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Saïd et Diana

Said-et-Diana-2.jpg

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  • : Les cahiers des diables bleus
  • : 19/09/2005
  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
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Contes et récits de l'arbre aux histoires

Samedi 20 février 2010 6 20 /02 /Fév /2010 20:36

Vous avez attendu un moment la suite du retour de notre Sinbad le taggeur d'oiseaux... mille excuses mais j'ai pas payé internet donc couic ! et je poste ce que vous lisez en ce moment sur notre blog des Cahiers depuis chez Louis les pinceaux d'or à Epinay ! C'est comme ça la vie d'artiste et c'est pas fini...

Et en plus je travaille comme une folle sur mon manuscrit d'Alphabêtes City alors voilà... Merci de votre impatiente patience !

            Le retour de Sinbad suite...
Autoportrait.jpg
          ‑ Pas d’lézard mon gars !… qu’il a topé Tomy qui faisait jamais d’embrouilles… on se file rambot à la fraîche demain sur le port… C’est pas les carrosses qui manquent hein Jo ? Et oublie pas d’aller réclamer ta paie ce soir le tôlier y dîne au P’tit Loyick !…

Jonathan il a hoché la tête que c’était entendu ils viendraient l’attendre avec un de ses bateaux ivres et ils repartiraient à la marée vers les 11 heures… Pas d’lézard !…

Quand il est rentré à la piaule tout seul et léger comme le grand cormoran black qu’il avait laissé là‑bas dans une des plages minuscules pas très loin du port mais les touristes les gogos ils connaissent pas et lui il fait sa friture et il sèche dessus un rocher avec une mini balise ses ailes épouvantail on dirait un p’tit dieu marin… quand il est rentré Sinbad il pensait rien qu’à une bonne sieste dessous le duvet de Mario la chaleur qui t’emporte dedans son ventre pour un somme qu’en finit pas !… 
           Le turbin de docker lui aussi ça va il a bien donné et il a un p’tit paquet de pognon qu’il a planqué dedans la boîte de chocolat jaune et noire celle des p’tits déj du dimanche avec le bol remplis aux oreilles de Vishnou qui se lèche comme un greffe et ronronne de bonheur au fond d’son estomac… 

C’est pas beaucoup et sûr qu’y a pas de quoi tenir des mois avec mais Sinbad il pense à M’mâ Zoulika et s’il revient un jour à la baraque de la Medina il lui fera la surprise… La fortune de Sinbad elle est pas cachée elle traîne avec ses affaires contre son matelas et ses fringues à côté du coin de Sabrina et Mario… Y a personne de la bande des Indiens qui s’occupe du pognon et juste chacun met sa part du fric qu’il garde dedans une des boîtes qu’ils récupèrent du super marché y en a de toutes les sortes qu’on veut des rigolotes avec des réclames dessus et des dessins comme ceux des BD des personnages qui délirent comac !… C’est ça qu’il ont décidé tous et dans la cuisine de la p’tite maison chaulée blanc y a la cagnotte où chacun il file les sous pour la bouffe et c’qu’il faut pas d’lézard… 

Et pis si jamais ça fonctionne la magouille du stockage du poiscaille Visage-oiseau.jpgà l’intérieur d’un gros frigo qu’ils on maginé de planquer dessous les tôles et les bidons d’une vieille remise au bout du jardin avec les plans d’herbe à rêves qu’est contre la clôture des bambous aux touffes de crin bleu direction les marais que les sternes ils surveillent en braillant leur chant d’amour… Craou ! Craou ! Craou !… alors ils auront de quoi passer un bon hiver peinards avec du bois pour le poêle et de quoi faire la teuf…

Sinbad il voulait juste écraser deux trois plombes de l’aprem tant que Vishnou et Mario ils sont dehors à mancher avant d’retourner au port à la night pour toucher la paie et dire au tôlier qu’il compte pas sur lui que c’est les vacances enfin le bonheur quoi !… Quand il est arrivé pas loin de la portion du marais que les piafs marins ils squattent en tournant des rondes au‑dessus d’leurs nichages en piaulant Sinbad il se dit que même si la vie elle a drôlement changé pour cézigue depuis qu’il a fait la rencontre avec les voyageurs d’la p’tite maison qu’ont déboulé de partout ses poteaux de la tess’ ils lui manquent et aussi la baraque de M’mâ c’est drôle… 

          A peine il entre dans le jardin du côté où y a la source qui débouline milieu des têtards du bassin et de ses plantes d’eau vertes et mousseuses qu’il entend les éclats de rire de Sabrina qu’est obligé une princesse des fontaines et des ruisseaux… Dessous son costume de lichens on voit sa peau café crème qu’éclabousse les têtards de ses taches de rousseur … On dirait un nénuphar et sa fleur qui neige à la surface secouée de tourbillons disparaît d’un coup quand elle plonge avec autour d’elle les bulles couleur d’iris qu’éclatent en troupeaux joyeux…

