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Saïd et Diana

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Présentation

  • : Les cahiers des diables bleus
  • : 19/09/2005
  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
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Texte Libre

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Image de Dominique par Louis

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  Ecrits et dessinés à partir de nos banlieues insoumises toujours en devenir

      Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.

      Bienvenue à vos p'tits messages tendre ou fous à vos quelques mots grognons du matin écrits vite fait sur le dos d'un ticket de métro à vos histoires tracées sur la vitr e buée d'un bistrot, à vos murmures endormis au creux de vos draps complices des poussières de soleil passant par la fenêtre entrouverte...

      Bienvenue à vos fleurs des chantiers coquelicots et myosotis à vos bonds joyeux d'écureuils marquant d'une légère empreinte rousse nos chemins à toutes et à tous. Bienvenue à vos poèmes à vos dessins à vos photos à vos signes familiers que vous confierez à l'aventure très artisanale et marginale des Cahiers diablotins.

      Alors écrivez-nous, écrivez-moi, écrivez-moi, suivez-nous sur le chemin des diables et vous en saurez plus...

 

                                          d.le-boucher@sfr.fr


Notre blog est en lien avec celui
de notiloufoublog 2re illustrateur préféré que vous connaissez et on vous invite à faire un détour pour zyeuter ses images vous en prendrez plein les mirettes ! Alors ne loupez pas cette occase d'être émerveillés c'est pas si courant...

Les aquarelles du blog d'Iloufou l'artiste sans art  sont à déguster à son adresse                   www.iloufou.com  

Vendredi 18 janvier 2008 5 18 /01 /Jan /2008 22:57

                                       Le chien indigène  suite
undefined Assise au pied du Block trois l’Afrique Morgane renifle les fumées d’usine ocre roses couchées au-dessus des tours tels de grands chiens gardiens de la ville qui plonge dans la nuit rouge d’été. Ici s’il y a du sable c’est celui des chantiers que les hommes qui ont le même regard indifférent que Lakhdar retournent luisants de sueur. Ici le sable grimpe jusqu’au ciel entre leurs mains. Ciel brasier bientôt mouillé d’étoiles phares où sommeillent les chiens gardiens de la ville. Demain… pendant qu’elle dormira Morgane… les hommes au regard semblable à celui de Lakhdar reviendront offrir leur sueur aux remous amers de la ville.

 

Ecoute… écoute…

Durant tout le trajet de cahot en cahot dans la camionnette à plateau qui nous a déchargés de Biskra à Touggourt au bas de la maison de Lakhdar l’Arabe les gouttes de sueur une à une tombaient sur les poignets de mon père. Il en avait honte. Moi aussi j'avais honte de lui. Mon père l'homme de pas ici. Lakhdar à ses côtés sec et rugueux restait grave. Ses poings fermés étaient des nœuds de pierre. Les poings fermés de Lakhdar n’avaient rien à voir avec sa bonté qui était toujours la même. Sa bonté d’indifférence. Peut-être ils avaient à voir avec l’oubli des jours ou avec l’immobilité froide des déserts.

Moi je ne suais pas. Jamais. Lakhdar ne disait rien. Il regardait l’essuie-glace pousser le sable. Les fleurs de sable. C’était un jour de vent. Roux. Un jour de jappements. Pour la première fois depuis mon arrivée à l’oasis je savais. Je savais que j’allais nous faire du mal… Lakhdar. Zohra. Djeda Fatima… Pas d’autre famille pour Morgane. Je ne veux pas d’autre famille… Je suis devenue la fille de leur tribu. Celle dont le père n’a pas voulu. Celle qu’il avait fait venir ici parce qu’ici on a gardé la mémoire du harem et que ça sera plus facile de la cacher et de la faire se tenir tranquille. Moi… rebelle… je ne suais pas.

Moi… sous le burnous de Lakhdar l’Arabe des glaçons glissaient dans mon sang vif. La femme avec laquelle il m’avait faite se cachait quelque part parmi les replis ardents des ksour… La femme esclave. Quand je lui jetais ces mots au visage il répondait moqueur :

- Tu as vu la couleur de ta peau… et celle de tes cheveux…

Une à une les gouttes de sueur sur ses poignets… Une à une entre ses pieds aussi elles tombaient et formaient de minuscules trous ronds dans le sable qui grimpait à l’assaut de mon cœur… Morgane… la fille du malem de l’Hôtel-de-l’Europe-de-l’oasis-de-Biskra…

undefined  Ecoute… écoute…

Seule djeda Fatima parvenait à démêler ma tignasse pollen crépue. La melma ma grand-mère trop grosse pour qu’on prenne au sérieux sa méchanceté et ses cris - elle pensait toujours que les Arabes cherchaient à la voler - luttait contre le sable avec ses dents. Plus forte que le sable la caravane des sauterelles en flèche avait cerné l’oasis. Craque leur corset contre la lampe qui vacille et s’éteint. La melma les yeux fermés tentait avec hargne de retrouver son centre de gravité en glissant sur le jus vert et sucré des sauterelles écrabouillées par milliers. Ecrabouillées encore par les roues de la camionnette à plateau. A chaque tour de roue écrabouillées. Nuit noire.

