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Image de Dominique par Louis

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Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /Fév /2009 15:00

Non ! Nous n'oublierons pas Gaza

      Voici un poème superbe dédié à la Palestine et aux Palestiniens écrit par le poète Rassool Jibraeel Snyman qui vit en Afrique du Sud et qui a bien sûr connu la situation d'apartheid qui est celle actuelle du peuple palestinien dans la Cisjordanie occupée et à Gaza... 
      Nous sommes tous nous autres qui écrivons solidaires de ces populations colonisées et écrasées par les puissances de l'Occident et nous refusons de cautionner ce que les dirigeants des principaus Etats du monde riche-blanc-dominant font subir à ceux qu'ils méprisent exploitent et traintent comme des esclaves ! 
      Oui la rage doit nous mener ainsi que l'écrivait déjà le poète Henri Michaux à nous révolter contre notre silence et notre soumission face à ceux qui se sont toujours crus invincibles parce qu'ils ont volé leurs terres et leurs vies aux enfants de Palestine et de tous les pays où les gamins sont affamés discriminés et tués à petit feu au travail obligatoire et dans leurss guerres infâmes !
      Si nous sommes nombreux à refuser cette honteuse mascarade des nantis nous arriverons à retourner cette situation à mains nues et à redonner aux enfants un présent et un avenir joyeux et bienfaisant ! Alors au boulot camarades... y a bien à faire !   


Je rage

mardi 10 février 2009

Rassool Jibraeel Snyman

PalestineChronicle

 

Afrique du Sud - 20 janvier 2009 - Histoires d’extrême bon sens.

 

Nous devons rager - Car c’est peut-être par la rage - Qu’un monde meilleur verra le jour


Je rage

Je rage

Je rage

Je rage contre

Les dieux qui ont laissé le monde échapper à tout contrôle

Je rage contre le système qui nous trompe

Je rage contre ces rouages qui nous broient

Huilés par le silence du peuple

L’acquiescement

L’apathie

Et la tromperie

Je rage parce qu’il nous faut rager

Et non être matés

Ni pacifiés

Ni traités avec condescendance

Je rage contre le système qui contemple avec jubilation

Comment nous nous entre-déchirons

Devenons des monstres qui hurlent à la lune

Montrant les crocs

Et des griffes d’acier

Je rage parce que le silence tue

Je rage parce qu’un vote signifie parfois

Un arrêt de mort

Pour quelqu’un quelque part

Je rage

Je rage

Je rage parce que nos instruments de paix

Sont récupérés

Biaisés

Injustes

Et loin d’être pacifiques

Je rage parce que nous avons ressuscité Rome d’entre les morts

Et lui avons donné sa puissance

Pour tuer

Mutiler

Créer le chaos

Pour dire non à la paix

Et faire de nous des bêtes assoiffées de sang

Je rage parce que c’est la couleur de ma peau

Qui détermine si je suis triste

Ou ignoré

Ou accusé

De ma propre misère et de ma propre mort

Je rage en silence

Je rage au grand jour

Je rage avec ma plume

Je rage avec mes pensées

Je rage

Je rage

Je rage

Je rage parce que nous avons de la pitié pour l’empereur

Et aucune pour les victimes

Qui jonchent les champs

Mutilées

Meurtries

Je rage parce que nous sommes délibérément aveugles

Consciemment sourds

Et notre tristesse sélective

Je rage de notre hypocrisie

Et de nos fausses valeurs

De notre double langage

Et de l’éternel

Inconditionnel

Amour de Rome

L’amour de l’empereur

L’amour de l’esclave pour le maître

L’amour du fouet

Et l’amour de notre propre humiliation

Dégradation

Et descente dans la bestialité

Je rage

Je rage

Je rage

Je rage parce que des enfants meurent

Que les balles sifflent

Que nous disons adieu à notre bon sens

Parce que les politiciens renient

Et que les veuves pleurent

Des reflets de diamants dans chaque œil

Devrais-je me croiser les bras et gémir

Non

Non

Non

Non

Non

Je rage

Je rage

Je rage

Je rage parce que je le dois

Je rage parce que l’histoire

Ne se modifie pas avec des hommes soumis

Ni des hommes silencieux

Mais avec des hommes en colère

Qui ragent contre l’injustice

Et crachent à la figure des oppresseurs

Et sont prêts à défendre leurs vérités

Pareils à des montagnes

Déterminés

Résolus

Je rage

Je rage

Je rage

Je rage

Je rage

Jusqu’à ce que je me révolte

Et que je brûle palais et cachots

Viens Frère

Sœur

Mère

Fille

Camarade

Ami

Donne-moi la main

Rage avec moi

Le silence est assourdissant

L’apathie tue

Plus insidieusement que les balles

Battons le tambour

De la justice

Vibre au plus profond de toi-même

Laisse ton sang bouillir comme la lave

Et ta colère comme les flammes

Fais exploser le soleil

Eclipse-le

Réduis-le

De telle façon

Que les temples de la vanité

Soient réduits en cendre

Et la puissance détruite

Je rage

Je rage

Je rage

Je rage

Je rage

Jusqu’à ce que justice soit faite

Et l’avenir de l’enfant assuré

Jusqu’à ce que la paix soit comme l’air que nous respirons

Et que dans les champs lèvent des fleurs de joie

Pas des os blanchis

Jusqu’à ce que les collines de Palestine

Retournent à leurs légitimes propriétaires

Et que les oliviers chantent sous la brise

Les symphonies des feuilles et des oiseaux

Lettres de paix

Pour un peuple las de la guerre

En grand besoin de répit

Jusqu’à ce que tout oppresseur

Soit happé

Craigne la rage

Du peuple

Jusque-là je dois rager

Tu dois rager

Nous devons rager

Car c’est peut-être par la rage

Qu’un monde meilleur verra le jour

 

The Palestine Chronicle est heureux de présenter un nouveau poème du distingué poète sud‑africain, Rassool Snyman.

 

Autres poèmes de l’auteur :

Palestine is my name

Jesus in Gaza

 

traduction : JPP

Enfants au Camp de Khan Younis à Gaza en 1993 Marc Fourny

Publié dans : Colères noires
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