Vous avez attendu un moment la suite du retour de notre Sinbad le taggeur d'oiseaux... mille excuses mais j'ai pas payé internet donc couic ! et je poste ce que vous lisez en ce moment sur notre blog des Cahiers depuis chez Louis les pinceaux d'or à Epinay ! C'est comme ça la vie d'artiste et c'est pas fini...
Et en plus je travaille
comme une folle sur mon manuscrit d'Alphabêtes City alors voilà... Merci de votre impatiente patience !
Le retour de Sinbad suite...
‑ Pas d’lézard mon gars !… qu’il a topé Tomy qui faisait jamais d’embrouilles… on se file rambot à la fraîche demain sur
le port… C’est pas les carrosses qui manquent hein Jo ? Et oublie pas d’aller réclamer ta paie ce soir le tôlier y dîne au P’tit Loyick !…
Jonathan il a hoché la tête que c’était entendu ils viendraient l’attendre avec un de ses bateaux ivres et ils repartiraient à la marée vers les 11 heures… Pas d’lézard !…
Quand il est rentré à la piaule tout seul et léger comme le grand cormoran black qu’il avait laissé là‑bas dans une des plages
minuscules pas très loin du port mais les touristes les gogos ils connaissent pas et lui il fait sa friture et il sèche dessus un rocher avec une mini balise ses ailes épouvantail on dirait un
p’tit dieu marin… quand il est rentré Sinbad il pensait rien qu’à une bonne sieste dessous le duvet de Mario la chaleur qui t’emporte dedans son ventre pour un somme qu’en finit
pas !…
Le turbin de docker lui aussi ça va il a bien donné et il a un p’tit paquet de pognon qu’il a planqué dedans la boîte de chocolat
jaune et noire celle des p’tits déj du dimanche avec le bol remplis aux oreilles de Vishnou qui se lèche comme un greffe et ronronne de bonheur au fond d’son estomac…
C’est pas beaucoup et sûr qu’y a pas de quoi tenir des mois avec mais Sinbad il pense à M’mâ Zoulika et s’il revient un jour à la baraque de la Medina il lui fera la surprise… La fortune de Sinbad elle est pas cachée elle traîne avec ses affaires contre son matelas et ses fringues à côté du coin de Sabrina et Mario… Y a personne de la bande des Indiens qui s’occupe du pognon et juste chacun met sa part du fric qu’il garde dedans une des boîtes qu’ils récupèrent du super marché y en a de toutes les sortes qu’on veut des rigolotes avec des réclames dessus et des dessins comme ceux des BD des personnages qui délirent comac !… C’est ça qu’il ont décidé tous et dans la cuisine de la p’tite maison chaulée blanc y a la cagnotte où chacun il file les sous pour la bouffe et c’qu’il faut pas d’lézard…
Et pis si jamais ça fonctionne la magouille du stockage du poiscaille
à l’intérieur d’un gros frigo qu’ils on maginé de planquer
dessous les tôles et les bidons d’une vieille remise au bout du jardin avec les plans d’herbe à rêves qu’est contre la clôture des bambous aux touffes de crin bleu direction les marais que les
sternes ils surveillent en braillant leur chant d’amour… Craou ! Craou ! Craou !… alors ils auront de quoi passer un bon hiver peinards avec du bois pour le
poêle et de quoi faire la teuf…
Sinbad il voulait juste écraser deux trois plombes de l’aprem tant que Vishnou et Mario ils sont dehors à mancher avant d’retourner au
port à la night pour toucher la paie et dire au tôlier qu’il compte pas sur lui que c’est les vacances enfin le bonheur quoi !… Quand il est arrivé pas loin de la portion du marais que
les piafs marins ils squattent en tournant des rondes au‑dessus d’leurs nichages en piaulant Sinbad il se dit que même si la vie elle a drôlement changé pour cézigue depuis qu’il a fait la
rencontre avec les voyageurs d’la p’tite maison qu’ont déboulé de partout ses poteaux de la tess’ ils lui manquent et aussi la baraque de M’mâ c’est drôle…
A peine il entre dans le jardin du côté où y a la source qui débouline milieu des têtards du bassin et de ses plantes d’eau vertes et
mousseuses qu’il entend les éclats de rire de Sabrina qu’est obligé une princesse des fontaines et des ruisseaux… Dessous son costume de lichens on voit sa peau café crème qu’éclabousse les
têtards de ses taches de rousseur … On dirait un nénuphar et sa fleur qui neige à la surface secouée de tourbillons disparaît d’un coup quand elle plonge avec autour d’elle les bulles couleur
d’iris qu’éclatent en troupeaux joyeux…