La melma ma grand-mère ne touchait plus à mes cheveux de djinia. Seule djeda Fatima… seule elle connaissait les mots pour rallumer la lampe. Les mots des Nuits sacrées sur ses lèvres tatoués comme des perles d’eau.

Quand on est arrivés au milieu du serpent de poussière près de la maison de Lakhdar l’Arabe tout avait été balayé et lavé malgré le sable souillé pour nous accueillir. Quand on est arrivés… Lakhdar il a porté lui-même les toiles que j’avais récupérées à l’Hôtel-de-l’Europe - l'hôtel de mon père le malem - sur la terrasse qui transpirait une odeur fraîche de petit lait. Il les a portées une à une comme les gouttes de sueur de mon père.

Aujourd’hui j’ai donné le gros paquet de toiles sur lesquelles les personnages des Nuits étaient revenus à la surface de notre histoire à Lakhdar l’Arabe pour qu’il les enfouisse. Qu’elles retournent à leur maison de terre comme le ksar où personne n’habite plus. Qu’elles retournent au ventre qui les a conçues. Au sexe d’argile. Le sexe de la femme que le père ne touchera pas. Mon père le malem. La femme esclave. Plus jamais il ne la touchera.

Il a reculé de quelques pas de ses pieds nus… Lakhdar. Ses pieds de poussière et de chaux Lakhdar. Le commis. Le serviteur. Lakhdar l’Arabe. Et il a regardé la mosaïque bleue écaillée des murs de sa maison et il a regardé les toiles. Et il a regardé la paille acide des murs et il a regardé les toiles. Et il a regardé le chat endormi sur le panier-mandarines et il a regardé les toiles. Et il a regardé tout ce que nous avions partagé au cœur de la grande blessure où nous dormions ensemble sous le burnous de sable crème.

Alors il a dit :

- Quand tu voudras ma fille... quand tu voudras... Tu sais que pour Zohra et moi pour nous tous… tu es la fille d’ici… Les toiles elles restent dans la maison de Lakhdar… Ceux qui sont venus là habiteront avec nous… Et toi quand tu reviens tu les trouves… Quand tu reviens… dans pas trop longtemps ma fille… Lakhdar il est vieux.

Il a dit ça Lakhdar l’Arabe à la fille du malem-de-l’Hôtel-de-l’Europe-de-l’oasis-de-Biskra au bout de la grande rue des orangers. Il a dit ça Lakhdar. L’Hôtel ici on l’appelle le bunker jaune. A cause de ses murs bétons et des chaises de fer qui brûlent comme le soleil ici… Foutu pays…

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Illustrations de Catherine Rossi
A suivre...
Publié dans : Contes et récits de l'arbre aux histoires
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Jeudi 17 janvier 2008 4 17 /01 /Jan /2008 21:19
                          L'intelligence dénudée

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 Le Magazine Littéraire de Janvier 2008

Paris, Jeudi, 18 janvier 2008

 
Rebonds  Journal Libération

La pipolisation de la Ve République

Alain Duhamel

Mercredi 16 janvier 2008

 

“ Partout ou presque, c’est l’apogée du clinquant et du superficiel, du tintamarre et des colifichets politiques. En ce sens, le Nouvel Observateur a fait preuve d’une merveilleuse probité en offrant en exclusivité à ses lecteurs un portrait idéalisé de l’arrière-train de Beauvoir : jadis, les thèses de l’auteur du Deuxième Sexe suscitaient d’intenses controverses. Aujourd’hui, ce sont ses fesses. ”

 

Vous savez depuis les quelques gribouillis avec lesquels on se fréquente que j’aime dans cette petite chronique-là où je vous cause de ce qui me touche par-dessus tout la création ou de ce qui sort tout chaud tout cru de nos imaginaires que j’aime bien commencer par un extrait d’article ou quelque chose dans le genre… Et comme j’ai eu l’audace de terminer cette chienne d’année 2007 quelle crève ! par un non moins redoutable écriveur et poète qu’est Bukowski et par son Journal d’un pas grand chose j’aurais volontiers recommencé une nouvelle année avec le camarade soleil par le même tant j’ai eu le bonheur pour mes p’tits cadeaux de la fin de l’année l’autre la maudite ! de trouver dans mes godasses givrées au pied de la cheminée éteinte au coeur d’la maison de personne que j’n’ai pas... le premier tome de l’intégrale de Hank comme l’appellent tous ses poteaux et encore une fois surtout ses poésies c’est béton !

