forcer à descendre en marche à midi aussi La tribu avance vient lance c’est Potick le chien de la ferme y a cinquante ans

Hey Man tu te souviens hein ? tu te souviens ? 

Potick museau bâillonné les boit météores mais nous ne voulons personne pour la danse lente du retour qui s’achève dans son déluge capricieux

Ruissellent les fleurs coupées aux têtes de serpents de cendres décapités qui agitent leurs khals‑khals comme des grands anneaux d’astres morts autour de leur cou

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Hey Yahya ! est‑ce que tu te souviens ? La face de cette journée sans ombre nous a emportés reliés à la chair immobile de la gloire et du soleil ô son royaume de pierres au jardin de Tipaza

Alors le soleil pas encore le couteau planté le fracas pas encore le charnier sourd églantines Sétif

Pas encore les épaves d’Orient citadelles d’hommes aux soies vendues pas encore l’Afrique dénudée ses ors caraïbes sucrant nos petits noirs sur les tables des bistrots Porte d’Orléans

Pas encore le soleil perdu dans les paumes de Fatima alors la nuit chaque poignée jetée sur ton nom couché te fait tressaillir sa bonté désaltère de lait salé nos déserts

Et le soldat de Stalingrad boit et souffle dans son soleil trahi jusqu’à ce que l’aube rouge vente et emporte la poussière sang sur le visage de Fatima qui a fini de s’éloigner pour un salut définitif à l’Afrique de Sankara et à l’Ukraine de Makhno

Le soldat de l’Armée Rouge a saisit sa trompette et joue Petite Fleur au milieu des oiseaux de marbre qui rient et reprennent le refrain

Il joue il joue pour toi Yahya et pour Fatima la danseuse au ventre troué par un arc‑en‑ciel qui sort du robinet et qui remplit les arrosoirs de vert de bleu d’orange d’indigo ça suffit pour commencer

Et personne ne nous empêchera de balancer le rouge et le jaune des bombes aérosol à la figure des fabricants de livres qui racontent la guerre aux enfants

Et personne ne nous empêchera de les traiter d’assassins censure les mains et de leur couper la parole

Enfants.jpg  

Hey Man ! Est‑ce que tu sais qui je suis ?

Hein ? Est‑ce que tu sais… toi le philosophe qui sucre ton café noir avec d’obscènes petites dents de lait

Les enfants sans tombeau de Palestine et de Libye renaissent déjà d’une rage d’encre et du hululement de mille trompettes solaires 

Je suis celle qui va t’enfoncer une épée de papier à travers la gorge et te clouer à ton miroir de phosphore comme l’image même de la mort

Hey Man ! Ta charogne idéale d’un monde Damoclès à l’étalage des boucheries je l’ai filée aujourd’hui dans la poche de l’uniforme du soldat de l’Armée Rouge qui est reparti bras dessus bras dessous avec Fatima

Et je te jure que là où ils vont il n’y aura personne jamais pour décider à notre place

Hey Man ! Je te jure qu’il n’y aura personne jamais pour retirer aux

Soleil enfants d’Afrika demain

Le chant noir de nos poèmes au bout du petit matin.

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Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 23:16

Ce poème que j'ai écrit il y a quelques temps déjà pour la mort de Yasser Arafat et je ne retoucherai pas un mot... ne me reste plus qu'à en écrire un pour Mouamar Kadhafi...

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11 novembre 2004

A Yasser Arafat Main.jpg

 

Ce matin encore

A rien pu la mort

Des mangeurs de Dieu

Est truqué le jeu

De désert encore

Relanger son pieu

A pas été vieux

Embarque à bon port

Et juste s’endort

Si vous faites mieux ?

Y’a à peine un corps

Qui cadavre à mort

Au clair de ses yeux

Se mare la mort

Un pays soucieux

Chagrins corridors

Fait la peau aux Dieux

Ce matin encore

C’est pas du sérieux

Arafat est more Darwich.jpg

 

Qu’est‑ce qu’ils ont avec la mort

Journalistes toréadors

Chaque jour ils sont au rapport

Depuis cinquante ans qu’ils ont tort

Mais la mort quand on s’y abonne

Ça Palestine les colonnes

C’est vrai vivre en héros ça donne

Chaud je suis Dieu qu’on me pardonne

J’ai tiré votre carte au sort

Pas de géants je suis d’accord

Mais j’ai des fleurs pour ce décor

Sans peuple une terre c’est more

Commode pour les bulldozers

Vos maisons je joue au poker

Bougez pas moi j’ai votre affaire

J’écris deux mots sur votre enfer

Gaza gazouille bleu ses sources

On tisse la laine des ourses

Pour faire de joyeux burnous

Je suis Dieu je vous aime tous

 

Arafat est more Arafat-copie-1.jpg

S’élance son corps

Sur le temple d’or

Du dieu du soleil

Désert de Libye

Qu’est‑ce que ça dit ?

Trouver l’eau ici

C’est un coup du sort

Des sources pareilles

Au raisin des treilles

Palestine éveille

Des nappes de fruits

La lumière belle

S’enroule et ruisselle

Trésor des chandelles

Autour de son corps

Arafat est more

 

Dessous les oliviers

Repas de lait caillé

De pain et huile fière

L’eau on vous l’a pillée

Vos puits c’est mon trésor

Je suis Dieu je suis fort

Assis sur mon derrière

On vous vendra très cher

Des machines à traire

Des troupeaux morts de soif

Je suis Dieu je fais gaffe !

Je suis le mirador

Qui cloue debout vos corps

Aux murs des vieux ghettos

Pour se venger d’eux‑mêmes

Ils vous feront la peau

Mais Arafat est more Arafat_Darwish_Habash.jpg

 

Et qu’est‑ce qu’ils ont avec la mort

Depuis le temps qu’ils jettent dehors

Les peuples amoureux du soleil

Et tous les Indiens dresseurs d’abeilles

Résistant à leur désir de faire

De leurs vergers joyaux une terre

Promise à de fort riches affaires

Encore un mur mais c’est la dernière

Fois qu’on rejoue à la même guerre

Partez ! Foutez le camp de chez vous !

Je suis Dieu Pan ! Arafat est mort arafat-2.jpg

Un grand drap blanc se pose sur vous

Et que renaisse votre jeunesse

Du pain frais des olives son corps 

Bonne nourriture infante ivresse

Palestine terre où le temps laisse

Aux enfants l’oubli d’un mauvais sort

D’un ghetto qui dure et dure encore

Mais contre vous a rien pu la mort

Je suis un homme et je vous aime tous.

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