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Saïd et Diana

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  • : Les cahiers des diables bleus
  • : 19/09/2005
  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
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Image de Dominique par Louis

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Jeudi 14 août 2008 4 14 /08 /Août /2008 12:01

        Le silence que fait la mort d’un poète

Comme il est quasi impossible de trouver le moindre article dans les journaux nationaux concernant les funérailles du poète palestinien Mahmoud Darwich je recopie ici les extraits d’articles que j’ai pu découvrir sur les sites Palestinenetwork et de l’association Solidarité avec la Palestine. Voir aussi la réaction de Jacques Richaud à la micro-annonce de Libé : la mort de Mahmoud dans la rubrique “ Variétés ” …
www.legrandsoir.info

 Parmi les réactions atterrées des compagnons qui sont elles très nombreuses celle de Nadia Agsous sur le site Bellaciao m’a beaucoup touchée, je vous la conseille… Mahmoud Darwish : Un poète au coeur d’un pays nommé "Exils"
www.bellaciao.org

Mahmoud Darwich est allé rejoindre son ami Yasser Arafat
sur une colline au sud de Ramallah avec vue sur la ville de Jérusalem à côté du Palais de la Culture en attendant peut-être un jour… d’avoir droit au retour sur leur terre de Palestine dans le village où ils sont nés.
Après avoir lu à plusieurs reprises sur différents sites et journaux pour lesquels l’apartheid opposé depuis 60 ans aux Palestiniennes et aux Palestiniens est passé dans les faits et où on se sert des mots pour effacer les faits, que Mahmoud “ avait choisi l’exil en 1970… ” alors qu’il a été chassé de sa terre et de son pays avec une grande partie de la population palestinienne en 1948 voici le poème qu’il a écrit où tout est dit avec la force et la beauté des mots qui étaient les siens…

Ce poème qui a fait scandale on s’en doute a donné lieu à un livre intitulé
Palestine mon pays L’affaire du poème publié aux Ed. De Minuit en 1988.

“ Passant parmi les paroles passagères ”

Vous qui passez parmi les paroles passagères
portez vos noms et partez
Retirez vos heures de notre temps, partez
Extorquez ce que vous voulez
du bleu du ciel et du sable de la mémoire
Prenez les photos que vous voulez, pour savoir
que vous ne saurez pas
comment les pierres de notre terre
bâtissent le toit du ciel

Vous qui passez parmi les paroles passagères
Vous fournissez l’épée, nous fournissons le sang
vous fournissez l’acier et le feu, nous fournissons la chair
vous fournissez un autre char, nous fournissons les pierres
vous fournissez la bombe lacrymogène, nous fournissons la pluie
Mais le ciel et l’air
sont les mêmes pour vous et pour nous
Alors prenez votre lot de notre sang, et partez
allez dîner, festoyer et danser, puis partez
A nous de garder les roses des martyrs
à nous de vivre comme nous le voulons.

Vous qui passez parmi les paroles passagères
comme la poussière amère, passez où vous voulez
mais ne passez pas parmi nous comme les insectes volants
Nous avons à faire dans notre terre
nous avons à cultiver le blé
à l’abreuver de la rosée de nos corps
Nous avons ce qui ne vous agrée pas ic
pierres et perdrix
Alors, portez le passé, si vous le voulez
au marché des antiquités
et restituez le squelette à la huppe
sur un plateau de porcelaine
Nous avons ce qui ne vous agrée pas
nous avons l’avenir
et nous avons à faire dans notre pays

Vous qui passez parmi les paroles passagères
entassez vos illusions dans une fosse abandonnée, et partez
rendez les aiguilles du temps à la légitimité du veau d’or
ou au battement musical du revolver
Nous avons ce qui ne vous agrée pas ici, partez
Nous avons ce qui n’est pas à vous :
une patrie qui saigne, un peuple qui saigne
une patrie utile à l’oubli et au souvenir

Vous qui passez parmi les paroles passagères
il est temps que vous partiez
et que vous vous fixiez où bon vous semble
mais ne vous fixez pas parmi nous
Il est temps que vous partiez
que vous mouriez où bon vous semble
mais ne mourez pas parmi nous
Nous avons à faire dans notre terre
ici, nous avons le passé
la voix inaugurale de la vie
et nous y avons le présent, le présent et l’avenir
nous y avons l’ici-bas et l’au-delà

Alors, sortez de notre terre
de notre terre ferme, de notre mer
de notre blé, de notre sel, de notre blessure
de toute chose, sortez
des souvenirs de la mémoire
ô vous qui passez parmi les paroles passagères

