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Texte Libre

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Image de Dominique par Louis

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Mardi 26 février 2008 2 26 /02 /Fév /2008 20:30

Ma machine à écrire s’appelle Calamity Jane…

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Journal d’un vieux dégueulasse Charles Bukowski Ed. Grasset, 2007

“ il n’y a qu’une chose qui convienne à un écrivain : la SOLITUDE devant sa machine à écrire. un écrivain qui descend dans la rue est un écrivain qui ne sait rien de la rue. j’ai fréquenté assez d’usines, de bordels, de prisons, de parcs et d’orateurs publics pour remplir la vie de cent hommes. descendre dans la rue quand on a un NOM, c’est choisir la facilité ( … ) QUAND VOUS LÂCHEZ VOTRE MACHINE Á ÉCRIRE ? VOUS LÂCHEZ VOTRE FUSIL AUTOMATIQUE. ET LES RATS RAPPLIQUENT AUSSITÔT. ”

 

Je vous ai déjà parlé de Bukowski… Vous savez que c’est un écrivain et d’abord un mec qui écrit des poèmes qui me fait entrer en transe d’écriture… Je dis “ qui écrit des poèmes ” et pas “ un poète ” parc’que j’crois bien que Buko comme l’appelaient ses potes n’aimerait pas même dans les profondeurs marines où il se balade qu’on lui balance ce genre de titre…

Quand j’ai commencé à écrire pour de bon y’a dix ans de ça avec l’idée que “ ça ” allait continuer… je gribouillais mes pages sur des cahiers très gros grand format à petits carreaux où je recollais des pages par-dessus et je les tapais à la machine avec deux doigts c’était nul une petite machine qui avait pas toutes ses touches rien d’original la plupart des écrivains ont connu “ ça ” je l’avais achetée d’occasion pas cher et c’était formidable… J’ai écrit mes premiers articles où je causais avec des écrivains d’Algérie là-dessus… C’était juste avant d’être empoisonnée avec les ordinateurs à l’époque c’était possible de taper son article avec deux doigts sur les touches qui grinçaient le bonheur !… et de les envoyer à des revues où y’avait encore des gens à lorgnons qui les lisaient comme pour Buko…

A l’époque je n’savais pas c’que ça voulait dire être écrivain pas sûr que je l’sache mieux aujourd’hui et ma machine à écrire clopin-clopant s’appelait Calamity Jane… Probable que les types comme Buko ont pas besoin de refiler un nom à leur machine à écrire et qu’ils tapent direct clic-clac ! clic-clac ! ce qui leur vient dans la tronche sans passer par tout un tas de bouts de paplars qui remplissent leur territoire à force qu’on finit par habiter dedans enfin ils ont pas de maison de papier eux et leurs doigts sont comme les doigts d’un pianiste ils en jouent tous de l’instrument c’est un métier quoi… ça s’apprend l’écriture… contrairement à c’que s’imaginent les baveux bavards qui nous polluent…
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J’vous disais que ma machine à écrire s’appelait Calamity Jane… à l’époque je n’connaissais pas son histoire à Calamity mais je kiffais bien son nom et les photos que j’avais vues d’elle me bottaient alors je me la suis inventée comme je fais toujours je lui ai brossé machiné trituré un personnage comme je croyais qu’elle était dans la réalité une sorte de squaw blanche du côté des Indiens une meuf rebelle qui se pointait dans les bars avec sa Winchester et que les mecs faisaient pas suer… ta ta ta ta ta !… comme la p’tite machine à écrire quoi… Je me la suis arrangée quoi et maintenant elle crèche dans mes bouquins Calamity Jane comme vous savez clic-clac !…

Y a dix ans j’écrivais dans ma piaule sur la table basse couverte de paperasses assise par terre au centre d’un tapis fait de bouts de tissus tressés bleus où y’avait toujours des tas d’bouquins qui traînaient… Y a dix ans je n’connaissais pas Bukowski c’était terrible j’étais dans une sorte d’enfance de l’écriture comme un être qui vient de naître au cœur d’un jardin grouillant de citronniers et d’orangers et qui bondit avec la jubilation de l’émerveillement d’un mot l’autre en sautant Hop ! par-dessus la touche manquante de Calamity Jane je crois que c’était le “ e ” mais ça n’avait pas d’importance… clic-clac ! clic-clac !…

