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Saïd et Diana

Said-et-Diana-2.jpg

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  • : Les cahiers des diables bleus
  • : 19/09/2005
  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
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Colères noires

Samedi 5 juin 2010 6 05 /06 /Juin /2010 21:40

Cet article est publié sur le site : www.info-palestine.net Boycott Israel

 

      Ce sont les mêmes qui ont assassiné froidement Saïd sous les yeux de sa chienne Diana en le balançant dans le canal de l'Ourq à Bobigny et qui ont tué ce jeune garçon d'origine turque de 19 ans Fukan qui avait embarqué pour porter secours aux mômes de Gaza... Que leur vie à tous soit un enfer de braises et de cendres...

      A toi Fukan et à tous les tiens ce modeste hommage au bord de l'été que tu ne verras pas...

 

 

Flottille pour Gaza : des militants assassinés froidement et à bout portant...

 

Samedi 5 juin 2010

 

The Guardian

Fukan-Dogan-assassine-le-31-mai-2010.jpg

 

       Furkan Doğan n’avait que 19 ans. Il a été tué de quatre balles dans la tête et une dans la poitrine.

 

      Les 9 citoyens turcs tués à bord du Mavi Marmara, ont été abattus par une trentaine de tirs à balles réelles, révèlent les résultats de l’autopsie.

 

 

      Israël était ce soir sous pression pour donner son accord à une enquête indépendante sur l’attaque de la flottille humanitaire pour Gaza, après que les résultats des autopsies sur les corps des personnes tuées - obtenus par le Guardian - aient révélé qu’ils étaient constellés d’impacts de balles de 9 mm, beaucoup ayant été tirées à bout portant.

           Neuf citoyens turcs à bord du Mavi Marmara ont été tués avec un total d’une trentaine de tirs et cinq ont été tués par balles dans la tête, selon le vice-président du conseil turc de médecine légale qui a réalisé aujourd’hui des autopsies pour le compte du ministère turc la Justice.

           Les mêmes résultats ont révélé qu’un homme de 60 ans, Ibrahim Bilgen, a été abattu de quatre balles : dans la tempe, la poitrine, la hanche et le dos.

        Un garçon de 19 ans, qui s’appelait Fulkan Dogan et qui avait aussi la nationalité américaine, a été abattu de cinq coups de feu portés à moins de 45cm, au visage, à l’arrière de la tête, à deux reprises à la jambe et une fois dans le dos. Ahmed Dogan  

 

                                                                    Le père de Fukan Ahmed Dogan

 

   Deux autres hommes ont été abattus de quatre balles, et cinq des victimes ont été abattues soit à l’arrière de la tête ou dans le dos, dit Yalcin Buyuk, vice-président du conseil de la médecine légale.

               Les résultats ont été publiés alors que des survivants ont pu livrer leurs récits des raids. Ismail Patel, président du groupe pro-palestinien des Amis d’al-Aqsa [ basé à Leicester ], et rentré en Grande-Bretagne aujourd’hui, a raconté comment il avait été témoin de quelques‑uns des tirs mortels et a affirmé qu’Israël avait appliqué un principe de « Tirer pour tuer la politique ».

               Il a estimé qu’au cours de la partie la plus sanglante de l’assaut, les commandos israéliens ont tué une personne chaque minute. Un homme a été abattu d’une balle derrière la tête à deux pas devant lui et un autre a été abattu d’une balle entre les deux yeux. Il a ajouté que comme ceux qui ont été mortellement blessés, 48 autres souffraient de blessures par balles et que six militants sont toujours portées manquants, ce qui fait supposer que le nombre de morts pourrait augmenter.

 

        Les nouvelles révélations sur l’intensité des tueries sapent les affirmations faites par Israël que ses soldats ont ouvert le feu seulement en état de légitime défense et en réponse aux attaques des militants.« Compte tenu des preuves très inquiétantes qui contredisent la ligne adoptée par les médias israéliens et suggèrent que les Israéliens ont été très sélectifs dans la façon dont ils ont procédé, il y a maintenant un besoin impérieux d’une enquête internationale », a déclaré Andrew Slaughter, député, et membre d’un groupe [ d’amitié anglo-palestinienne ] réunissant les partis britanniques.

             Israël a prétendu ce soir que le nombre de balles retrouvées dans les corps ne changent pas le fait que les soldats ont agi en légitime défense. « La seule situation où un soldat a tiré a été quand il était clairement en danger de mort », a lâché un porte-parole de l’ambassade d’Israël à Londres. « En appuyant sur la gâchette rapidement, cela peut entraîner plusieurs tirs dans le même corps, mais cela ne change pas le fait qu’ils étaient dans une situation mortelle. » [ Curieux diplomate... qui semble si bien versé dans les armes à feu. Il est vrai que fréquemment les diplomates israéliens ont plusieurs casquettes- N.d.T ].

              Les manifestants venant de partout dans le pays iront demain de Downing Street à l’ambassade d’Israël pour exiger qu’Israël rende compte de ses actes.

 

       Plus tôt dans la semaine, William Hague, ministre des Affaires étrangères, a déclaré que le gouvernement exigerait une enquête internationale sous supervision internationale si Israël refusait de mettre en place une enquête indépendante, incluant une participation internationale.

          Les résultats de l’autopsie ont été publiés alors que la dernière des victimes turques était enterrée.