Ce que je disais à l’ami Louis par qui j’ai découvert Bukowski y’a à peine quatre piges de ça la honte sur moi et mes lectures tardives d’ignare qui ne fricote que dans les bouquins de peinture depuis des lustres ! alors vous voyez qu’on peut se bricoler une carapace d’écrivaillon et lire à sa façon faut pas croire… donc ce que je disais à l’ami Louis qui lui a lu toute la bibliothèque d’Alexandrie avant l’incendie même plus c’est que quand tu as lu les poèmes de Hank tu n’peux plus rien gribouiller du style pendant des mois c’est l’horreur ! Bon ça n’pas empêchée parce que les mots sont trop oufs ils nous possèdent d’en écrire un juste après ma lecture que je vous ai asséné sur notre blog des Cahiers des Diables bleus

Ouais c’est ça… j’ai eu l’envie de démarrer 2008 qui va être aussi farfelue et marginale les 40 berges de Mai 68 obligent que 2007 a été ringarde vieillotte et complètement nulle pour celles et ceux qui ont encore des pensées qui jouent aux billes sur les trottoirs macadam de la cité…avec Bukowski l’insupportable machineur d’étincelles rebelles ou encore plus provoc peut-être avec Céline et les lettres à Marie Canavaggia sa complice correctrice et amie qui vient de sortir chez son diable d’éditeur et qui pour ceux-là qui écrivent est une mine d’infos sur le travail et ses profondeurs d’abysses et de caves vigies à la J. Sénac nous faisant du bonheur pour des mois…

Parce qu’écrire c’est pas rien contrairement à c’que croient les porteurs de plumes d’édredons qui les trempent dans les potions vermifuges avant de nous les ressortir sur des hectares de papier volés aux arbres et après massicotage saignant on retrouve des hectares de bouquins dans les rayons de la Fnac ou ailleurs terribles qui existent pas et qui et qui font de leur rien le tout de ce temps d’égout où plus personne ne s’y retrouve là tout de suite dans ce que ça signifie écrire… undefined

Non créer c’est pas rien… créer avec de l’intelligence humaine de la révolte et de la générosité c’est encore plus rare à mettre ça en route que de capturer un arc-en-ciel dans une bulle de savon c’est pour vous dire… Vous dire que j’aurais aussi bien fait mon goûter d’aujourd’hui avec un type qui s’y entend dans la discrétion la simplicité et la petite lumière qui sert aux peintres de soleil dans le secret de leurs ateliers et qui a la singularité de c’que la création fait de mieux en ces temps d’être métisse et ça me cause drôlement comme vous savez… Ouais je vous aurais bien causé de Zao Wou Ki et de ses bleus à crever les ciels d’été de nos banlieues et de ses Caresses du vert sur de l’orange un vrai poème… mais bon y a eu dès le début de notre 2008 en fleurs et en fruits un petit avant-goût de ce que sera le grand ravage qui nous attend en Mai…
            Sûr que vous voyez avec l’extrait de l’article extra d’Alain Duhamel dans Libé de quoi je voudrais vous farcir les esgourdes là c’est du cul de Simone de Beauvoir évidemment… Des niaiseries et des ramassages de bêtises crasses sur les bouquins et pensées et émotions de l’auteure du Deuxième Sexe parce que c’est bien de ça qu’il s’agit… vous avez remarqué ceux qui exhibent le cul des femmes pour gommer leur tronche et ce qu’y a dedans aujourd’hui maintenant ce sont des mecs… le hasard probable… donc des niaiseries on en a lu plein depuis dix jours et c’était un des buts de l’affaire : faire vendre en cassant ou casser en vendant, ça va de soie…

Et vu qu’A. Duhamel a tout dit en quelques lignes c’que moi je n’sais pas faire comme vous savez je voudrais vous dire une seule chose : y’a du coup un excellent magazine qui a fait le boulot qu’on avait envie de lire nous autres les amateurs et amatrices d’intelligence dénudée féminine et toujours en devenir c’est Le Magazine Littéraire dont tout le numéro de janvier 2008 est consacré à  Simone de Beauvoir la passion de la liberté ” ( photo de couv au début de l’article ). Les textes sont entre autres de Julia Kristeva, Benoîte Groult, Danièle Sallenave, Elisabeth Badinter, et des extraits inédits des Cahiers de jeunesse présentés par Sylvie Le Bon de Beauvoir vraiment c’est trop chouette !

Le travail comme toujours parfait du Magazine Littéraire a été complètement éclipsé par le coup de pub calamiteux  de l’Obs et son “ ordalie culturelle ” comme l’appelle justement A. Duhamel et le meilleur moyen de lutter contre l’abêtissement c’est de lire lire lire… là où y’a quelque chose à lire… et de se remplir les mirettes des photos très belles de S. de Beauvoir dont le visage reflète une féminité qu’il est peut-être temps qu’on s’appropprie nous autres les femmes non ?

