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Colères noires

Jeudi 24 mars 2011 4 24 /03 /Mars /2011 20:07

      En ce moment nous sommes tous angoissés et révoltés par ce qui se passe en Libye en notre nom et nous cherchons des moyens de compréhension c'est pourquoi j'essaie de nourrir notre blog avec les articles les plus ouverts sur une vision des évènements différente de celle qui nous est donnée toute mâchée par les médias qui font le boulot qu'on sait... Je ne donne pas les liens à chaque fois car je pense que vous savez un peu désormais où je vais piocher ces nouvelles et vous pouvez vous-mêmes au fil des lectures vous faire votre idée sur cette sinistre mise en scène morbide...

      Sachons être lucides face à ce qui est instrumentalisé en ce moment et n'oublions jamais que ceux qui tuent n'ont pas en tête le bien des gens... mais leur propre pouvoir et que la perte de ce pouvoir entraîne souvent dans la pire des folies... Nous avons la chance de n'avoir pas connu de guerre sur notre sol depuis longtemps mais imaginons l'horreur d'être bombardés par ces horribles machines de guerre dont les missiles contiennent probablement de l'uranium appauvri et qui appartiennent à des dizaines de pays d'Occident les plus riches du monde ! Restons humains...


La Libye face à l’impérialisme humanitaire paix_guerrej6c8c-4f96c.jpg

Jeudi 24 mars 2011

 

Entretien avec Jean Bricmont

 

Kosovo, Irak, Afghanistan : les partisans d’une intervention en Libye n’auraient-ils pas retenu la leçon ? Jean Bricmont, auteur d’un ouvrage sur l’impérialisme humanitaire, nous explique pourquoi le droit d’ingérence est incompatible avec la paix dans le monde et dessert les causes humanitaires. A moins bien-sûr, que ces causes ne soient que des prétextes...

 

Interview : Grégoire Lalieu

 

Pouvez-vous nous rappeler en quoi consiste l’impérialisme humanitaire ?

C’est une idéologie qui vise à légitimer l’ingérence militaire contre des pays souverains au nom de la démocratie et des droits de l’Homme. La motivation est toujours la même : une population est victime d’un dictateur, donc il faut agir. On nous sort alors les références à la Deuxième Guerre mondiale, à la guerre d’Espagne et j’en passe. Le but étant de faire accepter l’intervention. C’est ce qui s’est passé pour le Kosovo, l’Irak ou l’Afghanistan.

Et aujourd’hui, c’est le tour de la Libye ?

Il y a une différence car ici, une résolution du Conseil de Sécurité des Nations-Unies l’autorise. Mais cette résolution a été votée à l’encontre des principes-mêmes de la Charte des Nations-Unies. En effet, je ne vois aucune menace extérieure dans le conflit libyen. On a évoqué la notion de la “ responsabilité de protéger ” les populations, mais en brûlant un peu les étapes. De plus, il n’y a pas de preuves que Kadhafi massacre la population dans le simple but de la massacrer. C’est un peu plus compliqué que cela : il s’agit plutôt d’une insurrection armée et je ne connais pas de gouvernement qui ne réprimerait pas ce type d’insurrection.

Évidemment, il y a des dommages collatéraux et des morts parmi les civils. Mais si les États-Unis savent comment éviter de tels dommages, qu’ils aillent l’expliquer aux Israéliens et qu’ils l’appliquent eux-mêmes en Irak et en Afghanistan. Nul doute également que les bombardements de la coalition vont aussi provoquer des pertes civiles.

Je pense donc que d’un point de vue strictement légal, la résolution du Conseil de Sécurité est discutable. Elle est en fait le résultat d’années de lobbying pour faire reconnaître le droit d’ingérence qui se trouve ici légitimé.

 

Pourtant, même dans la gauche, beaucoup pensent qu’il fallait intervenir en Libye pour arrêter le massacre. C’est une erreur de jugement selon vous ?

Oui et pour plusieurs raisons. Tout d’abord, cette campagne établit le règne de l’arbitraire. En effet, le conflit libyen n’a rien d’exceptionnel. Il y en a beaucoup d’autres dans le monde, que ce soit à Gaza, à Bahreïn ou, il y a quelques années, au Congo. Dans ce dernier cas, nous étions dans le cadre d’une agression extérieure de la part du Rwanda et du Burundi. L’application du droit international aurait permis de sauver des millions de vie mais on ne l’a pas fait. Pourquoi ?

Ensuite, si on applique les principes de l’ingérence qui sous-tendent l’attaque contre la Libye, cela veut dire que tout le monde peut intervenir partout. Imaginons que les Russes interviennent à Bahreïn ou les Chinois au Yémen : ce serait la guerre généralisée et permanente. Une grande caractéristique du droit d’ingérence est donc le non-respect du droit international classique. Et si on devait modifier le droit international par de nouvelles règles légitimant le droit d’ingérence, cela déboucherait sur la guerre du tous contre tous. C’est un argument auquel les partisans du droit d’ingérence ne répondent jamais.

Enfin, ces ingérences renforcent ce que j’appelle l’“ effet barricade ” : tous les pays qui sont dans la ligne de mire des États-Unis vont se sentir menacés et vont chercher à renforcer leur armement. On a vu ce qui s’est passé avec Saddam. Kadhafi avait d’ailleurs déclaré à la ligue arabe : “ On vient de pendre un membre de cette ligue et vous n’avez rien dit. Mais ça peut vous arriver aussi car, si vous êtes tous des alliés des États-Unis, Saddam l’était aussi autrefois. ” Aujourd’hui, la même chose se reproduit avec Kadhafi et la menace qui pèse sur de nombreux États risque de relancer la course à l’armement. La Russie, qui n’est pourtant pas un pays désarmé, a déjà annoncé qu’elle allait renforcer ses troupes. Mais ça peut même aller plus loin : si la Libye avait l’arme nucléaire, elle n’aurait jamais été attaquée. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on n’attaque pas la Corée du Nord. La gauche qui soutient l’intervention en Libye devrait donc bien se rendre compte que la conséquence de l’ingérence humanitaire est de relancer la course à l’armement et de créer des logiques de guerre à long-terme. ONU.png

Cette intervention militaire contre Kadhafi ne serait-elle pas pourtant un moindre mal ?

Il faut réfléchir aux conséquences. Maintenant que les forces occidentales sont engagées, il est évident qu’elles vont devoir aller jusqu’au bout, renverser Kadhafi et installer les rebelles au pouvoir. Que va-t-il se passer alors ? La Libye semble divisée. S’il y a une résistance à Tripoli, l’Occident va-t-il occuper le pays et s’embarquer dans une guerre sans fin comme en Irak ou en Afghanistan ?

Imaginons quand même que tout se passe bien : les coalisés se débarrassent de Kadhafi en quelques jours, les rebelles prennent le pouvoir et le peuple libyen est uni. Tout le monde est content et après ? Je ne pense pas que l’Occident va dire : “ Voilà, on a fait ça parce qu’on est gentil et qu’on aime bien les droits de l’Homme. Maintenant, vous pouvez faire ce que vous voulez. ”. Que se passera-t-il si le nouveau gouvernement libyen apparaît trop musulman ou ne limite pas correctement les flux migratoires ? Vous croyez qu’on va les laisser faire ? Il est évident qu’après cette intervention, le nouveau gouvernement libyen sera prisonnier des intérêts occidentaux.

Si l’intervention militaire n’est pas la solution, que faire ?

