Partager l'article ! Petite chronique des cueilleurs de lune: & ...
Le Magazine Littéraire de Janvier
2008
Paris, Jeudi, 18 janvier 2008
Rebonds Journal Libération
La pipolisation de la Ve République
Alain Duhamel
Mercredi 16 janvier 2008
“ Partout ou presque, c’est l’apogée du clinquant et du superficiel, du tintamarre et des colifichets politiques. En ce sens, le Nouvel Observateur a fait preuve d’une merveilleuse probité en offrant en exclusivité à ses lecteurs un portrait idéalisé de l’arrière-train de Beauvoir : jadis, les thèses de l’auteur du Deuxième Sexe suscitaient d’intenses controverses. Aujourd’hui, ce sont ses fesses. ”
Vous savez depuis les quelques gribouillis avec lesquels on se fréquente que j’aime dans cette petite chronique-là où je vous cause de ce qui me touche par-dessus tout la création ou de ce qui sort tout chaud tout cru de nos imaginaires que j’aime bien commencer par un extrait d’article ou quelque chose dans le genre… Et comme j’ai eu l’audace de terminer cette chienne d’année 2007 quelle crève ! par un non moins redoutable écriveur et poète qu’est Bukowski et par son Journal d’un pas grand chose j’aurais volontiers recommencé une nouvelle année avec le camarade soleil par le même tant j’ai eu le bonheur pour mes p’tits cadeaux de la fin de l’année l’autre la maudite ! de trouver dans mes godasses givrées au pied de la cheminée éteinte au coeur d’la maison de personne que j’n’ai pas... le premier tome de l’intégrale de Hank comme l’appellent tous ses poteaux et encore une fois surtout ses poésies c’est béton !
Ce que je disais à l’ami Louis par qui j’ai découvert Bukowski y’a à peine quatre piges de ça la honte sur moi et mes lectures tardives d’ignare qui ne fricote que dans les bouquins de peinture depuis des lustres ! alors vous voyez qu’on peut se bricoler une carapace d’écrivaillon et lire à sa façon faut pas croire… donc ce que je disais à l’ami Louis qui lui a lu toute la bibliothèque d’Alexandrie avant l’incendie même plus c’est que quand tu as lu les poèmes de Hank tu n’peux plus rien gribouiller du style pendant des mois c’est l’horreur ! Bon ça n’pas empêchée parce que les mots sont trop oufs ils nous possèdent d’en écrire un juste après ma lecture que je vous ai asséné sur notre blog des Cahiers des Diables bleus…
Ouais c’est ça… j’ai eu l’envie de démarrer 2008 qui va être aussi farfelue et marginale les 40 berges de Mai 68 obligent que 2007 a été ringarde vieillotte et complètement nulle pour celles et ceux qui ont encore des pensées qui jouent aux billes sur les trottoirs macadam de la cité…avec Bukowski l’insupportable machineur d’étincelles rebelles ou encore plus provoc peut-être avec Céline et les lettres à Marie Canavaggia sa complice correctrice et amie qui vient de sortir chez son diable d’éditeur et qui pour ceux-là qui écrivent est une mine d’infos sur le travail et ses profondeurs d’abysses et de caves vigies à la J. Sénac nous faisant du bonheur pour des mois…
Parce qu’écrire c’est pas rien contrairement à c’que croient les porteurs de plumes d’édredons qui les trempent dans les
potions vermifuges avant de nous les ressortir sur des hectares de papier volés aux arbres et après massicotage saignant on retrouve des hectares de bouquins dans les rayons de la Fnac ou
ailleurs terribles qui existent pas et qui et qui font de leur rien le tout de ce temps d’égout où plus personne ne s’y retrouve là tout de suite dans ce que ça signifie écrire…
Non créer c’est pas rien… créer avec de l’intelligence humaine de la révolte et de la générosité c’est encore plus rare à
mettre ça en route que de capturer un arc-en-ciel dans une bulle de savon c’est pour vous dire… Vous dire que j’aurais aussi bien fait mon goûter d’aujourd’hui avec un type qui s’y entend dans la
discrétion la simplicité et la petite lumière qui sert aux peintres de soleil dans le secret de leurs ateliers et qui a la singularité de c’que la création fait de mieux en ces temps d’être
métisse et ça me cause drôlement comme vous savez… Ouais je vous aurais bien causé de Zao Wou Ki et de ses bleus à crever les ciels d’été de nos banlieues et de ses Caresses du vert sur de l’orange un vrai poème… mais bon y a eu dès le début de notre 2008 en fleurs et en fruits un petit avant-goût
de ce que sera le grand ravage qui nous attend en Mai…
Sûr que vous voyez avec l’extrait de l’article extra d’Alain Duhamel dans Libé de quoi je voudrais vous farcir les esgourdes là c’est du cul de Simone de Beauvoir évidemment… Des
niaiseries et des ramassages de bêtises crasses sur les bouquins et pensées et émotions de l’auteure du Deuxième
Sexe parce que c’est bien de ça qu’il s’agit… vous avez remarqué ceux qui exhibent le cul des femmes pour gommer leur tronche et ce qu’y a dedans aujourd’hui maintenant ce
sont des mecs… le hasard probable… donc des niaiseries on en a lu plein depuis dix jours et c’était un des buts de l’affaire : faire vendre en cassant ou casser en vendant, ça va de
soie…
Et vu qu’A. Duhamel a tout dit en quelques lignes c’que moi je n’sais pas faire comme vous savez je voudrais vous dire une seule chose : y’a du coup un excellent magazine qui a fait le boulot qu’on avait envie de lire nous autres les amateurs et amatrices d’intelligence dénudée féminine et toujours en devenir c’est Le Magazine Littéraire dont tout le numéro de janvier 2008 est consacré à “ Simone de Beauvoir la passion de la liberté ” ( photo de couv au début de l’article ). Les textes sont entre autres de Julia Kristeva, Benoîte Groult, Danièle Sallenave, Elisabeth Badinter, et des extraits inédits des Cahiers de jeunesse présentés par Sylvie Le Bon de Beauvoir vraiment c’est trop chouette !