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Et pour la suite de ma p’tite colère qui sait pourquoi elle a si vite réagi vu que désormais on est dans l’avant 68 il semblarait… alors voilà…

 

 Simone de Beauvoir est une femme dont la pensée et l'écriture ont eu pour but et pour résultat de nous faire prendre conscience à nous autres femmes que notre corps nous appartient qu'il n'est en rien objet de satisfactions d'utilisations diverses d'exploitation ou d'appropriation masculine. Par sa réflexion sa sensibilité créatrice sa vérité humaine et son travail d'écriture ainsi que par une vie où les actes n'ont pas cessé de rejoindre ses mots elle a ouvert à toutes les femmes qui pourront un jour avoir accès à ses livres la porte de la liberté d'être elles-mêmes dans leur singularités et leurs différences…

Elle leur a permis de ne plus avoir honte de leur corps ainsi que le leur ont suggéré durant des siècles religions pensées patriarcales lois sur la minorité et l'irresponsabilité du féminin… de commencer à travailler sur l'évidence de la supériorité masculine qui les avait rendues esclaves et de ne se comparer à personne d'autre qu'à elles-mêmes…

L'acte de montrer le corps nu de cette femme-là précisément et la décision qui en a été prise par un conseil de rédaction essentiellement masculin a un sens qui n'échappe pas à celles et à ceux pour qui nos habitudes de penser ont été comprises et consciemment réfléchies et enfin mises au grand jour dans ces années 60 où on a commencé à se dire tout haut qu’y en avait marre d’être des mères des maîtresses des épouses des filles et jamais des femmes…

Effectivement cela doit être très stimulant pour un ou des hommes qui se piquent d'écriture de faire lire par cette couv qu'une femme pensante et féministe qui n'a pas hésité à mettre en cause ce type de comportement masculin décidant pour “ l'autre ”… avec d'autant plus de facilité d'ailleurs qu'elle est morte… est d'abord un cul  aux yeux des hommes et certainement aussi de la plupart des femmes...

Le corps de Simone de Beauvoir lui appartient comme celui de tout être humain quel que soit son sexe. Il est clair que si elle désirait que son corps dénudé soit offert aux regards publics elle l'aurait fait de son vivant.

La période que nous traversons depuis une vingtaine d'années est marquée par un recul de la pensée et de la sensibilité humaine évoluant vers toujours plus de respect de l'autre et vers un regard bienveillant sur la totalité de son être.

Le voyeurisme et la bêtise qui nous abreuvent d'images vulgaires sans nous demander notre avis sont dépassés désormais par ce genre d'actes. Ne plus savoir faire la distinction entre le privé et le public entre l'intime et ce qu'on a le désir de montrer c'est être proche d'une confusion qui permet de trouver normales toutes les humiliations et les dégradations de l'image qu'un être humain a de lui… de redevenir un esclave aux yeux de l’autre et aux siens…

Cela prouve simplement qu'il faut continuer à résister et à ne pas acheter ce genre de publications. Le Magazine Littéraire nous offre un registre d'images et de textes qui rendent à cette femme ce qu'elle a été et demeure pour nous : une femme libre telle que l'écrivait Louise Michel à ses tortionnaires. Que leurs combats et leurs féminités nous accompagnent. 
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Publié dans : Petites notes de lecture
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Mardi 15 janvier 2008 2 15 /01 /Jan /2008 20:50

                                                        Petites chroniques
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Mardi, 15 janvier 2008  La bonne année quoi !…

 

Dire qu’on est à la moitié du mois de janvier et que je n’vous ai même pas raconté notre façon de fêter la bonne année dans nos cités de banlieue ! Faut vous dire aussi que depuis la fin de l’année justement la fin de l’autre année on a été pris dans une sorte de tourbillon de mots et d’images qui voletaient partout et qui formaient des gros tas style feuilles mortes mais pas question de les laisser emporter on n’sait où dans la brouette du balayeur avec son habit plastique fluo pas maginable sur une autre planète qu’ici…

Ha ! c’est vrai qu’ici c’est plus des balayeurs mais des ouvriers de surface ou un truc dans le genre… donc fallait rattraper tout ça qui se trimbalait sur les parkings de notre cité d’Orgemont et des autres cités aussi bien sûr… mais nous on est avantagés les cousins vu que comme je vous le raconte aussi dans l’histoire d’Epinay notre “ belle étrangère ” grâce au Comte de Lacépède qu’était un Monsieur qui s’occupait des animaux comme Buffon si vous voyez on a des géants arbres maîtres de la forêt un peu partout et ils nous protègent !

