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Saïd et Diana

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Présentation

  • : Les cahiers des diables bleus
  • : 19/09/2005
  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
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Texte Libre

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Image de Dominique par Louis

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  Ecrits et dessinés à partir de nos banlieues insoumises toujours en devenir

      Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.

      Bienvenue à vos p'tits messages tendre ou fous à vos quelques mots grognons du matin écrits vite fait sur le dos d'un ticket de métro à vos histoires tracées sur la vitr e buée d'un bistrot, à vos murmures endormis au creux de vos draps complices des poussières de soleil passant par la fenêtre entrouverte...

      Bienvenue à vos fleurs des chantiers coquelicots et myosotis à vos bonds joyeux d'écureuils marquant d'une légère empreinte rousse nos chemins à toutes et à tous. Bienvenue à vos poèmes à vos dessins à vos photos à vos signes familiers que vous confierez à l'aventure très artisanale et marginale des Cahiers diablotins.

      Alors écrivez-nous, écrivez-moi, écrivez-moi, suivez-nous sur le chemin des diables et vous en saurez plus...

 

                                          d.le-boucher@sfr.fr


Notre blog est en lien avec celui
de notiloufoublog 2re illustrateur préféré que vous connaissez et on vous invite à faire un détour pour zyeuter ses images vous en prendrez plein les mirettes ! Alors ne loupez pas cette occase d'être émerveillés c'est pas si courant...

Les aquarelles du blog d'Iloufou l'artiste sans art  sont à déguster à son adresse                   www.iloufou.com  

Mercredi 14 mars 2007 3 14 /03 /2007 01:32

                                     Café littéraire

              Café de la Mairie Place Saint-Sulpice

                  Dominique Godfard et Dominique Le Boucher

                         L'autoédition et l'édition en ligne

                            Mardi, 27 mars vers 20 heures

      Un p'tit clin d'oeil et quelques bulles légères pour vous parler encore un peu de notre soirée au café à deux, après la première présentation sur notre blog il y a quelques jours...

      Donc nous y serons Dominique Godfard avec son livre de nouvelles publié au Manuscrit.com et intitulé Le pape m'en a fait voir de toutes les couleurs et moi avec nos Cahiers des Diables bleus et avec Café-crème autoédité grâce àau site Imprimer mon livre. Et bien sûr nous vous parleront longuement de ces deux sites d'éditions "parallèles" à la dite "grande édition" qui nous semble de plus en plus réservée à... on ne sait trop qui d'ailleurs et peu importe, puisque nous serons là pour vous refiler tous les tuyaux afin de passer outre et de pouvoir à votre tour faire découvrir aux autres vos écritures et vos images. Et vous verrez que ça n'est pas si compliqué que ça !

      Bien sûr on vous donnera toutes adresses nécessaires pour entrer dans cet univers si peu facile à percer de l'édition : comment et pourquoi et où faire le dépôt légal d'un bouquin, comment obtenir avec un peu de patience un N° d'ISBN auprès de l'AFNIL, qu'écrire dans l'ours d'une revue... et sur sa dernière page pour être plus ou moins en règle, et d'abord, comment réaliser une mise en page et créer un fichier PDF pour l'impression pro...

      Bon... ça a l'air un peu hard dit comme ça, mais pas du tout ! Et si nous deux plus douées à aligner des mots pour raconter des histoires qu'à réaliser une mise en page aux formats d'impression, on y est arrivées... Dominique vous dira deux mots de son "désespoir" dans la correction du BAT de son livre et moi deux autres dans celui du calage des traits de coupe sur le premier tirage des pages du bouquin avec l'imprimante jet d'encre avant d'envoyer l'exemplaire pour exemple à l'imprimeur... ouais, si on y est arrivées, pourquoi pas vous ?

      Là vous avez une image de notre plus récent Cahier Banlieue terre d'exil paru en février 2007 qui nous représente tous nous autres les gens, qui écrivons, dessinons, faisons des photos, rêvons à des poèmes que nous osons parfois montrer, fabriquons des collages avec des tas de bouts de papiers récupérés ici et là, taggons les murs de notre appart, et qui avons envie de partager tout ça !