Sinbad il s’approche en loucedé il a gardé son bleu de docker et sur son épaule il trimballe le sac avec les bottes le pull marin et le ciré qui pèse grave… Il a les pieds nus dans la flotte qui déborde du bassin et s’en va au creux d’la rigole remplir les fossés du jardin où le cresson il mange les trous d’eau plus profonds… ça chatouille c’est bon !… Sabrina elle vient de jaillir luisante de flaques de soleil dessus ses p’tits seins qu’on la couleur des coquillages à l’aube et c’est bien la première fois que Sinbad il a comme ça un corps de fille libellule qui s’effarouche de rien devant ses calots surpris… avec ses frangines dans la baraque de M’mâ c’était des histoires !… Fallait pas les mater quand elles se déloquaient sauf Kenza mais Sinbad il s’intéressait plus à la peau sucrée et aux poignets fins de Virgile… 

‑ Sinabd !… Oh Sinbad !… Viens elle est trop bonne !… Elle est fraîche… elle est douce… Enlève tes fringues de loup de mer chiche !…qu’elle crie Sabrina par‑dessus le glou glou de la source qui s’entortille autour de son rire…

Sinbad il hésite mais s’il y va pas il va avoir l’air de quoi ?… Il balance le bleu dessus le sac marin et il sent toute sa peau qui picote de plaisir quand il se fourre dedans la pelure froide qui lui fait une tunique de frissons et lui serre le lampion… Sabrina elle applaudit d’enthousiasme et elle lui envoie de grandes bourrasques d’eau avec les plantes glissantes qu’elle attrape à poignées les têtards et tout c’qu’elle peut en s’ébouriffant  comme un piaf des faubourgs…

‑ Viens !… Allez viens !… t’a peur de l’eau c’est pas possible ?… 

Sinbad il s’est jamais tellement baigné de sa vie et il se sent pas trop là‑d’dans c’est gluant et ça lui colle partout avec ces bestioles qui chatouillent les cuisses au passage… Sabrina elle plonge encore et y a ses mains qui serrent ses hanches et le font glisser à l’intérieur du bassin et qui l’attirent avec un mouvement des jambes qui s’emmêlent aux siennes… Sinbad il a de la flotte plein les esgourdes… il peut pas résister… le corps doux chaud de Sabrina s’est collé contre lui… elle bouge léger en nageant et ses petits seins frottent contre sa peau… 
           Alors Sinbad iLe-Chat.jpgl a arrêté d’avoir la trouille de s’enfoncer dans cette parure liquide et il s’est laissé faire emporter aux remous calé entre les cuisses de cette fille sirène qui l’entraînait pour un jeu amoureux et il devinait qu’y avait le corps de Virgile poisson argenté qui se faufilait pas loin…

Ils ont nagé longtemps… Sinbad il savait pas il l’a laissé faire et il a juste continué après quand ils ont été debout à l’extrémité du bassin l’eau elle arrive aux cuisses son clapotis qui remonte jusqu’au creux des reins pendant que la chaleur elle plaque ses paumes sur leurs épaules… Sabrina lui a mordu le bout de l’oreille de ses canines pointues comme celles d’une chauve‑souris et elle lui a dit en riant tout bas…

‑ Tu sens le poiscaille mon p’tit loup d’mer… 



A suivre...

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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /Fév /2010 21:43

Lakhdar suite...
godillots.jpg
            
Ecoute… écoute…

‑ On va pas en faire un drame hein ?… Il a dit le contremaître quand ils sont arrivés à la bourre le matin l’air butté toute l’équipe du chantier et Lakhdar qui conduisait la grue il avait pas décidé si ça ou ça… 

C’est Ousmane le plus balèze des Négros qui pouvait trimbaler ses sacs de ciment comme de la paille… un poteau à un des Maliens un des trois qu’ont fait le feu pas normal à l’intérieur de la cambuse qui a attrapé l’autre on aurait dit Vaval le bonhomme de chiffons qu’on fait cramer le dernier jour de carnaval et secoué secoué… Han ! Vlan ! Han ! Vlan !…

‑ Arrête Ousmane !… Arrête tu va l’tuer !… c’est Lakhdar et puis un autre un camarade d’Ousmane qui lui a causé dans sa langue en lui retenant les bras qu’il lâche le type qu’était déjà moitié aux étoiles filantes qu’il piaillait avec des cris de poulet…

‑ Ki iiiii ! Ki iiiiiii ! Il battait des bras le bouffon… il causait plus pouvait pas… 