Alors donc les feuilles de nos Cahiers des Diables bleus très endiablées en cette fin d’une année qu’on est pas prêts d’oublier nous autres dans les cités de banlieue se faisaient la malle de parkings en halls d’escaliers et en petites ruelles tortillardes qui existent toujours de ci de là au fin fond de cette vieille ville du cinéma que ça a été Epinay comme vous savez… Elles carapataient direction les bords de Seine grande vitesse et on avait qu’une peur l’ami Louis et moi c’est que la grand-mère qu’on a rencontrée un soir du côté du parc de l’Ile qui vendait des marrons rôtis qu’elle faisait sauter sur une énorme poêle à trous une vraie au-dessus de son feu de bois qui avait bricolé des braises orange et vermillon avec des nuances de sang rubis clair nous les chipe au passage nos pages pour rallumer son foyer…

Fallait pas hésiter même s’y’avait un p’tit zéphir de givre qui nous la coulait pas trop douce par-dessous les oreilles sous la casquette de laine de Louis et qui nous chahutait les doigts de pieds à l’intérieur de nos baskets et si c’était presque déjà la teuf des petites loupiotes qui font des clins d’œil d’allumage et d’éteignage complices sur les façades de nos blocks ça commence quand c’est vraiment la nuit presque tout l’temps et ça nous la rend féerique notre cité avec ses guirlandes chandelles rouges jaunes bleues vertes clic-clac ! clic-clac !… c’est du rêve d’étoiles barbouillées d’couleurs à pas cher et on s’en moque bien de c’qu’en pensent les raffinés qui ont pas des kilomètres de murs mistigris sous les quinquets toute l’année… 
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Non ! fallait pas hésiter fallait se dégrouiller de descendre quatre par quatre nos quatre étages vite fait en laissant au frais la bourriche d’huîtres sur la fenêtre avec les pigeons qui la matent picorent piétinent par-dessus veulent savoir… sont pas au courant des habitudes des Bretons d’Epinay qu’on est devenus tous les deux l’ami Louis et moi depuis qu’on fréquente assidu Saint-Malo et ses petites vagues vertes d’océan qui nous lèchent émeraudent les arpions aussi d’hiver et qu’on hésite pas à enlever nos baskets pour y aller nous les mômes de la zone les veinards qu’on est quand on peut de s’tremper les panards dans l’eau d’l’océan pour sacrer le début du retour du camarade soleil dans nos banlieues ouvrières…

Bon et quand on n’peut pas comme cette année on n’a pas pu on grignote les huîtres avec plein d’eau salée dedans et on se frotte les yeux pour se dire qu’on y est un peu… et on est encore drôlement heureux vu que des huîtres tout’l’monde n’en mange pas dans la cité… Nous aussi on a mis le feu à nos p’tites merveilles chandelles joyeuses pour se faire des signaux jusque de l’autre côté des barres béton qu’ont l’air cette nuit-là d’une formidable flottille d’navires corsaires et on se dit en déboulant sur les parkings où y’a déjà les gamins qui attendent minuit pour faire le tam-tam des cités que si on a gardé une vitale énergie pour la fête dans les quartiers c’est qu’on est heureux d’vivre ensemble et qu’on n’loupe pas une occasion pour s’le rappeler…

C’est que nous autres les gens on a toujours su faire la teuf avec des trois fois rien y fallait bien la music on l’a réinventée à notre façon et ça a bien donné vu qu’aujourd’hui on n’peut pas mentir s’y avait pas le rapp et les groupes style IAM La Rumeur et un maximum d’autres jeun’s musicos de la zone on aurait un peu de soucis à se faire sur les chansons qui s’bidouillent dans la foire officielle des studios… Et on pourrait causer sur la langue qui se propage à l’intérieur des CD qu’on trouve en quantité dans les bacs si c’est notre langue à nous qui avons nos p’tits refrains au fond des esgourdes… Bon mais là on s’égare parce qu’on était au bas de notre escalier dehors à minuit tout juste et voilà que nous déboule dans les pieds une bande de p’tits avec casseroles et cuillères et boum boum ratatata boum ! … et vas-y ils ont 5… 6 piges ils sont fous de joie et boum ! boum ! boum ! ratatata boum ! …

Ils courent ils se poursuivent et ils rient comme les enfants qu’ils sont comme les enfants qu’on était dix vingt… avec des fringues pas chères sur le dos des anoraks multicolores qui les font papillons les plus minus ont les affaires un peu vieilles des grands mais les parents ils se débrouillent… leur ont donné à chacun des choses chouettes pour Noël même si c’est pas la même fête pour tout l’monde… une écharpe dernier cri un bonnet de trappeur et le luxe des baskets rouges ou blanches avec des étoiles dorées… Ils rient ils tapent sur les casseroles ils crient avec des accents de partout et partout dans toutes les cités favellas barios quartiers des villes du monde ils crient “ la boun année ! la boun année ! ”

Les parents derrière pas très loin ou à la fenêtre tapent aussi comme tout l’monde qui a ouvert ses fenêtres malgré l’air qui glace les lèvres sur le cul des marmites où on cuit le poisson et le riz pour la famille et le foutou… sur les balustrades des fenêtres et les rampes d’escalier on frappe et on se salue et on ouvre les portes et on tape dans les mains… tata tatata !… Et ça sent trop bon dans les escaliers qu’on descend pour se retrouver dehors avec les klaxons au loin dans les rues de la ville de toutes les villes aussi loin qu’on entend qui font leur zicmu et les pétards qui commencent et les artifices qui myriadent ensorcellent trifouillent la peu verte des étoiles les vraies qu’on voit un peu et qui s’épatent de toutes ces explosions roses orange lilas chocolat menthe et indigo…

