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Saïd et Diana

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Présentation

  • : Les cahiers des diables bleus
  • : 19/09/2005
  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
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Texte Libre

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Image de Dominique par Louis

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  Ecrits et dessinés à partir de nos banlieues insoumises toujours en devenir

      Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.

      Bienvenue à vos p'tits messages tendre ou fous à vos quelques mots grognons du matin écrits vite fait sur le dos d'un ticket de métro à vos histoires tracées sur la vitr e buée d'un bistrot, à vos murmures endormis au creux de vos draps complices des poussières de soleil passant par la fenêtre entrouverte...

      Bienvenue à vos fleurs des chantiers coquelicots et myosotis à vos bonds joyeux d'écureuils marquant d'une légère empreinte rousse nos chemins à toutes et à tous. Bienvenue à vos poèmes à vos dessins à vos photos à vos signes familiers que vous confierez à l'aventure très artisanale et marginale des Cahiers diablotins.

      Alors écrivez-nous, écrivez-moi, écrivez-moi, suivez-nous sur le chemin des diables et vous en saurez plus...

 

                                          d.le-boucher@sfr.fr


Notre blog est en lien avec celui
de notiloufoublog 2re illustrateur préféré que vous connaissez et on vous invite à faire un détour pour zyeuter ses images vous en prendrez plein les mirettes ! Alors ne loupez pas cette occase d'être émerveillés c'est pas si courant...

Les aquarelles du blog d'Iloufou l'artiste sans art  sont à déguster à son adresse                   www.iloufou.com  

Jeudi 20 novembre 2008 4 20 /11 /Nov /2008 22:35

    Le petit bout qui souffre rouge suite...

    La vieille Nur qui parlait au kanoun rajoutait par de petits gestes saccadés, des bûchettes aux braises. A peine elles s’enflammaient, libérant en un instant une âme crépitante dans un bref rougeoiement. Leur soupir comme les baisers d’écume se mêlaient aux chuchotements des peaux et de la toile par endroits soulevés au rythme des souffles du plateau. C’est ainsi que nous la voiions nous prisonniers des ruelles grasses de la cité. C’est ainsi que nous rêvions à elle au cœur des vents. Sur la colline des oliviers et cerisiers la tente de Tam-tam rouge l’Indien qui conserve la semence des histoires et des anciennes cérémonies au fond du pot.

   L’effraie blanche au dessus de nous tendait la nappe des grands soirs par son vol plus léger que nos songes. Pour le festin des souris nous étions prêts. Qu’on nous remplisse nos assiettes d’étoiles. Et rien que ça… Nous voulions seulement comprendre le monde. Aimer le monde. Partager le monde. Nous les enfants de nulle part.

    La vieille Nur qui parlait au kanoun avait traversé bien des rêves avant le nôtre. Elle savait qu’il n’en reste souvent que quelques signes au fond du pot. Quelques conteries. C’est pourquoi elle disait juste ce qu’il convient de dire du feu de la parole. Ce qu’il convient de dire de l’allumette.

    - Ainsi a continué l’allumette qui parlait au kanoun :

    - Puis le soir est venu mon fils... le soir où ça a été mon tour de mettre le feu à l’huile de la lampe... Le soir de la cérémonie des histoires où le bouffon m’a choisie parmi les autres dans la boîte de carton... Je me suis étirée dans des tapis de silence un silence à ne pas dire... Un silence parsemé de clignements de rires prêts à s'ouvrir en fleurs de bengale sur les pieds nus du conteur...

    - Allume-toi… allume-toi... murmurait le bouffon... Doucement avec ses lèvres dans mon cou il suppliait :

      - Allume-toi…, allume-toi… Moi je ne pouvais pas facilement relever la tête... Forcément puisque j'étais à bout de souffre... Le temps de l'enfuir… Le temps du voyage des hirondelles dans le bon sang inondant les petits théâtres de marionnettes de la cité blanche… Le temps d'un claquement de dents pour mâcher un visage de papier… Ce temps là ses mains qui n'étaient pas des mains d'homme l'ont effacé... Chaudement obstinément elles l'ont retiré de notre histoire... Et elles l'ont jeté loin derrière elles avec la cage vide de l'écureuil... Tu te souviens mon fils… clic-clac... La cage de nos corps prisonniers...

    - A la place du temps de mourir les mains qui n'étaient pas des mains d'hommes elles ont mangé la semoule grain à grain avec leur bouche de lune bleue de mer... Et elles l'ont filée filée... Alors le génie du grain de semoule a dit que demain la parole des fous mettrait le feu aux réserves de poudre-rie. Et on serait bien étonnés de constater combien c'était simple. Il suffisait peut-être d'un allumeur de rêves. Rêves-berbères... mon fils au pays de barbarie...