‑ Si c’est grave !… Si c’est pas grave hein ?… Il hurlait Ousmane qui voulait pas lâcher et les autres autour ils avaient envie de se poiler à cause de tout le drame qui leur arrivait depuis qu’ils étaient dans ce fichu pays d’la misère… la misère sur eux Yalla ! Et Lakhdar il a regardé Ousmane profond dans ses yeux d’homme du Sud des yeux du grand fleuve qu’est le même pour tous les Africains le grand fleuve de la naissance…

Ousmane il a regardé Lakhdar pareil et il a laissé tomber l’autre qui a pas moufté qu’il avait eu chaud… Il s’est remis sur ses guiboles mauvais un pantin à ressorts et là-d’dans y avait pas la moindre bonté d’humain si vous voyez… Il s’est remis Hop ! et il a tourné le dos et il s’est enfoncé dans la neige qui tombait… 

Ousmane il s’est approché de Lakhdar et il lui a pris l’épaule obligé de se pencher qu’il était et le rire qui les a chopés de l’intérieur du ventre que ça revenait… C’était la première fois qu’ils le retrouvaient le rire du grand fleuve qui garde la mémoire des hommes quand ils meurent…

‑ Eh Lakhdar ! il a dit Ousmane quand il a pu en se penchant sur lui encore et en serrant la laine du burnous qui craquait de givre… on est pas comme eux hein ?… On est pas méchants hein ?

‑ Non Ousmane on est pas comme eux… il a répondu Lakhdar et il a posé sa main à plat contre la poitrine de l’autre et le boubou orange était recouvert de neige…

Alors ils ont repris toute l’équipe la piste bouillante de cailloux qui va aux baraques de chantier en métal vert et dedans y fait aussi glacial que dehors et ils ont retiré leurs vêtements qu’ils avaient passés pour la cérémonie de l’enterrement des camarades et ils ont enfilé les bleus sur la peau… c’est comme ça pareil tous les jours voilà…

 

Assis au bord du fleuve qui emporte ses péniches goulues avec le froid qui fait peser sur son dos comme des barres d’acier Lakhdar il observe les silhouettes penchées des hommes qui filent dans la tranchée de brouillard gris des gouttes épaisses… on dirait les yeux des poissons morts… Lakhdar quand il descend ça fait des années par le p’tit chemin avant y avait les ruelles tordues de boue du bidonville du Halage… il a les images dans la tête des jours de sa jeunesse avec les autres tous ensemble aux baraques… D’abord ils étaient rien que des Maghrébins des gars du bled qu’ont fait venir la famille des fois juste la femme et les autres aussi après quand c’est possible…

Lakhdar il s’est accroupi de moins en moins il peut s’baisser pour s’asseoir longtemps… dessus les vieux pavés ici y a pas d’ordures c’est bien… L’herbe verte fraîche des p’tits brins fous elle pousse ça fait talus et les cormorans les grands oiseaux blacks souvent ils viennent pécher… Lakhdar l’été il trempe ses mains et ses pieds aux remous du fleuve l’eau elle est pas sale… brune un peu c’est de la terre comme celle des oueds quand y’en a l’eau est bonne…Patio-C.-Rossi-d--tail.jpg

Lakhdar il se souvient des premiers jours c’était l’été avec la chaleur et les mouches à l’intérieur des baraques… dessus les tôles rousses qui gondolaient on entendait les pattes crissantes des rats qui galopaient à la nuit… Cri ! Cri ! Cri !… mais y avait l’entraide et rapide on a commencé à s’débrouiller surtout les femmes !… 
        Elles s’arrangeaient pour bricoler des patios avec des bidons d’huile bleus et verts et des bassines plastique des gamelles tout c’qu’on veut… Dedans y a des géraniums qui poussent leur bouille écarlate et par terre on met des nattes d’alfa on entasse les coussins de couleurs vives avec les triangles et les losanges rouges et noirs et le soir on apporte la lampe à huile pour les contes et voilà !…
A suivre...

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Mardi 16 février 2010 2 16 /02 /Fév /2010 21:12

Lakhdar la suite...
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          Ailleurs !… Oui c’est tellement ailleurs ici sauf la misère mais elle est grise… grise comme le ciment rugueux sous les doigts des barres où les gens ils crèchent… comme les murs des halls et les marches des escaliers… Quand tu te retrouves là au début il te manque quelque chose et tu mets un peu de temps les matins où tu te lèves très tôt par l’habitude que tu as prise que tu dois gagner le soleil de vitesse tu dois te lever avant que le rose brûlant se coule entre tes épaules !… Tu mets un peu de temps à te dire que c’est comme si les sorciers jaloux qui veillent sur les termitières géantes t’avaient retiré les couleurs de tes yeux… Oui ici c’est un pays en noir et blanc en quelque sorte elle songe Fatou…