Funérailles de Mahmoud Darwich à Ramallah

publié le mercredi 13 août 2008
Rula Shahwan et CL

Des milliers de Palestiniens et d’Internationaux ont assisté à Ramallah aux funérailles de Mahmoud Darwich dont le corps a été rapatrié des Etats-Unis dans un avion des Emirats arabes unis, puis par hélicoptère spécial de Jordanie vers 11 heures locales (12h en France).
Au bout de plusieurs heures les autorités israéliennes ont fini par ouvrir le point de contrôle de Beituniya en Cisjordanie (près de Ramallah) afin de permettre aux Palestiniens d’Israël de se rendre à Ramallh assister aux funérailles de Mahmoud Darwish.
Membre palestinien de la Knesset, Muhammad Baraka a contacté le vice ministre de la Défense israélien Matan Vilnai et le coordinateur du cabinet israélien pour la Cisjordanie, Yousif Mishlib,demandant l’ouverture du check-point.
Des Palestiniens ont fait le voyage depuis le village natal de Darwich, al-Birweh, rasé lors de la Nakba qui a forcé à l’exode quelque 850 000 Palestiniens en 1948. Ils regrettent que Darwich ne soit pas enterré dans son village natal, comme l’a demandé le président Abbas ( quoi qu’en disent les divers porte-parole du gouvernement israélien ) “ Nous avons apporté avec nous un peu de terre de son village pour qu’il lui serve d’oreiller dans sa tombe ”, ont-ils ajouté.
Lors de ces funérailles nationales à Ramallah, Darwich a été mis en terre ( de façon “ temporaire ”, car la demande qu’il soit inhumé dans son village reste d’actualité ) à 14 heures devant le palais de la Culture de Ramallah, auquel on va donner son nom.
Une cérémonie officielle avait été organisée à la Mouqata’a ( le QG de l’Autorité palestinienne où est enterré - temporairement aussi - le président Yasser Arafat ), avant l’enterrement en présence de diplomates, dont Dominique de Villepin pour la France, et d’hommes politiques arabes.
Une garde d’honneur a présenté les armes devant le cercueil, enveloppé du drapeau palestinien et porté par huit officiers avant que Mahmoud Abbas ne lui rende un dernier hommage. Des dizaines de milliers de Palestiniens l’ont salué alors qu’il était transporté dans les rues de Ramallah.
Icone culturelle respectée internationalement, chez les Arabes et les Palestiniens, il est bien connu des Internationaux qui soutiennent la cause palestinienne.

Les Palestiniens enterrent leur poète national Mahmoud Darwish
13.08.08

Des dizaines de milliers de personnes ont salué aujourd’hui Mahmoud Darwish, au QG de l’Autorité Palestinienne, la Mou’qataa, et dans les rues de Ramallah, où on voit partout les affiches avec l’effigie du poète.
Le Président Mahmoud Abbas a fait ses adieux au poète palestinien, au milieu de l’énorme foule en deuil: A toi tous les synonymes et les contraires… Toi, le présent absent... L’absent présent… Tu nous n’as pas quitté, parce que tu es parmi nous… L’indocilité et la beauté restent dans la poésie… A toi nos bougies allumées, car tu étais le flambeau parmi nous, à toi les larmes de fidélité… Dans chaque ville, chaque village et chaque camp il y a ton nom… A toi les affiches des murs, les drapeaux, les récitations de poèmes, le décret du deuil... ”.
Nous nous affligeons de sa mort, mais reste l’instinct de l’espoir qu’il a planté en nous, l’espoir d’atteindre la liberté et l’indépendance… ”
La procession a été accompagnée par le Président et les personnalités jusqu’à la parcelle de terre, au Palais de la Culture au sud de Ramallah – qui sera nommé dès aujourd’hui Palais de la Culture «Mahmoud Darwish» –, où a eu lieu l’enterrement, selon un rituel sunnite présidé par le Grand Mufti.
L'écrivain Rasim Obeidat s’est exprimé ainsi: “ Darwish a été le poète de la nation et la révolution... Le poète de la Terre et de la vie... Le symbole de la culture palestinienne ... Un des symboles de l'identité nationale de notre peuple, mais aussi un des plus grands symboles de la culture humaine contemporaine… un des poètes qui ont contribué au développement de la poésie arabe moderne et à l'introduction du symbolisme. ” (PNN)

Publié dans : Colères noires
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