           Le Dr Haluk Ince, président du conseil de médecine légale à Istanbul, a déclaré que dans un seul cas il y avait eu une seule blessure par balle, une balle au front et tirée à distance, alors que toutes les autres victimes ont subi des blessures multiples. « Toutes [ les ] balles étaient intactes. Ceci est important dans un contexte médico-légal. Quand une balle frappe d’abord un autre endroit elle entre dans le corps déjà déformée. Si elle entre directement dans le corps, la balle est en bon état. »

          Il a ajouté que dans tous les cas, sauf un, les balles extraites du corps étaient des balles de 9mm. En ce qui concerne l’autre cas, il a déclaré : « C’était la première fois que nous voyions ce genre de matériel utilisé dans des armes à feu. C’était juste un conteneur, comprenant de nombreux types de granules habituellement utilisées dans les fusils de chasse. Il a pénétré la région de la tête par la tempe et nous l’avons trouvé intact dans le cerveau. »

 

       Un commando israélien anonyme, qui apparemment a conduit le raid sur le Mavi Marmara, a déclaré aujourd’hui au site israélien Ynet Nouvelles qu’il avait tiré sur un manifestant qui s’approchait de lui avec un couteau. « J’étais en face d’un certain nombre de personnes avec des couteaux et des bâtons », dit-il. « J’ai brandi mon arme quand j’ai vu que l’on venait vers moi avec un couteau et j’ai tiré une fois. Puis 20 autres personnes sont venues vers moi de tous les côtés et m’ont jeté sur le pont en dessous ... »

         [ Les rapports des autopsies contredisent totalement cette version des faits, diffusée par les services de propagande de l’armée israélienne et complaisamment reprise par les médias dominants au niveau international, mais le meilleur est ce qui suit ... - N.d.T ]

        « Nous savions qu’ils étaient des militants pacifistes. Ils voulaient briser le blocus de Gaza, et nous avons pensé rencontrer une résistance passive, peut-être de la résistance verbale - nous ne nous attendions pas à cela. Ils voulaient nous tuer. Nous avons rencontré des terroristes qui voulaient tuer et nous avons tout fait pour éviter des blessures inutiles. »

        [ C’est une litote dans le discours sioniste où les agresseurs prétendent toujours être les victimes. En réalité, un fait aujourd’hui largement reconnu est que l’armée israélienne, composée de pleutres, ne se sent forte qu’en face de civils. La façon habituelle de l’armée de montrer ses ’intentions pacifiques’ est de débarquer surarmée et de commettre les pires atrocités contre des civils désarmés - N.d.T ]

 

  4 juin 2010 - The Guardian - Vous pouvez consulter cet article à : Rachel-Corrie.jpg

 

 

http://www.guardian.co.uk/world/201...

 

Traduction : Naguib  

Publié dans : Colères noires
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Vendredi 4 juin 2010 5 04 /06 /Juin /2010 19:13

Ces intellos est scientifiques français dignes de confiance…

  Gaza Janvier 2010

Je vous conseille de lire l’article de D.Sibony “ Le raid sur la flottille pour Gaza ” dans le journal Le Monde d’aujourd’hui pour avoir un exemple de ce que ce pays peut contenir comme crapules de haute culture et comme hommes et femmes de sciences et de lettres dignes de confiance… Voici juste les quelques lignes qui vous en diront plus long que tout commentaire de ma part…

 

La " riche " bande de Gaza en Janvier 2010 un an après la destruction de l'hiver 2008-2009 par l'armée israélienne

 

 

“ Une pensée plus vigilante dans ce domaine ( celui de l’intervention militaire sur les navires humanitaires ) aurait justement inspiré une plus grande ouverture technique, même une certaine élégance dans la manière de faire. On aurait pu envoyer des plongeurs de la marine qui bloquent l'hélice, et les bateaux n'avaient qu'à se faire remorquer par un long câble d'acier vers le port voisin pour ladite vérification. Puisqu'il est dit et admis qu'Israël est en guerre avec cette région autonome, laquelle n'est pas vraiment un bastion affamé ‑ des amis qui en reviennent m'ont exhibé des photos de marchés bien fournis. Certes, ce n'est pas le luxe mais la denrée qui y manque cruellement, ce sont les nouvelles roquettes à plus longue portée.… ”Campement palestine


 

 

La " riche " bande de Gaza en août 1993

Camp de Khan Younis période d'occupation israélienne

 

 

 

Quand des gens censés porter une pensée intelligente et honnête dans un pays comme le nôtre commencent à publier ce genre de mensonge infect ça signifie qu’il faut se méfier de cette clique qui parle au nom de son prétendu savoir et qui s’en sert en réalité pour pervertir la vérité des faits et qu’ils le font en toute inconscience qui est désormais la leur… Tenons‑nous le pour dit et réagissons !Camp de Khan Younis 1993

 

 

 

 

 

 

 

La " riche " bande de Gaza sous occupation israélienne 1993

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marc de retour de Gaza septembre 1993

 

En août 1993 mon ami Marc qui est photographe et qui vit en Suisse à ce moment‑là part pour Gaza avec pour point de chute de camp de Khan Younis afin de faire un reportage sur l’existence des Palestiniens sous occupation du colonialisme israélien. A ce moment-là on est à la veille des Accords d’Oslo qui auront lieu le 13 septembre 1993 et nous tous croyons à l’évolution positive de la situation infernale que vivent les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie depuis 45 ans…Charette Gaza

Marc n’a jamais mis les pieds au Proche‑Orient et il ne sait pas ce qui l’attend. Il a tenu un Journal qu’il a détruit avant de reprendre l’avion à Tel‑Aviv car il a été fouillé brutalement par la police israélienne qui lui a confisqué la plupart de ses rouleaux de pellicules et il a eu peur de ce qui se passerait pour lui s’ils tombaient sur ces notes très engagées pour dire ce qu’il avait vu…

