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Saïd et Diana

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  • : Les cahiers des diables bleus
  • : 19/09/2005
  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
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Colères noires

Lundi 26 décembre 2011 1 26 /12 /Déc /2011 12:12

 

Vous savez que c'est difficile pour moi de vous causer ici de nos années d'utopies et de lutte pour un monde solidaire et autre dans le joyeux pays cévenol au coeur des villages communautaires devenus pour la plupart aujourd'hui des résidences pour retraités gâteux... Ces évocations des années 75 et la suite par Jean-Marc Rouillan le font pour l'instant mieux que moi.... Je continue d'écrire l'histoire commencée de " l'offensive des pauvres "... Un jour peut-être...

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" Comme bon nombre de participants à la révolte de Mai 68, j’en ai marre d’entendre les “ anciens combattants ” psalmodier l’historiette factice. Non ! Mai ne s’est pas pitoyablement terminé lorsqu’ils sont rentrés de vacances à la fin de l’été 68. Dans les usines, dans les facs et dans la rue, la rébellion anti-autoritaire s’est prolongée des années durant. Et Mai 68 ne se résume aucunement à un phénomène sociétal né d’un problème de dortoir à la fac de Nanterre.

L’insurrection de la jeunesse était dirigée contre l’agression impérialiste du peuple vietnamien, contre le quotidien mortifère du “ métro, boulot, dodo ”, celui de la consommation de masse et contre la vie perdue à la gagner… Mai 68 dans ce pays doit être impérativement resitué dans le vaste soulèvement des exploités et des opprimés au niveau international. "

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Jean‑Marc Rouillant entretien à Libération 19/02/2008 “ L'Après-68 à Toulouse: les années de braises de Jean-Marc Rouillan ”

 

De mémoire (3)

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La courte saison des GARI : Toulouse 1974

Jean-Marc Rouillan

avec un cahier photo de 16 pages

Ed. Agone

Parution : 14/10/2011

ISBN : 978-2-7489-0141-2

352 pages

12 x 21 cm

22.00 euros

      On expérimentait de nouvelles formes de lutte. Mais on ne partait pas de rien : nos racines venaient du vieux “ guérillerisme ” ibérique. On diffusait l’expérience acquise à Barcelone dans la lutte du MIL. Et en France, pour la première fois depuis la guerre d’Algérie, des militants révolutionnaires entraient dans la clandestinité les armes à la main. Ça n’était plus des théories sans pratiques véritables. La guérilla devenait l’arme de la lutte quotidienne. Faction incessante du sabotage et de la subversion. Sans aucun regret, on avait coupé les ponts avec la connivence et les bienséances bourgeoises.

 Ce troisième volume des mémoires du prisonnier politique Jean-Marc Rouillan revient sur le quotidien du groupe toulousain des GARI ( Groupes d’action révolutionnaire internationalistes ) en lutte contre la dictature de Franco. Au-delà d’un récit d’aventures picaresques et insouciantes qui s’étendent sur tout le territoire européen, on voit se dessiner le point de non-retour vers l’engagement dans la lutte armée.

 Les mémoires de Jann-Marc Rouillan :

De mémoire (1). Les jours du début : un automne 1970 à Toulouse ( 2007 )

De mémoire (2). Le deuil de l’innocence : un jour de septembre 1973 à Barcelone ( 2009 )

De mémoire (3). La courte saison des GARI : Toulouse 1974 ( 2011 )

 Né en 1952 à Auch, Jann-Marc Rouillan a été incarcéré de 1987 à 2011 pour ses activités au sein du groupe Action directe. Placé en liberté surveillée depuis mai 2011, il travaille comme rédacteur aux éditions Agone.

Il a notamment publié Je hais les matins ( Denoël, 2001 ), Le Roman du Gluck ( L’Esprit frappeur, 2003 ), Le Capital humain ( L’Arganier, 2007 ) et, aux éditions Agone, Lettre à Jules ( 2004 ), La Part des loups ( 2005 ), Chroniques carcérales ( 2008 ) et Paul des épinettes et moi ( 2010 ).