 

   - Toute la soirée les mots ont jonglé avec les mains du fou. Ils ont chatouillé les tapis de silence. Ils ont vidé les bouilloires de mauvais sang au fond des rigoles. Et ils ont prépar é le thé à la menthe fraîchement épicé de gingembre. Alors mon fils… je crois que nous avons oublié jusqu'à l'odeur du feu qui pue… L'odeur de l'exil tatoué à l'envers...

    - Peut-être aurais-je dû finir dans la poubelle à étoiles mon fils… Les clowns ne finissent-ils pas toujours ainsi ? De moi il ne serait resté que l'histoire écrite avec les doigts de semoule sur la peau du vent... N'est-ce pas notre désir le plus cher ?… Que l'histoire de nous demeure sur le fil à hirondelles ?

    - Mais le mektub mon fils… le mektub... Alors le bouffon a achevé le conte et quand ceux qui écoutaient ont posé à nouveau leurs pieds sur les tapis roulants de leur vieillesse ses mains de fou m'ont glissée entre deux pages du manuscrit malgré ma défroque pitoyable... Ma honte mon fils… me voici nue… Le petit bout de souffre-rouge était mon unique costume... Que me

restera-t-il de moi s’il me trahit ?

A suivre...

Publié dans : Contes et récits de l'arbre aux histoires
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Mardi 18 novembre 2008 2 18 /11 /Nov /2008 23:18

La petite ouistiti suite...
     Ce texte prend la suite de celui publié le 8 septembre 2008    
          La première des choses que je savais depuis que j’avais mis les pieds dans le pensionnat stalag Notre-Dame des impostures y avait de ça deux années et que j’avais vite fait été mise au parfum de l’atmosphère société policière qui règne dans les endroits où la liberté c’est même pas un souvenir une odeur rien du tout… la première des choses… y fallait pas qu’on m’entende approcher de la porte du bureau de la sœur supérieure… celle qu’on appelait l’0eil vous vous souvenez ? Et dans ces cas-là c’est la p’tite ouistiti qui se mettait en campagne… ça n’traînait pas elle avait des ailes aux pattes pour ce genre de comédie…

Dedans y avait les trois lascars… les caricatures qui s’étaient engouffrés pointe des panars… Hop ! Hop ! comme s’ils étaient capables de légèreté ces trois-là la casquette qui reluisait sa crasse en filaments juste au-dessus du crâne où des touffes de cheveux rares épais qu’on aurait dit du crin sans la couleur particulière de celui des bourrins derrière les oreilles s’hérissaient et l’odeur remarquable qui n’les lâchait jamais… au bistrot à la messe au bal du 14 juillet on les repérait de loin… ils reniflaient ils empoignaient… ils puaient vraiment que ça donnait mal au ventre terrible…

C’était pas des senteurs animales qu’ils embarquaient partout à leur suite… celles grasses des mamelles chaudes du crottin mouillé de la paille et du poil… et la buée des naseaux… des ramassis d’étables et de porcheries ça nous impressionnait pas au stalag des Anges vendus on remuglait abominable aussi tout pareil de notre animalité à nous autres… celle des filles au corps caché honteux… du sang en croûtes des rigoles le long des cuisses jusqu’aux chaussettes derrière les genoux… j’ai vu ça je vous raconte… douze ans qu’on avait c’était pas le Moyen Age… Et le bleu sucré doux des photophores nous planquait à notre épouvante…

Non… leur puanteur aux trois péqueneaux les rois mages de la malédiction les annonciateurs d’une mauvaise affaire qui nous arrivait du côté du village comme d’ordinaire… c’était autre chose… et ils étaient passés courbés comme des porteurs de cadavres sous le poids croquignole de leur mission par la grande porte du devant face à l’œil complaisant de la sœur gardienne que rien étonnait… C’était une sorte de sueur de mort une mauvaise haleine glacée et rance de celle qu’on trouve entre les chicots pourris des macchabées avant qu’on les mettre dans le trou du ventre de la terre et qu’elle les mange… Une croupissance d’êtres qu’avaient pas eu l’occasion de la fraîcheur… ça non alors on en était sûrs…

Ils ramonaient du dedans c’était tout le couloir qu’en avait vu d’autres vous pensez à l’intérieur du stalag si y en avait des ordures et pas du peu… qui les vomissait les schnocks… raouf ! raouf ! ses planches qui s’en gondolaient me rebalançaient en plein museau leurs relents d’agonie… leur faisanderie leurs lambeaux… Et même si j’en crevais de dégoût et que j’attrapais la maladie des femelles corbacs qui nous gardaient entre les murailles du stalag pensionnat fallait que j’y aille… que je voie les choses pour me virer un bon coup de ma niaiserie de mon ensauvagement au creux des maisons des arbres où j’avais enfoui mes premières tanières… mes demeures animales.

