Jumeau d'iris
Epinay, dimanche, 8 décembre 2008
Mes cités englouties mes blancs équipages
Je refuse vos armures de métal
Pourpre passage de l’hiver miroitant
Dans les billes de verre au cœur neigeux
Sur un printemps brutal ses feux clignotant
Panique pour nos souvenirs de santal
Enfant mage d’Algérie tous les jeux
On les partageait jeune berger d’abeilles
Je t’inventais toi Osiris courageux
Mon jumeau d’iris je perçais les oreilles
De ton cheval arabe y pendais des grelots
Couleur de lait je t’appelais je t’appelle
On descendait les dunes au galop
De l’oasis dans ses grasses mamelles
Nos palmiers brûlaient comme des photophores
Bleus aux portes du désert d’où venaient nus
Pieds des vieux nomades mineurs de phosphore
Papillons masqués aux couleurs inconnues
Mes cités resurgies mes noirs équipages
Je refuse vos impasses de sang pur
Fauchage flou du corps de l’été hantant
Les glaçons d’astres céladons qui naufragent
Un verger d’automne salé de coupures
Le brouillage entre nos images s’étend
Enfant mage d’Algérie tes tatouages
Planquaient des cicatrices nos ruches troncs
Des fûts grésillant gas-oil foutus forages
D’Arabie sa chair pressée comme citron
Tu te dressais au sommet d’une poutrelle
Des chantiers où un ksar de béton naissant
S’acharnait à repousser la citadelle
D’argile cuite au four du ciel hennissant
Son troupeau de chevaux mirages dans ton œil
Bel acrobate aux étriers en fleurs
Par-dessus les décharges ogresses en deuil
On inventait le sable cendres de couleur
Mes cités englouties mes blancs équipages
Je veux garder de vous la légende éphémère
Le temps effarouché de l’enfance fidèle
A ses secrets enfouis dans nos âmes sauvages
Mon jumeau d’Arabie immortelle chimère
C'est à toi que j'écris et c'est toi qui m'appelles.
Elle a dix ans elle descend vers les gourbis
A pleines assiettes de lait chaud
Commentaires