 

 Jean-Marc Rouillan, une mémoire à vif

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 Le second tome de “ De mémoire ” nous amenait jusqu’en septembre 1973, le crépuscule du MIL ( Mouvement Ibérique de Libération ). Tombé dans un piège, le militant anarchiste Salvador Puig Antich fut gravement blessé pendant une fusillade avec la guardia civil espagnole dans les rues de Barcelone. Le 2 mars 1974, il sera le dernier supplicié à subir le garrot. Si ce drame marquait le “ deuil de l’innocence ”, il annonçait aussi une nouvelle étape dans la radicalisation d’un réseau de jeunes militants, parmi lesquels Jean-Marc Rouillan, alias Sebas pour les amis ou Dominique Moran pour les flics.

 Le dernier tome de la trilogie, écrit entre janvier et octobre 2010 au centre de détention de Muret, revient sur l’année 1974. Sebas avait alors moins de 22 ans, mais, fort de son expérience clandestine en Espagne, il était déjà un “ ancien ”. De vrais anciens, des Espagnols, prêtaient une vive attention à la relève. Teofilo, militant de la FAI, ancien de la colonne Durruti et membre de l’état major de la 26ème division. Maria, survivante de la révolution, de la Retirada et des camps de la mort nazis. Un ancien chef maquisard qui avait été pris en photo avec de Gaulle dans la cour du Capitole. L’appui des “ terroristes espagnols ” avait en effet été décisif pour libérer Toulouse en 1944… Toulouse que l’on nommait alors “ la capitale de la seconde Espagne ”. “ On participait à une guerre qui commençait sur les barricades de juillet 1936 ”, note Rouillan qui avait eu pour arme un colt 45 de Quico Sabaté, combattant de la CNT-FAI qui a poursuivi la lutte armée antifranquiste jusqu’à son exécution sommaire en 1960.

 “ Dans le MIL, les positions radicales communistes de gauche et anarcho‑communistes se conjuguaient sans sectarisme notable, même lors des crises organisationnelles inhérentes au fonctionnement d’une guérilla ”, se souvient Rouillan. Les militant-e-s des GARI de Toulouse avaient gardé la même fibre unitaire. “ Qu’on soit anarchiste ou communiste, on appartenait à la gauche asambleista. Une gauche reposant sur les comités de base et les groupes de résistance. ” Dans ce tome 3, nous vivons de l’intérieur les multiples péripéties ( braquages, attentats, courses poursuites… ) qui ont marqué des mois d’agitation orchestrés notamment par les anciens du groupe autonome libertaire Vive la Commune !, rejoints par des Espagnols, des Parisiens de l’Organisation révolutionnaire anarchiste ( ORA ) et quelques autres, pour exiger la libération des prisonniers torturés dans les geôles de Franco.

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 Le slogan de ces ex-soixante-huitards incontrôlables pourrait être : L’imagination contre le pouvoir. “ Tout ce qui touchait de près ou de loin à l’Espagne franquiste se convertit en cible. ” Rouillan se concentre sur les opérations que le groupe toulousain a mené en France et au-delà. “ Pour la première fois depuis la guerre d’Algérie, des militants révolutionnaires entraient dans la clandestinité les armes à la main. ” Les pages sont pour le moins explosives. La gravité des événements n’excluait pas des moments de franches rigolades. Les lascars ont un humour détonnant en plus d’être des as de la réappropriation et du feu d’artifice.

 

À leur copieux palmarès, notons par exemple l’attentat contre un pylône en Andorre ( le jour de la mort de Pauline Carton… ) qui déclencha la mobilisation générale des forces armées. Un trio de gamins roulant en R8 attaqua la caravane du sacro-saint Tour de France et mit en émoi tous les médias. Les petits chimistes étaient rarement à cours de poudre. Ils en fabriquaient des kilos en mélangeant les ingrédients dans de pleines baignoires. Les objectifs étaient nombreux et symboliques. Le but : rappeler sans cesse la réalité de l’Espagne franquiste et porter atteinte à l’économie espagnole nourrie par le tourisme. Tous les salauds allaient en vacances sur la Costa Brava, comme le disait un célèbre dessin de Cabu. “ Les alertes se multipliaient. Dans les trains, les avions, contre les établissements bancaires, les représentations du gouvernement de Madrid, en France, mais bientôt dans l’Europe entière… ”, précise Rouillan.

