Partager l'article ! Désir de femme: Désir de Femme Femme quel est ton nom ? Petite enfant bavarde née au creux des v ...
Femme quel est ton nom ?
Petite enfant bavarde née au creux des vagues
Existes-tu ? As-tu des doigts Des lèvres
Des pupilles triangles comme celles des chats ?
Toi qui cours dans la rue
Après des cerceaux de soleil
Que personne ne voit Existes-tu ?
As-tu un sexe Des hanches
Des petits seins qui ressemblent aux miens ?
Petite châtelaine dont la bouche de marbre
Fait la moue Existes-tu ?
Pourquoi mets-tu sans cesse
La clef sous le paillasson
Lorsque je vais roder dans l'île
A la recherche de mon nom
Enfant sauvage accroupie entre les cuisses
De la grande pierre Que me veux-tu ?
Es-tu d'argile De chair fertile
De parfums engloutis dans ton corps imaginaire ?
Petite déesse d'algues et de silex
Outre du souffle Que me veux-tu ?
Es-tu d'onyx De cuir fauve D'ombres fluides
Où je reconnais mes cavités de mousses ?
Pourquoi te caches-tu sous ces robes
Et ces voilettes écarlates Lorsque je viens
Guetter à la fenêtre de l'atelier
L'esquisse de ta chevelure ?
Adolescente dont la natte fouette
Les murailles du château englouti
Qui attends-tu ? Sors-tu d'une rivière
D'une toison d'herbes D'un pubis de femme
Sous un écran de renoncules ?
Voilure déployée qui s'amarre
A des hanches mouvantes Qui attends-tu ?
Sors-tu d'une harpe D'une coulée de désir
D'un chant qui monte et se tord
Comme une tresse de lumière ?
Pourquoi offres-tu ton corps à leurs mains
Qui grattent sur lui leurs complaintes de nacre
Alors que je t'apporte quelques poignées
De terre rouge Pour combler notre déchirure
Jeune femme nocturne laissant fuir le souffle
En dehors de toi Quel est ton nom ?
T'ont-ils nommée sirène ou Blodeuwedd
Mélusine nageant dans le clair-obscur
D'un ventre doucement marin ?
Jeune souveraine jouant
D'une flûte de cuivre Où tu têtes la vie
Quel est ton nom ? T'appelles-tu vibrance
Oiseau de lune Ou bien cathédrale explosée
Par le souffle de l'outre ?
Pourquoi fuis-tu petite âme légère
Parmi les débris de tes désirs brisés
Lorsque je me glisse dans l'île
Sur mes pieds ailés ? Moi qui ne suis que le vent
Que l'outre a avalé
Petite vague bavarde au creux de nos flancs
Qui n'existe que dans les yeux miroirs
D'un désir de femme beau comme la lumière
Dis-moi Quel est mon nom ?
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