Le travail comme toujours parfait du Magazine Littéraire a été complètement éclipsé par le coup de pub calamiteux de l’Obs et son “ ordalie culturelle ” comme l’appelle justement A. Duhamel et le meilleur moyen de lutter contre l’abêtissement c’est de lire lire lire… là où y’a quelque chose à lire… et de se remplir les mirettes des photos très belles de S. de Beauvoir dont le visage reflète une féminité qu’il est peut-être temps qu’on s’appropprie nous autres les femmes non ?
Et pour la suite de ma p’tite colère qui sait pourquoi elle a si vite réagi vu que désormais on est dans l’avant 68 il semblarait… alors voilà…
Simone de Beauvoir est une femme dont la pensée et l'écriture ont eu pour but et pour résultat de nous faire prendre conscience à nous autres femmes que notre corps nous appartient qu'il n'est en rien objet de satisfactions d'utilisations diverses d'exploitation ou d'appropriation masculine. Par sa réflexion sa sensibilité créatrice sa vérité humaine et son travail d'écriture ainsi que par une vie où les actes n'ont pas cessé de rejoindre ses mots elle a ouvert à toutes les femmes qui pourront un jour avoir accès à ses livres la porte de la liberté d'être elles-mêmes dans leur singularités et leurs différences…
Elle leur a permis de ne plus avoir honte de leur corps ainsi que le leur ont suggéré durant des siècles religions pensées patriarcales lois sur la minorité et l'irresponsabilité du féminin… de commencer à travailler sur l'évidence de la supériorité masculine qui les avait rendues esclaves et de ne se comparer à personne d'autre qu'à elles-mêmes…
L'acte de montrer le corps nu de cette femme-là précisément et la décision qui en a été prise par un conseil de rédaction essentiellement masculin a un sens qui n'échappe pas à celles et à ceux pour qui nos habitudes de penser ont été comprises et consciemment réfléchies et enfin mises au grand jour dans ces années 60 où on a commencé à se dire tout haut qu’y en avait marre d’être des mères des maîtresses des épouses des filles et jamais des femmes…
Effectivement cela doit être très stimulant pour un ou des hommes qui se piquent d'écriture de faire lire par cette couv qu'une femme pensante et féministe qui n'a pas hésité à mettre en cause ce type de comportement masculin décidant pour “ l'autre ”… avec d'autant plus de facilité d'ailleurs qu'elle est morte… est d'abord un cul aux yeux des hommes et certainement aussi de la plupart des femmes...
Le corps de Simone de Beauvoir lui appartient comme celui de tout être humain quel que soit son sexe. Il est clair que si elle désirait que son corps dénudé soit offert aux regards publics elle l'aurait fait de son vivant.
La période que nous traversons depuis une vingtaine d'années est marquée par un recul de la pensée et de la sensibilité humaine évoluant vers toujours plus de respect de l'autre et vers un regard bienveillant sur la totalité de son être.
Le voyeurisme et la bêtise qui nous abreuvent d'images vulgaires sans nous demander notre avis sont dépassés désormais par ce genre d'actes. Ne plus savoir faire la distinction entre le privé et le public entre l'intime et ce qu'on a le désir de montrer c'est être proche d'une confusion qui permet de trouver normales toutes les humiliations et les dégradations de l'image qu'un être humain a de lui… de redevenir un esclave aux yeux de l’autre et aux siens…
Cela prouve simplement qu'il faut continuer à résister et à ne pas acheter ce genre de publications. Le Magazine Littéraire nous offre un registre d'images et de textes qui rendent à cette femme ce qu'elle a été et
demeure pour nous : une femme libre telle que l'écrivait Louise Michel à ses tortionnaires. Que leurs combats et leurs féminités nous accompagnent.
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