Il aurait déjà fallu essayer honnêtement toutes les solutions pacifiques. Ca n’aurait peut-être pas fonctionné mais là, il y a eu une volonté manifeste de rejeter ces solutions. C’est d’ailleurs une constante dans les guerres humanitaires. Pour le Kosovo, il y avait des propositions serbes très détaillées pour aboutir à une solution pacifique mais elles ont été refusées. L’Occident a même imposé des conditions qui rendaient toute négociation impossible comme l’occupation de la Serbie par les troupes de l’Otan. En Afghanistan, les Talibans ont proposé de faire juger Ben Laden par un tribunal international si on leur fournissait les preuves de son implication dans l’attentat du World Trade Center. Les États-Unis ont refusé et bombardé.

En Irak, Saddam avait accepté le retour des inspecteurs de l’ONU ainsi que de nombreuses conditions extrêmement contraignantes. Mais ce n’était jamais assez. En Libye, Kadhafi a accepté un cessez-le-feu et proposé qu’on envoie des observateurs internationaux. Les observateurs n’ont pas été envoyés et on a dit que Kadhafi ne respectait pas le cessez‑le‑feu. L’Occident a aussi rejeté la proposition de médiation de Chavez, pourtant suivie par de nombreux pays latinos ainsi que l’Organisation de l’Unité Africaine.

A ce sujet, je suis furieux quand j’entends, en Europe, des gens de gauche dénoncer l’horrible Alliance Bolivarienne qui soutient le dictateur Kadhafi. Ces gens n’ont rien compris ! Les dirigeants latinos sont des personnes au pouvoir avec d’importantes responsabilités. Ce ne sont pas des petits gauchistes qui bavardent dans leur coin. Et le grand problème de ces dirigeants, c’est l’ingérence des États-Unis : moins les États-Unis pourront faire ce qu’ils veulent partout dans le monde, mieux ça vaudra pour tous ces pays qui tentent de s’émanciper de leur tutelle et pour le monde entier.

Le fait de rejeter systématiquement les solutions pacifiques signifie-t-il que l’ingérence humanitaire est un prétexte ? libye-machiavelisme-paris-londres-washington-L-lLcUiv.jpeg

Oui, mais si ça fonctionne bien auprès des intellectuels, j’ai plus de doute sur la réaction des peuples européens. Vont-ils soutenir leurs dirigeants dans l’attaque contre Kadhafi ? Au niveau des peuples, ce sont les guerres sécuritaires qui trouvent plus de légitimité : lorsqu’il y a, par exemple, une menace contre nos populations, nos modes de vie, etc. Mais ici et en France, avec tout le climat islamophobe ( que je n’approuve pas, mais qui existe ), allez expliquer qu’on va se battre en Cyrénaïque pour des insurgés qu’on voit crier “ Allah U Akbar ”... C’est contradictoire !

Au niveau politique, la plupart des partis soutiennent l’intervention. Même à gauche, des trotskistes à Mélenchon ( pas le PCF (*) – ndp ), tous partent la fleur à fusil. Les plus modérés soutenaient juste l’application d’une zone d’interdiction aérienne mais si Kadhafi envoie ses tanks vers Benghazi, qu’est-ce qu’on fait ? Durant la Deuxième Guerre mondiale, les Allemands ont perdu le contrôle aérien assez rapidement mais ils ont tenu encore plusieurs années. Les modérés devaient bien se douter que, dans la mesure où l’objectif est de renverser Kadhafi, on irait plus loin que l’établissement d’une zone d’interdiction aérienne.

La gauche, incapable de soutenir de vraies positions alternatives, se trouve piégée par la logique de l’ingérence humanitaire et est obligée de soutenir Sarkozy. Si la guerre se passe vite et bien, le président français sera sans doute bien positionné pour 2012 et la gauche lui aura mis le pied à l’étrier. Cette gauche n’assumant pas un discours cohérent opposé aux guerres est obligée de se mettre à la remorque de la politique d’ingérence.

 

Et si la guerre se passe mal ?

C’est malheureux, mais le seul parti français à s’être opposé à l’intervention en Libye est le Front National. ( rappel : le PCF s’y est opposé – ndp ). Il a notamment évoqué la menace des flux migratoires et en a profité pour se démarquer de l’UMP et du PS en disant qu’il n’avait jamais collaboré avec Kadhafi. Si la guerre en Libye ne se passe pas comme prévu, ça pourra bénéficier au Front National pour 2012.

Si l’ingérence humanitaire n’est qu’un prétexte, quel est l’objectif de cette guerre ?

Les révolutions arabes ont surpris les Occidentaux qui n’étaient pas assez bien informés sur ce qui se passait au Maghreb et au Moyen-Orient. Je ne conteste pas qu’il y a de bons spécialistes de la question mais souvent, ils ne sont pas assez écoutés à un certain niveau de pouvoir et s’en plaignent d’ailleurs. Donc maintenant, les nouveaux gouvernements égyptien et tunisien risquent de ne plus s’aligner sur les intérêts occidentaux et par conséquent, pourraient être hostiles à Israël.

Pour s’assurer le contrôle de la région et protéger Tel-Aviv, les Occidentaux veulent probablement se débarrasser des gouvernements déjà hostiles à Israël et aux Occidentaux. Les trois principaux sont l’Iran, la Syrie et la Libye. Cette dernière étant la plus faible, on l’attaque.

Ca peut fonctionner ?

L’Occident rêvait de dominer le monde mais on voit depuis 2003, avec le fiasco irakien, qu’il en est incapable. Avant, les États-Unis pouvaient se permettre de renverser des dirigeants qu’ils avaient eux-mêmes portés au pouvoir, comme Ngô Dinh Diêm au Sud‑Viêtnam dans les années 60. Mais Washington n’a plus la possibilité de faire ça aujourd’hui. Au Kosovo, les Etats-Unis doivent composer avec un régime mafieux. En Afghanistan, tout le monde dit que Karzaï est corrompu mais ils n’ont pas d’alternative. En Irak, ils doivent aussi s’accommoder d’un gouvernement qui est loin de leur convenir totalement.

 

Le problème se posera certainement en Libye aussi. Un Irakien me disait un jour : “ Dans cette partie du monde, il n’y a pas de libéraux au sens occidental du terme, hormis quelques intellectuels assez isolés. ” Comme l’Occident ne peut pas s’appuyer sur des dirigeants qui partagent ses idées et défendent totalement ses intérêts, il essaie d’imposer des dictateurs par la force. Mais ça crée évidemment un décalage avec les aspirations de la base populaire.

De plus, cette démarche se révèle être un échec et les gens ne devraient pas être dupes sur ce qui se passe. L’Occident, qui pensait pouvoir contrôler le monde arabe avec des marionnettes comme Ben Ali et Moubarak, se dirait soudainement : “ On a eu tout faux, maintenant on va soutenir la démocratie en Tunisie, en Egypte et en Libye. ” ? C’est d’autant plus absurde que l’une des grandes revendications des révolutions arabes est le droit à la souveraineté. Autrement dit, pas d’ingérence !

L’Occident doit se résigner : le monde arabe, tout comme l’Afrique et les Caraïbes, ne lui appartient pas. En fait, les régions où l’Occident s’ingère le plus sont les moins développées. Si on respecte leur souveraineté, ces régions pourront se développer, tout comme l’Asie l’a fait et l’Amérique latine le fera sans doute. La politique d’ingérence est un échec pour tout le monde.

Quelle alternative alors ?

Tout d’abord, il faut savoir que la politique d’ingérence nécessite un budget militaire important. Sans le soutien des États-Unis et leur budget militaire délirant, la France et la Grande-Bretagne ne se seraient pas engagées. La Belgique encore moins. Mais tous ces moyens mis à disposition ne tombent pas du ciel. Ce budget est basé sur des emprunts à la Chine qui entraînent des déficits US et toutes sortes de problèmes économiques. On y pense rarement.

