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J'avais rien l'intention d'écrire aujourd'hui...
travailler à mes ours et voilà... un p'tit week-end tranquille avec l'ami Louis malade enrhumé et voilà que la dernière image du combat de nos adolescences rageuses vient de se casser ! Une
encore une de trop... Jean Ferrat même si on est loin d'être toujours al avec lui mais on s'en fout car c'était un poète de l'engagement total et un être solidaire des gens simples des ouvriers
et paysans de nous autres quoi...
Après Léo notre frangin anar nous v'là encore un peu plus seuls un peu plus largués des amarres alors pas possible d'écrire un mot pour l'instant... Voici trois
textes dont un d'Aragon que vous n'risquez pas de lire ailleurs que sur notre blog des Cahiers diaboliques rien que pour dire que le combat
des gens du peuple ne s'est jamais arrêté et qu'il continue avec des mots qui sont nos armes à nous !...
Voilà de quoi bien énerver les rampants qui croient qu'il n'y a plus de gens debout et que les poètes attendent leur médaille et leur fin de mois ! Notre
espoir à nous il est mis en chantier chaque matin et chaque nuit... On continue !
Au revoir Jean et Vive La Commune ! Nous serons toujours des Partageux Salut et Fraternité
La Commune
Jean Ferrat
Il y a cent ans commun commune
Comme un espoir mis en chantier
Ils se levèrent pour la Commune
En écoutant chanter Potier
Il y a cent ans commun commune
Comme une étoile au firmament
Ils faisaient vivre la Commune
En écoutant chanter Clément
C'étaient des ferronniers
Aux enseignes fragiles
C'étaient des menuisiers
Aux cent coups de rabots
Pour défendre Paris
Ils se firent mobiles
C'étaient des forgerons
Devenus des moblots
Il y a cent ans commun commune
Comme artisans et ouvriers
Ils se battaient pour la Commune
En écoutant chanter Potier
Il y a cent ans commun commune
Comme ouvriers et artisans
Ils se battaient pour la Commune
En écoutant chanter Clément
Devenus des soldats
Aux consciences civiles
C'étaient des fédérés
Qui plantaient un drapeau
Disputant l'avenir
Aux pavés de la ville
C'étaient des forgerons
Devenus des héros
Il y a cent ans commun commune
Comme un espoir mis au charnier
Ils voyaient mourir la Commune
Ah ! Laissez-moi chanter Potier
Il y a cent ans commun commune
Comme une étoile au firmament
Ils s'éteignaient pour la Commune
Ecoute bien chanter Clément
Jean Ferrat
Cuba Si
La nuit quand je m'en vais à rêve découvert
Quand j'ouvre mon écluse à toutes les dérives
Cuba dans un remous de crocodile vert
Cuba c'est chez toi que j'arrive
Je rencontre un vieux nègre aux yeux de bois brûlant
Assis devant la mer grain de café torride
Le front dans le soleil il me montre en riant
Là-bas, les côtes de Floride
Cuba, Cuba, Cuba sí
Cuba, Cuba sí
Cuba, Cuba, Cuba sí
Cuba, Cuba... sí
Il dit j'ai vu Harlem il dit j'ai vu New-York
Et noir j'avais si peur devant les chiens à nègres
Que j'aurais préféré la peau rose d'un porc
Collée sur ma poitrine maigre
Et maintenant Cubain pauvre comme Cuba
Je suis libre et ma femme a la couleur du sable
S'il n'y a rien à manger on danse la conga
Mais les chiens restent sous la table
Cuba, Cuba, Cuba sí
Cuba, Cuba sí
Cuba, Cuba, Cuba sí
Cuba, Cuba... sí
Adieu Cuba adieu mon rêve à la peau brune
Mes éperons d'argent sonnent sur tes galets
Et mon cheval rêvé qui renifle la lune
Piétine déjà l'eau salée
Que je devienne un jour un vieux singe ridé
Que le ciel de Cuba se brise comme verre
Je sais que l'on peut vivre ici pour une idée
Mais ceci est une autre affaire
Cuba, Cuba, Cuba sí
Cuba, Cuba sí
Cuba, Cuba, Cuba sí
Cuba, Cuba... sí
Un jour un jour
Louis Aragon
Tout ce que l'homme fut de grand et de sublime
Sa protestation ses chants et ses héros
Au dessus de ce corps et contre ses bourreaux
A Grenade aujourd'hui surgit devant le crime
Et cette bouche absente et Lorca qui s'est tu
Emplissant tout à coup l'univers de silence
Contre les violents tourne la violence
Dieu le fracas que fait un poète qu'on tue
Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche
Ah je désespérais de mes frères sauvages
Je voyais je voyais l'avenir à genoux
La Bête triomphante et la pierre sur nous
Et le feu des soldats porté sur nos rivages
Quoi toujours ce serait par atroce marché
Un partage incessant que se font de la terre
Entre eux ces assassins que craignent les panthères
Et dont tremble un poignard quand leur main l'a touché
Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche
Quoi toujours ce serait la guerre la querelle
Des manières de rois et des fronts prosternés
Et l'enfant de la femme inutilement né
Les blés déchiquetés toujours des sauterelles
Quoi les bagnes toujours et la chair sous la roue
Le massacre toujours justifié d'idoles
Aux cadavres jeté ce manteau de paroles
Le bâillon pour la bouche et pour la main le clou
Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche
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