 

Pour les GARI de Toulouse, le consulat espagnol était évidemment une cible centrale. “ Gangrénant le cœur de la capitale des rouges, cette verrue dressait le drapeau des ennemis nacionalistas dans le ciel toulousain. Combien d’attentats manqués depuis la fin de la guerre ? Combien de camarades arrêtés avant de passer à l’action ? Le fief des fascistes narguait le petit peuple de la Retirada depuis trop longtemps. ” Après plusieurs tentatives acrobatiques, la partie semblait perdue. Puis, “ une explosion sourde, pareille au passage d’un avion à réaction, secoua l’atmosphère ”. Quatre pompiers furent malheureusement blessés légèrement. Les GARI téléphonèrent à la caserne pour présenter leurs excuses… et donner l’emplacement d’une caisse de champagne que les flics démineurs firent exploser. Une autre caisse fut envoyée.

 Les actions des GARI étaient applaudies par de nombreux vieux espagnols. “ Un commandante nous prévint qu’il suffirait désormais de presque rien pour que le gouvernement de Madrid cède sur la libération des prisonniers ayant accompli les trois quarts de leur peine. Vous poubez sortir tous ces compagnons. Ne lâchez surtout pas maintenant ! ” Sur les murs de Toulouse, un nouveau slogan était apparu : “ J’aime les GARI et la saucisse ”. Ce qui n’est pas rien dans le royaume du cassoulet. “ Si on avait eu des structures adaptées, on aurait pu intégrer deux cents jeunes fils et filles de rouges en une journée ”, estime Rouillan. Même les gauchistes légaux qui n’estimaient pas trop les incontrolados étaient forcés de saluer certains exploits.

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 Après Barcelone, la “ bande des Sten ” s’est implantée à Toulouse. Pour financer la clandestinité, banques et agences postales étaient mises à contribution. “ On repérait. On frappait. Jusqu’à plusieurs banques par semaine. ” Tout se passait bien en général. Sebas, Ratapignade ( fils de gendarme ), Mario ( fils d’une famille d’anarchistes catalans ), Loulou et les autres connaissaient bien leur affaire. “ La consigne absolue était de n’user d’aucune violence – même verbale – contre les clients et les employés. Cela exigeait des commandos plus de maîtrise et de contrôle de la situation. ” Exception qui confirme la règle, un accroc survint dans un bureau de poste près de Toulouse. Une femme de ménage munie d’un simple manche à balai mit en déroute un trio de Pieds Nickelés surarmés.

 Dans le genre burlesque, signalons encore une virée à Amsterdam dans le cadre d’actions prévues en Belgique pour appuyer l’enlèvement, à Paris, du PDG de la banque de Bilbao. Ne résistant pas à l’envie de goûter à un buvard imbibé de LSD représentant un “ Mister Natural ” de Crumb, Sebas, Ratapignade, Loulou et Tonton s’offrirent un décollage maousse. L’un d’eux était persuadé qu’ils avaient réussi à pénétrer dans la photo de la pochette d’Atom Heart Mother, le disque des Pink Floyd. Après douze heures de trip, six heures d’errances dans les polders et cinq heures de sommeil, les Freak Brothers retrouvèrent leurs esprits. Quoi qu’il en soit, au bout du compte, face à l’impressionnante vague d’attentats, le gouvernement de Franco annonça le rétablissement de la loi sur la libération des prisonniers politiques arrivés aux trois quarts de leur peine.