De plus, on nous répète tout le temps qu’il n’y a pas d’argent pour l’éducation, la recherche, les pensions, etc. Et subitement, il y a une grosse somme qui tombe pour faire la guerre en Libye. C’est une somme illimitée car on ne sait pas combien de temps cette guerre va durer ! On dépense par ailleurs déjà de l’argent en pure perte en Afghanistan.

Il faut donc avoir une autre vision politique et la Suisse est, selon moi, un bon exemple. Ce pays consacre son budget militaire uniquement à la protection de son territoire. Les Suisses ont une politique de non-intervention cohérente car leur armée ne peut pas, par principe, quitter le territoire. On peut dire que la Suisse laisse Kadhafi massacrer les insurgés mais premièrement, elle n’a jamais commis de génocide ou d’autres massacres, même si on peut critiquer sa politique sur d’autres plans ( banques ou immigration ). Et deuxièmement, si tout le monde faisait comme la Suisse, pour les raisons que j’ai expliquées précédemment, le monde irait beaucoup mieux.

Les guerres et les embargos ont toujours des conséquences désastreuses. Selon moi, la meilleure alternative est la coopération avec les différents pays, quels que soient leurs régimes. A travers le commerce, mais pas celui des armes évidemment, les idées circulent et les choses peuvent évoluer, sans guerre. On peut bien sûr discuter des modalités : commerce équitable, écologique, etc. Mais le commerce est une alternative beaucoup moins sanglante aux sanctions et aux embargos qui sont la version soft des guerres humanitaires.

 

(*) Voir l’intervention du député communiste Roland Muzeau à la séance du 22 mars 2011 à l’Assemblée nationale : “ Déclaration du Gouvernement sur l’intervention des forces armées en Libye et débat sur cette déclaration ”, et notamment : “ Trop d’incertitudes pèsent sur cette intervention militaire et ses conséquences. Le risque d’une escalade est trop grand. Et s’il y a un prix à payer dans l’avenir, il faut souhaiter que ce ne soit pas au peuple libyen de le faire. Il paye déjà trop cher le maintien d’une dictature dont il ne veut plus.

 

Du reste, nous ne cautionnerons pas la moindre intervention qui, comme de plus en plus de voix l’affirment au-delà de nos frontières, ne viserait qu’à faire main basse sur le pétrole libyen en instrumentalisant le peuple et en en passant par la scission du pays.

Les députés communistes et républicains font aujourd’hui preuve de courage politique en refusant de mêler leur voix à l’unanimisme béat et aveugle qui semble rassembler autour du Président Sarkozy et de l’entrée en guerre de la France. Comme le dit fort justement Rony Brauman, jamais des bombardements n’ont permis d’installer la démocratie ou de pacifier un pays ! ” libye-bhl-stratege-guerre-devin-L-v0CixK.jpeg

 

Figure du mouvement anti-impérialiste, Jean Bricmont est professeur de physique théorique à l’Université de Louvain ( Belgique ). Il a publié Impérialisme humanitaire. Droits de l’homme, droit d’ingérence, droit du plus fort ? ( Éditions Aden, 2005 ).

 

De Jean Bricmont :

 

-  Libye : la gauche européenne et le retour de l’impérialisme humanitaire

-  Un monde plus juste et la “ responsabilité de protéger ”

-  Sur le retour du ni-ni, l’islamisme et l’antisémitisme dans les manifestations

-  Entretien avec Jean Bricmont

-  Trois idées simples

-  Pour en finir avec “ l’antisémitisme ”

 

23 mars 2011 - Michel Collon

Publié dans : Colères noires
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Mercredi 23 mars 2011 3 23 /03 /Mars /2011 15:34

      Cet article est publié sur le site : www.info-palestine.net

      Au moment où la guerre en Libye va être totale et sanguinaire comme toute guerre et que nous en sommes les premiers responsables et si on en croit certaines rumeurs responsables ravis à plus de 60% ce qui concernant ce pays qui ne rêve que massacres et tueries depuis des siècles ne m'étonnera pas moi qui suis contre toute forme d'armée et de guerre, voici un article qui nous permet de décoller un peu de trop d'émotions et de mieux comprendre les enjeux qui vont sans doute éloigner encore plus de nous la paix et l'harmonie entre les peuples... Mon propre texte avec des extraits de L'homme révolté de Camus suivra bientôt...

 

Enfin, la porte est grande ouverte...

Mireille. Fanon-Mendès France UFJP Libye-5.png

 

Mercredi 23 mars 2011

 

Contre les aspirations des peuples, la porte pour de nouvelles relations internationales basées sur la loi du plus fort, est enfin grande ouverte...

 

Si la France et la Grande-Bretagne ont mené le combat pour que le Conseil de Sécurité obtienne de ses membres le vote de la résolution 1973 c’est :

d’une part, parce que ses États membres sont affolés de la venue potentielle de milliers de migrants et que la Libye qui faisait fonction des services policiers externalisés de l’Europe ne remplit plus, pour l’heure, ce rôle ;

c’est aussi parce que l’Europe, n’arrêtant pas de justifier l’adoption de lois de plus en plus xénophobes et du coup liberticides - au point d’être montrée du doigt par le Conseil des droits de l’homme et d’être dénoncée par de nombreuses organisations des droits humains -, a peur de ce que représentent les hommes et les femmes venant de l’autre rive de la Méditerranée, en un mot l’Europe n’est pas prête à changer ses références religieuses et les représentations qu’elle a construites à l’égard de tout ce qui est différent d’elle ou plus exactement ce qu’elle considère différent d’elle.

L’Europe n’a d’autre objectif que d’être le très bon élève des néoconservateurs des États-Unis et le rempart contre ce qu’elle appréhende comme une invasion.

A cela s’ajoute les révoltes des peuples arabes avec leur dynamique qui, si elles rayonnent dans le monde entier et donnent espoir et courage, obligent l’Union européenne à repenser la nature de ses relations avec ces pays et plus largement avec l’ensemble du continent africain dont la plupart des pays ont été ignorés ou maintenus à l’écart.

Ce qui se joue aujourd’hui au sud et à l’est de la Méditerranée est comparable en intensité à la chute du Mur de Berlin, et n’en doutons pas, amorce la seconde phase de la décolonisation qui pourrait permettre - si rien n’empêche le processus d’aller à son but, ce qui est loin d’être certain tant les pays occidentaux semblent, avec cette intervention, vouloir mettre fin au besoin de changement - aux anciens pays colonisés de sortir des relations coupables dans lesquelles les colonisateurs les ont maintenus.

Les peuples, qui se sont soulevés, pourront-ils mettre fin à des régimes autoritaires qui semblaient, avec l’appui de gouvernements occidentaux, inébranlables et même pour la Tunisie avec les compliments du Fonds monétaire international qui trouvait que ce pays était le meilleur élève du continent africain et que les autres devraient suivre cet exemple ? Sans oublier les relations coupables de la France avec ce régime qui a tué, emprisonné, bâillonné, terrorisé sans jamais trouver à redire de ces violations massives des droits humains... Silence coupable qui engage la responsabilité de ce pays !

Il est donc temps de faire rentrer dans le rang les peuples qui se sont révoltés et ont exprimé leurs désirs de changements. Palestine-1.jpg

 

Mais cela n’est qu’un des aspects de la résolution 1973 et l’analyse ne serait pas complète sans regarder ce qui se joue fondamentalement avec cette entrée en guerre contre un État de la communauté internationale, quoi que l’on puisse éprouver à l’égard du Président de la Libye qui, depuis quarante trois ans, fait régner un régime de terreur, de tortures sur l’ensemble du peuple libyen.

