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Parler de ce
qui se passe chaque jour en Palestine comme vous pourrez le lire dans ce qui suit c'est aussi parler de notre destin à tous... Ce qui a été entrepris avec notre silence et notre absence de
réactions vis-à-vis du peuple palestinien c'est ce qui nous attend tous : nous qui ne sommes pas d'accord avec un certain ordre du monde...
Il est évident
qu'ainsi que l'explique très clairement Jeff Halper ceux d'entre nous qui ne sont pas prêts à entrer dans ce sinistre bazar seront un jour ou l'autre parqués comme "individus gênants" à stocker
dans un ghetto ou dans l'autre...
Alors par solidarité avec tout un peuple et avec chaque être humain et par conscience de ce qui se joue monstrueusement aujourd'hui essayons de réagir avant qu'il ne soit tristement trop
tard...
Jeff Halper entame son tour d’Australie
Mardi 17 mars 2009
Sonja Karkar
ICAHD
Jeff Halper, de l’ICAHD, à Melbourne.La première conférence importante du professeur Jeff Halper en
Australie s’est tenue à l’université de Melbourne où il a parlé devant une salle comble. Quelque 300 personnes étaient venues écouter Jeff, beaucoup avaient été attirés par ce qu’il avait dit
lors de l’émission Petit Déjeuner sur la radio nationale le matin même, avec Fran Kelly. L’accueil était assuré par Sonja Karkar au nom de l’Institut de l’Asie, des Australiens pour la Palestine
et des Femmes pour la Palestine qui parrainent conjointement l’évènement.
En présentant le Dr Patrick Wolfe de l’université de La Trobe comme modérateur, elle a fait part de son intérêt pour l’anthropologie qui est aussi la spécialité de
Jeff. Elle a ajouté que tous les deux étaient fidèles à leur profession dans leur passion à comprendre la condition humaine si longtemps méprisée du peuple palestinien et à rechercher les façons
de faire évoluer la prise de conscience des gens.
Après avoir rendu hommage au peuple Wurundjeri [tribu aborigène de la nation de Kulin - ndt] en tant
que gardien traditionnel de la terre, Patrick a rappelé à l’assistance que Jeff avait, pas plus tard que l’an dernier, brisé le siège de Gaza en s’y rendant par bateau avec d’autres militants.
L’action de Jeff, a-t-il dit, “ porte la tradition ancienne, vénérée et belle, de l’universalisme juif ” et contraste âprement avec le sionisme qui
est “ étroit, exclusif, raciste et colonial ”. Pour Patrick, il faut un courage formidable pour résister au sionisme et Jeff l’a fait maintes et maintes fois en adoptant le peuple même que le
sionisme opprime.
Pendant les près de deux heures d’intervention de Jeff, l’assistance s’est
tenu rivée aux fauteuils, jusqu’à la clôture où, réagissant à la description qu’avait faite Jeff des démolitions de 24 000 maisons palestiniennes par Israël, Patrick a exprimé ses propres
sentiments quand il a vu sa propre maison et tous ses biens être réduits en cendre par les violents feux de broussailles dans Melbourne, quelques semaines auparavant. Même si les pertes subies
n’étaient pas la conséquence d’une quelconque politique gouvernementale, il avait néanmoins le sentiment qu’une partie de sa vie disparaissait complètement, pourtant il allait être
indemnisé.
Comment alors peut-on, demande-t-il, ne serait-ce que commencer à imaginer le
sentiment immense d’anéantissement et d’outrage qui doit être celui des Palestiniens quand les bulldozers arrivent pour démolir délibérément leurs maisons, appliquant la politique israélienne de
démolitions des maisons, et sans perspective d’indemnisation ? Et il a laissé l’assistance méditer cette question pendant que des corbeilles circulaient pour collecter des dons pour
l’organisation de Jeff Halper, l’ICAHD - Comité israélien contre la démolition des maisons -, organisation qui reconstruit les maisons démolies par Israël, comme un acte politique de
résistance.
Jeff Halper a expliqué de façon détaillée au public comment la politique
israélienne refusait les permis de construire à la population palestinienne intéressée. Quand les permis de construire leur sont refusés, les Palestiniens n’ont plus d’autre choix que de
construire les maisons nécessaires à leurs familles sans le permis, alors même qu’elles sont construites sur leur propre territoire. Ils savent que, selon toute vraisemblance, ils vont recevoir
un ordre de démolition. Rien qu’à Jérusalem-Es
t, a dit Jeff, il y a 22 000 ordres de démolition en souffrance,
c’est-à-dire qu’ “ un tiers des maisons palestiniennes peuvent être démolies à tout instant et ces démolitions peuvent se produire d’un jour à l’autre. ”
Et d’ajouter que depuis 1967, Israël a démoli 24 000 maisons palestiniennes, non pour des mesures de sécurité ou parce qu’il s’agissait de maisons appartenant à des
terroristes, mais parce que c’est la politique volontariste d’Israël d’enfermer les Palestiniens tout en développant les colonies illégales tout autour.
La salle à Melbourne.