          C’est ça maintenant elle y est dans le pays à l’autre bout du fleuve mais y a plein d’ombres qui marchent qui vont on ne sait pas où qui ont l’air enfermées à l’intérieur d’une carapace plus épaisse que celle du seigneur crocodile… Pour Fatou et pour Suah comme pour toutes les filles qui arrivent d’Afrique y a une raison grave d’être là… Oh non ! c’est pas pour du travail qu’elles sont venues elles auraient jamais fait le voyage vu que la région autour de Ziguinchor avec ses lagunes ses mangroves ses rizières et ses bancs de sable recouverts de palmiers de cocotiers de manguiers de flamboyants et ses bolongs où les poissons ils remontent loin à l’intérieur des eaux de terre c’est une mère nourricière très bonne… Non c’est pas pour du travail ni pour une meilleure vie ni pour de l’argent comme d’autres la plupart qui arrivent de l’Afrique aujourd’hui dans ce pays où les gens ils se débrouillent entre le gris des blocks béton et le noir des trottoirs des parkings des rues aussi…

 

          Ecoute… écoute…

          Assise au bord du fleuve la grande déesse de terre que Fatou a gardée dedans de sa mémoire répète les paroles de sa M’man le soir quand la lueur de la nuit violette sur les bolongs lui manque… 

          ‑ Ton corps il est comme la fleur de café blanche qui grandit à l’intérieur de la graine noire éclatée… Elles ont toutes les deux le même corps qui nourrit les grands parfums du monde…

          Quand elle l’entend le chant de sa M’man Fatou elle se souvient de la cour qui reliait les trois maisons des femmes où elle a grandit en un rectangle de murs couverts de terre blanche et à l’intérieur c’était à la fois ouvert et fermé… Y avait pas de portes ni de fenêtres pour séparer du monde dehors aux ouvertures qui picoraient les parois de torchis et les habitants de la cour ils pouvaient entrer sortir d’un côté de l’autre… Les enfants ils avaient la liberté de courir avec les chevreaux et les poulets sur la terre sèche qu’on balayait et le mur d’entrée avait une trouée assez vaste pour laisser passer un âne et sa charrette…

          A l’intérieur de la cour des femmes si tu  entres tu as la protection sur toi et la bienveillance que sa M’man la maîtresse… la plus ancienne elle a décidé mais Fatou vu qu’elle a pas encore grandi elle croit que c’est comme ça toujours… Elle ne sait pas que sa M’man en prenant le parti des jeunes filles est une rebelle pour le clan et pour les hommes du village…

          ‑ Ma terre d’Afrique est nue sous la peau fraîche des pieds des femmes… Ya ! Ya ! Ya !… Mais la termitière rouge de Boulom est cimentée de salive… Elle pèse lourd sur moi… Des petits êtres par milliers l’habitent de leur corps informe et identique…

          ‑ Ton corps Fatou est comme la fleur de café blanche à l’intérieur de sa graine noire séchée et l’odeur amère des braseros de branches au bord du fleuve… Ya ! Ya ! Ya !… 

          Il y a ici d’immenses termitières cimentées de désirs humideseul-et-ta-solitude.jpgs qui rendent chaque pas plus fou et plus inquiétant… Après tant de pas dans la ville et ses faubourgs elles sont allongées toutes les deux sur le lit bas de la chambre qu’elles partageaient au foyer des femmes célibataires d’une banlieue pleine de gens comme elles… pleine de gens venus d’Afrique… A l’intérieur du foyer y a des femmes vêtues du boubou traditionnel comme sa M’man qui partent le matin très tôt aux entreprises de nettoyage ou la nuit… des jeunes avec un ou deux p’tits qui cherchent à se faire embaucher dans les boutiques de fringues ou chez les coiffeurs et les maquilleurs Afros… des filles pas plus vieilles qu’elle et sa copine Suah qui font la prostitution pour les gars des foyers elles se paient des coiffures pas croyables des nattes épaisses avec des mèches de couleurs ocre rouquines et safran… des mini jupes en cuir rouge des collants résille violets et des bottes cuissardes argentées…

 

          ‑ Ma terre ocre rouge d’Afrique sous les pieds frais des femmes qui vont chercher l’eau au fleuve dans les cuvettes en plastique multicolores… qu’elle chantait sa M’man…

          - Vrai Fatou !… tes pieds sont plus tendres que le coton des pagnes de Boulom… On n’dirait pas que tu as tant marché…

           - Vrai Fatou !… tu as un grain de café vert entre les cuisses qui sent bon !… qui sent bon !… elle lui disait sa M’man en riant…