Y a dix ans je n’savais rien de c’que ça veut dire avoir un NOM dans l’écriture ou dans n’importe quoi j’n’avais pas idée qu’une chose comme ça puisse occuper les gens mais les rats j’pouvais en causer vu que ç’en était plein et de toutes les catégories là d’où je sortais et les seuls qui n’me faisaient pas peur et que j’avais plutôt à la bonne c’était les rats des poubelles dans nos quartiers hier y’a pas longtemps… j’étais môme et j’les matais des petits maigres le poil ras et roux sous le ventre et les pattes courtes pour bien s’aggriper et toujours prêts à la castagne…

Ouais les rats des poubelles ils m’accompagnent quand je zone la nuit des heures sur black bitume quand je descends dans la rue avec la frangine angoisse dessous mon cuir épais il me protège avec son odeur de graisse et d’incendies les rats les autres les dangereux ne m’approchent pas… je marche des heures qu’elle me lâche la peau de ses griffes ardentes les trottoirs malaise les recoins louches qui puent la pisse et la mort et les bistrots où juste avant qu’la nuit se tire y’a le pire qu’y attend dans Macadam city blues j’les ai bien fréquentés…
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Alors Calamity Jane quand je rentrais à l’aube tranquille son corps gris métal luisant vautré qui roupillait au milieu d’la table basse avec le petit tas à côté de pages picorées de signes sauf le “ e ” Hop ! faudra pas oublier de le rajouter au stylo noir… c’était bon comme le café brûlant dans le bol un peu cassé et la lampe penchée on dirait une vieille au-dessus de nous qui veille je m’y mettais direct clic-clac ! clic-clac ! cette écriture de l’aube c’était la meilleure celle du retour à la vie au creux d’mon gourbi où personne allait venir me taper sur l’épaule et me reluquer avec l’air qu’ils ont de sales lascars qui font peur les vieux macs de la nuit j’en ai croisé plein tous le même discours… si j’voulais de la poudre j’avais qu’à les suivre ils détaillaient la marchandise le prix de la viande à l’époque j’vais 40 piges mais le museau frais…

C’qu’il peut avoir raison Hank moi aussi j’ai erré dans l’dessous des strings de la ville de jour comme de nuit vu qu’j’avais choisi mon camp celui de la rue les gens de ma famille avant ils étaient ouvriers et moi le jour sur la mobylette la bleue vous savez… la banlieue tous les quartiers de la zone comment je les ai traversés funambule fulgurant dans les tranchées de pluie qui giclent antre les journaux rue de Réaumur les labos photos de Bonne Nouvelle et les agences de pub de Neuilly les boîtes de prise de vue d’Ivry de Fontenay de Boulogne… Coursier pour ceux qui n’connaissent pas c’est le lumpen bien pire que l’usine et ses trois huit… alcoolos semi cloches camés et dealers anciens chauffeurs poids-lourds trop vieux anciens tôlards et tous les zonards comme nous mômes des banlieues qui n’rêvaient que de s’payer une bécane et Hop !… Easy Rider Paris banlieue c’était nous !…
           Et la nuit je repartais sur mes baskets rouges me gaver d’images d’histoires et de cafés-crèmes dans les bistrots qui ne fermaient qu’au petit jour pour écouter causer les gens… C’qu’il avait raison Hank… y’a dix piges que j’me suis mise à écrire pour de bon… à écrire tout l’temps quoi vous comprenez ? C’est là que Calamity Jane et moi on a commencé à faire une sacrée bande de massacreuses de papier solitaires à donf parc’qu’y avait pas moyen qu’ça soit autrement…