          A force j’avais fini par la rejoindre la porte qui me séparait d’eux… celle qui me tenait à l’extérieur de ce monde-là depuis mon expérience de petite ouistiti… depuis toujours… D’abord je collais mon oreille tout contre son bois qui avait un parfum drôle de vanille et de cire comme une douceur que je m’attendais pas et à cause du silence qui se fracassait autour à l’heure où les autres agglomérés en grumeaux les bonnes-sœurs et les filles étaient occupés à bâfrer c’était facile d’entendre ce qui se disait se chuchotait se complotait de l’autre côté… 

En somme y avait que deux voix… pas d’embrouille possible… on s’y repérait comme en plein jour entre celle aiguë aboyant de la mère supérieure et le chœur des trois figurants mâles improvisant ses répliques en sautillant d’une syllabe l’autre… Toute façon même sans avoir la compréhension des mots qu’ils crachaient comme le tabac d’une mauvaise chique c’était pas difficile de deviner ce qu’ils étaient venus faire là les trois rois mages qui arrivaient à l’heure du repas de midi un samedi les bouffons… sûrement ils nous apportaient le dessert vous pensez pas ?…

Pour savoir ce qui se tramait entre les acolytes qui étaient des créatures malfaisantes et qui possédaient l’avantage du pouvoir sur nous les prisonnées du Stalag Notre-Dame des entourloupes j’étais décidée à l’extrême des audaces et ça me bouillonnait dans les veines d’excitation et de panique à la fois… c’était de l’aventure extra qui me tombait entre mes aile s repliées sous la blouse bleue et j’allais pas louper ça… J’ai collé mon œil contre le trou en m’accroupissant c’était pas la position facile à tenir et je les ai vus… l’Oeil avait été chercher dans sa collection de souvenirs une photo de classe où on pose style les oignons dans la caisse avant la plantation et elle l’avait au bout de sa main tendue devant les trois qui mataient … qui mataient…

Ils se sont reculés pour voir mieux et ils ont hoché la tête de connivence les trois en même temps avec le mouvement des automates des bazars quand on les remonte tous et qu’ils agitent leur crâne de ferraille creux haut bas… haut bas… droite gauche… gauche droite… Hop ! Hop ! Ils étaient d’accord… y’avait pas de doute tous les trois ils s’échangeaient les regards approbateurs ils se consultaient… pourtant y avait comme une hésitation qui les poignait ou bien c’était les conditions du marché qui allaient plus… Je n’savais pas ce qu’ils allaient décider et ça me faisait tordre de bonne rigolade comme ça n’m’était pas arrivé depuis que j’étais au fond de cette galère à ramer à me taire et à radoter des oui ma mère… merci ma mère… mielleux et sournois la honte… 

Fallait pas qu’ils bambochent comme ça toute l’après-midi les blaireaux là devant que moi je commençais à me sentir ankylosée de tous les bords et que j’n’avais pas l’intention de rester le museau écrasé au bois de la porte jusqu’à ce que les filles qui ne sortaient pas rappliquent et que mon secret soit plus qu’une vieille affaire éventée alors !… la petite ouistiti qui gigotait depuis un moment elle en avait sa claque de cette planque qui en terminait pas elle grognait et faisait grincer ses dents que ça m’énervait trop… Enfin y en a un qui a pris la décision c’était forcé… ils a pointé du doigt direction de la photo que la bonne-sœur fixait avec son œil de Cyclope monstrueux et j’ai vu la coupure à vif de ses lèvres s’étirer dans un rictus de plaisir qui m’a fait des frissons sur toute la peau du dos et derrière la nuque aussi… Ah ! ils étaient aussi crasseux les uns que les autres ma parole tous les quatre… 

La sœur a saisi le stylo rouge qui lui servait à piéger les fautes dans nos colles et à nous en recoller dix pages et elle a entouré d’un cercle ce que l’autre guignol désignait de son index qui ne tremblait pas… elle a fait trois petits ronds sur la page et le type a dit d’une voix basse que j’ai eu de la peine à distinguer : 

‑ Oui c’est ça… c’est ça… j’les reconnais… z’étaient tout’ les trois…

Et les deux autres ont encore hoché de la tête comme les automates du bazar et lui aussi… ils étaient bien d’accord…

‑ Vous êtes sûrs qu’y en avait pas d’autres avec elles ? Elle a demandé l’Oeil du ton qui leur permettait pas de mentir et pas d’oublier non plus… Elle voulait pas louper une proie la sale croqueuse de charognes… elle les tenait c’était visible… Je n’savais pas comment mais elle les tenait…

‑ Non ma mère… il a répondu celui à l’index sérieux comme s’il comptait ses sous… y’avait qu’ces trois-là…

