Vendredi 3 juillet 2009
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Parce que c'est l'été nos pistes d'écriture vont se
faire plus légères plus voyageuses et on va prendre nous aussi un rythme plus tranquille avec des balades ailleurs dans d'autres jardins et on vous fera profiter de leurs parfums et de leurs
fruits...
Et justement puisqu'il est question de jardin un p'tit poème qui a été publié je ne sais trop pourquoi par la revue Voix d'encre animée
pae Alain Blanc qui se trouve à Montélimar dans un coin qu'on aime bien juste à côté de la Drôme provençale avec ses vergers d'oliviers et ses champs de lavandes et le bleu turquoise lavé sur
l'orange des soirs qui virent brutal au violet l'été...
Le jardinier aveugle
Mon enfance solstice
Ils ont vendu le jardin et le jardinier
Que faisais-tu en ce temps-là ?
j'habitais dans le ventre vert-moulu du puits
Et j'attendais
Que les doigts de mousse des pierres
Me délient de ma maison d'eau
Mon enfance équinoxe
En ce temps-là
Les pommiers ne portaient pas d'autre nom
Que celui de la paume offerte
Et d'un pauvre qui ne savait pas
Que la table était mise depuis l'hiver
Mon enfance sauvée
Pour être sûre de ne pas grandir
Je me suis gavée de groseilles vertes
Et de pommes jamais mûres
Mais les roses étaient déjà grandes ouvertes
Et la pomme coupée en deux
Dans les mains d'un jardinier
C'est vrai que j'avais pris du retard
Mais comment imaginer
Qu'on puisse vendre un jardin et son jardinier ?
Mon enfance promise
Comme si j'avais tué le temps
Sur mes pieds de rosée j'ai musardé
Jusqu'à la porte bleue
Des mains d'oiseaux sans honte plein ma chemise
Des rires de parfums légers plein mes cheveux
Et quand je suis arrivée pour prendre part au festin
Comme ils me l'avaient dit
J'ai trouvé la porte fermée à clef
La nappe pendue à la branche d'un vieux pommier
Qui s'appelait bois mort
Ils ne m'avaient pas attendue
Pendant que je prenais le temps comme il vient
Ils ont vendu le jardinier et le jardin
Mon enfance perdue
En ce temps-là
Une assiette restait sur la table desservie
Pour celui qui passera un jour
Pourquoi n'ai-je pas serré assez fort
Le rêve du jardin
Et la main du jardinier
Dans le secret de mon corps affamé
Enfoui notre joie que rien ne remplace
Que faisais-tu en ce temps-là ?
Je me prenais pour le printemps
A qui pourrais-je donner maintenant
Mon été nu dont le pauvre n'a pas voulu ?
Publié dans : P'tits poèmes diabolique
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