      Impossible ? Réservé à d'autres plus... plus quoi d'abord ?... Pas vrai ! On peut tout, on l'a déjà dit, du moment qu'on est un minimum solidaires et qu'on se soutient pour y arriver. Prouvé à maintes reprises mais encore plus vrai dans un monde rude qui ne fait cadeau de rien, où nous autres justement on a choisi de mettre en commun nos petites expériences pour que d'autres s'y collent avec leur formidable imagination créatrice, et comme ça peu à peu nous découvrirons à nouveau le bonheur de l'échange et le plaisir de voir la culture populaire prendre un joyeux essor et naviguer en haute mer...

      Oui on peut tout avec pas mal d'amitié, de ruse et d'obstination, on vous le prouvera mardi soir le 27 si vous venez vous aussi nous faire part de vos trouvailles et de vos galères de créateurs ou d'inventeurs ou de tout ce que vous aimez et qui vous mène à la rencontre des autres.

        Avec Marie Virolle une très grande amie aussi nous errons dans le monde sauvage de l'édition depuis une petite paire d'années et je vous assure que sans la fête d'être ensemble les Salons ça ne serait pas toujours la joie, Dominique Godfard vous le confirmera je crois... Me souviens d'un Salon de Longwy il y a deux ans l'hiver où on a eu l'étonnement de trouver dans cette ville dévastée par le chômage et l'absence de possibilités d'avenir pour les gens, une équipe de bénévoles formidables qui se battaient pour faire un peu vivre le coeur de la ville et ça n'est pas rien !

      Longwy un dimanche d'hiver glacé aujourd'hui avec la mémoire de ce qui a été et n'est plus, vous imaginez ? On aurait eu sans doute un p'tit cafard s'il n'y avait eu la chaleur communicative des gens qui nous ont accueillies, grâce à qui ce Salon nommé justement Les ailes du livre  existe, et la présence de personnages aussi généreux et simples que l'écrivain breton Jean Markal dont la gentillesse fait du bien...

      Tout ça pour vous dire que nous serons là dans ce Café de la Mairie qui est un lieu drôlement sympath et que Jean Lou Guérin anime depuis pas mal d'années lui aussi en ouvrant la porte à des tas de gens comme nous et comme vous, et qu'on espère que vous viendrez nombreuses et nombreux pour que nos imaginaires réunis prouvent que c'est toujours possible de rêver, de créer et de mettre en route des projets fous et réalistes à la fois ! Parce que je vous assure que sans ça et sans vous y aurait du blues sur macadam trop souvent... Alors à bientôt...

Par Dominique Le Boucher - Publié dans : Les Diables bleus
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Samedi 10 mars 2007 6 10 /03 /2007 01:46

                               Café littéraire à Saint-Sulpice

                    Mardi, 27 mars 2007 au Café de la Mairie

       Thème de l'autoédition et l'édition en ligne avec Dominique Godfard et Dominique Le Boucher et leurs bouquins et Cahiers diaboliques !

      Et nous voici il y a quelques mois de cela au Salon des Revues car nous nous y étions retrouvées Dominique et moi pour faire un peu de pub à nos Cahiers des Diables bleus qui nous avaient permis de faire à nouveau des choses ensemble, des choses d'écriture...

       Si nous portons le même prénom, ce qui est un hasard bien sûr, cela fait un petit moment que nous bricolons ensemble dans ce milieu qui nous tient tant à coeur des mots et par obligation que nous errons d'éditeur en éditeur et puis pour finir l'une comme l'autre... sans éditeur...

      Pour Dominique après la publication de son dernier roman Et plus si affinités il y a deux ans ça a été l'espoir de voir son livre de nouvelles sortir dans la petite boîte d'édition qui avait déjà ramé pour faire la promotion de son livre précédent, qu'elle s'était surtout acharnée à faire seule de librairie en librairie... notre galère quotidienne faute de pain frais et croustillant de droits d'auteurs jamais touchés... Mais non... pas de prochain bouquin chez l'éditeur, et après une Xième quête improbable cela a été la décision prise de faire autrement...

    Et pour moi c'est le parcours déjà décrit sur notre blog qui m'a menée d'un côté à publier mon livre de nouvelles que vous connaissez Café-crème préfacé par Leïla Sebbar en autoédition grâce au site Imprimer mon Livre, et de l'autre de créer avec mon ami Louis qui dessine nos Cahiers des Diables bleus ici présents depuis un an et demi maintenant... presque deux... Et auxquels participe Dominique depuis le départ car tout ceci est une grande histoire d'amitié et d'écriture !

