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  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
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Image de Dominique par Louis

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Mardi 18 mars 2008 2 18 /03 /Mars /2008 15:19

Feu sur ceux qui tirent les ficelles !

Epinay, mercredi, 20 février 2008

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Et pendant que maître Zao plie des papiers

Pour en faire des papillons verts des cavales

Tu es monté dans le wagon en sautillant

Comme si quelqu’un ailleurs tirait les ficelles

Sur les bancs les spectateurs sont assis

Ils ont payé l’entrée en petits sous brillants

Masques blancs baissés ils ne voient que tes pieds

Tu étales devant eux leurs cinq pétales

Nus Ils attendent que le spectacle commence

Que les projecteurs s’allument à la bonne heure

 

Et pendant que maître Zao découpe avec

Des ciseaux d’argent la queue des cerfs-volants

Las ils sortent du décor trop réel

De leur vie Toi tu viens frangin Pour deux fois rien

Petit bouffon black devant eux tu danses

De nulle part tu tombes météore 

Deux euros deux euros pour un sandwich grec !

Tu as le rire des mangeurs de pain rassis

Ta parka pas très propre leur fait peur

Au bout de tes manches on ne voit pas tes mains

Deux euros c’est rien pour celui qui tire

Les ficelles du peuple des chalands

Triste qui attend que le train s’en aille

Toi en passant tu leur demandes du feu

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Et pendant que maître Zao peint la queue d’or

De l’oiseau qui a gobé la lune en chemin

Tu as dérangé la sirène du portail

En matant par la serrure leur tirelire

Deux euros deux euros c’est un paquet de clopes

Tu leur sors sous le nez un mégot entamé

Mais ils ne fument pas et ils n’ont plus de feu

Ils ont payé ils ont payé ils ont le droit

De voyager tranquilles d’un bout à l’autre

De la vie qui est une toile d’araignée

Couleur café où s’égouttent des étoiles

Devant eux tu promènes ton feu rouge Stop !

Et l’oiseau vert malicieux de ton rire

Comme toi je rêve que le train déraille

Deux euros deux euros piaillent les apôtres

Des tireurs de ficelles vieux macs armés

De dentiers neufs C’est beaucoup ! Qu’est-ce qu’il croit ?

 

Et pendant que maître Zao teint en bleu gris

La laine des tapis notre océan d’ardoises

Petit bouffon black tu as bloqué les portes

De train de banlieue vite je fouille mes poches

Si le spectacle s’arrête ça va saigner

Attention ! toutes les issues sont fermées

Depuis que l’âme des chalands a mis les voiles

Couleur café trop souvent je leur ressemble

Ils voudraient bien nous voir au diable frangin

Grand comme un baobab un Africain s’approche

On est trois on est seuls et ma peau est blanche

Avec ses mains de jardinier il fait en sorte

De retirer ton corps du piège à souris

On est trois au large de grands esquifs se croisent

 

Et pendant que maître Zao met ses pinceaux

Dans la musette d’un jeune seigneur des rues

Tu bondis sur le quai ton corps de bouffon tremble

C’est un arbre secoué de toutes ses branches

Tu cries : tu es fort mon frère c’est bien !

Le mec au-dessus qui tire les ficelles

A perdu du terrain Réveillés en sursaut

Les chalands miaulent leur silence entendu

Et pendant que tu sautilles le long du train

Tes manches d’oiseau battant pour dire merci

Je cueille dans la toile d’araignée Tiens

Pour maître Zao quelques graines d’immortelles.

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Publié dans : P'tits poèmes diabolique
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