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  • : Les cahiers des diables bleus
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  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
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P'tits poèmes diabolique

Lundi 25 août 2008 1 25 /08 /Août /2008 16:49

                    Est-ce que tu sais le silence

Ecrire un poème avec ma pensée et mon émotion tournées en direction du poète qu'a été et que demeure Mahmoud Darwich je sais ce que ça a de terriblement absurde et dérisoire...
On écrit pas un poème pour un être de paroles et de présence tel de Mahmoud l'a été un poète dont l'océan seul pouvait contenir le chant et pourtant quoi d'autre quand on est pris dans le bateau ivre des mots et qu'on a rien d'autre à donner...
Après avoir lu 
" Passant parmi des paroles passagères " et le livre qui a suivi le scandale que ce poème a provoqué Palestine mon pays L'affaire du poème, avec la participation de Simone Bitton, Matitiahu Pelev et Ouri Avnéri, Ed. de Minuit, 1988 je me dis que les mots ont une force pas croyable et qu'ils peuvent faire ce que dix mille tonnes d'armes de mort ne feront jamais...
Voici un extrait du texte écrit par Mahmoud Darwich dans ce livre au sujet du poème...

" L'hystérie du poème 
 
Le poème, le poème... Jusqu'à quand ? Y aura-t-il encore en hébreu assez d'épées pour affronter le prochain poème d'écrivain qu'écrira un autre poète pour demander le retrait des occupants ? ( ... )
Les Israéliens ont été surpris de découvrir que le peuple palestinien n'aime ni l'occupation ni les occupants. Ce fut une surprise telle que Yediot Aharonot a pu titrer : " Unité retrouvée à la Kneset ", après que le Premier ministre eut présenté mon poème comme la meilleure preuve qu'il fallait poursuivre l'occupation. Quand aux écrivains libéraux, si épris de paix, ils ont versé des larmes de crocodile lorsqu'ils ont découvert à cette occasion que les Palestiniens persistaient à croire que la Palestine était leur patrie. Ce qui a poussé Amos Kenan à me menacer du fusil comme seule langue désormais possible entre nous.
Pendant ce temps, les orientalistes israéliens sont encore occupés à chercher le sens du mot " perdrix " ( Hajal ) et le sens à donner au fait que je l'ai mis après le mot " pierres " ( Hajar ). Mati Peled a fait à juste titre remarquer que c'est bien la marque d'une incompréhension, voire d'une véritable coupure, entre deux cultures vivant sur la même terre. Il faut que personne ne comprenne plus personne pour qu'aucun traducteur n'ait remarqué que la perdrix est un oiseau de la taille d'un pigeon qui vit au milieu des pierres.
Lorsqu'on fait remarquer à tel député du Likoud : " L'hymne israélien ne dit-il pas que le Jourdain a deux rives, une occidentale et l'autre orientale ? ", l'autre répond : " J'ai bien le droit de chanter. " Le Palestinien n'aurait-il pas le droit de chanter sa patrie comme l'Israélien son expansionnisme ? Non. L'Arabe n'a pas le droit de forger son langage en dehors des limites que l'Israélien lui a fixées. Ce qui déborde de ces limites est décrété hors de l'humain. L'humain, en nous, doit quitter son espace propre pour se confiner dans le "ghetto " de l'autre. Il doit se faire le gardien de sa propre absence, au profit de la présence de l'autre. ( ... )
Tout se passe comme si le Palestinien, qu'il soit absent ou présent, était l'essence même de l'existence de l'Israélien. A condition, bien sûr, que ce Palestinien respecte le rôle qu'on lui a assigné. Plus on nie son existence, plus on reconnaît le poids de celle-ci. Et plus au contraire l'Israélien tend à reconnaître cette existence, plus il met en péril la sienne propre. Comme si l'Israélien avait besoin de convoquer le Palestinien selon l'image de son choix pour rester israélien. 
N'y a-t-il d'autre identité que celle-là ? ( ... )

Le poème dont il s'agit :  " Passant parmi des paroles passagères se trouve dans la page précédente du blog de nos Cahiers concernant Mahmoud Darwich. 

Que ces quelques mots te disent Mahmoud que ta présence et ta pensée nous accompagnent...