Ne peut-on penser que ce qui se joue exactement dans cette partie du monde est la place de l’État d’Israël dans un espace du Moyen-Orient qui pourrait être changé ?

Le monde arabe est entrain de se repenser non plus à partir de systèmes dictatoriaux mais de revendications basées sur le besoin de démocratie - fut-elle pensée à partir de fondamentaux spécifiques à ces pays. En effet, qui peut croire qu’il n’y a qu’un modèle démocratique, le penser c’est déjà vouloir imposer une vue hégémonique au monde. Or, les révoltes arabes portent en elles, outre le droit à vivre dignement, libres, avec une effective répartition des richesses, l’aspiration à d’autres relations internationales et entre autres un autre positionnement sur la Palestine.

Les dictateurs n’ont jamais voulu entendre leurs rues qui demandent que le droit international soit respecté et effectif pour le peuple palestinien et que les responsables de l’État d’Israël qui permettent que soient commis des crimes de guerre soient jugés devant la Cour pénale internationale. Dès lors, en arrière plan, lors du vote de la résolution 1973, il y a la peur de voir changer la nature des rapports de force dans cette région du monde. Ce n’est donc pas un hasard si l’Arabie saoudite a fourni des forces policières pour faire céder la révolte du peuple barheini sans que cette même communauté internationale ne prenne une seule résolution contre cet État qui tue en direct ses citoyens, pas plus qu’elle ne l’a fait contre le Yémen -même si les enjeux diffèrent.

Comment le “ peuple des Nations ” qui a déclaré vouloir “ vivre en paix l’un avec l’autre dans un esprit de bon voisinage et à unir leurs forces pour maintenir la paix et la sécurité internationales ”, peut-il aujourd’hui se reconnaître dans ce que cette communauté internationale donne à voir d’elle-même ?

Il ne s’agit plus de vivre en paix dans un esprit de bon voisinage mais de s’assurer de sa suprématie et de son emprise sur l’ensemble des autres peuples à des fins de domination impérialiste.

Dès lors, tout est possible.Le-retour.jpg

 

Ainsi avec la résolution 1973, les membres du Conseil de Sécurité arrivent, dans un même élan à “ réaffirmer leur ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’intégrité territoriale et à l’unité nationale de la Jamahiriya arabe libyenne ” et à assumer de “ prendre toutes mesures nécessaires, nonobstant le paragraphe 9 de la résolution 1970 ( 2011 ), pour protéger les populations et les zones civiles menacées d’attaque en Jamahiriya arabe libyenne, y compris Benghazi, tout en excluant le déploiement d’une force d’occupation étrangère sous quelque forme que ce soit et sur n’importe quelle partie du territoire libyen ”. Comment un tel paradoxe est il possible alors que cette résolution est illégitime ?

Comment une telle résolution n’a-t-elle pas pu être obtenue lors de l’agression israélienne en 2006 sur le Liban alors que 1 500 civils sont morts tués sous les bombes israéliennes ?

Comment aucune résolution n’a été prise à l’encontre de l’État israélien alors qu’à l’hiver 2008-2009, 1 490 personnes sont mortes sous les mêmes bombes israéliennes, et comment aucune procédure n’est ouverte à la Cour pénale internationale, sous la responsabilité du Conseil de Sécurité, à l’égard des responsables des nombreux crimes de guerre et possiblement des crimes contre l’humanité commis contre le peuple palestinien depuis qu’il est illégalement maintenu sous occupation alors que le Conseil de Sécurité, sans aucun état d’âme face à l’iniquité de traitement, a saisi “ le Procureur de la Cour pénale internationale de la situation en Jamahiriya arabe libyenne pour que les auteurs d’attaques, y compris aériennes et navales, dirigées contre la population civile, ou leurs complices répondent de leurs actes ” ?

Juste pour mémoire, il est utile de rappeler que, dans un souci de cautionner la loi du plus fort, le Conseil de sécurité a demandé à la Cour pénale internationale qu’elle n’engage ni ne mène aucune enquête ou aucune poursuite pénale à l’égard des responsables ou des personnels en activité ou d’anciens responsables ou personnels d’un État contributeur qui n’est pas partie au Statut de Rome à raison d’actes ou d’omissions liés à des opérations établies ou autorisées par l’Organisation des Nations Unies !

La réponse essentielle à tous ces dysfonctionnements est à chercher dans l’importance de la place tenue par l’État d’Israël dans le cœur de tous les Occidentaux.

 

Cet État serait un des remparts important contre l’invasion arabe que craignent l’ensemble des pays occidentaux - parce que soi-disant seul État démocratique dans cette région du monde, - c’est faire peu de cas de la Palestine et du résultat des élections de 2006.

Tout est possible dès lors qu’il faut contenir cette “ invasion ” ; le moindre prétexte est bon pour utiliser les organes onusiens à d’autres visées que celles qui lui sont assignées au regard de la Charte des Nations-Unies.

Dans cet exercice de transfiguration des normes du droit international est la France qui, dans ce cas, c’est montrée le très bon élève de la délégitimation du droit international.

Soucieuse de ne pas renouveler son non-engagement contre l’Irak, elle a mené bataille pour que des attaques ciblées aient lieu - quitte à le faire hors du cadre onusien au nom du droit d’ingérence et de l’obligation de protéger les populations civiles. Pourtant le gouvernement sait très bien que l’usage de la force, ou même la menace de l’usage de la force, est interdit par l’article 2§4 de la Charte des Nations-Unies. Certes, en l’état actuel du dispositif impérialiste, il est somme toute normal que la France, membre du Conseil de Sécurité, ne se soit par portée garante de cette norme impérative du droit international et ait préféré surfer sur des idées comme le droit d’ingérence qui n’est dans aucune convention internationale mais qui ouvre dangereusement la porte à la loi du plus fort et à la déstructuration de l’ensemble des normes impératives du droit international.prom-th-3.jpg

 

Préférer la violence et la guerre à la recherche de moyens pour maintenir la paix et la sécurité internationales pour l’ensemble des peuples, c’est permettre que tout le système multilatéral onusien soit remis en cause alors qu’il y avait d’autre moyens pour mettre au pas le dictateur de la Libye. Ainsi, il aurait été préférable de maintenir avec encore plus de conviction l’embargo sur les armes, la technologie militaire et la coopération scientifique ; d’interdire les relations commerciales et les investissements et de geler les capitaux ou de suspendre l’ensemble des accords relatifs au transport aérien, entre autres... Mais s’il en était besoin, ce qui se passe avec la Libye ne vient que confirmer que le système onusien a perdu toute sa crédibilité et dès lors qu’il est aisé de le bafouer, voire de faire comme s’il n’existait pas.

Avoir choisi la voie de la violence, d’une possible balkanisation de la Libye, d’un enlisement à l’irakienne au prétexte d’aider à l’installation d’une démocratie - mais selon les principes occidentaux -, est faire preuve d’un cynisme, voire d’un calcul éminemment “ rationnel ” dont seules sont capables les grandes puissances qui ne veulent en cette occasion que tenter de reprendre la main dans la région, riche en pétrole, et imposer leur modèle démocratique sans prendre en compte les aspirations des peuples mais surtout ne pas voir remis en cause l’équilibre stratégique qu’ils avaient pu mettre en place à coups d’aides financières, économiques et militaires pour les pays qui se montraient les bons amis des pays qui symbolisaient l’axe du bien.