 Les GARI ne mobilisaient pas que des hommes. Des femmes adhéraient aussi au mouvement. Parmi elles, Aurore, la compagne de Rouillan qui faisait parfois des exercices d’accouchement sans douleur pendant que des copains posaient des charges explosives dans la campagne. Bientôt, après la naissance de son fils à l’hôpital de Clamart, Rouillan ajoutera la pose de couches à l’éventail de ses tâches. Quelques années plus tard, un commissaire tenta de coincer Rouillan sur sa fibre familiale. Voici le deal proposé au téléphone : “ Tu te livres au commissariat central et je libère ta femme et ton fils. ” Depuis six heures du matin, Aurore, enceinte jusqu’aux yeux de sa fille, et son fils âgé déjà de quatre ans étaient dans une cellule de garde à vue. Réponse de Rouillan : “ Eh patate, bien sûr que je vais venir au commissariat, on est vendredi, et je dois pointer à dix-sept heures ! ” La maison poulaga avait encore engagé un fin limier…

 Au fil des chapitres, avec un impressionnant sens du détail et de l’épique, Jean-Marc Rouillan revient également sur des actions avortées ( comme l’attaque contre le navire école de la marine espagnole en escale à Brest ), sur les dissensions politiques et stratégiques, sur la morale révolutionnaire, sur la ligne de partage entre les discours et les pratiques anti-autoritaires, sur les arrestations. Rouillan raconte la sienne, le 5 décembre 1974, pendant le déménagement d’une planque parisienne qui stockait des centaines de litres d’acide sulfurique, des archives et la malle ayant servi à l’enlèvement du banquier. “ Nous avons eu la fâcheuse idée de passer par la place du Colonel-Fabien. Nous ne savions pas que ce soir-là, de passage à Paris, le  ‘camarade ’ Brejnev donnait une soirée au siège du parti communiste. A peine étions nous entrés sur la place qu’une Simca de condés nous a bloqués le long du trottoir et en deux coups de cuillères à pot on était menottés et emballés. ” Direction le 26, quai des Orfèvres avec tentative d’évasion et bonne avoinée à la clef.

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 La Cour de sûreté de l’Etat condamna Rouillan pour dix-neuf attentats et cinq attaques à main armée. La justice française ne prenait pas en compte les faits survenus à l’étranger. L’addition était tout de même salée. En vertu des articles du code militaire, la sanction encourue était la peine de mort. “ Ne t’inquiète pas trop, lui souffla le commissaire Ottavioli. Avec ton dossier, la lutte contre Franco. Et puis il n’y a pas mort d’homme. Par contre, si tu avais tué deux ou trois collègues… ” Rouillan avait déjà été condamné à mort. En Espagne. Et il était toujours vivant.

À la Santé, Rouillan se retrouva dans la cellule de Roger Bontemps, l’un des deux derniers condamnés exécutés dans la cour de la prison. Pour obtenir un statut de prisonniers politiques, les GARI ( Mario et Ratapignade étaient coffrés aussi ) entamèrent une grève de la faim. Comme voisins, ils eurent l’ex-ennemi public n°1 Jean-Charles Willoquet, Jubin et Segard, Jacques Mesrine, le poète Tristan Cabral, mais aussi des espions des pays de l’Est, des militants Bretons, Corses, Palestiniens, des comités de soldats, des maoïstes… Les Quartiers de Haute Sécurité ( QHS ) allaient faire parler d’eux. Rouillan était bien sûr au rendez-vous. “ Au hasard de mes détentions, j’ai ainsi participé à la première lutte des prisonniers contre les QHS et à la dernière en mai 1981 quand une trentaine de QHS de Fresnes ont lancé le mouvement pour la fermeture immédiate des quartiers spéciaux. Une lutte qui allait aboutir quelques mois plus tard à leur fermeture effective. ”

 Les dernières pages du livre brossent rapidement ce qui suivra en 1975, chaude année pour la lutte armée en Europe de l’Ouest. En Allemagne avec la Fraction Armée Rouge ( RAF ) et le Mouvement du 2 Juin. En Italie avec les Brigades rouges. En France avec les NAPAP qui abattirent Tramoni, le vigile de Renault assassin du militant maoïste Pierre Overney. Les Brigades internationales descendirent encore un tortionnaire fasciste uruguayen qui réprimait les Tupamaros. Un commando Che Guevara liquida un général Bolivien impliqué dans la mort du commandante… En Espagne, Franco cassait enfin sa pipe, dans son lit, le 20 novembre. “ Bien qu’on ne soit pas particulièrement pratiquants de ce genre de cérémonies militantes, on s’est lentement redressés et on a levé le poing serré. La tête basse. Sans un mot. Sans un chant. Une solennité simplement pour nous. Entre nous. Intime d’un même souffle. Au plus profond d’un cachot parisien à mille kilomètres de la frontière. ” En 2011, Rouillan est toujours persona non grata en Espagne où il est toujours considéré comme terroriste.