Est-ce que tu sais le silence
A Mahmoud Darwich
Epinay, dimanche, 17 août 2008

Est-ce que tu sais est-ce que tu sais
Le silence que fait un poète qui meurt
Le silence que ça fait parmi les fleurs
Un silence de lait que les amandiers boivent
Les chèvres qu’on a traites ne gambadent pas
Sur les collines blanches que le soleil mord
Les branches suent des gouttes d’ombre pour son corps
Est-ce que tu sais le silence des lampes
Parmi les arbres parmi les jeunes plumes
Des oiseaux princes de tous royaumes le brume
De leurs ailes comme un édredon qui s’envole
D’une fenêtre brouille le ciel des vergers
Couleur de cendres Est-ce que tu sais
Le silence que ça fait parmi les pierres
Qui dorment au lit des oueds pierres que reçoivent
Les femmes comme une offrande de pain frais
Les femmes témoins du jasmin ne chantent pas
Dans les cours des maisons les louanges du jour
Voici un nouveau jour parmi les pierres
Qui lèvent et prennent la place des corps
Aux terrasses chauffées en quête de douceur
Est-ce que tu sais le silence des pleurs
Parmi les ruisseaux captifs des tapis de laine
Qu’on teint captifs des outres pleines des théières
Captifs des puits qui ne désaltèrent pas
Les grandes fleurs d’agaves les jeunes filles
Et leurs gazelles blanches le sel des paroles
Les sources des histoires ne tarissent pas
Eau qui guette la soif des hordes de chevaux
Suivant muettes son pas dessous les roseaux
Est-ce que tu sais le silence que ça fait
Les pleurs des gens simples qui l’aimaient séchant
Parmi les premières branches des cerisiers
Offertes au canif et à l’entaille
Qui le coupent de l’enfance sans un cri
Loin du café de sa mère et de son chant
Peau de l’amande verte qu’on déshabille

Est-ce que tu sais est-ce que tu sais
Le silence que fait un poète qui meurt
Le silence que ça fait parmi les fleurs
Qui murmuraient son nom rêve de l’amandier
Avènement de l’olivier turbulent
Secret du citronnier appel de la perdrix
Qui nourrit ses petits dans les ravins d’épines
Où se cachaient hier les jeunes combattants
Nus l’arbre et l’oiseau bruissent tout bas leur peine
Est-ce que tu sais est-ce que tu entends
Le glapissement des renards au ventre bleu
Rassemblant les cendres de la terre souillée
Dans la gorge du poète en poudre fine
S’éparpillent les ailes des papillons
Et sa voix disant ses poèmes disant
Le sommeil de sa terre impatiente lointaine
Est-ce que tu sais le silence du blé
De la langue échappée qui se désaltère
Comme l’eau sur les lèvres comme la rosée
Sur les fruits avec le goût pur du bonheur
Qui fait à l’enfance couverture légère

Est-ce que tu sais est-ce que tu sais
Le silence que fait un poète qui meurt
Le silence que ça fait parmi les fleurs
Parmi les forges parmi les souffles joyeux
Fondant la lame qui percera le cœur
Des maîtres asservis sous les citronniers bleus
Empêchant les chevaux de brouter l’azur
Est-ce que tu sais les souffles avalés
Par le dieu errant des vents de Sumer
Qui a cueilli les fruits desséchés du ciel
Semé leurs graines sur le chemin du retour
Dans le jaune du sable dans le miel
Dans l’ambre et la paille litières et labours
Préparé la couche avec le lin des crinières
Du poète et de sa jeune fiancée
Tournesols sous les sabots des chevaux d’azur
Est-ce que tu sais est-ce que tu sais
Le silence que ça fait parmi les couleurs
Le gris agrippé à un pays tout entier
Interdit l’arc-en-ciel attend la délivrance
Seuls les papillons de nuit aux cendres s’affairent
Un voile de pleurs fait fenêtres à l’enfance
Mais rouge le soleil à la forge grandit

Est-ce que tu sais est-ce que tu sais
Le silence que fait un poète qui meurt
Parmi les passants est-ce que tu sais
Le tambour tu les battements d’un cœur
Que le chant infini de la mer guérissait
Au pied des vergers lointains d’amandiers en fleurs.