          Sa M’man elle lui a rien dit de son histoire d’abord et de la lutte qu’elle a mené pour faire respecter le Moolaadé dedans la cour formée par les maisons des femmes au cœur du village… Protégée par la force des épaules blacks d’Aïssatou Fatou a la peau claire échappe à la cruauté du rite de la salindé et à l’initiation des filles… Droit d’asile fragile pour un corps de fillette à l’intérieur d’un corps de femme !… Les maisons d’argile cuites au bord du fleuve st-te-fille-petit.jpgont blanches comme les pagnes de la circoncision…

          ‑ La termitière rouge de Boulom est cimentée de salive. Je voudrais la secouer de moi… Ya ! Ya ! Ya !…

          Le village de Boulom appartient aux femmes. Ce sont elles qui apportent l’eau du fleuve dans les cuvettes en plastique multicolores… Ce sont elles qui couvrent doucement les enfants de mousse et de fleurs de coton dans l’eau des cuvettes en plastique rouges jaunes vertes orange… Ce sont elles qui pétrissent les galettes avec des gestes lents et joyeux en puisant l’eau des calebasses peintes de couleurs vives…

Le village de Boulom appartient aux femmes. Ce sont elles qui font les gestes amples de la vie.
A suivre...

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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /Fév /2010 20:48

Lakhdar la suite...
Loupiote.jpg
          Il a eu de la chance Lakhdar la baraka sur lui cette année où tout juste il débarquait de l’Algérie pour du travail et qu’il se doutait pas ce qui l’attendait à peine il mettait les pieds chez son poteau au bidonville d’Auber… un Algérien aussi de Biskra une famille pas loin… il va pas le laisser dehors !… Mahieddine qu’il s’appelait et sur le chantier il faisait ferrailleur et Lakhdar grutier ça tombait bien…

          Lakhdar il était venu avec les autres… un grand troupeau d’hommes qui avaient la fierté de leur âme et leur histoire aussi qu’ils diraient pas… La transhumance… La vraie l’abondante celle qui mène sur les pistes les hommes et les bêtes d’un campement à l’autre jusqu’au temps de la jeunesse du monde retrouvée… jusqu’à la nouvelle Babylone… C’est pas loin !… Elle est à portée de leurs mains qui ont jamais eu peur de trimer dur !… Ici dans les villages ils savaient tout… Ils croyaient… Mais les rêves que Lakhdar s’écrivait dans la maison de sa tête ils étaient nulle part… C’est c’qu’il avait appris depuis qu’il était parti de Biskra… un jour… un autre jour… des quantités de jours que même pas tu les compte à force… Ils savaient pas… En fait ils savaient rien.

          La baraque de Mahieddine il y vadrouille un monde qui empêche de se sentir paumé quand on vient juste d’arriver et Zohra qui fait à manger et qui va… la marmite en aluminium d’un côté… Zouh ! Et qui revient… de la menthe et de la coriandre de l’autre… Zouh !… Zohra son fichu pailleté mauve ses piécettes argentées qui reflètent les flammèches des lampes et ses tatouages kabyles bleus qui lui rappellent ceux que sa mère cachait sous les bracelets de ses poignets…

          Lakhdar il se penche plus près plus près dessus les eaux vertes aux lucioles dorées… Mahieddine… Zohra… leur visage à peine fripé dessous les rides de sa mémoire… Le foyer des vieux travailleurs c’est à l’endroit de l’ancien Fort de La Briche qu’il est contre le corps couché du fleuve… S’il se penche encore et qu’il enfonce ses doigts il va la remonter à la surface de tous les fleuves qui bouillonnent rouge la terre d’Afrique l’histoire des droits d’asile et celle de Fatou la jeune femme qu’il a rencontrée au foyer où il va des fois filer son linge à laver … Les filles elles lui font pas de soucis... lui il a pas les sous pour la laverie... L’histoire de Fatou elle est dans les bassines plastique jaunes bleues orange avec dedans l’eau du fleuve Casamance… ou d’un autre… l’eau des origines quoi !…

          ‑ Oualla ! Ho Lakhdar  qu’il se dit en appuyant ses paumes sur ses reins pour se relever ça fait trop mal… Lakhdar tu mélanges tout !… Vrai que la banlieue c’est un couscous d’humains touillés retouillés et chacun il débarque avec les récits de sa tribu de son douar de son arbre à palabres… 

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          Ecoute… écoute… 

          Fatou marche de son pas lent d’Africaine le long de la rue qui monte… la rue de la ville au bord du fleuve qu’elle ne connaît pas la veille encore elle y avait jamais posé les semelles de ses sandales de paille fines rose tressée qui rendent la peau entre ses doigts de pieds plus tendre que de la soie sur le cou…