L’occupation de Gaza par le colonialisme israélien après le colonialisme britannique avait fait des Palestiniens des êtres sans ressources et sans choix d’existence… des indigènes traités en sous‑hommes et vivant dans un état de pauvreté et de mépris humain profond… Ils espéraient tous que le départ des colonisateurs allaient leur rendre leur dignité et leur droit d’être comme les autres : un peuple libre sur son territoire la Palestine… On sait ce qu’il en est advenu…

Gaza bidonsLes notes de son Journal de bord et les quelques lettres que Marc m’avait envoyées à l’époque ainsi que les photos sauvées ont été publiées dans la revue que j’avais créé en 2000 et qui n’existe plus aujourd’hui sous sa forme originelle… Voici la lettre qu’il m’a écrite juste après son retour de Gaza et les photos qui l’accompagnent que vous connaissez déjà et que je republie ici pour porter un démenti s’il en est besoin à la clique des menteurs bouffons français intellectuels profs d’université scientifiques et autres dont je lis depuis plusieurs jours les torchons publiés par des journaux comme Le Monde et autres…Enfant et mur de bidons


Au moment du prétendu départ des colonialistes israéliens de Gaza ce territoire était déjà un lieu de misère innommable qu’ils avaient transformé en un Noman’s land guerrier cerné de barbelés et de miradors. Aujourd’hui après 20 ans de blocus divers dont celui des dernières années a été le summum il ne reste plus sur cette terre après la guerre de décembre et janvier 2008‑2009 qu’un univers dévasté où  personne ne désire vivre… C’est bien entendu le but recherché et comme on l’a vu après l’ouverture par l’Egypte du terminal de Rafa les Palestiniens quittent s’ils le peuvent leur terre où ils n'ont aucun moyen de survivre et qu’il ne restera plus un de ces jours aux colons de toute sorte qu’à récupérer…

 

 

 

12 septembre 1993

 

Salut Dom,

 Khan Younis Gaza Le camp

Bien des choses à te dire, à t’expliquer, mais pour l’instant c’est une panique indescriptible dans ma tête… 

Sur le plan des réalités, ça je peux en parler, c’est pour dire que j’ai été servi…

Israël a tellement la trouille des fanatiques du Dieu d’en face qu’elle décide de laisser l’OLP se démerder pour maintenir l’ordre et créer un Etat probablement aussi peu démocratique que les autres Etats arabes ( Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Egypte… ), pris entre les conséquences de la misère et l’audience des extrémistes religieux.

La vie dans un lieu comme Gaza est la garantie de voir se développer les extrémismes… Espérons seulement que la chasse sera interdite pour les enfants… Je dis ça parce que j’imagine bien pire…Enfant à Khan Younis Ghaza Août 1993 copie

 J’ai du mal à imaginer l’armée d’occupation faisant ses valises, et disparaissant comme ça, comme si elle n’avait jamais été là, laissant casernes et barbelés comme “ seules ” preuves de ces jours de cauchemars. Laissant les mères, les épouses, les familles rigides de douleur et de haine, en larmes et en espoirs.

 

 

 

 

 

 

 

Je nomme Israël “ un Etat, un pays paranoïaque ”. Ils sont seuls au monde, rejetés, haïs, persécutés. Alors ce sentiment mêlé à un sentiment de supériorité ( comme souvent chez les paranos je crois ), en font le peuple qu’ils est. Ils sont fous, et lorsque ce sera enfin la paix ( si jamais c’est le cas ), alors Israël commencera lentement à dépéris ( drogue, délinquance, sexe de consommation… ), j’en suis persuadé.Femme avec panier Gaza

Jeune fille à Gaza portrait

 

 

 

 

 

 

Les Palestiniens : un seul mot pour représenter la situation présente, “ fighting ” (combattre). C’est la haine de l’Israélien, et je crois aussi parfois la volonté du futur. Je dis parfois car ce n’est pas vraiment un lieu pour songer à demain. Pourtant j’ai eu une quantité de sourires comme si dans un pareil enfer la vie et l’espoir étaient plus présents que là où nous avons tout. Un type de l’ONU disait : “ Il n’y a pas de suicides à Gaza, pas de drogue non plus… ”

Vieil homme portrait copieQuant à la violence, je me suis débarrassé comme je te l’ai dit de mon Journal de bord car vu ce qui s’est passé à l’aéroport avec mes films, je n’avais pas envie de finir dans une des joyeuses cellules des prisons réputées d’Israël. J’ai passé quatre heures à l’aéroport de Tel‑Aviv entre trouille bleue et une foutue envie de leur rire au nez tant ils se prennent au sérieux. Une chose est sûre, ils n’aiment pas les photographes surtout quand ils ont été à Gaza… ” ( … ) J’attendais beaucoup de ces photos tout en sachant et en craignant un échec possible. Mais comment peut-on photographier humainement ce qui n’a même pas droit à un nom ? Voilà ce que moi je ne sais pas.Garçons détail copie

Merci de ta confiance et dépit de tout ceci. A bientôt. Marc

Femme et jeune garçon Khan Younis 

 

 

Ce qui me semble très intéressant dans le contexte actuel c’est que Marc est allé à Gaza sans le moindre parti pris pro‑palestinien et au contraire avec sa méconnaissance des faits et sa naïveté de jeune occidental habitué au discours dominant et colonial véhiculé dans nos pays. Et il en est revenu avec ces quelques convictions dont il parle là et avec le sentiment d’un échec qui en dit bien plus que le fait de n’avoir pas pu rapporter ses films et son Journal de bord… Or ses quelques photos “ parlent ” plus que n’importe quel reportage “ professionnel ”…

 

  Les " riches " marchés de Gaza en 1993 sous occupation israélienne

 

  Moi aussi Monsieur Sibony j’ai mes amis qui sont allés constater de leurs yeux la misère à Gaza et ces photos datent d’août 1993… elles ne sont ni post datées ni truquées elles… et elles nous causent d’aujourd’hui en dépit de leurs vingt années d’écart…Marché palestine

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Mercredi 2 juin 2010 3 02 /06 /Juin /2010 00:24

Cet article est publié sur le site : www.info-palestine.net


A Gaza, en mémoire de ceux qui sont morts et qui les aimaient... Boycott Israel

Un pas de plus dans l’escalade des crimes israéliens !

