Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Saïd et Diana

Said-et-Diana-2.jpg

Présentation

  • : Les cahiers des diables bleus
  • : 19/09/2005
  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
  • Retour à la page d'accueil
  • Partager ce blog

Texte Libre

Texte Libre

Pour faire défiler les images du catalogue cliquez sur la fenêtre dans le bleu et placer le curseur de la souris sur la page à gauche...

Commentaires

Image de Dominique par Louis

Recherche

Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /Jan /2010 19:17

Le retour de Sinbad suite...

Visage-des-cit-s-d-tail-2009.jpg

Sabrina elle s’était mise aux galures des feutres des usagés cabossés blacks des gai lurons de bourges qu’elle arrangeait d’abord un bon coup à l’eau de Javel et ça les rendait frétillants neufs comme le sable des plages que Vishnou qui n’déparait pas les autres moutards de son âge sur ce plan maçonnait châteaux palais citadelles et y restait qu’à les reteindre de jolies mascarades et à y coudre des fleurs par‑dessus on obtenait de l’inattendu qui faisait bien l’affaire des vacanciers pas fortunés qui trouvaient que les tarifs étaient à leurs bottes… 

Le p’tit commerce de Sabrina il marchait à donf elle déballait ses fripes aux terrasses des bistrots les patrons disaient rien ils étaient en bonne amitié avec les Indiens ça les amusait les mimiques de Vishnou qu’arrivait régulier à troquer aux lardons des familles un peu bourges et bien pourvues en monnaie les flèches aux lamas roses dedans leur étui sac plastique pendu à ses reins d’une cordelette tressée contre un cerf‑volant aux ailes vastes comme celles du cormoran black qui lâchait pas Sinbad au‑dessus du port… Il était là on le voyait qui plongeait et rapportait à la surface bleu cuivre de l’océan à midi une friture qu’il engloutissait toute vive… Craou ! Craou ! Craou !

Quand c’était l’heure des apéros un peu avant le dîner Sabrina remballait la camelote à l’intérieur du sac à dos de Mario celui qu’avait traversé l’Amérique jusqu’à San Francisco à la rencontre de Timothy Leary de Ginsberg de Kerouac et de Burroughs si on voulait pas trop chipoter parc’qu’à l’écouter Mario il avait à pinces arqué des bornes et des bornes d’un bout d’l’Angleterre aux US et à l’autre ce qu’était quand même pas probable en vérité mais on était pas à ça près ! N’empêche qu’il se montrait pas radin un bon camarade en somme pour leur partager les histoires on the road à tous et qu’il décrivait impeccable Ashbury Street ses baraques bariolées pink‑blue‑yellow et les teufs énormes où le “ San Francisco sound ” arrachait les esgourdes des gars et des filles rassemblés au Golden Gate Park et dans toute la ville pour l’Eté de l’Amour… Ah ! the Summer of Love c’était mieux et plus excitant que tous les poèmes flingués de Burroughs réunis !

Sinbad qu’avait jamais flairé des aventures de la sorte même si dedans la zone et les ghettos d’la périphérie on la reniflait depuis bien avant qu’les fils de rupins s’y collent la rebelle qu’on l’aLe-savoir-sans-permission-copie-1.jpgvait au fond de la boue des p’tits ruisseaux d’la Medina comme des pépites d’or pur il était épaté des bouquins que Mario leur fourrait sous le pif et qu’il gardait en tas dedans la pièce collective où les matelas les uns contre les autres formaient un plumard en commun… Mario lui il avait pas approfondi les études plus que ça mais il causait l’américain des rues à l’aise autant que s’il avait traîné à la remorque de Bukowski entre ses bars à putes et ses piaules d’hôtels qui le mettaient charogne tellement elles puaient la daube et la crasse des trente‑six misères et il baragouinait ses poèmes de Jouer du piano ivre… qu’il leur traduisait à sa sauce c’était le panard et Sabrina assise en tailleur les bouts d’un poncho patchwork entre les plis de sa jupe indienne laissait tomber les morceaux d’sa couture pour taper dans ses mains et réclamer la suite… 

A l’heure de l’apéro Sabrina vendait aux passants bien sapés des colliers de perles de couleurs tissés qu’elle avait aussi entrelacés à ses cheveux teints au henné rouge et quand Mario que Vishnou suivait à la trace de ses déambulation pour mancher dedans les coins les plus touristes la récupéraient un peu avant que les lampes lucioles géantes des bistrots du port s’allument ils allaient dévorer ensemble une double portion de frites et de sardines grillées arrosées de Kriek pour Sabrina et Mario et de grenadine pour Vishnou qui louchait sur la bière en loucedé…  Puis ils rentraient à pieds direction la petite maison chaulée blanc avec Mario et sa guitare qui rendait le chemin plus court il reprenait ses airs favoris des morceaux qu’il savait par cœur de Pearl la galette de Janis Joplin…

