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Saïd et Diana

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  • : Les cahiers des diables bleus
  • : 19/09/2005
  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
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Image de Dominique par Louis

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Lundi 15 décembre 2008 1 15 /12 /Déc /2008 23:05

Le caillou algérien

Epinay, Dimanche, 14 décembre 2008

 

Sur la table des poètes vivent des pierres

Eclats tombés de l’astre vert mouvante amante

Gardiennes du somme des pages frissonnantes

La nuit les guette de ses persiennes paupières

 

Venues sauvages de paysages lunaires

Buveuses de feu avides elles hantent

Les soleils qu’effeuillent les saisons mourantes

Chassées par le temps rouge du seuil de la terre

 

C’est un temps de béton des maisons d’épouvante

Parées d’armures de plomb mais au bout d’un fil

Nos cabanes d’arbres en aplomb indocile

Tiennent bon aucun tourment qui les évente

 

Elles nous ont faits guetteurs nos tentes légères

Des papiers de couleurs et ce monde futile

Malgré la douleur de sa chute est dans la file

D’attente au bout de nos sarbacanes de verre

 

Nos frondes ont des lacets lanceurs de tourmentes

Le premier météore s’est cassé sur Ur

Atomic fracas de lunes rondes autour

Des dunes nains fondeurs de cités ardentes

 

Rocs sculptés par le tracas de l’astre vert

Blancs doux dessous les roseaux des oueds que l’île

Mène berger du cœur des ksour trace fossile

A ses rivages sourds aux désastres de Sumer

 

Sur la table des poètes vivent des pierres

Venues de pays en légendes fertiles

Dedans les griffes des oiseaux géants fragiles

Elles voyagent entre aujourd’hui et hier

 

Toi Jean tu ramasses le caillou ouvert

De la Mitidja quand l’escargot invente

Les talismans d’argile où déjà serpente

Notre héritage gravé spirale de mer

 

A Tipasa Camus de sa main absente

Pousse ému la porte mouvante de la ville

Romaine alors que le maître des vents Enlil

Pose devant lui un galet fou qui chante

 

C’est à René Char que la pierre de Sumer

A repassé le feu qu’Hélicon à son tour

Bijoutier de lune avait ravi sans détour

Jusqu’au poète d’Avignon tu viens errante

Précieuse messagère des paumes aimantes

Sous sa veilleuse d’or te gaver de lumière.

Publié dans : P'tits poèmes diabolique
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