Mardi 1er juin 2010

 

Ziad Medoukh

 

Crime israélien contre les solidaires

 

 

Photo AFP

 

Mort-pour-la-liberte-31-mai-2010-Gaza.jpg  

 

 

 

 

Quels mots trouver dans ces moments tragiques !

Cette fois-ci, Israël tue délibérément des militants pacifistes internationaux.

 

Aujourd’hui, Gaza est en deuil avec tous les Palestiniens. Nous portons le deuil de tous ces hommes et de toutes ces femmes, courageux et solidaires de la détresse des Gazaouis soumis au blocus inhumain d’Israël.

Les morts et les blessés de l’assaut barbare de la marine israélienne nous touchent autant, sous un certain aspect, peut-être même davantage, que toutes les victimes palestiniennes de la guerre d’occupation israélienne. Peu importe leur nationalité, dans notre cœur ils sont deux fois Palestiniens !

Ils étaient tous des civils, des militants totalement pacifistes qui venaient de plusieurs pays. Ils voulaient venir à Gaza pour briser le blocus inhumain imposé par les forces de l’occupation israélienne contre la population depuis plus de trois ans, ils voulaient apporter un peu d’aide à des gens pauvres, assiégés et sinistrés.

Dans les eaux internationales, ils ont été attaqués par une armée lâche, qui a l’habitude de massacrer des civils, sans aucun respect ni pitié pour les personnes âgées et les femmes à bord de ces bateaux de la liberté.

Cette attaque barbare et sans scrupules contre la flottille internationale illustre, une fois de plus, le visage hideux de cette occupation que rien n’arrête dans son œuvre de mort et de haine de la paix.

Le mouvement de la solidarité internationale porte aujourd’hui la couleur du sang de la dizaine des siens qui ont été tués et de la centaine des leurs blessés.

 

Maintenant, les choses sont très claires, et plus claires que jamais ; il faut oser les dire telles qu’elles sont : l’Etat d’Israël est criminel, c’est un Etat hors-la-loi, et la communauté internationale doit condamner et agir. Le silence et l’inaction sont complicité et encouragement de crimes. L’impunité d’Israël doit cesser : plus encore qu’une question de justice et de morale internationale, il s’agit de la paix et de la stabilité dans notre région et dans le monde, sur lesquelles l’Etat d’Israël fait peser une menace permanente.

Comme je l’ai déjà dit en introduction, aujourd’hui Gaza sous blocus est triste, endeuillée comme toute la Palestine, endeuillée et solidaire - comment pourrait-il en être autrement ? - de tous ces frères et sœurs internationaux morts ou blessés, qui ont laissé leurs pays et leurs familles pour manifester leur solidarité et leur refus de l’hypocrisie internationale.

 

Nos pensées vont tout d’abord aux familles des morts et des blessés, qui ont donné leur sang pour que les valeurs humaines de justice, de liberté et de paix demeurent

 

Plus que jamais, tous unis, pour que ces valeurs triomphent !

 

Messages précédents :

-  Le centre Qattan pour les enfants à Gaza : un centre distingué pour les enfants Gazouis

-  Nous n’oublierons pas, nous ne partirons pas

-  Gaza : le Centre de la paix participe à la conférence internationale sur la non-violence Ziad_Medoukh_200-2.jpg

-  Les jeunes artistes de Gaza au rendez-vous

-  Les prisonniers palestiniens : une souffrance qui n’a pas de fin

-  Une exposition à Gaza pour défier le blocus

-  Avec la volonté, ils créent l’avenir

-  Arjan : une usine de qualité à Gaza malgré le blocus

-  Les coupures permanentes d’électricité pèsent lourdement sur la vie des Gazaouis

-  Gaza : Un an déjà

 

Diffusé par l’auteur le 31 mai 2010 - ziadmedoukh@hotmail.com

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Jeudi 27 mai 2010 4 27 /05 /Mai /2010 22:54

L'établi

Robert Linhart

Ed. de Minuit, 1978‑1981

 

L-etabli.jpg

Vous vous rappelez sans doute que je vous ai déjà causé de mon travail sur la mémoire ouvrière ou plutôt je dois dire sur les mémoires ouvrières ?… Je vous ai causé un peu de celle de ma family du côté d’un des plus anciens dont j’aie des images de vieilles photos des tirages sur carte sépia vous voyez le genre ?… Sylvain c’était le père de mon arrière grand‑mère vous vous souvenez… il était ouvrier paysan et c’est un morceau de l’histoire romancée de cette famille que j’utilise dans mon récit d’Alphabêtes City auquel je bosse en ce moment…

Mais là s’agit de continuer ces mémoires ouvrières sur une autre piste vu que je suis toujours en quête de ce genre de témoignage pour mettre bout à bout finalement tous ces récits que j’espère bien rassembler par ci par là si quelques‑uns ont la générosité de me les faire parvenir… mais je farfouille aussi de mon côté vous vous doutez… Je fais les vieux magazines des années 60 et tous les bouquins que je déniche avec des témoignages vrais et vécus mais y en a pas tant que ça et la véritable parole ouvrière elle court pas les feuilles imprimées c’est sûr…

Donc encore une fois si jamais vous tomber sur des journaux ou des magazines ou des bouquins qui laissent causer les ouvriers et les ouvrières pensez à mézigue merci bien !