Elle les a regardé les trois rois mages l’un après l’autre et puis elle a ouvert le tiroir de son bureau pour balancer la photo dedans et d’un signe de la main elle leur a dit que c’était bon… ils pouvaient s’en aller…

La petite ouistiti et moi on a déplié les ailes sous la blouse bleue qui nous grattaient grave et on s’est ruées sur les escaliers en frôlant le plancher ciré et reciré du couloir et on s’est enfilé par la porte de la cour entrebâillée direction la petite forêt et ses arbres ocre jaune vermillon safran et rouquins en attendant la suite…

Quand même… que je me disais une fois perchée dans le refuge des branches qui avaient pris l’habitude de mes chevauchées inattendues et familières… quand même je voudrais bien savoir comment elle les tient… ouais… je voudrais bien… 
A suivre...
 
 

Publié dans : Journal d'une fille de banlieue
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Lundi 17 novembre 2008 1 17 /11 /Nov /2008 23:08

Le marchand d'oiseaux suite...

          Je pousse la porte dont les écailles rouges me caressent afin de m’assurer que le décor de notre théâtre existe bien et qu’en frottant mon nez contre son odeur rouquine et amère je parviens encore à évoquer pour toi le marchand d’oiseaux. C’est un théâtre d’une tendresse particulière où on ne frappe jamais les trois coups. Pour y entrer il faut avoir l’odeur épicée et les yeux bleus faïence effarouchés de ceux qui ont traversé durant des nuits entières des déserts et s’endorment enroulés dans un manteau d’étoiles au petit jour.

La porte s’ouvre et me laisse le passage à moi le page d’hier qui cherche toujours bêtement à mettre du sens là où une enfance pas sage a déposé un peu de sang. Oh juste un peu… A peine quelques égratignures. Ça n’est pas grave…

C’est qu’il m’avait prévenu le marchand d’oiseaux.

- Il te faudra du temps pour y arriver… hi hi hi…

Et justement il est là assis en plein milieu des tables rouge vermillon toujours vêtu d’une chemise de flanelle jaune et d’un pantalon de velours chocolat à grosses côtes. Il est là avec ses espadrilles effilochées qui tapote tout doux un vieux mégot sec contre le dos de sa main où se craquèle tout un désert aussi. Sur son épaule gauche un perroquet mâle aux plumes peut-être bleues peut-être vertes pousse de grands hurlements ravis qui perturbent le bruit d’arme automatique que fait la boîte de soda déjà presque parvenue en bas du boulevard – ratata boum boum boum…

Si j’avais eu le temps j’aurais refermé la porte avant qu’elle ne fasse son trou entre les mots de l’histoire. La boîte. Mais ça n’est pas grave…

Donc le perroquet crie qu’il est content en fourrant sa petite tête dans l’oreille du marchand d’oiseaux évidemment.

- Pas dans l’oreille… je te dis… pas dans l’oreille voyons… répète en se secouant le marchand d’oiseaux.

- Pas grave !… pas grave !… crie encore plus fort le perroquet pour m’aider…

- Pas grave…

Grave… ce mot auquel je tente tout le temps depuis tant de tristesses chocolat de piquer l’air pour le faire déchanter à ma façon. J’étais gavée de mots sans plumes ni champs-d’ailes avant que le marchand d’oiseaux n’entre poliment dans ma vie à reculons.

A ce moment-là il est probable que je m’acharnais à recouvrir le goudron d’un trottoir qui ne menait nulle part avec le mot absence écrit en tous sens. Absence. Ab-sens. Ce qui n’a pas de sens. C’est ainsi que je l’entendais depuis tant de chocolats avalés à toute vitesse au comptoir d’un bistrot de gare dont le goût amer à la fin ne me quitte pas.

Tiens… Cette phrase-ci vient sans doute de s’échapper de la boîte dite à mémoire qui n’est qu’une vieille boîte de fer rongée rouillée et enterrée mais pas assez profond juste à côté de ta demeure couverte d’oiseaux. Quand il y en a. Il faudra que je songe lorsque j’irai chez toi à rajouter un peu de terre et des feuilles mortes aussi. S’il y en a…

M’échapper comme la boîte de soda qui n’en finit pas de rouler dans le mo nde transparent des landes où les mains des magiciens sous la bruyère secouent des gouttes d’eaux. Légères. Et dans mes oreilles.

Et justement… Le marchand d’oiseaux m’a expliqué la première fois qu’on s’est vus parmi les baraques de forains du Quai aux Fleurs que de poli à polisson il n’y a qu’à foncer pour passer sans y penser. Même quand on est un page pas très sûr de sa destinée ça peut aller…

- Tu ne penses pas ?