Sinbad il s’approche en loucedé il a gardé son bleu de docker et sur son épaule il trimballe le sac avec les bottes le pull marin et le ciré qui pèse grave… Il a les pieds nus dans la flotte qui déborde du bassin et s’en va au creux d’la rigole remplir les fossés du jardin où le cresson il mange les trous d’eau plus profonds… ça chatouille c’est bon !… Sabrina elle vient de jaillir luisante de flaques de soleil dessus ses p’tits seins qu’on la couleur des coquillages à l’aube et c’est bien la première fois que Sinbad il a comme ça un corps de fille libellule qui s’effarouche de rien devant ses calots surpris… avec ses frangines dans la baraque de M’mâ c’était des histoires !… Fallait pas les mater quand elles se déloquaient sauf Kenza mais Sinbad il s’intéressait plus à la peau sucrée et aux poignets fins de Virgile…
‑ Sinabd !… Oh Sinbad !… Viens elle est trop bonne !… Elle est fraîche… elle est douce… Enlève tes fringues de loup de mer chiche !…qu’elle crie Sabrina par‑dessus le glou glou de la source qui s’entortille autour de son rire…
Sinbad il hésite mais s’il y va pas il va avoir l’air de quoi ?… Il balance le bleu dessus le sac marin et il sent toute sa peau qui picote de plaisir quand il se fourre dedans la pelure froide qui lui fait une tunique de frissons et lui serre le lampion… Sabrina elle applaudit d’enthousiasme et elle lui envoie de grandes bourrasques d’eau avec les plantes glissantes qu’elle attrape à poignées les têtards et tout c’qu’elle peut en s’ébouriffant comme un piaf des faubourgs…
‑ Viens !… Allez viens !… t’a peur de l’eau c’est pas possible ?…
Sinbad il s’est jamais tellement baigné de sa vie et il se sent pas trop là‑d’dans c’est gluant et ça lui colle partout avec ces
bestioles qui chatouillent les cuisses au passage… Sabrina elle plonge encore et y a ses mains qui serrent ses hanches et le font glisser à l’intérieur du bassin et qui l’attirent avec un
mouvement des jambes qui s’emmêlent aux siennes… Sinbad il a de la flotte plein les esgourdes… il peut pas résister… le corps doux chaud de Sabrina s’est collé contre
lui… elle bouge léger en nageant et ses petits seins frottent contre sa peau…
Alors Sinbad i
l a arrêté d’avoir la trouille de s’enfoncer dans cette parure liquide
et il s’est laissé faire emporter aux remous calé entre les cuisses de cette fille sirène qui l’entraînait pour un jeu amoureux et il devinait qu’y avait le corps de Virgile poisson argenté qui
se faufilait pas loin…
Ils ont nagé longtemps… Sinbad il savait pas il l’a laissé faire et il a juste continué après quand ils ont été debout à l’extrémité du bassin l’eau elle arrive aux cuisses son clapotis qui remonte jusqu’au creux des reins pendant que la chaleur elle plaque ses paumes sur leurs épaules… Sabrina lui a mordu le bout de l’oreille de ses canines pointues comme celles d’une chauve‑souris et elle lui a dit en riant tout bas…
‑ Tu sens le poiscaille mon p’tit loup d’mer…
A suivre...



s qui rendent chaque pas plus fou et plus
inquiétant… Après tant de pas dans la ville et ses faubourgs elles sont allongées toutes les deux sur le lit bas de la chambre qu’elles partageaient au foyer des femmes célibataires
d’une banlieue pleine de gens comme elles… pleine de gens venus d’Afrique… A l’intérieur du foyer y a des femmes vêtues du boubou traditionnel comme sa M’man qui partent le matin très tôt
aux entreprises de nettoyage ou la nuit… des jeunes avec un ou deux p’tits qui cherchent à se faire embaucher dans les boutiques de fringues ou chez les coiffeurs et les maquilleurs
Afros… des filles pas plus vieilles qu’elle et sa copine Suah qui font la prostitution pour les gars des foyers elles se paient des coiffures pas croyables des nattes épaisses avec des
mèches de couleurs ocre rouquines et safran… des mini jupes en cuir rouge des collants résille violets et des bottes cuissardes argentées…
ont blanches comme les
pagnes de la circoncision…

nt leurs
teintures bigarrées devant les kilomètres d’épices et de condiments débordent les nattes que les caisses et les récipients de terre envahissent contre les sacs fendus en larges déchirures dont
toutes les sortes de riz de mil de sorgho de maïs luisent milieu de la poussière…
aient pareil que Vishnou des moutards qui se font des mondes à dévorer que leur baveuse elle va fouiner au fin fond des dédales des coquillages prodigieux sapés de rose crème à
paillettes caramel… On dirait les boîtes à coco ou les roudoudous avec les mots qu’on lèche délicieux et sucrés amers juste c’qu’y faut…
oilier et de partir ensuite toute une semaine
caboter aux îlots… on ferait aussi quelques jours de pêche et de sieste sur le dos rond et calme de l’océan… C’était l’aubaine !… Comme ça que le goût de Sinbad le taggeur d’oiseaux…
Piaou !… piaou !… cri !… cri !… zaiout !… pour l’océan et pour ce qui existait forcément au-delà de l’horizon se transformait en un puzzle d’instants de plus en plus
proches de son rêve…
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