 

Et en attendant que j’aie compilé les mots des hommes du labeur je m’offre le plaisir de vous faire découvrir ici un petit aperçu d’un bouquin sublime dans le genre de ce que je recherche et dont les imbéciles ont dit comme toujours le plus de mal possible… Et aussi de son auteur parce qu’il était maoïste dans les années 60‑70… z’imaginez un peu si par ces temps de bas du front et de Picsous ravis on a la haine ! Moi je ne l’étais pas maoïste mais comme je l’ai gribouillé pour répondre à ces gros nases j’ai fait aussi des choix de bosser du côté des prolétaires comme on disait et de ne pas continuer les études comme mes vieux voulaient pour des raisons toutes simples alors…

Et ces raisons on les trouve dès qu’on ouvre L’établi de Robert Linhart vu que c’est de ce bouquin‑là qu’il est question… Nous autres dans les années 70 on était des gamins des banlieues qui avaient reçu de nos vieux pas le moindre héritage de rien qui ressemble à une culture ouvrière ni à un savoir‑faire dont nos anciens étaient pourtant porteurs et qui sont nos trésors les seuls les vrais… Et c’qu’il faut bien comprendre c’est que les deux vont ensemble… En devenant des bourgeois nos vieux ont laissé de côté ce qui leur paraissait anecdotique à savoir pas seulement le fait de travailler avec ses mains car certains l’ont fait encore à leur façon mais ce que ça signifie d’être un ouvrier du labeur ou un compagnon artisan et toute l’histoire ou plutôt toutes les histoires qui accompagnent le savoir‑faire ou la belle ouvrage comme l’appellent les compagnons…

Pas de transmission de cette culture ouvrière et paysanne vu qu’ils ne pensaient pas que ç’en était une de culture… et pas de transmission socio‑politique qui va de pair… Les notions de solidarité et de lutte des classes leur étaient étrangères complet et c’est bien ça qui nous a mis dans la mouise humaine et sociale où s’qu’on se trouve aujourd’hui… Ce qui explique que nous autres avons décidé de sauter par‑dessus cette génération de nos parents et de nous relier avec celle des grands‑parents qui ont tant à nous apprendre… Et qui donc qui a pris la suite de ces prolétaires et paysans des années 20 et autres à votre avis ? Ben ce sont les ouvriers immigrés la plupart et c’est d’eux qu’y avait tant à apprendre et c’est pour ça qu’on est allé à leur rencontre dans les usines dans les campagnes vu qu’ils étaient travailleurs saisonniers sur les chantiers aux Intérims enfin partout quoi !…A-la-chasse-copie.jpg

Nous les mômes ignares on savait bien que ça c’était l’essentiel et que nos vieux faute de l’avoir pigé à temps laissaient filer entre leurs paluches toute la richesse du monde ouvrier et paysan qui est la base créatrice et réelle de notre société… On le sentait d’une manière informe mais on était sûrs de n’pas se gourer et preuve est faite aujourd’hui qu’on est dans la débine qu’on sait et que plus personne n’arrive à donner de sens à rien qu’on avait pas tort…  C’est de ce vide‑là qu’on est en souffrance  face aux chancres de la finance et à leurs vieillards morbides et c’est parce qu’on a pas su transmettre nos expériences des utopies des sixties et notre culture ouvrière paysanne aux gamins des cités de banlieue qu’ils sont désormais séparés de cette classe sociale qui ne se souciait ni de la “ race ” ni de la couleur de la peau… 

Ces cultures et ces mémoires populaires sont les nôtres et ce sont elles qui ont structuré des populations entières de travailleurs et de travailleuses durant les années passées et qui leur ont donné la force commune et une identité singulière pour agir et lutter afin de conquérir leurs droits et d’écrire leur histoire au fronton des usines et des chantiers… Alors ne les laissons pas se perdre dans l’oubli !

 

L'établi

 

“ Montre‑lui, Mouloud. ’

L’homme en blouse blanche ( le contremaître Gravier, me dira‑t‑on ) me plante là et disparaît, affairé, vers sa cage vitrée.

Je regarde l’ouvrier qui travaille. Je regarde l’atelier. Je regarde la chaîne. Personne ne me dit rien. Mouloud ne s’occupe pas de moi. Le contremaître est parti. J’observe, au hasard : Mouloud, les carcasses de 2 CV qui passent devant nous, les autres ouvriers.

La chaîne ne correspond pas à l’image que je m’en étais faite. Je me figurais une alternance nette de déplacements et d’arrêts devant chaque poste de travail : une voiture fait quelques mètres, s’arrête, l’ouvrier opère, la voiture repart, une autre s’arrête, nouvelle opération, etc. Je me représentais la chose à un rythme rapide _ celui des ‘ cadences infernales ’ dont parlent les tracts. ‘ La chaîne ’ : ces mots évoquaient un enchaînement saccadé et vif.capital-copie.jpg

La première impression est, au contraire, celle d’un mouvement lent mais continu de toutes les voitures. Quant aux opérations, elles me paraissent faites avec une sorte de monotonie résignée, mais sans la précipitation à laquelle je m’attendais. C’est comme un long glissement glauque, et il s’en dégage, au bout d’un certain temps, une sorte de somnolence, scandée de sons, de chocs, d’éclairs, cycliquement répétés mais réguliers. L’informe musique de la chaîne, le glissement des carcasses grises de tôle crue, la routine des gestes : je me sens progressivement enveloppé, anesthésié. Le temps s’arrête.