      Autant vous le dire tout de suite notre soirée discussion et lecture du 27 mars au Café de la Mairie Place Saint-Sulpice fera une grande part justement à nos trajectoires mêlées depuis quelques années... On a décidé de se questionner et de dialoguer à fond car pas question de vous endormir par notre éloge réciproque ou un truc de ce genre, non !

      Et ce que vous voyez là sur cette image qui est l'illustration du texte de Dominique Godfard pour notre dernier numéro des Cahiers des Diables bleus Banlieue terre d'exil qui s'intitule Les trois exils d'Amadou vous sera offert avec un long extrait de ce texte qui est le troisème qu'écrit Dominique dans nos Cahiers. C'est une amie écrivaine et peintre Geneviève Roch qui lira des passages du livre de nouvelles de Dominique qui vient de paraître (enfin !) après un long combat qu'on vous racontera en détails au Manuscrit.com : ouvrage en ligne et sur papier au titre plein d'humour et de poésie de Le Pape m'en a fait voir de toutes les couleurs...

      Son prochain livre à paraître dans cette forme d'édition en ligne est un petit bouquin de nouvelles d'enfance dont pour en avoir lu plusieurs je peux vous dire qu'elles vous toucheront, car elles sont tendres et cruelles et de toutes les couleurs comme nos enfances et comme celles de tous les gamins du monde ... Là aussi on vous en lira de p'tits bouts en avant première et vous serez les seuls petits veinards ! à les avoir découvertes... Ce livre s'intitule déjà Eclats d'enfance et il est préfacé par Cécile Oumhani, encore une grande amie écrivaine !

Et pour la suite de notre soirée venez refaire un tour sur notre blog lundi, vous en saurez encore un peu plus...

A bientôt...

Par Dominique Le Boucher - Publié dans : Les Diables bleus
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Vendredi 9 mars 2007 5 09 /03 /2007 01:47

      Ce poème est dédié aux femmes d'hier et d'aujourd'hui et à mon arrière grand-mère qui travaillait à sept ans dans les fileteries du Nord

Enfer à repasser

Jeudi, 23 février 2007

Et si on se parlait d’hier

Dans ce temps qui ne tient pas debout

Deux jours de mise à pieds ouvrière

Femmes que l’enfance a vite larguées

On jouait à faire des bulles

Au bord d’un monde sans lumière

C’est en banlieue que ça se passe

L’enfer se faufile partout

Sur la lune les vieux jouets se cassent

Seul Tom l’ours craqué leur est resté

Totem souffrance de leur corps

Malgré plusieurs avertissements légères

Elles se sont envolées les bulles

Femmes des longues journées si lasses

Repasseuses du silence rouillé

Entourées du halo bleu qui voile

Les yeux émeraude des photophores

Vous persistez petite distraction

A murmurer les mots d’un poème

Au-dessus d’une bouche d’air libellule

Vos doigts cousant des costumes de vie crasse

Les vieux jouets jetés se sont faits la malle

D’un paysage où les enfants sont morts

Et si on se parlait d’hier

Vous persistiez c’était un tort

A ne pas respecter l’ordre moqueur

D’obéir au premier revenu

Qui traque les gobeurs d’astres d’additions

L’ordre de saluer le directeur

L’enfer à repasser c’est assez !

Et puis soudain des carrés de tissu

Pour vous fabriquer des costumes de bal

Les mots du poème enfantent vos corps

Les vieux jouets s’éclipsent en arrachant

La peau de la lune et se sapent d’étoiles

C’est vrai qu’hier c’était l’enfer

Debout durant des heures les pieds font mal

Ne plus se laisser marcher dessus

Ne plus laisser faire les marchands

Femmes ouvrières leur corps douleur

Comme les bulles joyeux régal

Tournent volent dans les habits de couleur

A la rencontre des corps ingénus

D’enfance ils ont taillé dedans

Seul Tom l’ours craqué est le veilleur

Des rêves qui leur font des moues de fillettes

Pas question par l’enfer de repasser !

Et si on se parlait de l’enfance hier

Leur premier turbin cueillir les bobines

Et les bulles s’envolaient légères

Perdues sous la soie d’acier des turbines

Les vieux jouets descendraient bien de la lune

Pour s’habiller de neufs courants d’air

Un damier de joie rouge au pied des machines

Cousu par-dessus les cadences grises

Et Tom l’ours craqué anime la fête

Sept ans petites l’enfer qui passe

Voleur d’enfance repasse maintenant

Vous voulez un service de mains minimum

Vous aurez une vie cousue de fil blanc

Pour elles femmes à nous de résister

Aux ordres qui s’assoient sur nos échines

Elles nous ont tissé un rêve cerise

Un vêtement doux couleur du temps

Enterrerons-nous enfin hier dedans ?