La fête pour les gens c’est quelque chose qui sort d’eux qui explose qui trace une comète de feu dehors et qui se mêle les chevelures nébuleuses avec celles des autres comme un grand appel à se rejoindre à se dire tout ce qu’on est obligé de murer dans les cachots de sa tête parce qu’on vit dans des sociétés où c’qui ressemble à un idéal qu’on aurait à des rêves de vivre autrement avec quelque chose de plus généreux quelque chose de vraiment solidaire… tout ça c’est Interdit !… Des sociétés disciplinaires il les appelle notre frangin Deleuze… Interdit de se réunir en bas des blocks pour faire de la zicmu pour causer pour s’marrer avec ses poteaux… Interdit les pétards les feux d’artifices les bombes aéro pour repeindre notre ciel nos murailles avec des couleurs mirifiques qui tuent l’ennui et le désespoir des jours des enfants de la zone ! Interdit de t’amuser quand t’es un môme coincé au milieu des barrières d’acier des voies express et des poutrelles des chantiers à quoi que ce soit qui n’entre pas dans les codes d’une société où les jeux s’achètent… Interdit d’être un môme tout simplement un enfant quoi…
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Tam tam ratatatam !… Boum boum ratatatatam !… Nous on a eu la chance la baraka qu’on n’y croit pas quand on regarde un peu derrière… Tout c’qu’on pouvait manigancer dans les terrains vagues des années 60 c’était des entreprises des voyages des aventures massacreuses et incendiaires à fond qu’on aurait pu faire s’envoler tous les chiffons des chiffonniers en poussières d’argent mais y avait une autre atmosphère dans le cinéma de nos années d’enfance et on avait le droit d’être des enfants… des enfants tout simplement quoi…

Tam tam ratatatam ! … de loin on l’entend qui frappe aussi la grand-mère des bords de Seine sur sa trop grande poêle qu’elle a remonté direct des coins où personne ne va la cambrousse ça existe pas pour les gamins d’banlieue… Elle a les paluches noires de son feu qu’elle arrête pas de secouer dans le bidon énorme à trous il ronfle et il fait rôtir les châtaignes que tous les mômes se ruent pour s’en mettre plein dans le cornet de papier journal qu’elle roule et ils reviennent en criant la bouche pleine de la bouillie brûlante mais l’écorce comment tu l’enlèves ?… Oula la !… c’est la galère c’truc-là ma parole…

Ils arrivent en bande dix vingt… ils se chamaillent comme nous ils rient et ils appellent la grand-mère de loin “ la darone ” elle les nourrit comme leur mère elle appartient à ce paysage des gens d’ici depuis toujours comme les gros vieux arbres géants d’la cité et elle leur redonne le droit d’être des enfants… des enfants tout simplement…

L’ami Louis et moi on était partis pour courser les pages de notre prochain Cahier des Diables qui se faisait soixante-huitard et qui arrêtaient pas de nous échapper à cause des bourrasques pas folichonnes de c’te drôle d’année 2007 où on a tous un peu perdu encore de nos utopies d’adolescence quand on criait en tapant dans nos mains derrière les grands nos frangins qui se sont bien éloignés ensuite : “ Ho Ho Ho chi Min ! Che Che Guevarra !… ” Mais en voyant les p’tits frères revenir avec les mains blacks pleines de marrons et les yeux pleins de mirages sauvages on s’est dit que tant pis nos pages on les rattraperait plus tard… si elles avaient pas servi à alimenter le feu nourricier de la grand-mère venue exprès de son p’tit patelin pour offrir aux mômes des cités des rêves à pas cher…

Et tant mieux alors si elles avaient fait grand feu nos pages de mots et d’images… c’était pas grave… elles renaîtraient de leurs cendres pour le mois de Mai de 2008 et si nos Cahiers ne sortaient pas comme d’habitude en février c’était bien qu’il fallait la dévorer ensemble cette teuf d’enfer et de joie complice des si beaux jours de Mai… tata ratatata tam !… Ouais c’est décidé on va les reprendre les chemins buissonniers de l’enfance et on verra bien où ça nous mènera…

Lorsqu’on est arrivé en bas de notre escalier la bande des p’tits nous a regardé la cuillère d’une main et la casserole de l’autre… et quand on leur a dit ensemble “ la bonne année ! ” ils se sont mis à tambouriner de plus belle et toute la cité dans la nuit givrée bleu de la banlieue a repris le tambourinage comme un tam-tam des brousses insouciant et rebelle qui nous accueillait entre ses doigts légers. “ La boun année ! la boun année !… ”   
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Publié dans : Banlieues
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Vendredi 11 janvier 2008 5 11 /01 /Jan /2008 00:56