        - Tu as des doigts de pieds parfum café Fatou ! qu’elle lui dit chaque jour en riant sa copine Suah pendant qu’elle lui masse tout doux les chevilles et la peau en dessous après leurs heures de démarches sur le corps de la banlieue araignée qui en finit pas… mais Fatou et Suah elles ont l’habitude les citadelles d’Afrique comme celles d’où elles ont débarqué y a pas longtemps de ça ce sont des lézards géants bien plus furieux encore !…

          Tout à l’heure elle a traversé le fleuve au milieu du grand pont d’acier Fatou et elle s’est arrêtée pour regarder les eaux brunes en songeant à l’écaille boueuse du seigneur crocodile… celui qu’elle rêvait de chevaucher un jour quand elle était une môme au bord du fleuve Casamance… Le seigneur crocodile c’est lui qu’elle voit si elle fait revenir les images du village où elle est née et où toute la famille de son Gran p’pa elle habite toujours à l’intérieur d’une grande case en pisé badigeonnée d’argile claire avec son toit de chaumes de riz qui tombe au sol de poussière brune dessous les animaux ils s’abritent pendant les bourrasques des pluies… La case de son Gran p’pa qu’est un griot que tout l’monde il considère au village c’est la dernière du regroupement des maisons au bord d’un bras de bolong large qui grouille de poissons et de pélicans blancs… Leur village il est pas très loin de la ville de Zinguichour avec ses maisons coloniales très hautes entourées par les quartiers pauvres et leurs habitations en bancou criblées de p’tites ruelles de latérite gris‑rose…

          - Oh ! seigneur crocodile… Oh ! seigneur crocodile qu’elle chantonne Fatou et le rire il se pointe dessus ses lèvres sombres avec des petits reflets bleu d’indigo… il se faufile sur sa figure café très noir jusqu’aux incisions étroites trois lignes orangées horizontales à la hauteur des yeux… Fatou chantonne à côté de sa M’man dedans la lueur rose brûlant déjà la peau du crâne sous le turban de tissu épais aux couleurs qu’elles préfèrent citron et mandarine… Elles choisissent le plus beau tissage au marchand qui les connaît il fait des prix et Fatou qui marche sur la route qui monte se souvient du chemin de boues ocres séchées qui menait aux bolongs et aux rives du fleuve où les palétuviers avaient l’air d’être les témoins figés rescapés d’un naufrage…

         Avec sa M’man Fatou sur ses sandales de paille tressée se glisse au creux des p’tits chemins labyrinthes de la mangrove où l’eau salée de l’océan elle se mélange à l’eau douce dans les bolongs qui sont aussi vastes que des rivières… C’est vert humide c’est fort Fatou frissonne d’y penser sur toute sa peau quand la chaleur te prend d’une terrible envie de dormir mais pas question !… Faut arriver avant que les lourdes pattes de la chaleur moite elles se collent sur toi à travers les marigots jusqu’aux palétuviers aux pieds marins qui sont des réserves de moules sauvages que la lame entaille et cueille et pendant toute la récolte Fatou elle guette en vain le seigneur crocodile qui va l’emmener ailleurs sur son écaille de cuivre…

          Ailleurs !… Elle y est maintenant Fatou et la banlieue de la ville du fleuve d’ici ça ressemble pas à Ziguinchor… et ses marchands aux étalages de viandes suintant leur sang frais que les tribus de mouches gourmandes elles dévorent de leur gros œil vitreux et d’un coup c’est la ruée… Ses poissons qui baillent bouche grande ouverte au milieu des termitières de légumes et tous les objets plastique aux couleurs vives cuvettes bassines paniers ustensiles de cuisine mêlés aux tissus qui exploseAden-4-de-couv.jpgnt leurs teintures bigarrées devant les kilomètres d’épices et de condiments débordent les nattes que les caisses et les récipients de terre envahissent contre les sacs fendus en larges déchirures dont toutes les sortes de riz de mil de sorgho de maïs luisent milieu de la poussière…

          Après la cueillette fallait marcher sur les sept kilomètres de piste qui mènent jusqu’au marché de Ziguinchor les paniers remplis de moules au‑dessus de la tête ou contre les hanches et Fatou elle a encore dans le cou et tout le long des épaules… ça faisait un serpent douloureux qui mordait le bas des reins qui se tortillait avec les rigoles d’eau fraîche entre les omoplates… les frissons des crampes qui la secouaient de décharges électriques… Sa M’man elle a pas d’souvenir de l’avoir vue sans le couffin qui débordait des mangues qu’elle récoltait à la plantation du village pour le marché tout pareil ou les fagots de bois d’hivernage et encore les bassines de plastique touges ou bleues qui lui dégoulinaient à son retour du fleuve...