Certains pays membres du Conseil de Sécurité - principalement ceux identifiés sous les BRICS - ont certainement appréhendé l’un ou l’autre aspect de la question posée par la Libye, ce qui explique leur abstention mais ils auraient été bien inspirés d’assumer leur veto si le rapport de force, dans ce cas précis, avait était en leur faveur. Ce qui n’est pas le cas !

Ces pays et ceux qui ont voté cette résolution jouent dangereusement avec le feu et renforcent la course vers la mutation du droit international déjà bien avancée et ne font qu’accentuer la politique du deux poids deux mesures que ressentent nombre de pays qui doivent passer sous les fourches caudines des accords qui leur sont imposés ou qui sont victimes de l’omission des obligations, en terme de responsabilité internationale, dont est redevable la communauté internationale.

Pourtant certains organes onusiens ont plusieurs fois rappelé l’obligation de tous les Membres de l’ONU de s’abstenir dans leur relations internationales de recourir à la force et le principe de l’autodétermination des peuples en particulier la disposition de l’article 1er commun aux pactes internationaux relatifs aux droits économiques, sociaux et culturels et aux droits civils et politiques. L’Assemblée générale de l’ONU, quant à elle, continue, à proclamer la nécessité du respect des principes et des règles de la Charte ; en particulier, l’obligation de respecter l’égalité souveraine de tous les États et de s’abstenir de recourir à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, ou d’agir de toute autre manière qui serait incompatible avec les buts des Nations‑Unies.

Elle a aussi rappelé que tous les peuples aspirent à un ordre international fondé sur les principes consacrés dans la Charte et, notamment, sur la nécessité de promouvoir les droits de l’homme et les libertés fondamentales pour tous et d’en encourager le respect, ainsi que celui des principes relatifs à l’égalité des droits et à l’autodétermination des peuples, mais aussi de promouvoir la paix, la démocratie, la justice, l’égalité, la primauté du droit, le pluralisme, le développement, l’instauration de meilleures conditions de vie et la solidarité.

Mais les puissants n’ont que faire de ces revendications dès lors qu’elles dérangent leurs propres intérêts et la représentation qu’ils se sont construits du monde auquel ils aspirent et préfèrent assouplir la portée des dites obligations, notamment par le biais de l’intervention dite humanitaire. Ainsi, nous assistons, depuis quelques temps, à la déstructuration du droit international “ classique ” et “ dur ” fondé sur la Charte, qui est l’objet d’une neutralisation de la part des États-Unis et de leurs alliés ( Japon, États européens ) particulièrement en ce qui concerne la coopération internationale, le règlement pacifique des différends, la paix et la sécurité internationales ou si l‘on veut, le droit à la paix.

En déstructurant ce droit politique, est légitimé le déchaînement de la violence des plus puissants : ils partent, au nom d’une nouvelle civilisation, comme jadis l’invasion européenne des terres américaines, ou des terres de l’empire ottoman en une croisade qui cache mal les politiques et les visées de soumission des peuples et d’appropriation des ressources communes.

Et, paradoxalement, l’ONU qui devrait être l’élément de contention et de régulation juridique de la violence, est instrumentalisé et du coup participe à la conquête du monde. Désordre mondial, anarchie, déchaînement de la violence des puissants, crise de légitimité, crise de légalité, crise de gouvernabilité mondiale, crise institutionnelle, crise démocratique, voici les principales caractéristiques de la société internationale. Le Conseil de sécurité n’a plus pour objectif de maintenir la paix et la sécurité internationales, mais préfère punir les États qui s’écartent de l’ordre libéral mondial. Il devient, ainsi, l’organe d’interprétation arbitraire au service des grandes puissances. Le pouvoir discrétionnaire qui lui a été attribué par la Charte des Nations-Unies est devenu un pouvoir mis au service des seuls intérêts des plus forts, légitimant leurs stratégies de domination et couvrant des violations graves des règles internationales.

 

Contre les aspirations des peuples, la porte pour de nouvelles relations iun-silence.jpgnternationales basées sur la loi du plus fort, est enfin grande ouverte...

Le monde entre dans l’oeil du cyclone qui pourrait se transformer en guerre.

 

 

Mireille Fanon-Mendès France

Fondation Frantz Fanon

membre du Conseil scientifique d’ATTAC

 

22 mars 2011 - Union juive française pour la paix

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Lundi 21 mars 2011 1 21 /03 /Mars /2011 15:47

      Les monstres sont en route !

     

      Voici un article qui situe à peu près ce que je pense et que nous sommes nombreux à penser au sujet de la monstrueuse intervention occidentale en Libye. N'oublions pas que quasimment tous les partis et leaders politiques ont voté pour cette saloperie de guerre qui bien entendu tue ceux qu'elle était censée protéger et que tous les journaux et médias ou presque y ont participé...

      Je posterai un nouvel article ce soir ou demain car nous devons nous mobiliser pour refuser absolument ce genre de démence meurtrière mais voici en attendant un site qui vous permet d'avoir accès à des infos différentes de celles officiellement manipulées : 

       http://sergeadam.blogspot.com/

 

Le cas de la Libye : hypocrisie et trahison des Nations Unies

Dimanche 20 mars 2011 libye-4.jpg

 

Felicity Arbuthnot - Dissident Voice

 

“ Si vous voulez une image du futur, imaginez une botte écrasant - pour l’éternité- le visage d’un homme. ” George Orwell

 

Le bombardement de la Lybie va commencer le jour -ou à un jour près- du huitième anniversaire du début de la destruction de l’Irak, le 19 mars, en Europe.

La Libye aussi va être détruite - ses écoles, son système éducatif, son eau, ses infrastructures, ses hôpitaux, ses buildings municipaux. il y aura de nombreuses “ erreurs tragiques ” et autres “ dommages collatéraux ” de mères, pères, enfants, bébés, grands‑parents, écoles pour les sourds et muets, etc... etc...

Et les merveilleux vestiges romains et les ruines encore plus anciennes qui ont résisté jusqu’à aujourd’hui à travers tous les remous de l’histoire et ont fait l’admiration de tant de monde comme l’Irak, son histoire et son humanité, oui comme l’Irak et l’Afghanistan, disparaîtront pour toujours.

Les infrastructures vont être détruites. L’embargo restera en place ; et rendra la reconstruction impossible. L’Angleterre, la France et les USA décideront que le pays a besoin d’être “ stabilisé ”, qu’il faut “ l’aider à reconstruire ”.

Ils arriveront et prendront la direction des insta llations et des champs de pétrole ; au début les Libyens seront un problème accessoire puis ils deviendront vite “ l’ennemi ” des “ insurgés ”, on leur tirera dessus, ils seront emprisonnés, torturés, victimes de toutes sortes d’abus - et un "gouvernement" fantoche ami des USA sera mis en place.

Les envahisseurs accorderont à leurs firmes des contrats pour la reconstruction, l’argent - qui sera sans doute prélevée sans compter sur les actifs gelés - disparaîtra et le pays restera largement en ruines.

Et ceux qui applaudissent de toute leurs forces, comme pour l’Irak, vont se mettre à courir d’un station de télévision ou de radio à une autre, à Londres, en Europe et aux USA, avant de retourner dans leurs maisons bien protégées et de retrouver la sécurité de leurs emplois bien payés en Europe, Grande Bretagne et USA, certains qu’aucune bombe ne risque de leur tomber sur la tête.

Leurs enfants ne seront pas pris de tremblements incontrôlables et ne feront pas dans leurs culottes de terreur en entendant s’approcher les avions. Manifestant_anti_Kadhafi.jpg

 

Que dire de cet “ effroi et stupeur ” qui attend la Libye ? Honte sur la France, honte sur l’Angleterre, les USA et sur l’ONU qui prétend : “ .... protéger les générations suivantes du fléau de la guerre ”.