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Jeudi 7 août 2008 4 07 /08 /Août /2008 23:16

Le petit monde
Epinay, vendredi, 25 juillet 2008

 

Est-ce qu’il n’y a personne qui un jour
Va dire aux géants qui abattent les grands fromagers
Grattant la peau écailles bleues du ciel avant eux
Que notre monde est petit
Notre monde à nous qui habitons au bord du fleuve
Est petit notre monde à nous les nains de la mangrove
Au milieu des lézards d’eau le ventre gavé
De soleils grenades est juste assez vaste
Pour qu’une vague à la crête éclatée et au boubou
Turquoise y entre et nous berce immobiles rêveurs
Emmêlés à sa crinière verte parmi
Les racines des palétuviers et dérivant
Endormis comme les feuilles des nénuphars
Pendant que les ragondins les hôtes de nos palais
De terre crue et de nos grottes de nacre rouge
Taillées par le labour radar des chauve-souris
Minuscules pêchent pour nous des poissons d’argent vif
Notre monde à nous les nains qui buvons du lait d’huîtres
Et du rhum à la lune avant d’enfiler nos costumes
De vers luisants pour faire la fête encore
Encore dans la rosée notre monde est petit
Notre monde à nous les nains qui cueillons le sel
A midi dans les flaques de ciel oubliées au pied
De nos terrasses que les oiseaux pêcheurs ont tressées
Avec l’osier des rives ont maçonné de boue
Nacelles suspendues au-dessus de l’embouchure
Du fleuve écartelé par les îles de bananiers
Nous cueillons le sel pour l’offrir aux petits dieux païens
Nos ancêtres de pierres rondes sculptées par les eaux
Notre monde est petit et sucré
Comme un collier de jeunes bananes vertes de mangues
Explosées de goyaves et de citrons frais
Que les paresseux digérant leur lent festin de feuilles
Ramassent et laissent tomber dans nos calebasses
Paniers fendues nous buvons le jus violet et doux
Qui nous saoule d’une insouciance libellule
Nains poètes aux trompes goulues de miel sauvage
Nous marchons du pas généreux du colibri
Jusqu’au cœur de notre petite terre
Où les fougères lumineuses font le sable bleu
Comme la peau du ciel au-dessus des grands fromagers
Les géants achèteraient bien tout le bleu du monde
Avec leurs caisses pleines de papiers bizarres
Comme ils ont déjà raflé le rouge et le jaune
Aux oiseaux de nuit pour être les seuls à posséder
La pierre à lumière sculptée par les eaux du fleuve
Notre déesse païenne notre fiancée
Vénus d’onyx veillant sur la couleur de nos yeux
Verts notre monde de nains est si petit
Accroupi au bord du fleuve dans sa mangrove mauve
Qu’est-ce qu’on ferait de leurs caisses pleines de papiers
On dit les nains tous d’accord au conseil des sages
Immobiles rêveurs du petit monde bercé
Par une vague pépère au boubou turquoise.

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Vendredi 25 juillet 2008 5 25 /07 /Juil /2008 11:47

Des petits riens
Vendredi, 7 octobre 2005
A Louis

 

J’écris tu peins on se ressemble
On fouille dans des petits riens
Rien Mais que c’est bon d’être ensemble
L’odeur du café fait du bien
A cette table que ranime
Un rayon de soleil qui tient
Entre ses doigts des bouts de rimes
Une gomme et un porte-mines
Qu’a mâchouillés hier le chien
Ou le chat noir de la voisine
Plus noire que lui elle arrive
Les mains couvertes de farine
De patte blanche et de salive
D’anges on est plein mais c’est rien

 Rien mais que c’est bon d’être ensemble
Et plein de livres de cuisine
Qu’on a déchirés il me semble
Pour faire des petits bateaux
Sur eux j’écris et toi tu peins
Des petits riens comme des mimes
Et dont juste le corps s’anime
Dans l’eau de jade des bassins
Rien Mais les passants nous ressemblent
Leur air arsouille et leurs manteaux
D’Arlequins pour la pantomime
Découpés avec des ciseaux
D’argent par les vieux doigts qui tremblent
D’un maquilleur de matins tristes
Ça les rendra plus rigolos

Rien Mais que c’est bon d’être ensemble
Un rayon de soleil artiste
Qui frime comme un gigolo
Entre ses doigts prend tes pinceaux
Beau diable au milieu de la piste
Rose violet turquoise Tiens !
S’il t’en manque une tu appelles
L’ingénieur d’encre qui survient
A cheval sur une hirondelle
Tu peins dans l’eau des caniveaux
Des fresques pour les SDF
Coupoles ciels leurs oripeaux
Sont les voiles des vastes nefs
Rien la baraque des oiseaux
Pas de murs et pas de carreaux
Tes aquarelles tes dessins
Mes poèmes de leurs chapeaux
Sortent joyeux secouent leurs ailes
C’est du mouron mais trois fois rien