Trois sensations délimitent cet univers nouveau. L’odeur : une âpre odeur de fer brûlé, de poussière de ferraille. Le bruit : les vrilles, les rugissements des chalumeaux, le martèlement des tôles. Et la grisaille : tout est gris, les murs de l’atelier, les carcasses métalliques des 2 CV, les combinaisons et les vêtements de travail des ouvriers. Leur visage même paraît gris, comme si s’était inscrit sur leurs traits le reflet blafard des carrosseries qui défilent devant eux. ( … )

Le fracas d’arrivée d’une nouvelle carrosserie toutes les trois ou quatre minutes scande en fait le rythme du travail.

Une fois accrochée à la chaîne, la carrosserie commence son arc de cercle, passant successivement devant chaque poste de soudure ou d’opération complémentaire : limage, ponçage, martelage. Comme je l’ai dit, c’est un mouvement continu, et qui paraît lent : la chaîne donne presque l’illusion d’immobilité au premier coup d’œil, et il faut fixer du regard une voiture précise pour la voir se déplacer, glisser progressivement d’un poste à l’autre. Comme il n’y a pas d’arrêt, c’est aux ouvriers de se mouvoir pour accompagner la voiture le temps de l’opération. Chacun a ainsi, pour les gestes qui lui sont impartis, une aire définie quoique aux frontières invisibles : dès qu’une voiture y entre, il décroche son chalumeau, empoigne son fer à souder, prend son marteau ou sa lime et se met au travail. Quelques chocs, quelques éclairs, les points de soudure sont faits et déjà la voiture est en train de sortir des trois ou quatre mètres du poste. Et déjà la voiture suivante entre dans l’aire d’opération. Et l’ouvrier recommence. (… )

Cette vie de la chaîne, je l’apprendrai par la suite, au fil des semaines. En ce premier jour, je la devine à peine : par la tension d’un visage, par l’énervement d’un geste, par l’anxiété d’un regard jeté vers la carrosserie qui se présente quand la précédente n’est pas finie. Déjà, en observant les ouvriers l’un après l’autre, je commence à distinguer une diversité dans ce qui, au premier coup d’œil, ressemblait à une mécanique humaine homogène : l’un mesuré et précis, l’autre débordé et en sueur, les avances, les retards, les minuscules tactiques de poste, ceux qui posent leurs outils entre chaque voiture et ceux qui les gardent à la main, les ‘ décrochages ’… Et, toujours, ce lent glissement implacable de la 2 CV qui se construit, minute après minute, geste par geste, opération par opération. Le poinçon. Les éclairs. Les vrilles. Le fer brûlé. ( … )COMBAT-copie.jpg

Mouloud ne dit toujours rien. Je le regarde travailler. Ça n’a pas l’air trop difficile. Sur chaque carrosserie qui arrive, les parties métalliques qui constituent la courbure au‑dessus de la fenêtre avant sont juxtaposées et clouées mais laissent apparaître un interstice. Le travail de Mouloud est de faire disparaître cet interstice. Il prend de la main gauche un bâton d’une matière brillante ; de la main droite, un chalumeau. Coup de flamme. Une partie du bâton fond et un petit tas de matière molle sur la jointure des plaques de tôle : Mouloud étend soigneusement cette matière, à l’aide d’une palette de bois qu’il a saisie aussitôt après avoir reposé le chalumeau. La fissure disparaît : la partie métallique au‑dessus de la fenêtre semble ne plus se composer que d’un seul tenant. Mouloud a accompagné la voiture sur deux mètres ; il l’abandonne le travail fait et revient à son poste, à son point de station, attendre la suivante. Mouloud travaille assez rapidement pour avoir un battement de quelques secondes entre chaque voiture, mais il n’en profite pas pour ‘ remonter ’. Il préfère attendre. Voici une nouvelle carrosserie. Bâton brillant, coup de chalumeau, la palette, quelques coups vers la gauche, vers la droite, de bas en haut… Mouloud marche en travaillant sur la voiture. Un dernier frottement de palette : la soudure est lisse. Mouloud revient vers moi. Une nouvelle carrosserie s’avance. Non, ça n’a pas l’air trop difficile : pourquoi ne me laisse‑t‑il pas essayer ?

La chaîne s’arrête. Les ouvriers sortent des casse‑croûtes. ‘ La pause ’, me dit Mouloud, ‘ il est huit heures et quart ’. Seulement ? Il m’a semblé que s’écoulaient des heures dans cet atelier gris, pris dans le glissement monotone des carrosseries et les éclairs blafards des chalumeaux. Cette interminable dérive de tôle, de ferraille en dehors du temps : une heure et quart seulement ? 

Mouloud me propose de partager le morceau de pain qu’il a soigneusement défait d’un empaquetage de papier journal. ‘ Non, merci. Je n’ai pas faim.

‑ Tu viens d’où ?

‑ De Paris.

‑ C’est ton premier boulot chez Citroën ?

‑ Oui, et même en usine.

‑ Ah bon. Moi, je suis Kabyle. J’ai la femme et les enfants là‑bas. ’

Il sort son portefeuille, montre une photo de famille jaunie. Je lui dis que je connais l’Algérie. Nous parlons des routes sinueuses de la Grande Kabylie et des falaises abruptes de la Petite Kabylie qui tombent dans la mer près de Collo. Les dix minutes ont passé. La chaîne repart. Mouloud empoigne le chalumeau et 2-CV.jpg se dirige vers la première carrosserie qui s’avance.

Nous continuons à parler, par intermittence, entre deux voitures.