                  Lettre à Leïla Sebbar suite

Au Salon nous n’avons pas parlé de tout ça ni de la façon tellement simple et étonnante dont j’ai été reçue chez les écrivains algériens moi qui sortais de mes multiples banlieues et qui écrivais à peine… J’y songeais en voyant ces intellos parisiens et ceux qui tournent autour et qui voudraient bien l’être et je me demandais pourquoi je m’obstine à leur parler de la banlieue et de ses zones magnifiques de création spontanée qu’ils s’obstinent eux à traiter comme disent les jeunes… De la banlieue de l’énergie qu’elle a au creux de ses tripes à l’intérieur de ce Salon et de tous les autres Salons des livres à Paris que je connaisse il n’y a aucune trace ni aucune présence sauf la nôtre par hasard et pourtant on ne les compte pas les bouquins écrits et publiés par des jeunes des cités et même dans de grandes boîtes d’édition je peux en citer plein mais je n’préfère pas…

Y’a trop de récupération de tout c’qui se vit au cœur des quartiers… la zone ça devient un décor pour ceux qui se pointent avec caméra et micros… du spectacle et de l’inconscience… les jeunes ne les aiment pas ou bien ils les utilisent manipulent racontent des histoires terribles effrayantes… le tam-tam des cités bat… les jeunes ils se marrent… ils ont tout gobé les bouffons ! Eux aussi souvent ils se prennent au jeu les frangins et pour l’écriture c’est pareil… Dans le magazine Fumigène où écrit Abd-el-Malik y’a des entretiens et notes de lecture sur ce que les jeunes des quartiers respectent et apprécient comme écriture… Eux ils savent ce qui est vrai ce qui vient de la rue ce qui parle d’eux aujourd’hui avec la langue qu’ils inventent pour recréer l’univers de la Tess’ ( la cité ) sur les pages d’un cahier comme le faisait Mounsi y a un peu de temps déjà…

Dans ta lettre tu me parles de mon travail d’écriture à partir des quartiers et forcément mes “ Petites chroniques d’une cité de banlieue ” ou ce que je note gribouille vite fait à vif souvent et ensuite ça se mélange tambouille d’épices et de mémoires à mon pataquès de l’enfance parmi les immigrés de la première génération maghrébine africaine aussi les sixties et des images tellement fortes d’un cinéma d’une certaine époque… Les paroles de J. Prévert sur le film d’Eli Lotar Aubervilliers… la zermi des milieux ouvriers de la banlieue des années 45-50 et puis la banlieue rouge les maires communistes les bidonvilles les terrains vagues… tout ça c’est sacrément différent de ce que les jeunes racontent dans leurs récits leur slam ou leur rap parce que c’est enraciné dans tout un passé de l’anarcho-syndicalisme et des luttes des ouvriers qui mêlées aux utopies des années 60-70 ont fait de moi ce que je suis-je crois…

Pour les jeunes de la périféerie aujourd’hui il y a un lien évident que les filles et les fils de l’immigration ne font pas avec les multiples cultures orales de l’Afrique la tradition des contes où on peut puiser à l’infini des références humaines sociales poétiques à des civilisations incroyables, avec des mythologies aussi riches que celles de l’Arabie et la cosmogonie africaine si complexe… tout ce dont s’est inspiré l’écrivain et cinéaste réalisateur Ousmane Sembène dont les films sont à la fois des actes de résistance et de liberté et des œuvres de création d’un modernisme rare comme Moolaade par exemple qui met en scène la lutte des femmes à travers l’ancienne coutume du Moolaadé : droit d’asile exercé par les femmes à l’intérieur de leurs maisons, opposée à la Salinde le rite de l’excision assurant le pouvoir des hommes par la main des exciseuses vêtues de longues robes couleur rouge sang…

Dans les images de Moolaade où l’Afrique rayonne de ses couleurs brûlantes cernées des ombres épaisses des peurs ancestrales on retrouve toutes les ambiguïtés du rapport au corps des femmes dans les cités de banlieue où les traditions de tant de pays du monde de frottent à la “ modernité occidentale ” dans le silence et le secret des mouvements imperceptibles et profonds qui font bouger des sociétés sans que les grands observateurs extérieurs s’en doutent tant ce sont les femmes qui nouent dénouent renouent les liens entre les générations…

Pourquoi je te parle de tout ça ? parce que l’absence d’un lieu où les créations des banlieues réveillent les gens me travaille la tête depuis un moment et que toi tu t’y intéresses je le sais j’ai lu et écrit à partir de plusieurs de tes livres dont on a peut-être moins parlé que des autres alors que tu as soulevé dès tes premiers récits avec les tribulations de Shérazade originaire d’Aulnay-sous-Bois le voile très opaque qui planquait ce que nos innombrables virées coloniales direction le Sud suivies de l’immigration massive dans l’autre sens après coup nous avaient permis de piquer au cœur des imaginaires indigènes et combien nous nous nourrissons de la sensibilité de l’intuition créatrice arabes et africaines au point que la plupart d’entre nous n’ont même pas conscience de ce métissage étrange et familier…