L’écriture vite fait deux doigts sur les touches clic-clac ! clic-clac !… ça a rempli toute ma vie… Mes premières chroniques avec les écrivains algériens des heures pour les taper parfois je m’endormais la joue appuyée sur les touches noires de Calamity Jane je me réveillais en sursaut mes notes comme des draps chiffonnés sous la lampe la cafetière à portée de paluche je la vidais et je la remplissais trois fois dans la nuit si je ne sortais pas… Je jubilais de sentir les mots leur parfum de citrons et d’oranges c’était ma revanche je la tenais là je la célébrais je la serrais au creux de mes paumes ravie d’avoir largué les études au gré de seventies pour partir inventer un monde différent…
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Mes premières chroniques je faisais comme Hank je les envoyais aux journaux aux revues… Calamity Jane sous sa carapace grise luisante et son clavier à répétition ta ta ta ta ta ! ou bien clic-clac ! clic-clac ! clic-clac !… comme vous voulez… ça me donnait la sensation physique d’exister d’être là à l’intérieur de ma peau d’enfant écrivain sous la lampe alors que j’existais si peu presque pas.
           Un enfant écrivain de 40 balais avec l’humilité et la rage de ceux qui appartiennent à certains milieux… les journaux les revues je les connaissais de l’autre côté du côté des escaliers des paillassons et de la mobylette bleue les semelles des baskets qui dégueulaient l’eau des jours de pluie… les gens qui étaient derrière la porte comment ils me regardaient il faudra que j’écrive tout ça… ta ta ta ta ta ta !

Entre les caniveaux et les pneus des bagnoles qui m’aspergeaient flaouch… flaouch !… je fonçais sur la mobylette bleue en donnat des coups de pied dans les virages vlim vloum ! j’avais 20 berges je m’éclatais plus vite toujours plus vite… on pouvait mourir nous on n’vieillirait pas on était des anges sauvages aux ailes coupées vlim vloum !… et encore ! J’apprenais la vie d’en bas pour une fille dans ces années-là c’était un milieu de mecs plutôt pourraves… ça te donnait une idée de c’que c’est qu’la zermi et pas en couleur… du noir et blanc rien que du noir et blanc… faut pas croire…

Des poteaux qui sont morts d’overdose ou qui se sont explosés sur les parechocs d’un camion y’en a eu trop à c’t’époque… ils se sont consumés pareils à des soleils raouf !… d’un coup ils étincelaient et Hop ! c’était la nuit…

Clic-clac ! clic-clac ! faudra que j’écrive tout ça une sorte de témoignage d’un monde qui existe plus… c’est pas si loin mais ça existe plus notre enfance feu de bengale elle a cramé c’était beau… Clic-clac ! clic-clac !… dès que je veux parler d’eux mes copains morts le sable crisse sous les pneus de la mob je glisse sur les pavés luisants de lune vlim vloum !… je peux pas… avec des mots comme ceux de Hank j’y arriverais ?… des jappements… ouaouf !… ouaouf !… faudrait que je remonte jusqu’à eux la gueule pleine d’écume… ouaouf !… ouaouf !… que je lape leur mémoire mouillée… souillée… c’est d’la bonté qu’y faudrait… d’la bonté d’animal attaché à sa carriole d’enterrement et qui tire tire… et qui n’sait pas…

Mes copains morts c’est pour eux que j’écris… Clic-clac ! clic-clac !… pour ma chienne Bonie aussi à 4 heures du mat quand je l’ai emballée dans une couverture avant de la porter entre les bras de la brouette … elle pesait trop lourd… ouaouf !… ouaouf !… elle aussi dans le jardin des citronniers et des orangers elle est partie et elle m’a pas quittée… Hop ! Hop !… deux petits bonds joyeux sur le clavier noir de Calamity Jane et vas-y… ouaouf !… ouaouf !…

Ouais il avait raison Hank… avec Calamity Jane j’ai conquis la dignité des solitaires celle qui se compte en fragments d’étoiles tombées des heures d’écriture dans le tamis de nos doigts pas habitués à ce genre de pépites…

            Bien sûr les rats ils finissent toujours par revenir… les gros les gras ceux qui dealent aux fils d’ouvriers des kilomètres de vie à crédit… mais c’est vrai qu’avec ce flingue-là on peut descendre dans la rue… demain… et leur faire leur fête enfin aux rats… une bonne fois… ta ta ta ta ta !… Clic-clac ! clic-clac !… ouaouf ! ouaouf !… Comme vous voulez…
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Publié dans : Petites notes de lecture
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Commentaires

Je te lis...