A cette époque désormais révolue je me disais en l’écoutant malgré le hurlement charmeur du perroquet vert pomme ou bleu turquoise qui insistait de plaisir à braver le bruit sourd des mots :

- Non… ce n’est pas la peine que j’y pense puisqu’Absence pense pour deux à rebrousse sens et que de la peine j’en ai plein mon panier de pluie… Pas la peine…

C’était grave j’en conviens.

- Grave… grave… Insiste le perroquet vert ou bleu.

Ah mais non… pas dans l’oreille je te dis ! …




A suivre...
Publié dans : Contes et récits de l'arbre aux histoires
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Jeudi 13 novembre 2008 4 13 /11 /Nov /2008 22:58

Camus l’anarchiste…
Jeudi, 13 novembre 2008

           Dans une précédente chronique que j’ai intitulée “ Les mots interdits ” j’ai fait allusion à Camus et à Caligula pour vous causer de ces mots qu’on n’peut plus prononcer aujourd’hui sans que la bonne conscience de ceux qui aiment pas qu’on ait des goûts de “ Partageux ” au moins dans ce pays-ci la ramène et nous assomme… Camus j’y songe souvent et son Caligula a été avec L’homme révoltécomme je vous disais une de mes lectures de mon adolescence… c’était tôt pour lire ça et pour y piger ce qu’il avait voulu faire là mais j’ai des lectures d’avances et d’autres de retard… c’est comme ça… 
          De Camus et de ses ressentis qui n’sont pas des idées dans l’abstrait mais des expérimentations d’intuitions je n’aime pas à causer d’ordinaire vu le nombre pas croyable de propriétaires de pensées qui l’ont fait aux pattes depuis qu’il a été mourir de bonne heure et moi j’n’ai jamais eu la même vision qu’eux à la sortie de mes lectures vu que Camus ce qui me fait réagir dans ses bouquins c’est la révolte… Evident que c’est pas ce que les liseurs habituels et patentés diplômes et compétences avec médailles vont mettre en avant dans leurs commentaires de lectures leurs conférences leurs colloques leurs… patata patati… et tout le reste… Et pourtant et plus que jamais aujourd’hui où le bon ton veut qu’on n’bouge plus une oreille quand on est scribouillard et qu’on incite pas à la révolte surtout pas alors !… non ! pas question d’inciter… si t’incites t’es mort t’es dangereux t’es un gaucho anarcho une honte quoi… ouais plus que jamais je me disais que Camus quand même aujourd’hui… y’a certains textes qui que… enfin qui sont pas si bonne conscience que ça…
          Me promettais à chaque nouvel énervement de ces réactions qu’on a quand la bêtise populacière déborde au-dessus d’la marmite de relire et d’annoter pour notre blog et ses Petites Chroniques cet Homme révolté qu’est toujours à la première place dans mes rayons d’ma bibliothèque toute en bazar c’est ouf… et puis pas le temps pas l’élan enfin vous comprenez… Et voilà que comme toujours quand on est dans la nécessité d’écriture et qu’on y va pas je tombe cette semaine sur un bouquin qui vient de sortir et qui me remet dedans en plein si vous voulez voir vous pigerez aussitôt mon enthousiasme… Ce bouquin c’est Albert Camus et les libertaires ( 1948‑1960 ), écrits rassemblés par lou marin aux Ed. Egrégores. Une mine de mots pour moi qu’ai toujours prétendu que le Camus bien pensant et récupéré comme y faut c’était une vaste foutaise ! Ouaouf ! ouaouf !
          Vous ferai pas un résumé de ce livre vous inquiétez pas pour la raison qu’il convient de le lire en entier si  on veut avoir de Camus une autre idée que m’avait déjà bien esquissée mon ami Jean Pélégri quand il m’en parlait lui qui le connaissait et qui en était pas ébloui du tout mais plutôt qui avait une vision drôlement critique de celui dont on a fini par faire un mythe sans la plupart du temps avoir lu la part la plus étrange et engagée de son œuvre…