A suivre...

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Samedi 13 février 2010 6 13 /02 /Fév /2010 21:06

Le retour de Sinbad suite...
CHAHUT
          Le coin de Mario qu’était aussi celui de Sabrina Sinbad y avait dégoté sans fouiller trop juste un peu comme ça ses fringues de fille qu’étaient en vrac avec les paniers plastique des patchworks empilés à des hauteurs qu’ils finissaient par dégringoler s’écrouler se touiller les uns les autres toutes les couleurs et surtout les lamas roses dessus les triangles vert pomme qu’y en avait des quantités !… 
       Et Vishnou qui cavalcadait autour de la piaule en vrombissant… on aurait dit un insecte prodigieux… Zoum ! Zoum !… à son moment de délire et vu qu’il était plutôt solitaire comme môme dedans la p’tite maison chaulée blanc il se mitonnait sa bande à lui rien que des fantômes de corsaires et des pirates qu’il s’inventait… Des animaux marins rejaillis droit des entourloupes aux abîmes et aussi d’abord le capitaine Achab qu’était son héros favori dans les lectures que Jean lui faisait le soir quand y avait des veillées totales spontanées… 

C’est une des façons qu’ils ont improvisée les lascars pour se retrouver tous ensemble à l’intérieur de la p’tite maison chaulée blanc et s’arranger des tambouilles de crêpes aux sardines et au miel‑citron que toute la bande en raffole jusqu’à s’en donner des indigestions mises en commun et on faisait couler là‑dessus des bocks de Kriek à la cerise qu’amenaient les mots des contes dans la bouche de Sinbad comme s’il était encore à bord de la baraque de M’mâ… Sinbad d’ordinaire on sait qu’il cause pas et ça s’était pas amélioré avec la mort de son poteau Virgile sauf pour les soirées aux histoires quand on se pose en rond dessus les duvets qu’on sort autour du feu des bois de flottages que chacun il rapporte à l’occase et qu’y en a des formidables des fois !… des sculptures d’océan épatantes… des poussahs au bidon rebondi… des chevaux et leurs crinières marines enturbannées… des colosses avec des micro panards au­‑dessous de cuisses à l’épouvante !… Mais tant pis on les sacrifie à la déesses du feu Barat An-na la première dame de la pierre du feu sa torche phare à la paluche que Jean si tellement à la traque des légendes populaires elle a dénichée milieu des pages d’un bouquin  qui cause des anciennes cités de Sumer…

Y a personne qui leur a soufflé aux Indiens de la p’tite maison chaulée blanc les veillées où on laisse causer ceux qu’ont le don des palabres… c’est arrivé comme ça vu que dans le gourbi on a pas de téloche ou de radio ou quoi !… Juste y a Mario qui bricole pas mal de ses doigts dans l’électronique qu’a révisé une platine disque et un gros ampli à lampes pour ses zicmus qu’il a entassées au fond d’son sac marin tout l’trajet depuis les US et même s’ils sont des fois un peu craquants saupoudrés de grains de sable ses disques 33 tours ils mettent recta l’atmosphère à la teuf toute la journée et si personne va taffer toute la night pareil !… Mais les soirées aux histoires ils les louperaient pas vous pensez bien !… comme s’ils étun-silence.jpgaient pareil que Vishnou des moutards qui se font des mondes à dévorer que leur baveuse elle va fouiner au fin fond des dédales des coquillages prodigieux sapés de rose crème à paillettes caramel… On dirait les boîtes à coco ou les roudoudous avec les mots qu’on lèche délicieux et sucrés amers juste c’qu’y faut…

C’est le moyen de partage des rêves qu’ils ont à l’intérieur d’leur musette à folie les Indiens et que chacun il en refile chouïa chouïa aux autres le temps que ça dure qu’on se bricole du devenir d’illusoire de passage mais y a pas d’idée sur ce que ça deviendra demain après plus tard l’aventure des habitants de la petite maison chaulée blanc… Quand ça sera fini que ça aura bien donné sa provision de gourmandises et ses parfums du printemps des enfants‑fleurs… quand on aura été tout au bout d’ces instants‑là qui mijotent aux marmites de la douceur de vivre et de faire connaissance des gens qui entreprennent la grande transhumance et du monde alors on s’en ira et Hop ! et c’qu’on emportera avec nous autres ce sont les histoires !… Ouais c’est ça… les histoires Sinbad il les oubliera pas et il les gardera comme Vishnou qui pionce avec le songe d’Ismaël volant milieu des plumes légères d’un oreiller à nuages et il les rapportera aux p’tits de la tess’…

 