Par Dominique Le Boucher - Publié dans : P'tits poèmes diabolique
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Mardi 6 mars 2007 2 06 /03 /2007 01:07

                              En plein vol

Jusqu’ici elle avait surpris sans comprendre ce qui se tramait vu qu’elle était pas de ce monde des autres qui savaient tant de choses sur elle… tant de choses sur tout et les balançaient là pareilles aux poubelles géantes d’une planète très lointaine… là dans son cou ça avait commencé quand elle était entrée à l’internat il y a un an juste et les pommiers pouvaient en témoigner. Elle leur racontait la moindre des aventures qui lui arrivait… oui… elle n’avait surpris que leurs regards biaisés et leurs chuchotements de souris quand elles passaient avec Caroll se tenant par la main devant le totem dressé au milieu des autres arbres qu’elles avaient ensemble appelé Solitud…

Le grand totem Solitud. Le chef de la tribu. Le premier que les bonnes sœurs allaient faire abattre dans cette automne de 1969… fou et ébouriffé comme la révolte des jeunes feux follets qui dansaient la tête couronnée de leurs rêves au centre des somptueux brasiers où on croyait avoir balancé toutes les nippes crasseuses et grand chic de la haine…

« Les gouines !… les goui-neuh-neuh-neuh !… »

Y avait entre Caroll et elle quelque chose qui reliait leurs deux êtres d’enfance que les autres ne pourront jamais savoir. Oui… c’est bien ça… y avait… le secret… et le secret c’était justement le champ de pommiers au bout de la cour et le rituel qu’elles ont institué autour d’eux et de leur maître Solitud… Solitud… son âme va s’envoler sur les ailes des oiseaux couvertes de rosée à la nuit…

Seuls leurs cheveux d’arbres se parlaient…

Et puis les filles qui tournaient la ronde se resserrant se resserrant autour d’elles sont passées à autre chose… C’n’était ni une ronde ni un jeu et ça elle savait qu’elle allait pas le laisser faire… Non !… du fond rouge cramoisi du volcan où elle était assise sur des couches de lave sèche qui lui brûlaient la peau des fesses elle allait pas le laisser faire… Et tant pis s’il fallait ensuite des dizaines d’extincteurs très au point pour éteindre le brasier…

Ecoute… écoute… car on vient d’entrer dans le vendre de l’histoire…

- Carotte ! La carotte ! heu-heu-heu !…

Ce qu’il faut dire et on aurait dû commencer par là pour que vous puissiez entrer facile dans le ventre de l’histoire c’est que Caroll était une gamine black aux deux nattes longues couleur réglisse paumée au milieu de cette campagne de l’Est à l’époque c’n’était pas rien… Caroll qui arrivait d’Afrique avait la même étrangeté devant les yeux ahuris des filles de l’internat et des paysans dans leur champ où rien que la bouse était noire qu’un ours blanc débarquant seul un dimanche soir de l’autocar quand le troupeau poussait du museau les grilles du stalag Notre-Dame des Anges…

Ce qu’il faut dire c’est que l’autocar ramassait le dimanche soir de village en village crotteux bouseux avec leurs tas de fumiers gras scotchant sous les godasses lourdes déjà des épaisseurs… il ramassait l’autocar aux odeurs trépidantes de gas-oil comme du lait brûlé qui parfumait nos cheveux et nos vêtements… jupes plissées collants de laine pull-over bleu marine et duffle-coat beige… on avait fait un bon en arrière dans le temps… il ramassait l’autocar un peu tout l’monde pris au hasard à l’intérieur bien profond de ces villages où rien du tout n’avait bondi pareil à un diablotin joyeux hors de la boîte aux couleurs de la rebelle année 1968 qu’on venait de traverser les mirettes pleines de soleils pas croyables…

Quoi que… Même si les vaches noires-blanches continuaient à donner du lait tranquilles et le reste avec y avait… y avait Caroll venue direct de Dakar et sa M’man qui servait de femme à tout faire dans la ferme d’un paysan sans femme justement… Sans femme pour faire tout et le reste aussi… avec Caroll sur le dos fillette légère au rire qui fleurissait rose comme les fleurs des eucalyptus au fond du grand tissu couleurs vives orange et sépia aux dessins d’arbres géants… Et c’n’était pas rien...