          Mais ce qui m’a fait un énorme plaisir vous vous doutez alors que c’est la mode quand on est une vieille anar comme moi de se faire traiter… de n’importe quoi par la populace ( populace et pas peuple attention ! ) réunie pour crier haro sur la bestiole c’est que je n’m’étais pas trompée dans mes impressions d’ado et que si Camus écrivait certains de ses articles dans les canards anars d’aujourd’hui comme il l’a fait à c’t’époque il aurait la bonne conscience la bonne pensée la bonne littérature et les reste qui lui tailleraient une culotte en peau de baudet d’Afrique c’est réglé… Car jugez donc que le Camus des années 35‑50 il ne les écrivait pas n’importe où ses chroniques… vous trouverez ça en détail dans la longue préface à ce bouquin écrite par lou marin: “ Car Albert Camus s’est non seulement engagé dans des journaux anarchistes comme rédacteur et collaborateur permanent, pour Témoins par exemple, mais il a aussi agi : il a, en tant que témoin, défendu des libertaires devant les tribunaux ( … ) ”
          Avec Témoins c’est déjà pas mal, mais il collabore également à Défense de l’Homme, Liberté, Le Libertaire, Le Monde libertaire, La Révolution prolétarienne et d’autres qui ne sont pas cités dans ce livre… Cela évidemment je l’ignorais ainsi que le contenu de ses articles qui m’ont dans l’ensemble confortée dans ce que je croyais connaître des idées de Camus et qui est fort dérangeant pour la bonne pensée ordinaire… Alors Camus l’anarchiste ?… Loin de moi l’envie de simplifier car pour de vrai tout être est complexe et lui sans doute encore plus vu qu’il gambergeait pas mal… et c’est de cette complexité qu’on tire le plus intéressant chez les créateurs… Mais voici malgré tout un p’tit extrait d’un des articles qui me touche car il cause de la guerre d’Espagne… sujet qui a pas fini de nous faire du mal à nous autres les anars…

“ Calendrier de la liberté ” Albert Camus in Témoins, n° 5, printemps 1954
“ 19 juillet 1936
Le 19 juillet 1936 a commencé en Espagne la Deuxième Guerre mondiale. Nous commémorons aujourd’hui cet événement. Cette guerre est terminée partout aujourd’hui sauf précisément en Espagne. Le prétexte pour ne pas la terminer est l’obligation de se préparer à la troisième guerre mondiale. Ceci résume la tragédie de l’Espagne républicaine qui s’est vu imposer la guerre civile et étrangère par des chefs militaires rebelles et qui se voit aujourd’hui imposer les mêmes chefs au nom de la guerre étrangère. Pendant quinze années l’une des causes les plus justes qu’on puisse rencontrer dans une vie d’homme s’est trouvée constamment déformée et, à l’occasion, trahie pour les intérêts plus vastes d’un monde livré aux luttes de la puissance. La cause de la République s’est trouvée et se trouve toujours identifiée à celle de la paix et c’est là sans doute sa justification. Par malheur, le monde n’a pas cessé d’être en guerre depuis le 19 juillet 1936 et la République espagnoles en conséquence n’a pas cessé d’être trahie ou cyniquement utilisée.
C’est pourquoi il est peut-être vain de s’adresser comme nous l’avons fait si souvent à l’esprit de justice et de liberté, à la conscience des gouvernements. Un gouvernement, par définition, n’a pas de conscience. Il a, parfois, une politique, et c’est tout. Et peut-être la plus sûre manière de plaider pour la République espagnole n’est-elle plus de dire qu’il est indigne pour une démocratie de tuer une seconde fois ceux qui se sont battus et qui sont morts pour notre liberté à tous. Ce langage est celui de la vérité, il retentit donc dans le désert. La bonne manière sera de dire plutôt que si le maintien de Franco ne se justifie que par la nécessité d’assurer la défense de l’Occident, il n’est justifié par rien. Cette défense de l’Occident, il faut qu’on le sache, perdra ses justifications et ses combattants les meilleurs si elle autorise le maintien d’un régime d’usurpation et de tyrannie. ”

     