L’assistance recevait déjà une image déchirante de la vie des Palestiniens sous l’occupation israélienne, mais elle
a exprimé un certain effroi quand il a montré comment la façon dont Israël traitait les Palestiniens pouvait affecter notre avenir mondial.
Israël, dit Jeff, a créé un laboratoire avec la bande de Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est, où il expérimente
des techniques de contrôle massif pour la sécurité et sur les foules afin de les exporter vers des gouvernements désirant juguler l’ « excédent » agité de l’humanité. L’excédent, explique-t-il,
ce sont les pauvres des villes et des campagnes, les chômeurs, les sans-abri, les réfugiés, les populations carcérales, les peuples du tiers-monde, les minorités spécifiques et tous ceux que l’on
diabolise à des fins politiques. Il appelle cela “ le stockage ”, et les Palestiniens représentent la première expérience sur la manière dont on peut garder ces “ populations en excédent ”
définitivement sous contrôle.
Même si les gens reconnaissent toujours que l’occupation
israélienne de la Palestine est en réalité un apartheid, Jeff Halper a indiqué que « le rythme auquel les choses changent est si rapide dans cette entité indivisible qu’est la Palestine/Israël
que pour nous, le suivre est presque un défi ». Il pense que ce stockage est pire même que l’apartheid. C’est “ un système qui va au-delà de l’occupation dans son ampleur et sa permanence...”
parce qu’il crée une réalité sur le terrain - murs, clôtures électriques, check-points, routes réservées aux juifs, miradors et blocs de colonies hostiles en expansion -, ce que Jeff appelle la
Matrice de Contrôle, et ce système rend toute solution politique équitable pour les Palestiniens impossible.
Il constitue, dit-il, un modèle utile pour les gouvernements qui veulent régler la question de leurs propres “
populations en excédent ”, et c’est pourquoi Israël arrive à échapper à ses transgressions permanentes des droits humains, des résolutions des Nations unies et du droit international dans les
territoires palestiniens occupés. Jeff répond à la question souvent posée : “ Pourquoi la Palestine ? ” alors qu’il existe des centaines d’autres conflits et de situations dans le monde où sont
violés les droits humains.
Comprendre ce qui arrive aux Palestiniens est la clé pour
comprendre l’intérêt que représente Israël pour les gouvernements, car la puissance militaire d’Israël le place dans le “ boy’s club ” qui intéresse tous les establishments militaires. Les
avancées israéliennes dans les systèmes de contrôle au cours de ces 40 dernières années sont maintenant appliquées internationalement. Israël est impliqué dans les guerres des étoiles et il “ est
le leader mondial dans les applications militaires de la nanotechnologie pour les armes microscopiques. ”
Et, se rapprochant d’ici, Jeff nous a dit que nous trouverions probablement Israël impliqué dans la sécurité de l’aéroport de
Melbourne et dans la formation des forces de police de la ville. Autrement dit, pour Jeff, “ les implications mondiales vont bien au-delà de la zone
Israël/Palestine” et cela explique ce soutien incroyable à Israël de la
part des leaders mondiaux, même si les bombes israéliennes ont pu
tuer et blesser plus de 6 000 Palestiniens en l’espace de 22 jours. Une situation catastrophique pour les Palestiniens, et un avenir sombre pour l’humanité tout
entière.
Le terme “ stockage ”, a expliqué Jeff Halper, est utilisé comme un
avertissement, et il nous faut commencer à prendre conscience de sa réalité si nous voulons lutter efficacement contre. Raison de plus, dit-il, pour continuer nos efforts pour arriver à la fin de
l’occupation israélienne de la Palestine.
Jeff a tenu conférence également dans les universités de Deakin, La Trobe et Monash et au siège de World Vision. Sa dernière apparition à Melbourne a été organisée
par la congrégation de l’Eglise unie de Marc l’évangéliste et l’Institut des études post-coloniales.
Jeff parlait hier à Adelaïde et sera à Brisbane, Canberra et Sydney durant les dix prochains jours. Nous demandons
instamment à chacun d’y assister là où ils peuvent afin de l’écouter. C’est un orateur charismatique dont l’étendue des connaissances et de l’expérience est d’autant plus remarquable qu’il a la
volonté de se mettre lui-même dans les situations auxquelles sont confrontés les Palestiniens eux-mêmes.
Quand il s’est rendu en bateau à Gaza avec d’autres militants pour briser le siège de Gaza, il fut arrêté ; ses manifestations contre les bulldozers qui viennent
détruire les maisons palestiniennes ou arracher les oliviers des Palestiniens lui ont valu de se retrouver menotté et emmené par les soldats israéliens. Aussi, non seulement Jeff vient ici pour
défendre la fin de l’occupation israélienne, mais il vient demander des dons pour sa “ campagne des maisons ” dans laquelle il s’est activement impliq
ué. C’est le moins que nous puissions faire, en Australie, pour aider les Palestiniens.
- Voir Un Israélien dans Gaza : tour d’horizon avec Jeff Halper de Franck Barat.
- Voir Le stockage d’un "peuple en trop" de Jeff Halper.
Sonja Karkar est la fondatrice et la présidente de “ Des Femmes pour la Palestine ” à Melbourne, Australie. Voir son site Women for Palestine.
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