‘ Pour le moment, tu n’as qu’à regarder ’, me dit Mouloud. ‘ Tu vois, c’est la soudure à l’étain. Le bâton c’est l’étain. Il faut attraper le coup de main : si tu mets trop d’étain, ça fait une bosse sur la carrosserie et ça va pas. Si tu ne mets pas assez d’étain, ça recouvre pas le trou et ça va pas non plus. Regarde comment je fais, tu essayeras cet après‑midi.’ Et, après un silence : ‘ Tu commenceras toujours assez tôt… ’

( … )

 

A suivre...

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Lundi 17 mai 2010 1 17 /05 /Mai /2010 19:50

En route pour Athènes Boycott Israel-copie-1

Dimanche 16 mai 2010

 

Gilad Atzmon

 

 

La semaine prochaine, je me rendrai à Istanbul, Athènes et Nicosie. J’y donnerai des concerts et des conférences, en soutien à la flottille Free Gaza. Ces derniers jours, j’ai accordé plusieurs interviews à des journaux grecs. Je vous en communique un ici. A mes yeux, il résume ce que je pense d’Israël, du sionisme, de l’identité juive, de la Palestine, de Gaza et de la mission Free Gaza.

 

Question journaliste [Q] : Où êtes-vous né et où avez-vous passé les années de votre enfance ?

Gilad Atzmon [GA] : Je suis né en Israël, en 1963. Il m’a fallu bien des années pour prendre conscience du fait qu’en réalité, c’est en Palestine occupée que je suis né.

 

Q : Vous êtes musicien, compositeur, militant, philosophe - laquelle de ces identités vous va le mieux ? gilad-Atzmon au saxo

GA : Je suis musicien de jazz. Idéalement, j’aimerais me percevoir comme une personne se réinventant elle-même, tous les jours. C’est évidemment là un rêve rose, une tâche presque impossible à mener à bien. Mais c’est quelque chose à quoi l’on peut aspirer. J’ai reçu une formation universitaire en philosophie et je pense que la philosophie allemande donne un cadre idoine pour une pensée qui soit à la fois claire, idéologique, éthique et universelle. Je suis aussi auteur, mais je ne me considère pas moi-même comme un militant. Je n’ai jamais compris ce qu’est, au juste, le militantisme. Je pourrais mentionner par la même occasion que je ne m’intéresse pas à la politique, mais bien plutôt à la signification et aux implications de l’activité et de la réflexion politiques.

 

Q : Pourquoi êtes-vous opposé à votre identité juive et israélienne ?

GA : Mais non, je ne suis pas opposé à l’identité juive, ni même à l’identité israélienne. Je suis opposé, en revanche, à toutes les formes que peut prendre la politique juive, et même d’ailleurs, toute politique identitaire. Pour une raison très simple. L’identité juive étant racialement déterminée, toute manifestation de la politique juive est raciste jusqu’à la moelle, et je suis totalement opposé au racisme. De fait, Israël et le sionisme étaient, originellement, une tentative de sauver les juifs en les soustrayant à leur orientation politiquement raciste et racialement politique. Le sionisme a inventé la nation juive ( ou les juifs en tant que nation ). Les premiers sionistes ont tenté de présenter les juifs comme un peuple parmi d’autres, et non pas en tant que race distincte. Cette idée semblait séduisante, sur le papier, mais la réalité de l’Etat juif démontre qu’Israël est la forme la plus radicale du chauvinisme juif. Le système judiciaire israélien est totalement discriminatoire envers les non-juifs. La politique israélienne ne diffère en rien des lois raciales des nazis.

 

Q : Qu’est-ce qui vous a si terriblement blessé, pour que vous déclariez publiquement que vous combattez l’Israélien qui est en vous-même ? Ne pensez-vous pas que c’est là une déclaration extrêmement brutale ? Une affirmation qui traduit de la colère ?

GA : Oui, c’est ça - je suis effectivement en colère. Voir un million et demi de Palestiniens réduit à la famine à Gaza, cela me met en colère. Voir l’armée israélienne balancer des bombes et du phosphore blanc enflammé sur des vieillards, des femmes et des enfants venus se mettre à l’abri dans une base de l’organisation de l’Onu chargée de protéger les réfugiés, cela me met en colère. Voir la manière dont la Terre sainte et saucissonnée par une muraille géante de séparation, cela me met en colère. Voir la Palestine transformée en bunker juif, ça me met en colère. Rencontrer des réfugiés palestiniens qui ne peuvent même pas venir visiter leurs villages, cela me met en colère. La prise de conscience du fait qu’un million et demi d’Irakiens sont morts à cause d’une guerre mondiale sioniste mise en scène par le Ziocon Wolfowitz me rend furieux. Voir les sionistes prôner le massacre de musulmans a G. Atzmon u nom de l’interventionnisme moral me met hors de moi. Voir la manière dont l’Aipac fait la promotion des guerres et de la violence me fait bouillir le sang.

 

Q : Les Israéliens ou les juifs n’ont-ils pas droit à disposer d’un foyer national, d’un foyer national en sécurité, je veux dire ?

GA : Si l’on parle dans l’absolu, la réponse est non. Si les juifs avaient eu quelque moment un droit à disposer d’un foyer national, ils ont perdu ce droit il y a fort longtemps. Comme nous le savons, le sionisme a célébré la renaissance nationale juive sur le dos du peuple palestinien.

Permettriez-vous qu’une bande de fanatiques italiens envahisse votre maison, à Athènes, simplement parce qu’ils sont convaincus que votre habitation a fait partie de l’Empire roman ? Ils pourraient affirmer que votre maison appartenait à vos ancêtres romains. Manifestement, ces Italiens ne s’en tireraient pas à si bon compte. C’est pourtant ce que les sionistes ont réussi à faire, tout du moins pendant un certain temps.