 

Les noms de ces pays et de l’ONU seront inscrits avec le sang de leurs victimes : chaque corps brisé, chaque enfant estropié ou réduit en bouillie, chaque veuve, veuf ou orphelin, sur chacune de leurs tombes.

Et on répétera aux peuples respectifs d e ces agresseurs meurtriers, cyniques et avides, qu’on apportait la démocratie, qu’on libérait la Libye d’un tyran, d’un “ nouvel Hitler ”, du “ boucher de Bengazi ”.

Les pays qui se sont acoquinés ces jours derniers pour renverser un gouvernement souverain ont à nouveau, toutes proportions gardées, commis le crime décrit par le tribunal de Nuremberg comme “ …le crime international suprême, qui diffère d’autres crimes de guerre seulement parce qu’il contient tout le mal possible et imaginable ” en complotant pour renverser un gouvernement souverain, avec une apparence de légalité obtenue en tordant le bras de l’ONU. On connaît déjà tout ça.

Avec le temps nous apprendrons qui a intrigué, soudoyé, déstabilisé et sans doute que peu de gens seront surpris de ce qu’ils découvriront. Mais il sera trop tard, la Libye sera depuis longtemps détruite et sa population éperdue se sera enfuie ou aura été déplacée.

Quand on a à faire aux “ libérateurs ” habituels, il faut faire attention à ce qu’on dit. Dans six mois à peu près, la plupart des Libyens, regretteront amèrement les 40 dernières années de pouvoir quelles que furent ses imperfections.

 

* Felicity Arbuthnot est une journaliste spécialiste de l’Irak. Coauteur avec Nikki van der Gaag, de la série Baghdad in the Great City pour le World Almanac books, elle a aussi dirigé des recherches pour deux documentaires sur l’Irak qui ont reçu des prix : John Pilger’s Paying the Price : Killing the Children of Irak et Denis Halliday Returns for RTE ( Ireland ) libye2.jpg

 

18 mars 2011 - Dissident Voice - Pour consulter l’original :

http://dissidentvoice.org/2011/03/l...

Traduction : Dominique Muselet

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Samedi 19 mars 2011 6 19 /03 /Mars /2011 21:39

 

      " La société de l'argent et de l'exploitation n'a jamais été chargée, que je sache, de faire régner la liberté et la justice. " Albert Camus Albert-Camus-pose-pour-le-Libertaire.jpg

      Comme vous vous en doutez vous autres qui me flairez bien ma colère ma rage même et mon dégoût sont immenses ce soir sans limites sans cris pour crier encore et encore !...

      Non seulement y a une semaine qu'on laisse tranquilles périr et pourrir nos frangins japonais dans la misère la merde le peur la mort et qu'on laisse ces abominables de Tepco leur crapulocratie nucléaire à eux leur baratiner qu'y a plein de radioactivité mais que ça craint rien pour eux et les guignols ici au fil des journaux et des forums osent venir nous baver qu'à Tchernobil y a eu " que " 3000 morts alors que les centaines de mille de pompiers et de réservistes militaires " les liquidateurs " ont crevé comme des lapins au garrot et que ça recommence à Fukushima... mais en plus ce soir on nous enfume le terrier avec tout va bien y'a pus d'danger on contrôle et Hop ! pas de news sur ce qui est en train de péter à Fukushima gros plan sur les armes françaises qui vont aller faire de l'humanitaire sanglant et abreuver nos sillon du sang impur du monstre Kadhafi et par la même des centaine de milliers de Libyens... mais nom de tous les diables pourquoi je peux pas changer de pays de nationalité de terre de peuple de tout moi et merdre alors !

      Non c'est pas nous autres qui avons décidé de jetter ce pays malade de toutes les pestes depuis des lustres dans la guerre qui est une monstruosité de toutes les façons et qui n'a pour but que de mettre de l'ordre dans les révolutions au Maghreb de récupérer la Libye et son pétrole de contrôler l'Egypte et sa libération en route et de nous la jouer qu'on est encore toujours les grands héros guerriers conquérants donneurs de leçons aux pauvres Arabes dégénérés aux Africains pas entrés dans l'histoire et plus cynique encore qu'on va aider à la défense d'un peuple assassiné par le tyran Kadhafi... elle est trop bonne alors ! Et le tyran de l'Arabie Saoudite qui envoie ses troupes pacifier Bahrein et celui du Yemen qui fait tirer sur les gens dans la rue et le tyran d'Israël qui balance du phosphore sur les mômes de Palestine on s'en occupe quand hein ? Oiseaux-sur-la-terre-copie-1.jpg

      Non seulement c'est dégueulasse et à dégueuler mais ça se fait en notre nom en votre nom la veille du jour où vous allez aller voter pour ce genre d'assassins car ils sont tous d'accord j'ai vérifié même le Mélenchon qu'a voté pour aux réunions ripous de l'Europe et qui se justifie sur son blog en cinquante pages de " c'est pour défendre le peuple libyen qui se libère " et ta soeur elle arrache les ailes des mouches ou elle les mange comme ça sans sel ? Ce type et pas que lui il connaît absolument rien au " peuple libyen " ni à l'histoire de la libye et de ses tribus et de la difficile et précaire unité que Kadhafi avait bricolée là-bas et qui va sous leur contrôle de tueurs voler en éclats pour le bien de nos bagnoles enfin plutôt des vôtres et pour le plaisir et la gloire du clown qui officie aux manettes... Et il a la mémoire coloniale courte car demain la Libye peut très bien devenir un Irak bis aux mains des Européens c'est sans doute déjà prévu bouclé consommé...

      Quoi qu'il en soit je suis et je serai toujours et nous sommes tous dans notre blog contre toutes les tueries et tous les fournisseurs de viandes fraîches aux abattoirs qui faisaient dire à Céline qu'avec ces gaziers-là ça peut durer jusqu'à la fin des temps... et contre toutes les armées et tous les Etats qui les dirigent et contre tous les ahuris dégénérés qui les laissent faire ! A dégueuler vraiment !

      " Dans son discours Restaurer la valeur de la liberté prononcé devant des syndicalistes révolutionnaires à Saint-Etienne, le 10 mai 1953, Camus avait montré du doigt exactement ce qu'on peut dire aujourd'hui de l'époque contemporaine de Sarkozy : ' La société de l'argent et de l'exploitation n'a jamais été chargée, que je sache, de faire régner la liberté et la justice. Les Etats policiers n'ont jamais été suspectés d'ouvrir des écoles de droit dans les sous-sols où ils interrogent leurs patients. Alors quand ils oppriment et qu'ils exploitent, ils font leur métier et quiconque leur remet sans contrôle la disposition de la liberté n'a pas le droit de s'étonner que la liberté soit immédiatemment déshonorée. " Au-dernier-soir-copie-1.jpg

Albert Camus, " Restaurer la valeur de la liberté ", in Albert Camus et les libertaires ( 1948-1960 ) L'Homme révolté 

       J'ai tiré cette citation d'un petit opuscule que je vous conseille d'acquérir : Camus et sa critique libertaire de la violence, Lou Marin, Eds Indigènes, 2010 www.indigene-edition.fr

      Il ne coûte que 3 euros et c'est tellement épatant de voir combien Camus est total actuel et ça fait un bien fou !

      Les textes qui suivent sont publiés sur le site : www.info-palestine.net

Un printemps couleur de sang

Samedi 19 mars 2011

 M. Saadoune - Le Quotidien d’Oran Caligula.jpg

       Pendant que le monde entier a les yeux tournés vers la libye, d’autres régimes arabes se déchaînent contre des populations désarmées.