Rien mais que c’est bon d’être ensemble
Les passants ont perdu la liste
Des ingrédients pour le gâteau
Montparnasse passe la main
Dans le dos des vieilles actrices
Nous on est là j’écris tu peins
Complices nos cœurs sans malice
Pour demain ont fait des châteaux
De sable ou bien de pain d’épices
Des provisions de petits riens
Coco roudoudous et réglisse
Rez-de-chaussée un vieux bonhomme
Nourrit les chats de la Cité
Mille greffiers qui font un somme
Les rats trinquent à sa santé
Ça ne fait rien on est ensemble
Pendant que cuit la tarte aux pommes
Un rayon de soleil rebelle
Bondit comme le chat botté
Venu pour dîner il me semble
De trois fois rien j’écris tu peins
L’odeur du café fait du bien.

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Vendredi 18 juillet 2008 5 18 /07 /Juil /2008 11:01

Enfants étoiles
Vendredi, 14 septembre 2006

 

Enfants un jardin d’étoiles sous vos pieds
Enfants vous allez dans l’herbe un peu mouillée
A peine elles venaient fraîches de tomber
Ça n’était plus la nuit presque pas le jour
Enfants sur des sentiers bleus de rosée
Jusqu’en haut de la colline il faut marcher
Marcher parmi d’étonnants soucis orange
Coquelicots chardons qui cardent léger
Des bouts de laine pour habiller le jour
D’un burnous soleil aux couleurs qui changent
Vous ne l’avez jamais vu regards piégés
Par les collines Froids colosses d’acier
Que braveront vos armures de papier
Griffent vos yeux des étoiles barbelées
Gardant une cité ancienne ruinée

Enfants sur la colline marcher marcher
Sur la colline d’or glissent vos souliers
C’est un jardin d’étoiles ensorcelées
Qui dans les ronces mauves se sont couchées
Un drôle de trésor s’endort sous vos pieds
Enfants vous déferez les longues épines
De vos mains qui se retiennent à l’été
Dans leur peau ses parfums seront bien gardés
Vos talons étoilent les parkings de blé
C’est l’hiver enfants enfants il faut marcher

Demain plus de fleurs d’herbe crue de sentier
Et de givre les étoiles des cahiers
Pages que sur le bitume vous semez
Criblent les boîtes de conserves rouillées
Nains les vieux arbres petits courbent l’échine
Comme les jardiniers très désenchantés
Que vous ne croisez pas jeunes chevaliers
N’aiment ni votre enfance ni les palmiers
Des oasis bleues poussant entre vos pieds
Ni leur rigoles étoilées de candeur
Des cités anciennes vous vous souvenez

Enfants encore plus haut il faut marcher
Toutes ces collines n’ont pas de sentier
Ne vous reste qu’à semer des capucines
Qui taggeront la ville triste blancheur
Et vos terrains vagues livides hantés
Quand vos bonnets pointus creusent par bonté
Bouffons enfants fiers aux grelots d’insensé
Des tunnels où les taupes boivent le ciel
Enfants nous enviions leurs pattes palmées
Jetant les étoiles de fer des chantiers
Du tas de bagnoles cassées Les collines
Tôle ondulée cuivre roux fil argenté
Même un autobus beau comme un arc-en-ciel
Vous montre le chemin des roses cachées
Etoiles ensablées y a des années

Enfants dessus la colline il faut marcher
Deux lourdes bennes se disputent l’entrée
Rouleaux de câble électrique entortillé
Mais ce sont des queues de comètes rebelles
Troupeaux d’étoiles de bougies Vont craquer
Des milliers d’allumettes Toujours la fête
Enfants vous monte à la tête pirouettes
Vos tendres incendies rusent les guerriers
La peau neuve de vos pieds les faits hurler

Enfants ivres vous dormez aimez rêvez
A côté de la cabane du chiffonnier
Où mijotent des feux de tissus Brasiers
D’Afrique et ses couleurs sur les tas d’ordures
Enfants enfants jusqu’au ciel il faut marcher
Jusqu’au ciel d’étoiles tout emperlousé
Et de poudre de lune tout maquillé
Sur sa peau nue zig-zag des ruisseaux d’or pur
C’est une femme bleue d’Afrique mouillée
Par la boue du fleuve qui l’a enfantée
Sur ses reins d’ivoire elle vous a portés
Dans son boubou nuages vous a serrés
Contre son dos indigo doux le voyage

Enfants enfants tant elle vous a aimés
Avec sa chair de feu vous a modelés
Un torse des jambes de tendres guerriers
Des mains ouvertes aux bracelets d’orage
Des doigts fins qui sont aux papillons légers
Comme les chardons aux vêtements volages
Du jour Un visage elle vous a donné
Au cœur profond du grand baobab taillé