Toi parce que tu es née en Afrique du Nord au sein d’un couple mixte et que tu as ressenti d’une certaine façon l’absence de transmission d’un héritage : la langue la culture l’imaginaire l’histoire de “ l’Algérie heureuse ” “ Algeria felix ” comme tu l’appelles tu as eu très vite l’intuition de ce que cette absence peut suggérer à l’imagination pour réécrire le vide le remplir de traces et de couleurs…

Ce passage obligé entre l’Afrique et nous après notre passé colonial que j’ai essayé de laisser s’exprimer avec les mots spontanés d’une gamine des banlieues dans mon petit bouquin Par la queue des diables en 1997 toi tu le racontes avec l’expérience physique charnelle de la langue dessous la langue du corps de la fillette algérienne dessous le corps de la femme devenue redevenue “ française ” de la civilisation engloutie sous l’autre dans un mouvement de va et vient où elles ne cessent de se réinventer mutuellement…

Et bien sûr que ta proximité avec les territoires de fiction de la banlieue : paysages et peuples sans histoires et espace d’immigrations africaines privilégiés avec la réalité actuelle des jeunes filles et des jeunes garçons issus de cette immigration rejoint ta quête de “ l’étranger bien-aimé ” dont tu me parles à nouveau dans ta lettre et qui est la leur aussi…

Tu sais que je réfléchis au questionnaire que je voudrais t’envoyer au sujet de ton livre Les femmes au bain dont je t’ai parlé dans une autre lettre et qui est à mes yeux le livre de toi qui relie de la façon la plus expressive et la plus poétique tes deux univers oniriques l’arabe et le français avec ce chant à deux voix entre “ l’étranger de sang ” et “ la bien-aimée ”, ça ne peut pas être un entretien comme les précédents avec le côté linéaire qui s’installe c’est forcé quand on parle d’un seul récit moi j’aime le mouvement d’un texte l’autre la surprise des rapprochements qu’on n’attend pas…

Et justement mon obstination encore je sais que j’ai raison je cherche je fouille la bibliothèque trop petite les bouquins en désordre y’en a partout les tiens facile ils sont devant tu me les envoies toujours je sais que la couverture est bleue un bleu gris de lavande lavé comme celui des murs béton des cités avec deux empreintes dedans comme un pouce dans de la terre crue deux nombrils… Sept filles tu l’as publié en 2003 dédié à Sohane…

                       A suivre...

Par Dominique Le Boucher - Publié dans : Ecritures d'Algérie
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Mardi 8 janvier 2008 2 08 /01 /Jan /2008 23:03

Une bonne année de rêves et de folies tendres et joyeuses à toutes et à tous... Que nous trouvions les forces et les chemins buissonniers pour donner à nos histoires singulières et communes poésie et générosité... et que la bonté du monde nous accompagne...

Nos bons rêves

Samedi, 28 avril 2007

Epinay-sur-Seine

Sceau d’émeraude à notre idéal

Que clair s’obscurent nos cœurs cristal

Des amis on en a trop

On en a plein et puis soudain

Sous le maquillage de l’eau

Sauf les cailloux ronds on n’a plus rien

Valent mieux les gens des rues

Et tous leurs secrets sous la peau

Au creux de leur crâne têtu

Les diamants crépitant plein leurs os

 

Soleil rubis tu me fais si mal

Petite lampe suis ton vassal

Des amis on en a trop

Puis comme le pauvre Ysengrin

Et sa queue prise dans le seau

Las on rêve encore de raisins

Si nos pieds s’asphaltent seuls

Du henné mauve des ruisseaux

Les cailloux ronds que nos mains veulent

Sont émeraudes à nos oiseaux

 

Nuit de jais sous tes habits d’étoiles

Dansent nos feux dans le cœur des poêles

Des rêves on en a tant

Plein nos valises d’aventures

C’est à grandes poignées pourtant

Qu’on les sème d’un rouge très pur

Ils les cueillent les gens des rues

Nomades bleus des terrains vagues

Les cailloux ronds ont disparu

D’émeraudes on a fait des bagues

 

Blanc sceau de lune à notre idéal

Que clair s’obscure notre fanal

Des rêves on en a tant

Un jour leurs parfums s’envolent

Bouquets de lilas au printemps

Et gens qui font des rondes folles

Au cœur des jardins ouvriers

Nos bons rêves fils d’étincelles

Cailloux ronds ne pas oublier

Turquoise sont les oiseaux rebelles

 

Epelle du soleil les voyelles

Qui émeraudent nos cœurs cristal

Goutte de sang mon ami sur la terre

Rosée ressemble à notre idéal

Il n’est pas à vendre doux sentinelle

Sous nos pas elle devient légère

Nos chemins font le lit des oiseaux

Secoue nos draps par la fenêtre

Jamais nos rêves n’ont été si beaux

Ils reviendront nos amis peut-être

Cailloux ronds tombés du ciel

Nous borderont au creux du petit val.

Par Dominique Le Boucher - Publié dans : P'tits poèmes diabolique
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