      Qu’on m’excuse ce long extrait de l’article qui en réalité dans le bouquin tient pas moins de 14 pages... c’est dire si ce sujet de la guerre civile espagnole il lui  tenait à cœur à Camus et si c'était  douloureux de s’adresser ainsi à tant d’Espagnols qui subissaient encore et subiront longtemps le joug de la dictature et ses “ assassinats démocratiques… ” Si j’ai fait cette longue citation c’est qu’y a rien qui me déplaît plus que les gens qui extraient d’un texte quelques mots pour leur faire dire ce qu’ils ont jamais dit et aller ainsi dans le sens de leur pensée à eux. J’ai assez lu et relu Camus justement pour connaître ses multiples interrogations qui m’ont souvent paru se poser là où l’action s’imposait pour ne pas avoir envie de lui prêter des opinions qu’il aurait pas eues… pas question de ça… il a été assez récupéré comme ça le bougre…
          J’aurais pu juste sortir de ce long article la petite phrase “ Un gouvernement, par définition, n’a pas de conscience. ” ça m’aurait bien suffit pour ma petite chronique de ce jour à moi tant c’est fort de lire ça sous la paluche de Camus… Soit… on est d’accord il s’agit d’un article qui date de 1954 donc peu de temps après la publication de L’Homme révolté en 1951 et avant l’attribution du Prix Nobel en 1957… Mais quand on voit et qu’on lit par ces temps de cours de morale donnés par des imbéciles malfaisants et bornés qui nous ont menés à croupir sous la baguette de ce gouvernement sans conscience… un de plus… et qui se complaisent dans l’autisme le plus féroce vis-à-vis de ce qui les entoure… quand on lit ces paroles de Camus pour qui toute révolte se justifie par la solidarité humaine et qu’elle en est à la fois l’outil et l’accomplissement on se dit qu’aucune parole de philosophe n’est plus moderne et présente au cœur de notre réalité.
          Ouais… sauf que Camus qui est mort comme on sait quelques années après avoir écrit ces lignes a eu la chance extra de n’pas connaître nos années actuelles qui sont celles où l’absence de pensée est la plus étincelante qui soit depuis des siècles c’est probable… Pas bouger… pas moufter… pas inciter… pas la ramener sinon hop ! c’est l’interdit qui te tombe dessus et te claquemure pour des temps que t’imagines même pas… Y a probable que les jeunes slameurs rappeurs des banlieues qui n’se laissent pas aller au silence sur tous les fronts et qui osent… encore… ouais encore un peu… Voir le procès qui poursuit les rappeurs du groupe La Rumeur… c’te blague… Et c’est ça le plus insupportable pour des gens comme moi qu’un pays qui a donné naissance à tant de constructions d’utopies différentes et d’élaborations de pensées aussi complexes que contradictoires en soit réduit à de la bouillie télévisuelle et à se corrompre dans de l’insensé…
          Vrai que Camus ne se doutait pas qu’on en arriverait là quand il écrivait dans la suite de cet article : “ Les gouvernements du XXe siècle ont une tendance regrettable à croire que l’opinion et les consciences peuvent se gouverner comme les forces du monde physique. Et il est vrai que par les techniques de la propagande ou de la terreur, ils sont arrivés à donner aux opinions et aux consciences une consternante élasticité. Il y a cependant une limite à toutes choses, et particulièrement à la souplesse de l’opinion. ( … ) On a pu faire patienter ces pe uples, leur faire admettre des compromis de plus en plus graves. Mais une limite est désormais atteinte qu’il faut annoncer clairement, et passée laquelle il ne sera plus possible d’utiliser des consciences libres : il faudra au contraire les combattre elles aussi. ”
          Et bien je crois que là Camus il se gourait et qu’il n’y a justement pas de limite à ce que l’humain est en train d’engloutir comme balivernes goulûment et avec une inconscience totale de l’instinct de destruction qu’il met en route chaque jour pour s’anéantir lui les autres et la seule planète où y ait encore un peu de bleu à partager… C’est peut-être même la seule pensée qui reste d'aller ensemble jusqu’au bout de cet anéantissement que même Caligula n’a pas su élaborer et qu’aucun anar voire le plus nihiliste qui ait pu exister n’a mise au point. Alors la révolte aujourd’hui quelle figure elle va prendre si on se décide un soir à ne plus se laisser faire et à marcher la tête fièrement dressée face à notre destinée humaine hein ?… La tête fièrement dressée face à notre soleil vous comprenez… Ouaouf ! ouaouf !

Publié dans : Colères noires
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Lundi 10 novembre 2008 1 10 /11 /Nov /2008 22:31

Le petit bout qui souffre rouge suite...   

      Nur la vieille femme indienne avait saisi entre ses doigts un minuscule tesson de braise qui, presque aussitôt en chuintant, s’est éteint. Alors, elle s’est remise à parler au kanoun. Alors elle s’est remise à conter dressée tendue au centre du cercle des enfants de nulle part.

    - Ainsi a continué l’allumette:

    - ... Si je pouvais lire les mots du manuscrit dont je garde la page j'aurais le pouvoir de déchiffrer le mektub et de le faire changer d'avis. Parce que le mien est un enfer mon fils… Un étal de déchirures où la résine avive l'étirement. C'est du piment de résine tu peux me croire.  Mais... je sais bien que tu me dirais : chacun son mektub...

    - Non… en fait tu ne me dirais rien… puisque tu n'as pas la bouche qui parle et qui te donne la semence de parole. Si je pouvais lire les mots je traverserais ma mort. Et je comprendrais la futilité d'un sanglot de lumière. Je comprendrais pourquoi il jaillit de ma minuscule peine l'éclat de rire rouge du soufre-douleur. Chacun son mektub...  

   - Est-ce qu'il vaut mieux brûler dans un battement de coeur qui tue avant de retomber en poudre de pollen dans le sillage de l'oasis ? Ou se consumer lentement à petit feu des lampes sourdes ? S'user et se réduire dans l'oeil froid du lapis-lazuli ? Pourquoi la vie, mon fils,  qui n'atteint sa jouissance qu’en dévorant la chair dans le fruit ?