Enfants enfants c’est une femme d’Afrique
Bleue Ses scarifications sur votre nez
Votre front vos joues vos paupières fermées
Ce sont les traces de la nuit étoilée
A peine elles viennent fraîches de tomber
Du pinceau d’un peintre prêt à tout larguer
Pour retrouver son corps vaste et s’y bercer
Au cœur d’une cité ancienne innomée

Enfants enfants tant elle vous a aimés
Son coffre rempli de couleurs magiques
Des peintres devenus fous de pauvreté
Au-dessus des collines de vos cités
Collines d’ordures où las vous marchez
Quand elle l’a enfants sur vous renversé
Le vent s’est couché dans l’herbe un peu mouillée
Enlil le dieu des vents bleus vous a bordés
Et vos lits terrain vague où le ciel d’été
Se reflète jardin aux soucis orange
Gardent enfants étoiles vos rêves étranges
D’une cité ancienne où vous n’êtes pas nés.

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Vendredi 11 juillet 2008 5 11 /07 /Juil /2008 11:50

L’oiseau sauve-âge
A Louis
Mardi, 10 mai 2005  

" C'est l'oiseau sauvage ! L'oiseau sauvage ! "
Le doigt des enfants fusille le temps
Tu l’as dessiné sur l’écran mirage
Derrière le verre image éclatée
Rebel et volage il s’est envolé

L’oiseau sauvage s’est fait violence
Il est entré dans l’ambulance
A l’intérieur plein d’alambics
Ça coulait dur du sang d’étoiles
On a pris le pouls de l’oiseau
Sauvage un tuyau en plastique
On a branché rapide dans son dos

C’est l’oiseau sauvage ! L’oiseau sauvage !
Volage et rebel le temps a volé
Lanterne magique il te l’a donné
Sur un écran bleu c’est New York City
Terrain vague cruel tout comme ici
Et des Blacks de Harlem qui se régalent
A chanter le blues il y a vingt ans
Leurs costumes blancs coulent dans le sang
D’étoiles muselées que tu étales
Sur les murs de béton et c’est chaud !

 
L’ambulance est une ferme-prison
Où goutte à goutte leur vie s’égoutte
Dans les alambics bouent des tas d’oiseaux
Sauvages que les Blacks de Harlem ont
Tatoués aujourd’hui sur la peau
Trente ans c’est long bleu le halo
Qui clignote les chants de leur déroute

“ C’est l’oiseau sauvage ! L’oiseau sauvage ! ”
Le doigt des enfants dénonce le temps
Volage et rebel connaît pas les cages
Des années tuées par les doigts tendus
Dessus l’écran silhouette rivale
Des flics armés de lanceurs de balles
Tu le dessines Il est vivant
Corsaire doux rêvant nos rages

Le cri de l’ambulance fait violence
A ceux qui boivent du sang d’étoiles
Qui font le plein à la pompe d’errance
Oiseau sauvage ils lui ont injecté
Des essences strange dans l’ambulance
Des flots de pavots et le paysage
Qu’on invente ici et qu’on se partage

“ C’est l’oiseau sauvage ! L’oiseau sauvage ! ”
Un vieux singe triste au fond d’une cage
Tendus vers lui des doigts d’enfants tuent
Son regard fier son rebel virage
Qu’il prendra demain quand l’oiseau sauvage
Fera gicler le verre aux nuages
En ruisseaux de blues orange le jus
Qu’on mélange au sang des cités orages

L’ambulance emporte ses alambics
Où les Blacks de Harlem ont mis
Des jeunes moineaux ivres de musique
Qui explosent dans les cités d’ici
Sur le trottoir un aveugle perdu
Frappe son chien noir comme lui
On ne sait pas si quelqu’un a vu
La peur jaillir comme un incendie

“ C’est l’oiseau sauvage ! L’oiseau sauvage ! ”
Amour marécage on vit hors du temps
L’oiseau sauvage s’est fait violence
Il est sorti de l’ambulance
Tu le dessines Plus d’alambics
Les mômes d’ici cassent le présent
Hors d’usage bombe à retardement
Dans la Cité coule le sang d’étoiles
Pas question de mettre les voiles
Des mains d’ouvriers qui ont la pratique
Ont coupé déjà le verre des cages

“ C’est l’oiseau sauve-âge ! L’oiseau sauve-âge ! ”
 

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