Charles, je l'aime pas... Bon, c'est vrai, ça c'est moi. Je pourrais dire "je l'adore" et en fait, tout le monde s'en moque bien. Moi, je l'aime pas. Il est arrivé trop tôt dans ma vie, à un moment où je ne pouvais pas le comprendre. Alors, je l'ai viré, et je n'y suis pas revenue.

Peur de le comprendre à présent. Pas envie.

Par contre, tu vois, ta machine à écrire, je l'aime bien... elle m'en rappelle une autre... L'autre n'avait pas vraiment de nom, mais j'aimais la sortir de sa housse à fermeture éclair... comme si je la déshabillais, si j'avais besoin de cette joie tranquille de savoir qu'elle n'était qu'à moi et que personne d'autre ne s'en servait.

Pas de nom et un ruban trop court... certaines lettres mal alignées sur la page... mais ça ne faisait rien. Sur elle j'ai tapé mes premiers poèmes avant de les envoyer.

... c'est con la vie parfois.

Ecrire la nuit, je le fais toujours, des montagnes de mots qui ne servent à rien, juste à ne pas s'étouffer le coeur.

Mais bon... Je n'avais pas de Calamity Jane pour m'encourager à aller de l'avant. Alors, je ne suis pas écrivain.

Je t'imagine en train de taper avec deux doigts... je ris. Des kilomètres de ruban, des mots que tu alignes avec cette musique jouée à deux doigts sur le clavier de ta machine.
Aujourd'hui ? tu fais quoi ? Tu le fais sur un ordi ?

Ces derniers temps, mon ordi n'avait plus de "c"... je ne sais pas pourquoi... parce que le "c" n'est pas plus utilisé que d'autres lettres... j'aurais compris pour le "e"... pour une autre voyelle.

Je ris, je t'imagine relisant pour insérer tes "e" au crayon bille !

Je te vois déambulant dans ton quartier... c'est vrai que tu n'avais pas peur. 

Je te vois écrire... et j'ai envie de te dire merci... pour tous ces mots que tu nous livres...

Comme je veux ? à quelques doigts, sur mon clavier !
Commentaire n°1 posté par Quichottine le 27/02/2008 à 23h03
Bonsoir,