    - Mise à feu. Pépin d'un sexe de citron. Cramer d'accord mais pas pour rien... Comme ça mon fils… on n'a pas choisi nous ce bout qui souffre et s'entête... ce bout de nous autres qu’on ne regarde pas. Gâchis de lumière. Alors il faut que ça s'engerbe dans la paille des lavandes. Que ça bouillonne dans la gargouille de l'alambic. Et que ça explose d'une marée haute. Nous avons des bûchers d'encens dans nos boîtes de carton... nous avons… des peuples de bougies à nos pieds nus.

    - ... Qu'est-ce qui m'arrive mon fils… disait l’allumette… peut-être simplement un rêve de mains qui dansent. Tu sais bien que les mains des hommes sont notre illusion et notre incandescence... Et puis le voyage a été long dans cette grosse coque d'arbre couché à travers le fracas des eaux. L'humidité mouillait l'écorce de nos souvenirs… C'est dangereux ce goût d'hier sur nos paupières. Ce goût du pas revenir. Il neige du sel sur les doigts des vieux immigrés. Comment pourraient-ils oublier les mèches et la poudre que nous avons partagés?

    - On fuit pas mon fils… quoi qu’ils en disent on fuit pas… Les grands navires nous emmènent de force. Ils nous grillent de rouille. L'écureuil de nos têtes n'a entendu qu'un petit bruit: clic-clac... Tapis d'épines. Là-bas ici partout on cloue le vent qui nous attise. Allume-toi mon fils… allume-toi… Qu’est-ce qui leur resterait sans la petite flamme du djinn de la lampe?

    - Ici aussi on habite dans des boîtes de carton. On est comme des foetus de paille. Courant d'eau… courant d'erre. On pleut nos bonnets rouges dans des tiroirs où y a déjà bien du souci. Pour sûr qu'on nous attendait pas dans ce château de papier gris. Danger attention au feu!  C’est écrit aussi dans les yeux des hommes qu’on a cru aimer… allume-toi…

    - Nous on ne fait que passer... pfuit... On n'dérange pas. On s'installe en lucioles dans des taudis en pente avec tout à l'étoile. On s'habite-tue à la compagnie des bougies de suif et des souris grignotantes à éclipses.

        - Les souris nous accueillent à l'heure qu'on veut. Ça n'mange pas de pain… pas de blé non plus. Non... nous on ne mange que des songes. Et encore juste un petit bout. Ça nourrit bien assez nos pieds sur terre. Et on attend. On attend de comprendre le mektub... Nous on croyait à des rèverbères veillant sur les yeux des chats quand on a débarqué dans Nuit la noire hallucinée de miradors on s’est dit : pourquoi il nous a fait venir ici le mektub ? Dans ce pays où il n'y a rien à allumer ?

    - Ils nous avaient bien promis le travail mon fils mais ils ne nous avaient pas dit qu’on en mourrait. Ils ne nous avaient pas parlé de la fabrique de poudre ni des tranchées. Qui donc a vendu la mèche ?

    - Heureusement, on n'a pas attendu très longtemps notre changement de mektub… disait l’allumette… Un soir il est venu le bouffon celui qui conte. Il est venu dans ses pieds qui ne font pas de bruit. Les pieds de la neige. Quand il vient on sait que c'est lui à cause de l'odeur du clou de girofle et des lavandes enflammées. Et moi en le voyant j'ai pigé tout de suite que j'allais faire long feu.

    - Ses doigts se sont saisis de moi comme d'un grain d'ambre. Et il m'a posée dans le creux de sa paume. Froissure des fils d'hirondelles. Ce n'étaient pas des mains d'hommes mon fils… Pas des mains de Guerre et de cables d'acier mordant le cou des filles. Pas des mains qui creusent les tranchées-dynamites. Des mains de sang raclées d'écailles. Des mains de confiance trahie. Des mains de porte à double tour. Ce n'étaient pas des mains d'homme com me cela mon fils…

    - Dans le creux de ces mains là il y avait une lune bleue de mer quand elle commence. Et l'étoile des grenades qui dort avant de faire son fruit. Il y avait le puits et son khalkhal d'eau qui se déroule. Il y avait toi mon fils… Toi, le kanoun le seigneur des histoires. Et tes noces de feu. C'étaient des mains de mémoire. C'étaient des mains qui ramassent les paroles du tas de semoule et qui les rendent aux enfants sans racines. Des mains de naissance.

    - ... Crac... ma chevelure qui se tord pose un accent grave au coin de sa bouche. La mèche se sépare de la lampe. Son souffle me lèche sous ma chemise de suie. Il m'étreint d'une goutte de salive… m'éteind à perdre haleine. Pfuit... Le djinn de la lampe à pétrole est un convive masqué de verre.
A suivre...

Publié dans : Contes et récits de l'arbre aux histoires
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