Après le Bahreïn, “ amicalement ” envahi par des forces saoudiennes et la répression sanglante des manifestants de la place de la Perle à Manama, c’est au tour d’Ali Abdallah Saleh, président à vie du malheureux Yémen, de lancer ses nervis sur des manifestants pacifiques. Hier, la place du Changement à Sanaa a été le théâtre d’un massacre perpétré par les forces de sécurité.

Plus de trente personnes, dont certaines très jeunes, ont été tuées froidement par des tireurs qui visaient les têtes et les poitrines. Les médecins des hôpitaux de la capitale yéménite, débordés et horrifiés, ne pouvaient que constater l’irréparable dans un chaos de hurlements et de larmes.

La Libye et son dictateur erratique concentrant l’attention de la planète, les autres potentats de la région, encouragés par une Arabie Saoudite emprisonnée dans ses archaïsmes, ont décidé de recourir aux “ bonnes ” vieilles méthodes pour en finir avec les soulèvements démocratiques. Le massacre de manifestants désarmés à Manama et à Sanaa est la réponse des alliés de l’Occident dans la péninsule Arabique aux revendications démocratiques de populations écœurées par des décennies d’arbitraire.

Le discours du monarque saoudien a été, de ce point de vue, une claire indication de l’état d’esprit actuel des gouvernants de la région. Pour le roi Abdallah, qui a déclaré tout son amour pour le peuple de son pays, les forces de sécurité sont l’instrument fondamental pour le traitement des demandes démocratiques. On ne saurait être plus limpide. Le Printemps arabe des libertés a la couleur du sang. Les potentats assis sur des rentes colossales sont prêts à toutes les atrocités pour le maintien de systèmes condamnés par la morale et par l’histoire.

Il y a fort à parier que ces crimes, pourtant amplement documentés, seront passés par pertes et profits par l’Occident et ses médias. Le fait que l’Arabie Saoudite joue un rôle colossal dans le maintien de l’ordre néo-colonial dans la région et que ce pays, “ caisse enregistreuse sur un baril de pétrole ”, selon la formule d’un ancien dirigeant algérien, est bien trop important pour les intérêts impériaux.

Mais ce qui arrive à la Libye aujourd’hui concernera certainement le royaume pétrolier, les populations d’Arabie n’étant pas différentes des autres. Les revendications des peuples du Maghreb, du Bahreïn et du Yémen sont communes : elles n’en peuvent plus de vivre sous la botte de systèmes liberticides. Le temps des dictatures arrive à son terme : les systèmes les plus verrouillés et les organisations les plus policières sont à bout de souffle.

Le mandat historique qui leur a été confié par les puissances coloniales arrive à son terme. Les services rendus ne pèsent pas lourd à l’aune des peuples en révolte et les “ salvatrices ” interventions extérieures ne sont plus garanties.

La modernisation politique du monde arabe ne sera pas une promenade au fil d’une rivière tranquille. La violence de régimes à l’agonie peut causer d’énormes dégâts, mais l’histoire a bien un cours difficilement réversible. Les Arabes, comme partout ailleurs sur la planète, veulent vivre, avec leurs usages et leurs particularités, dans le droit et la citoyenneté. Aucune force de sécurité au monde ne peut s’opposer à l’irrésistible vent de l’histoire.

 Ceux qui pensent que la focalisation sur les événements en Libye est un paravent pour l’écrasement des libertés, se trompent lourdement. A Manama comme à Sanaa, le changement d’époque a sonné.

19 mars 2011 - Le Quotidien d’Oran - Vous pouvez consulter cet article à :

http://www.lequotidien-oran.com/?ne...

 

Ouf ça y est, c’est la guerre ! Divan-dans-les-d-combres.jpg

Samedi 19 mars 2011

Alain Albie - Le Grand Soir

            Non, je vous rassure ou vous déçois, mais ce n’est pas contre la Chine, car trop gros et trop compliqué et puis, pas rentable.

C’est un pays plus petit qui a été choisi : la Libye, exit donc du séisme japonais qui de fait devient moins crucial, on verra plus tard. De toute manière ces réacteurs qui n’en finissent pas de chauffer sans exploser devenaient lassants, ce qui leur avait valu d’être relégués en milieu de page des médias, préférant une affaire autrement plus importante telle que le retour de Ribery en équipe de France.

Tellement ému de cette bonne nouvelle, le maquettiste du Figaro s’en est même mélangé les pinceaux. Une photo de notre ministre des affaires étrangères à la mine aussi épanouie qu’un gagnant du loto avec pour légende “ Un char de l’armée libyenne mercredi à Ajdabiya ”, il fallait le faire. Toujours est-il que l’ONU a donné son feu vert, la Chine et la Russie s’étant abstenus sans pour cela utiliser leurs droits de veto, contrairement aux US pour tout ce qui concerne Israël.

La Chine n’est toutefois pas étrangère à ce choix puisque c’est en raison de ses interventions que l’Iran et la Corée du Nord ont échappé au sort qui attend Kadhafi. Empêtrés en Afghanistan, l’ONU et surtout les Occidentaux ont ainsi enfin trouvé un terrain de manœuvres où les journalistes vont pouvoir se presser afin de passionner une opinion publique à coup d’images de bombardements et de victoires sur un ennemi enfin à leur niveau.

Bonne opération également pour les compagnies pétrolières qui vont pouvoir justifier d’une nouvelle hausse et pour les dirigeants français qui vont récupérer quelques voix d’électeurs guerriers juste avant les cantonales. À moins d’une résistance peu probable de la partie de l’armée Libyenne restée fidèle au dictateur, ce conflit devrait être de courte durée, la population voyant d’un bon œil tant le départ se son actuel dirigeant que les dollars venant inévitablement calmer une population meurtrie par les « dommages collatéraux » causés par les bombardements onusiens.

Reste à savoir quand aura lieu la première attaque, même si cette décision attendue a laissé le temps de graisser les canons et de faire la cargaison de bombes. Si Kadhafi a menacé de s’en prendre au trafic maritime en méditerranée, ses jours semblent comptés, surtout après avoir fait planer le doute avec l’annonce de révélations fantaisistes ou non concernant le financement de la campagne du président français.

Voilà comme dit plus haut qui va occuper les journalistes tout juste rentrés du Japon pour cause de radiation qui vont ainsi pouvoir exercer leurs talents sur un terrain d’opérations moins hostile et plus maîtrisable. Seule déception, aucun gaz toxique, ni aucune arme de destruction massive n’est annoncée, ce qui les obligera à faire avec ce qu’il leur tombera sous la main, ce qui ne devrait pas poser de problèmes majeurs à ces personnes expérimentées. L-homme-au-coeur-arrach-.jpg

18 mars 2011 - Le Grand Soir - source : refletsdechine

 

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Jeudi 17 mars 2011 4 17 /03 /Mars /2011 16:57

 Pot au feu affiche_Malville.reduit-3-bb84a.jpg

Paris, jeudi, 17 mars 2011

 

Voilà une semaine qu’on traverse une sorte de tragédie humaine qui ne doit avoir d’équivalent que dans les guerres que notre génération des années 50‑60 n’a pas connues enfin du moins pas celles qui ont ravagé la moitié de la planète et fait crever des millions de gens pour rien ou plutôt si… pour le bien‑être dément et la mégalomanie morbide de quelques familles qui ont gardé des privilèges fabuleux que personne n’a été leur retirer des paluches et pour le bonheur des banquiers véreux aidés par les passionnés de la boucherie universelle… les promoteurs d’abattoirs qui depuis un mois cette fois‑ci nous réclament en couinant à la lâcheté qu’on déverse des flots de missiles sur la Libye… 

Faut pas hésiter marchands d’armes et de pots au feux atomiques comme on est depuis des siècles on peut causer d’intervenir avec bonté pas de lézard hein ?