Ecoute… écoute…

 Pour le coup les p’tites culottes en coton blanches et rouges aussi de Sabrina qu’elle fourrait milieu des sweets de Mario et qu’elle mettait sans soutif… on voyait ses seins sauter comme des jeunes matous le soir quand elle se sapait plus Indienne et qu’elle baladait son corps de gamine moitié nue entre la cuisine qui baillait du côté du bassin aux grenouilles et la piaule aux matelas ça le faisait ressouvenir de Virgile Sinbad et ça l’énervait un peu !… Sabrina elle arrivait juste là dedans ces années qu’éclataient grenades et leur jus rose brûlant qui giclait en gerbes comme des bengales à l’épanouissement et aux farces !… Elle débarquait sa dégaine de môme poussée aux cales de la pauvreté des quartiers populaires du Sud et dans les entreponts d’la joyeuse débrouille libertaire avec son vieux qui marnait sur les chantiers à Barcelone avant que les franquistes se lancent à la poursuite des combattants de la CNT et qu’ils crapahutent de c’côté sauver leur viande !… 

Y avait rien qui pouvait la déranger dans le programme des camarades de la petite maison chaulée blanc de partager tout c’qui faisait le quotidien d’leur existence et de se donner en plein élan à ce qui s’ramenait d’inconnu de neuf et qui les séparait chaque jour un peu plus du monde vieux et pourri qu’ils avaient au milieu des pattes depuis qu’ils avaient mis le museau à la fenêtre… Avec son vieux elle avait flairé c’qu’y avait comme trouvailles à enchantements dans les cultures populaires des peuples d’Amérique du Sud… des tribus d’Afrique et de tous les nomades possibles… Ceux qu’ont pas arrêté de transhumer pour trouver des terres généreuses à l’autre bout d’l’océan !… Ce qu’ils ont apporté avec eux d’histoires héroïques et truculentes… de contes à n’pas dormir debout… de traditions paysannes à la turelure… de goualantes insoumises et scandaleuses ! Et eux les momignards des faubourgs des monstres Babel ils se réveillaient tout juste pour prendre ça plein dedans les naseaux !…

Mario il avait pas le caractère propriétaire non plus après ses errances on the road et ses semaines en folie à San Francisco il était musicos d’abord et même sa guitare il la prêtait facile à Jean qu’essayait de s’initier et qui répétait des heures les deux trois premières mesures de “ Blowing in the wind ”… L’histoire est arrivée un jour que Tomy a décidé de laisser un peu le turbin de docker que ça allait bien comme ça !… Et Hop !… Sinbad il l’a vu causer un midi après les heures à fond de cale avec Jonathan un camarade qui descendait aussi de temps en temps au poiscaille… Il créchait sur une des îles du Golfe et il récupérait des épaves de navires qu’il remettait à flots pour d’autres traversées avec des capitaines d’infortune… Jonathan avait pas d’autre domicile que ses rafiots et ça lui suffisait bien !…

C’était un poteau aux cormorans une bande entière de ramoneurs blacks pareils que celui qui pistait Sinbad depuis la tess’… ils le lâchaient pas et ils tournaient à son intention des danses farouches au bras de l’océan en hululant des appels frénétiques… Craou ! Craou ! Craou !… avant de s’abattre les uns derrière les autres au travers de la toile gris‑vert qui se déchirait en lambeaux d’écume mousseuse… Il venait juste d’arrimer à l’abri d’une crique protégée du Golfe un cotre à la voilure rouge sang qui dérivait depuis des jours… On aurait dit la carcasse d’un grand oiseau de mer abattu les ailes fracassées… Par chance y avait peu de dégâts dans la voilure et le bateau était un fameux loustic à l’allure étrange un peu revenant sur les bords… un navire fantôme abandonné en mer par des marins devenus fous… Et les cormorans en escadrille déjantée moitié furax moitié farceurs qu’avaient fait de l’épave leur perchoir à séchage favori… l’était bien pratique le radeau suivaient les opérations avec des farandoles de plongeons et de sauts périlleux d’épouvante !…

Jonathan il était venu proposer à Tomy et à Sinbad qu’il blairait bien à cause des oiseaux qui le quittaient pas de bricoler un peu le vImage oiseauoilier et de partir ensuite toute une semaine caboter aux îlots… on ferait aussi quelques jours de pêche et de sieste sur le dos rond et calme de l’océan… C’était l’aubaine !… Comme ça que le goût de Sinbad le taggeur d’oiseaux… Piaou !… piaou !… cri !… cri !… zaiout !… pour l’océan et pour ce qui existait forcément au-delà de l’horizon se transformait en un puzzle d’instants de plus en plus proches de son rêve…


A suivre...

Publié dans : Contes et récits de l'arbre aux histoires
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