Vishnou qu’avait refilé à Sabrina qui lui servait de mère en l’absence de Jean le reste de la recette du jour s’était endormi sur place et il fallait le porter tout du long avec le pain et les courses du supermarché que Mario pratiquait à l’aise Vishnou entre les guibolles en train de faire carotte des tablettes de chocolat du clacos et des p’tits gâteaux planqués au fond de la poche plastique où les flèches aux lamas roses montaient la garde  et qu’étaient réservés à ceux qui trimaient vraiment…

Arrivés à la petite maison chaulée blanc Vishnou qui se réveillait en poussant un cri de guerre se ruait d’un bond de tout son corps chocolat dans le bassin cimenté qui ramassait l’eau de la source où des têtards minuscules se faufilent entre les herbes qui nagent… C’était le signal d’un plaisir qu’on imagine pas entre les murs de la Cité aux ordures celui de l’eau fraîche quasi glacée qui recouvre la peau d’sa tunique douce limpide qui prend la place des masques de poussières de soleil de sel de sable et de goudron… Le bassin il est rempli autant d’herbes qui nagent et de mousses que d’eau vive qui s’échappe c’est le lit d’un palais et les draps d’eau on s’enroule dedans pendant que la night elle s’amène… Les chauves‑souris elles planent ras en vrombissant les sorcières le radar aiguisé et Vishnou qui compte en gauler une et se la faire rôtir pour ce soir il planque jaillit et rebondit entre les feuilles des nénuphars et il les loupe à tous les coups… Tri ! Tri ! Tri !

Tomy… Sinbad et les autres ils ont allumé un feu de cageots et de bouts d’bois ramassés sur la plage ou le long des marais qu’étincellent sitôt que le plateau de cuivre du soleil a plongé et la lune elle commence à nacrer tout c’est un coquillage visage M-lune-overblog.jpgpâle que le renardeau camouflé des buissons à genêts mâchouille un peu à la night il emporte un éclat au fond de son terrier jusqu’à ce qu’y en ait plus et Hop !  Au-dedans de la petite maison chaulée blanc on a installé les espaces collectifs et c’est pas Sinbad que ça dérange lui à l’intérieur de la baraque de M’mâ il a jamais eu sa piaule ni rien qu’était pas à tout l’monde alors ! La gargamelle c’est chacun qui s’y colle quand il veut vu que les travailleurs comme Sinbad et Tomy ils fournissent le poiscaille sans restriction on est pas rationnés d’autant que Jean qu’a pactisé avec des maraîchers qu’embauchent pour les saisons des cueilleurs pas exigeants aux entournures elle déménage les légumes éborgnés à l’intérieur de la musette militaire et s’y a des pêches de vigne sauvages c’est pas de refus… 

Le retour des Indiens à la petite maison chaulée blanc il se fait à l’instinct des estomacs mais d’abord c’est l’envie de s’retrouver les uns les autres qu’il se dit Sinbad vu que chacun a planté sa family pour la transhumance et les plus aguerris à la route comme Tomy et Jean ils savent déjà qu’ils retourneront pas… Jamais qu’ils envisagent de faire leur trou dans la Cité d’leurs vieux les zimmigris ou ceux qu’ont largué leur paysage les minières du Nord où ils ont trimé tout lardons les filatures les grandes fermes qu’ont exploité leurs darons ils étaient ouvriers agricoles un pan de l’année et le reste… c’était dans l’improvisation pareil que les esclaves blacks ! Ouais ceux qui peuvent ils retourneront pas c’est joué la tess’ quand t’en sors que t’as eu le blot de t’arracher et que tu fais demi‑tour c’est que t’es un blaireau qu’il se répète Sinbad pendant que la première tournée de boustifaille est en route le poisson posé au creux de la grille un vivier à homarCHAHUT.jpgds éventré avec les tomates les courgettes et les aubergines… Vishnou qu’est toujours le plus rapide quand il s’agit de bâfrer et habile comme pas un a reniflé le festin qu’il émiette éparpille à coups de flèches de bambous et pour finir il dévore c’qui lui tombe en s’brûlant à pleines mains…

Sinbad qui le zyeute il pense à Virgile et sa silhouette dessus macadam black rouge couchée qui passe à toute vitesse et à leur enfance à la Cité aux ordures… Qui aurait pu dire que le bonheur n’existait pas ?

A suivre...

Publié dans : Contes et récits de l'arbre aux histoires
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés