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Saïd et Diana

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  • : Les cahiers des diables bleus
  • : 19/09/2005
  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
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Texte Libre

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Image de Dominique par Louis

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Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /Jan /2009 23:08

      On oubliera pas...

      Après ces trois semaines de violence dont nous sommes à peine en train de nous remettre un peu il y aurait bien des choses à dire sur l'indifférence absolue de la plupart des gens ici devant ce qu'on fait aux autres mais on a l'habitude... ça fait vingt piges que ça dure dans ce pays ils sont autistes... ne voient qu'eux et leurs petites affaires... leurs soldes leurs sports d'hiver leur prime de fin d'année.... Pauvres gens....
      D'autres heureusement ne leur ressemblent pas mais alors pas du tout ! Marie Virolle mon amie qui habite Vallauris et dont l'assoc Le Moulin des deux rives fait travailler écrire danser faire de la musique ensemble aux fous qui des deux côtés de la Méditerranée ont envie de se rapprocher et de s'éclater ensemble m'a écrit des mots qui font du bien...
      La Zaïne c'est la cité de Vallauris où vivent la plupart des gens qui ont pas beaucoup de pognon et une grande quatité d'immigrés et leurs familles deuxième et troisième génération on connaît le principe... C'est dans la cité que des quêtes ont été organisées pour envoyer des médicaments de la nourriture et tout ce dont les enfants de Gaza et les familles pouvaient avoir le plus besoin durant cet abominable Noël qu'on oubliera pas c'est sûr... Et comme me le disait Marie : " tout le monde a donné ce qu'il n'avait pas... c'était beau... " Ouais... entre frangins de mistoufle faut s'entraider et la solidarité ça existe encore z'inquiétez pas... on fera ça sans vous...
      Non... on oubliera pas les p'tits mômes de Gaza traumatisés à donf pour toute leur vie... massacrés amôchés et le reste... On oubliera pas les citronniers déracinés les champs labourés par les chenilles des tanks dernier cri... les fermes dévastées les vaches zigouillées l'eau polluée les détritus éparpillés...
      Cette terre-là aussi c'est la nôtre... toute la terre est aussi la nôtre et les enfants de Palestine assassinés sont les nôtres...
      Pour eux pour effacer la honte de ce que des adultes imbéciles et barbares ont fait on reconstruira on recommencera une fois encore... pour la vie qui était la leur et qui nous reste au creux des mains...

GAZA : on n’oubliera pas

                                                                                       Camp de Khan Younis  Gaza 1993  

Publié le 19-01-2009

 

      Israël a déjà mis au point tout son arsenal de propagande pour aider les “ faiseurs d’opinion ” à effacer le plus rapidement possible le souvenir des atrocités commises par son armée, et à redorer son blason. Pour des centaines de millions de personnes dans le monde, c’est peine perdue. Et le billet que nous envoie Paula, traduit bien que nous ne sommes pas dupes et que nous n’oublierons pas.

 

ZEITOUN

 

      Ils ont dix-huit ans peut-être vingt. Ils surveillent, armes au poing, les alentours peu sûrs. Ils prennent possession du lieu, un immeuble éventré par leurs amis venus du ciel et jouant du cerf-volant à la beauté assassine. Dans les gravats, gît la mère au corps ensanglanté. Les enfants s’agrippent aux jupes, au foulard, à la chevelure, à ce qu’il reste de sa tendresse protectrice.      
      Les enfants murmurent : maman, maman… La vie est en eux encore et ils voudraient se lever. Les petites jambes frêles après dix-huit mois de privations infligées les abandonnent. Ils retombent serrés à la mère. Ainsi ils demeurent quatre jours durant.

      Ils ont dix-huit ans peut-être vingt et ils amoncellent maintenant terre et caillasse, manière de ne pas voir, de ne pas entendre les petites voix qui dérangent. Après moult discussions locales et onusiennes, au bout de quatre jours une ambulance est autorisée à venir sur les lieux. Le petit amoncellement ne lui permet pas de passer. Les secouristes sautent du véhicule sous les menaces et injures des jeunes hommes armés et crispés.

      On va chercher un âne tirant une carriole pour dégager la mère et les enfants. Alors ils pointent leurs armes sur l’âne, la carriole, la mère, les enfants, les secouristes.

      La misère fait des ravages dans la jeunesse armée. Mais quand le travail sera terminé, on leur offrira pour soigner leurs cauchemars un voyage en Inde ou en Amérique Latine pendant un an ou deux.

      Et dans vingt ans nous aurons un autre très beau “ Valse avec Bachir ” que nous applaudirons.

      Ils auront bien travaillé les petits, ils seront même capables après tant d’années de bouleverser les salles de cinéma du monde entier qui aura oublié la mère et ses enfants. Et les enfants auront-ils oublié ?

Paula

















Gaza  Janvier 2009

Publié dans : Colères noires
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