Que tu n'aimes pas Charles ou Hank comme j'aime bien l'appeler mais c'est le même ça je m'en doute... bien que ça soit drôle de dire ça vu qu'on ne se connaît pas réellement mais peut-être qu'on se connaît beaucoup mieux au travers des mots des autres qu'on ne croit... D'ailleurs les mots font peur si souvent que moi j'ai appris à m'en méfier aussi et surtout de ceux des gens qui sont écrivains justement ou qui croient l'être... Hank lui c'est tout le contraire que je ressens en le lisant... Je ne te dirai pas tout sur ce sujet parce que justement j'ai écrit la suite de Ma machine à écrire s'appelait Calamity Jane ce week-end et je suis en train de songer à faire un petit bouquin qui serait comme un Journal d'écritures... enfin quelque chose du genre mais pas une histoire narcissique j'ai horreur de ça... 
Oui Hank quand je lis des extrait du Journal d'un vieux dégueulasse que j'ai découvert très tard moi encore une faille dans mes absences de lectures redoutables ! je ne peux pas m'empêcher de me dire qu'il a vécu des trucs que j'ai expérimentés un peu à ma façon mais lui c'était à la puissance mille... Pourtant grâce à son Journal j'ai exploré la possibilité de raconter avec plein de conteries autour bien sûr des fragments de mes déambulations nocturnes... non je n'avais pas peur comme tu dis et pire je me mettais la main au poignet et je me tirais en avant si jamais j'hésitais à foncer dans un recoin loûche ou à faire face à un mec déchiré en me disant ce truc de fous : vas-y car si tu es dans le vrai avec toi-même il ne peut rien t'arriver... 
Bon... j'ai dû avoir une sacrée chance vu que j'étais une fille quand même et que les rues des fois ça craint non ?... Je m'imagine toujours un peu au-delà du réel ou au large de c'qui fait que souvent on ne réalise rien par la peur qu'on a de tout... ça c'est mon histoire perso qui m'a donné cette sorte d'audace et puis j'ai vécu une autre période de ma petite existence dans des aventures communautaires et moi j'ai tout appris là au contraire de ceux qui en disent le pire... J'y ai appris d'abord sans pitié à n'avoir rien qui m'empêche de plonger dans le réel et de tout tenter... Tu sais le fameux " do it " des années 70 où on devait savoir se débrouiller en mécanique en menuiserie en plomberie en labourage de la terre avec un cheval et une charrue... si si j'ai fait ça... J'ai abattu des arbres à la tronçonneuse l'hiver en Cévennes et taillé des piquets dedans à la hache... J'ai reconstruit entièrement presque la toiture de notre baraque en lauzes avec les potes et élevé des cochons noirs... 
Alors Calamity Jane et sa petite frimousse têtue qui m'attendait en me disant tout bas et en ricanant : tu n'y arriveras pas la la la ! ça m'a dopé plus d'une nuit vu que la nuit c'est un monde de hiboux et que les hiboux sont mes copains aussi tout un monde quoi... Tu as bien raison d'écrire des poèmes la nuit d'écrire tout simplement car comme le dit Hank aussi si on n'écrit pas ce qui nous bouffe dedans mais c'est pire ! Et puis écrire la nuit c'est beau... ça a une dimension cosmique comme cette Nuit étoilée de Vincent que j'aime tant... Moi j'ai toujours vécu la nuit à cause de... l'étrangeté de ces instants où les autres dorment en nous laissant cette immensité de solitude avec la petite lampe au-dessus on est dans un état de légèreté et de bonheur comme un piaf des rues qui se roule dans la poussière !
Oui maintenant c'est sur le clavier de l'ordi que je tape comme en ce moment pour te répondre mais c'est moins moins moins poétique alors ! Pas de danger que je largue un jour mon stylo et mes tas éparpillés de feuilles que je n'essaie plus de classer ordonner impossible y'en a des quantités et puis c'est ça l'aventure en fait... Ne pas savoir ce qu'on écrit jeter les feuilles par terre une par une les reprendre et en piquer un mot une ligne et pour finir bricoler une nouvelle un poème un conte... 
Hank est un être terrible blessé tendre et sauvage... moi aussi... j'ai besoin que des gens comme lui existent et racontent qu'ils ont erré dans le froid avec juste leur machine à écrire et de quoi se payer une petite piaule mitteuse pour me dire que si j'écris encore c'est peut-être pour qu'un jour dans 50 ans un gamin ou une gamine lise mes mots hiboux et y trouve la minuscule lumière de la lampe dans la cabane pourrie où il crevait de froid quand il raconte combien c'était merveilleux comme ses mains étaient belles sous la lueur de la lampe à huile en train de mourir...
Correspondre c'est ça non ?... Petit clin d'oeil nocturne. Dominique
Réponse de Dominique le 07/03/2008 à 01h44
Belles tranches de vies. Comme quoi il n'y a pas que les Goncourt, Renaudot et autres qui doivent se partager le monopole de notre âme.
Commentaire n°2 posté par alphomega le 27/02/2008 à 23h37
Bonsoir... ou plutôt bonne nuit !

Tu vois, j'ai été longue à venir lire ta réponse.
Il faut croire que nos échanges seront comme ceux d'antan, dépendant du facteur, du temps que mettent les lettres à passer d'un endroit à l'autre...

Merci.

Il faudra que je le relise. je me dis que peut-être je l'ai lu au mauvais moment. Mais y a-t-il un moment pour la lecture ? Y a-t-il des livres qui seraient mieux un peu plus tôt ou un peu plus tard ?

Je ne sais pas...

J'ai vu que ton espace aussi s'enrichit de jour en jour. il va falloir que je prenne du temps pour venir lire... sinon, je vais encore tout rater, et c'est si beau !

Je suis d'accord avec bien des phrases aperçues en survolant tout cela... mais je nee veux pas me contenter de cette lecture diagonale qui n'est bonne que lorsqu'on cherche un endroit pour y accrocher son regard...

Chez toi, il y a tout à lire, à découvrir...

Je vais revenir... lorsqu'il fera jour...

Je me relis... et je ris de tout ce "lire" qui encombre mon message...
Mais je n'ai pas d'autre mot... 

à demain, Dominique.
Commentaire n°3 posté par Quichottine le 15/03/2008 à 02h58
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