J’n’avais pas trop envie de rajouter mon p’tit gribouillage à la grosse énorme débandade de radotages informes et foireux concernant ce qui nous tombe sur le tarbouif et nous vient avec le vent frais d’océan des rivages massacrés du Japon tant cette malversation des dieux de la prétention et de la bêtise humaine était vue du haut de nos révoltes des années d’utopies prévisible et mille fois imaginé raconté transmis aux p’tits loupiots des villages communautaires qui se trouvaient bien aise eux de se chauffer au bois quand y en avait et de ne rien pouvoir acheter au supermarché du coin s’ils s’en moquaient alors !… Y a au moins un excellent terrible film sur le sujet qu’à l’époque on a tous vu et revu et qui nous a fait nous réveiller dans nos nuits de printemps aux lunes vertes avec des cauchemars d’épouvante c’est Malville état de siège ( 1978 ) de Serge Poljinsky avec Serrault… Dutronc… Villeret…  Trintignant…  Dhéry… etc… C’était une autre vision de l’apocalypse et avec le côté romanesque de l’affaire qui ne nous apparaît pas vraiment dans celle‑ci mais tout y était déjà y compris la fin… qui se pointe des pattes dans notre histoire japonaise et planétaire…

Ouais parc’qu’à la fin si vous voyez un peu dans vos mémoires y a les hélicoptères qui rappliquent et qui viennent récupérer les survivants de la bombe sauf trois qui arrivent à leur échapper et à fiche le camp pour ne pas rejoindre leur meilleur des mondes sur un radeau d’infortune… Bon eh bien là nous autres on en est qu’au début de ce désastre qui met en danger direct au moins l’existence de pas mal de Japonais sans causer de toute la nature autour mais qui donc s’en soucie et même dans le début de ce qui peut nous advenir comme calamité on entrevoit déjà la fin qu’est un gros pataquès de rapports de pognon et de surtout pas remettre le meilleur des mondes en questions hein ?… La première des idées baladeuse et nomade qui nous vient à nous autres les affranchis du baratin mondial sur le nucléaire qu’est la meilleure des solutions pour l’avenir de notre terre bleue et de cézigues les lustucrus d’humains c’est justement qu’au lieu de nous causer d’un avenir qu’ils sont pas du tout capables de reluquer dans leur brouillard actuel et de toujours les abominables qui prennent des décisions qu’on ne leur a pas demandées pourraient se préoccuper du présent des gens ça nous changerait… Brebis.jpeg

C’t’affaire d’épouvante qui nous empêche de roupiller et de rêver au printemps qui vient ça me semble qu’elle reflète dans un géant miroir lac argenté de sel et de mercure l’état de notre monde depuis qu’il a viré y a quelques 40 années de ça à la grande braderie des choses qu’on achète et qu’on revend et les gugusses qui fabriquent les choses avec et que le mouvement de l’automate qui mène le bazar et qui n’a plus de clef pour qu’on l’arrête s’est emballé y a dix piges à peu près avec les biffetons qui volent rase motte dans tous les terrains de golf des ratisseurs à fric balisant l’univers de leur silhouette de corbacs blacks couleur sang séché et vas‑­y !

On les a vus les morbacs sur les pistes d’Africa avec leurs 4×4 nickel pétrole qui viennent vendre l’eau de leur sous‑sol et l’eau de la pluie du ciel qui leur tombe une fois par siècle et qui posent des compteurs à monnaie sur les robinets des fontaines publiques devant l’air ahuri et résigné des populations qui retournent queue leu leu à la mare du coin remplir leurs bidons d’eau polluée vous voyez ?…

Ce monde le nôtre à c’qu’il me semble s’il était comme on le serine nous autres vu qu’il se trouve désormais relié de tous les bouts avec ses ordinateurs et ses téléphones portables un rien solidaire et si nous autres les gens on ne s’était pas tranquilles précipités dans la petite routine du quotidien individualiste comac et bien pépère chez soi avec le minimum les quinquets tournés vers ailleurs au large au loin les peuples qui ne sont pas blancs judéo‑chrétiens riches dominants il aurait tout de suite eu la réflexe de comment on peut les sortir de là les Japonais d’abord avec leur vague de boue sur le coin du museau qui a tout ravagé leur centrale qui fait mine de leur péter à la touffe et l’hiver qui se pointe la neige pas de chauffage pas de jus la fin du monde quoi !… Une petite réflexion qu’on s’y mette tous les pénards pas menacés de calancher sous la grêle des atomes des pays partout ailleurs et qu’on les fasse radiner chez nous dans le moins pire des scénarios possible avec de la sollicitude et de l’accueil humain déjà pour commencer ce que vous en dites ? 

Je n’sais pas si vous les avez vus les gaziers avec leurs bidons rouges de tôle ou de plastique pour qu’on leur vende à prix d’or j’ai confiance dans la bricole Le-mendiant-et-le-nuage.jpg pourrie quelques litres de benzine et entasser deux trois valoches quelques petites affaires à eux de leur vie dans le coffre des autos quand ils en ont et sinon ce sont les files avec les cartons et les p’tits moutards aux aéroports… et tenter de fiche le camp au plus vite mettre à l’abri les gosses le chien ce qu’ils peuve nt quoi… Et derrière le sauve qui peut que personne soutient que personne aide que personne organise qu’ils aient un vrai refuge au bout de l’exode galère et misère en attendant que le pire n’arrive pas et qu’ils puissent retourner bientôt peut-être hein ?… 

Ce que ça me dit tout ça c’est que si ce monde mondialisé du fric de la guerre qu’on nous vend comme une intervention humanitaire ben tiens… des banquiers malades à vomir de leurs pouvoirs et des maîtres de l’Olympe qu’ont pas un pois chiche à la place du cœur de l’esprit de l’âme était le nôtre celui des hommes intègres et généreux on ne se soucierait pas de la fin… du cours du Yen et du Dollar et de la poursuite inévitable du nucléaire mais de protéger ces personnes du terrible désarroi qui est déjà le désespoir le plus barbare qui soit…

Je ne sais pas vous mais cézigue n’en a rien à braire de savoir si demain on va s’éclairer à la bougie à la petite loupiote pétrole de Buko et se chauffer à l’éolienne épouvantail du joli jardin de mai et ses roses café crème et si on va devoir arrêter de tout acheter ce qui nous passe sous le pif sur le tapis roulant de la grande gare de triage des tonnes de choses déjà mortes…

Ce qui me cause à moi aujourd’hui c’est comment faire pour que des êtres humains ne deviennent pas d’un seul coup des restes des résidus en train de disparaître dans l’abandon tout pareil que les populations d’Afrique sans flotte à boire d’une société que l’inconscience mène dire Affiche_Plogoff_Mascarade.red-3-1835a.jpg ct à détruire de plus en plus vite la seule utopie qui nous différencie peut-être de nos ancêtres les dinosaures… celle d’une humanité solidaire et heureuse qui n’a pas besoin de commanditaires déments et obsédés par le fric le pouvoir et la mort pour lui dire si demain quand elle aura moins la trouille et qu’elle commencera à oublier ses instants de lucidité actuels elle va ou non décider de sortir enfin de ce qui la sépare d’elle‑même et la détruit… Et vous autres ce que vous en pensez ?…

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