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Saïd et Diana

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  • : Les cahiers des diables bleus
  • : 19/09/2005
  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
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Texte Libre

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Image de Dominique par Louis

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Vendredi 27 mars 2009 5 27 /03 /Mars /2009 23:09

Not for Sale suite...

      Bon ! il s’était dit dans son for intérieur Chomo qui croyait que les choses elles ne se font jamais pour rien… si j’ai trouvé le petit citronnier c’est que je vais pas tarder à avoir des nouvelles de Wael le lâcheur… le mauvais pote qui se soucie pas que moi je creuse et je creuse pour retrouver c’qui reste de sa maison et qu’il s’est tiré le bougre sans même faire un signe… c’est trop fort ! S’il se doute pas que moi j’ai de l’inquiétude de son sort et que je peux pas rester là-bas avec les autres qui se moquent qu’on ait rasé le ghetto et les habitants qui ont pas fui ils sont devenus quoi hein ? …

Chomo tout en même temps qu’il se faisait des réflexions il savait que la réalité c’était que ceux qui avaient fomenté et puis cimenté cette société de grands prédateurs avaient décidé y’a pas de jours de se débarrasser des pauvres… Les pauvres les ouvriers les jeunes nomades qui voulaient pas de leur monde de bouffons tristes qui font les animations des super marchés… Les jeunes ils s’étaient mis à vivre ensemble sous les tentes du Sud au bord du fleuve… Une sorte de commune de ce siècle‑ci Ouh là là !… c’était une affaire formidable qu’il se disait Chomo… même s’ils étaient un rien innocents et que les choses violentes elles leur étaient pas encore passées dessus ils apprenaient… La bonne aventure des villages sauvages et leurs typies elle était pas si loin que ça…

S’il en avait entendu raconter des choses là‑dessus ! Et les jeunes des faubourgs avec leurs kheïma et leurs yourtes avec leurs cahutes de toile aux couleurs effarantes ils faisaient les choses pour se frotter à la cavale délurée de la vie c’était bon ! Son vieux aussi à Chomo avant qu’il parte le vieux Chomo il lui racontait… à chaque fois qu’il y pensait il faisait une moue triste avec ses lèvres…il lui racontait en ajoutant toujours les détails les nouveaux comment c’était les combats des communes populaires dans le pays d’où il venait avec les camarades… Il en éprouvait un grand bonheur après coup… Les hommes et les femmes aux comités de quartiers tout le monde s’entraidait… ils étaient solidaires qu’aujourd’hui vous imaginez pas… Les carabistouilles de la misère et des vêtements lambeaux Ouh là là !… s’ils les échangeaient contre des bouts de papier où c’était écrit demain…

Du thé bien sucré y’en avait et de la menthe y’en avait toujours dans les jardins des classes populaires et maintenant Chomo il l’achète et il pense que l’odeur il pourra jamais vivre sans elle…

 ‑ Waaaael ! Waaaaael ! Il se décide pas à s’arrêter d’appeler Chomo… Faut qu’il se secoue d’ailleurs pas qu’il reste planté à l’intérieur de c’t’histoire comme un qui serait bien tranquille à l’abri du côté de ceux qui ont pas de soucis à se faire qui profitent… qui sont nés avec les bons rôles pardi … Il lui disait le vieux Chomo de pas oublier les camarades et il regardait autour de lui au fond de la boutique sombre de tailleur qu’il avait eu du mal… Ah ouais ! Comment il avait trimé que ça lui avait rétamé les chasses et le bout des doigts pareil qu’un coupeur de boutons… Ziouh ! Ziouh !

Mais les camarades ils étaient plus là et Chomo qu’était son seul fils il n’pouvait pas suffire à remplacer et le vieux Chomo de la famille il en voulait le moins possible pour sûr qu’il avait grandi au milieu d’une tribu à pas finir et que personne n’mangeait à sa faim et ils se dévoraient le pain de la bouche comme une bande de renardeaux leur proie…
          Raki iiiii ! Raki iiiiiii ! ils hurlent les troupeaux de poulets qui se repointent en ligne d’attaque… D’où qu’ils déboulent fous hargneux les mabouls ils se ruent… Yahou ! Yahou ! Chomo il leur balance encore une godasse en plein dans le croupion Vlan ! et re Vlan ! Raki iiiii ! Raki iiiiiii ! Le troupeau qui s’éparpille entre les tôles en s’égosillant ça le fait marrer Chomo Raki iiiii ! Raki iiiiiii ! Dire qu’ils avaient persuadé les autres ceux qui mettaient le vieux Chomo en colère et qu’il les aurait chassés pareil à coup de tatanes Vlan ! d’élever toutes ces volailles débiles entassées comme eux dans les casiers des entrepôts pour les becter se gaver de leurs corps puant la mort et de la mort aussi Ah ouais !

 ‑ Waaaael ! Waaaaael ! Longtemps c’était lui qu’avait apporté la menthe du jardin au vieux Chomo et tout le monde le connaissait dans le quartier des tailleurs vu qu’il était le seul à trimballer au milieu des autos et de la circulation qui abominait les petites rues grasses avec une peau luisante d’ordures par-dessus le bitume et les lambeaux de cuir en tas qui puaient leurs bestioles une carriole de légumes et le bourricot Mech Mech qui allait de son pas à lui… toujours le même…

 ‑ Ya ! Ya ! avance Mech Mech… Mech Mech l’âne au poil abricot qui n’avait pas d’âge était aussi têtu que Wael et personne avait réussi à les bousculer l’un ni l’autre de l’endroit où ils se fichaient pour la vente des légumes… C’était comme ça et le vieux Chomo surveillait du fond de sa boutique où rien que la petite lampe mettait une lueur dorée sur les coupes de tissus que tout se passait comme y faut…



A suivre...

Publié dans : Contes et récits de l'arbre aux histoires
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