 Il n’y a pas de place pour un Etat raciste célébrant ses symptômes racistes au détriment d’autrui. Il n’y a pas de place pour Israël parmi les nations.

 

Q : Quelles concessions devraient-elles être faites pour que les Palestiniens puissent vivre libres et prospérer ?

GA : C’est très simple : Israël doit devenir l’Etat de tous ses citoyens. Actuellement, un juif de Brooklyn a plus de droits, en Palestine, qu’un Palestinien qui, pourtant, y est né.

 

Q : Pourquoi les Israéliens devraient-ils renoncer à leurs armes ? L’augmentation de leur équipement militaire n’est-elle pas due à leur sentiment d’insécurité, étant donné qu’ils sont cernés par les Arabes ?

GA : Peu importe, désormais, qu’Israël réduise ou non son armement. La défaite d’Israël est inévitable. En 2006, toute l’armée israélienne a été humiliée par une petite organisation paramilitaire, le Hezbollah. En 2009, Israël n’a atteint aucun de ses objectifs militaires, en dépit du déploiement massif d’unités de l’armée israélienne et de la punition collective infligée à de civils en recourant à des mesures militaires extrêmes contre des civils, y compris des armes de destruction massive. Les Israéliens emploient de plus en plus de force, ils s’enfoncent de plus en plus dans des crimes de guerre d’ampleur colossale, la légitimité de l’Etat juif est un sujet d’étude pour historiens. Le sort fatal d’Israël est, comme dans la Bible, écrit sur le mur.

 

Q : Pensez-vous que les juifs se sentent toujours indésirables, bien que plusieurs décennies se soient écoulées depuis l’Holocauste ?

GA : Il m’est difficile du parler du peuple juif, car je ne connais pas tous les juifs. Toutefois, les hommes politiques juifs mettent en permanence l’accent sur leur crainte de l’antisémitisme. Absolument toutes les formes de la politique juive comportent diverses méthodes pour élever des barrières entre les juifs et les autres ; le sionisme vise à séparer les juifs des goyim, le Bund ( mouvement socialiste juif ) a aussi pour fonction de séparer les juifs de la classe ouvrière ; la gauche juive n’a d’autre fonction que d’inscrire une tribu d’Elus parmi les pacifistes.

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Q : Les Israéliens et les Palestiniens peuvent-ils vivre en paix ?

GA : Non, certainement pas, même pas dans un million d’année. La notion de paix et de réconciliation est totalement étrangère à l’idéologie, à la politique et à l’identité israéliennes. Quand un Israélien dit Shalom, cela ne veut pas dire, en réalité, “ la paix ”, cela veut dire : “ la sécurité, pour les juifs ”. Cet ethnocentrisme a été dénoncé par le Christ, il y a de cela deux millénaires. Aime ton prochain et tend l’autre joue, ça, c’était la leçon donnée par Jésus. Israël, au contraire, recherche la gratification collective au travers de la revanche. Selon le Jerusalem Post, 94 % des Israéliens juifs ont soutenu les raids aériens de l’armée israélienne contre les civils palestiniens. Rien ne permet de rendre compte de ce fait, si ce n’est en tant que forme extrême de barbarie d’un tribalisme mortel.

Pour pouvoir vivre en paix, ils doivent effectuer un saut de conscience qualitatif, et non pas une simple évolution politique.

 

Q : En quoi l’opération “ Un bateau pour Gaza ” peut-elle aider à résoudre le conflit israélo-palestinien ?

GA : Cette opération n’entend pas régler le conflit. Elle a été mise sur pied, avant tout, pour apporter une aide absolument nécessaire à la population de la bande de Gaza. Ensuite, elle sert à élever la conscience des médias et de l’opinion publique au sujet des crimes de guerre monstrueux perpétrés par Israël à l’encontre de l’humanité.

J’ajouterai que les Palestiniens sont au premier front de la guerre contre le mal contemporain. Free Gaza n’est pas simplement une opération humanitaire de plus, c’est, en réalité, un appel émanant de l’humanité toute entière, qui nous rappelle ce qu’est l’humanisme.

 

Q : Vous avez fondé “ The Orient House Ensemble ” ; quelle en est la philosophie ?

GA : Initialement, je voulais “ palestiniser ” des airs juifs. Naïvement, je pensais que si nous jouions des airs israéliens et des airs juifs au sujet du “ retour des juifs chez eux ” en recourant à des modes musicaux arabes, les juifs et les Israéliens allaient ouvrir leur cœur à la cause palestinienne. De fait, quelques juifs et quelques Israéliens ont suivi. Toutefois, beaucoup de gens, au Royaume-Uni et dans le monde, ont compris ce que nous cherchions à faire. Notre message n’a pas percé, en Israël, mais nous avons trouvé beaucoup d’oreilles attentives dans le monde entier. Cela va faire bientôt dix ans que nous faisons de la musique ensemble. Nous n’avons pas l’intention d’arrêter...

 

Q : Comment le peuple grec peut-il, à votre avis, faire face à sa nouvelle réalité imminente ?

GA : Je voyage dans le monde entier, et je puis vous rassurer : les Grecs sont au tout premier plan pour ce qui est du soutien à la Palestine. S’opposer à Israël est une priorité morale. Tout ce que nous avons à faire, c’est dire ce que nous pensons et ne pas avoir peur de le dire avec force et fierté.

 

* Gilad Atzmon est écrivain et musicien de jazz, il vit à Londres. Son dernier CD : In Loving Memory of America.

 

Du même auteur : Gilad Atzmon

 

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14 mai 2010 - Vous pouvez consulter cet article à :

http://www.gilad.co.uk/writings/on-...

Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

Publié dans : Colères noires
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