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Saïd et Diana

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  • : Les cahiers des diables bleus
  • : 19/09/2005
  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
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Texte Libre

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Image de Dominique par Louis

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Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /2010 18:45

      J'avais rien l'intention d'écrire aujourd'hui... travailler à mes ours et voilà... un p'tit week-end tranquille avec l'ami Louis malade enrhumé et voilà que la dernière image du combat de nos adolescences rageuses vient de se casser ! Une encore une de trop... Jean Ferrat même si on est loin d'être toujours al avec lui mais on s'en fout car c'était un poète de l'engagement total et un être solidaire des gens simples des ouvriers et paysans de nous autres quoi...
      Après Léo notre frangin anar nous v'là encore un peu plus seuls un peu plus largués des amarres alors pas possible d'écrire un mot pour l'instant... Voici trois textes dont un d'Aragon que vous n'risquez pas de lire ailleurs que sur notre blog des Cahiers diaboliques rien que pour dire que le combat des gens du peuple ne s'est jamais arrêté et qu'il continue avec des mots qui sont nos armes à nous !...
       Voilà de quoi bien énerver les rampants qui croient qu'il n'y a plus de gens debout et que les poètes attendent leur médaille et leur fin de mois ! Notre espoir à nous il est mis en chantier chaque matin et chaque nuit... On continue !

Au revoir Jean et Vive La Commune ! Nous serons toujours des Partageux Salut et Fraternité

La Commune
jean_ferrat.jpg

Jean Ferrat

 

Il y a cent ans commun commune

Comme un espoir mis en chantier

Ils se levèrent pour la Commune

En écoutant chanter Potier

Il y a cent ans commun commune

Comme une étoile au firmament

Ils faisaient vivre la Commune

En écoutant chanter Clément

 

C'étaient des ferronniers

Aux enseignes fragiles louise-Michel.jpg

C'étaient des menuisiers

Aux cent coups de rabots

Pour défendre Paris

Ils se firent mobiles

C'étaient des forgerons

Devenus des moblots

 

Il y a cent ans commun commune

Comme artisans et ouvriers

Ils se battaient pour la Commune

En écoutant chanter Potier

Il y a cent ans commun commune

Comme ouvriers et artisans

Ils se battaient pour la Commune

En écoutant chanter Clément

 

Devenus des soldats

Aux consciences civiles

C'étaient des fédérés

Qui plantaient un drapeau

Disputant l'avenir

Aux pavés de la ville

C'étaient des forgerons

Devenus des héros

 

Il y a cent ans commun commune

Comme un espoir mis au charnier

Ils voyaient mourir la Commune

Ah ! Laissez-moi chanter Potier

Il y a cent ans commun commune

Comme une étoile au firmament jeanferrat.jpg

Ils s'éteignaient pour la Commune

Ecoute bien chanter Clément


 

Jean Ferrat 

Cuba Si

 

La nuit quand je m'en vais à rêve découvert

Quand j'ouvre mon écluse à toutes les dérives

Cuba dans un remous de crocodile vert

Cuba c'est chez toi que j'arrive

 

Je rencontre un vieux nègre aux yeux de bois brûlant

Assis devant la mer grain de café torride

Le front dans le soleil il me montre en riant

Là-bas, les côtes de Floride

 

Cuba, Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba... sí

 

Il dit j'ai vu Harlem il dit j'ai vu New-York

Et noir j'avais si peur devant les chiens à nègresche_guevara.jpg

Que j'aurais préféré la peau rose d'un porc

Collée sur ma poitrine maigre

 

Et maintenant Cubain pauvre comme Cuba

Je suis libre et ma femme a la couleur du sable

S'il n'y a rien à manger on danse la conga

Mais les chiens restent sous la table

 

Cuba, Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba... sí

 

Adieu Cuba adieu mon rêve à la peau brune

Mes éperons d'argent sonnent sur tes galets

Et mon cheval rêvé qui renifle la lune

Piétine déjà l'eau salée

 

Que je devienne un jour un vieux singe ridé

Que le ciel de Cuba se brise comme verre

Je sais que l'on peut vivre ici pour une idée

Mais ceci est une autre affaire

 

Cuba, Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba... sí

 

 

Un jour un jour

Louis Aragon

  Fidel-Castro-3.jpg

Tout ce que l'homme fut de grand et de sublime

Sa protestation ses chants et ses héros

Au dessus de ce corps et contre ses bourreaux

A Grenade aujourd'hui surgit devant le crime

 

Et cette bouche absente et Lorca qui s'est tu

Emplissant tout à coup l'univers de silence

Contre les violents tourne la violence

Dieu le fracas que fait un poète qu'on tue

 

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange

Un jour de palme un jour de feuillages au front

Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront

Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

 

Ah je désespérais de mes frères sauvages

Je voyais je voyais l'avenir à genoux

La Bête triomphante et la pierre sur nous

Et le feu des soldats porté sur nos rivages

 

Quoi toujours ce serait par atroce marché

Un partage incessant que se font de la terre

Entre eux ces assassins que craignent les panthères

Et dont tremble un poignard quand leur main l'a touché

 

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange

Un jour de palme un jour de feuillages au front

Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront

Un jour comme un oiseau sur la plus haute brancheAragon.jpg

 

Quoi toujours ce serait la guerre la querelle

Des manières de rois et des fronts prosternés

Et l'enfant de la femme inutilement né

Les blés déchiquetés toujours des sauterelles

 

Quoi les bagnes toujours et la chair sous la roue

Le massacre toujours justifié d'idoles

Aux cadavres jeté ce manteau de paroles

Le bâillon pour la bouche et pour la main le clou

 

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange

Un jour de palme un jour de feuillages au front

Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront

Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

 

 

 

Publié dans : Colères noires
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