- Carotte ! La carotte ! Heu-heu-heu !

On n’était pas au courant nous autres au cœur de nos banlieues des grandes villes de ce que ça faisait aux gens d’ici perdus parmi les prés d’herbe fraîche l’arrivée de ces créatures à la peau noire qui s’installaient dans leurs fermes et puis devenaient leur femme vu que des femmes par ces temps ils en manquaient drôlement… Nous autres qu’on avait retirées de force à ces banlieues où les météores des rêves à venir d’un monde jeune et fou nous étaient tombés dessus en éclaireurs nous vivions dans le creuset métisse au milieu des mômes d’ouvriers immigrés et les couleurs ça nous connaissait…

Ce qu’il faut vous dire c’est qu’ici parmi les prés d’herbe fraîche y avait que peu de temps que les gens du Sud éclaboussaient de leurs boubous fabuleux de rouge cinabre et sang et de bleu indigo brûlants mélangés aux jaune citron acides et aux ocre orangés sucrés les terres brunes givrées de glacis violets quand il faisait tellement froid…

A suivre...

Par Dominique Le Boucher - Publié dans : Contes et récits de l'arbre aux histoires
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Mercredi 28 février 2007 3 28 /02 /2007 12:40

                                     Femmes au travail

                         Années 75-78

      Et  afin de finir ce mois de février qui a été pour nous celui du Salon du Maghreb des Livres en beauté, comme vous le rappelle cette photo des femmes agents d'école à Epinay parue dans notre Cahier Banlieue terre d'exil, voici quelques extraits d'un magazine qui portait la parole des femmes dans les années 70 comme ce fut le cas du Torchon brûle et autres, reflets de la réalité et de la créativité des femmes dans cette période de grande liberté et de solidarité qui fait causer de bien drôle de façon aujourd'hui...

      Nous qui avons été ados dans ces moments-là et qui savons ce que nous devons à ces femmes ouvrières, paysannes, employées, intellectuelles, jeunes femmes et femmes âgées nos aînées, et à leur courage et leur passion d'oser dire leurs rêves et les réaliser, ainsi qu'à ceux de leurs compagnons que bien sûr nous n'oublions pas et que nous associons dans ces mots, nous avons eu envie en ces temps de louanges du "travail", de remettre un peu quelques vagues pendules à l'heure et de leur rendre hommage à notre manière...

      Voici donc les mots des femmes des années 70 extraits de deux articles du magazine des femmes en mouvement.

 

      " La vie d'une femme de mineur c'est de se lever à trois heures du matin pour que les enfants partent travailler. Le soir on prépare leur casse-croûte et leur fruit pour l'usine.  Au matin il y a juste à chauffer le café. Si vous avez des enfants, ils se lèvent à trois heures, à trois heures vingt ils prennent l'autobus pour la région de Lille-Roubaix-Tourcoing, ils vont à l'usine, à la filature. (...)

      On se remet au lit mais vous ne dormez plus, parce que votre mari s'en va travailler aussi, il faut qu'il soit au fond pour cinq heures, il faut qu'il se lève à quatre heures un quart pour aller à la fosse. Après vous avez les enfants qui vont au lycée. Tous ici on a beaucoup d'enfants. Ensuite il y a ceux qui se lèvent à sept heures moins le quart pour aller au collège, à huit heures ce sont les plus petits qui vont aux autres écoles. On ne peut pas se recoucher, on n'arrête pas de travailler. On ne peut jamais dire, je vais me promener... (...)

Ensuite la popotte, le ménage et encore pas tous les jours à fond, la lessive, le repassage. Ici, il n'y a pas de cantine. Les enfants arrivent tous à des heures différentes... Le mari revient à une heure et demi et les autres enfants à deux heures et demi. Alors la popotte, la popotte toujours la popotte... Quand ils étaient petits je ne savais pas ce que c'était que de m'asseoir..."

      Un témoignage parmi d'autres d'une époque, la nôtre dont on entend dire tout et n'importe quoi par des gens qui pas plus que dans nos cités de banlieue n'ont mis les pieds dans une village d'ouvriers du Nord ou de l'Est de la France... Et non plus dans les usines de textile de ces années-là... Alors moi me semble qu'on a vraiment bien fait d'être rebelles et de le rester. A vous de voir...

A bientôt...

Par Dominique Le Boucher - Publié dans : Colères noires
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