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 Enrichis par les expériences de leurs grands devanciers ( Makhno, Victor Serge, Pancho Villa, Durruti, Ascaso, Marighella ou même le “ prêtre rouge ” Camilo Torres ) et par leurs premiers pas franco-espagnols, les jeunes enragés avaient conscience d’appartenir au mouvement qui optait pour une lutte armée anticapitaliste et anti-impérialiste en Europe. À peine libérés provisoires, surveillés par la DST, ils remirent le couvert. Paris, Barcelone, Milan, Gênes, Naples… Braquages, attentats, discussions avec des intellectuels ( Negri, Deleuze, Gattari… ). Une vie riche et risquée qui laissait place à la farce. Durant l’hiver 1977‑78, Sebas, Mario, Ratapignade et un autonome ont dévalisé une agence d’intérim très proche du bureau des libertés surveillés. Présents aussitôt au commissariat pour pointer, ils croisèrent la brigade antigang qui dévalait l’escalier. “ Qu’est-ce qu’ils foutent encore là, ceux‑là ?, brailla un inspecteur. Vous avez signé, alors barrez-vous ! ”

 “ Lorsqu’elle est vraiment vivante, la mémoire ne contemple pas l’histoire, mais elle incite à la faire. (…) La mémoire vivante n’est pas née pour servir d’ancre. Elle a plutôt vocation à être une catapulte. ” Cette citation d’Eduardo Galeano, écrivain uruguayen, ouvre “ De Mémoire (3) ”. Elle aide à comprendre quelques-uns des ressorts qui conduiront à la création d’Action Directe. Jann-Marc Rouillan, ce “ rouge vif ” qui, en 1977, aurait pu devenir permanent de la CNT en Espagne et qui milite à présent au NPA, nous livre une nouvelle fois un témoignage essentiel sur un pan d’histoire contemporaine bien malmené par les médias-flics et les discours officiels. Un glossaire et une chronologie donnent des repères utiles au lecteur. Un cahier de seize pages dévoile les trombines des principaux combattants toulousains des GARI et les affiches d’époque produites par l’Atelier 34.

 En ces temps amorphes englués dans les résignations et les capitulations, cette ardente mémoire des vaincus apporte paradoxalement une belle cure d’adrénaline.

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Le Post, 10/10/11

 

Publié dans : Colères noires
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Jeudi 22 décembre 2011 4 22 /12 /Déc /2011 19:41

      Décidément c'est une bonne période pour la recherche de textes et d'articles de fond concernant l'Afrique on dirait... Après le blog de Sylvie Nony qui parle de l'Egypte et de sa réalité au quotidien voici celui de la J.U.D.A que j'ai découvert ce soir et la façon de parler de l'Afrique dans son rapport au colonialisme occidental de Komla Kpogli m'a fait aussitôt penser à Frantz Fanon et à un des artisans du panafricanisme...

      Voici la première partie de cet entretien publié par La Nouvelle République journal algérien. J'ai coupé cet article en deux parties car il est assez long mais passionnant à lire et il confirme tout à fait ce que j'ai pensé depuis l'agression contre la Libye et l'assassinat de Mouamar Kadhafi commandité par le gouvernement français... A lire donc car c'est percutant et Komla Kpogli a une vision des choses sans complaisance qui est la seule permettant aux peuples du monde de s'en sortir par un comportement révolutionnaire et solidaire...


http://lajuda.blogspot.com/

Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique ( J.U.D.A )

Une organisation de jeunesse créée au Togo en 2003 pour promouvoir les droits humains et le panafricanisme. Kpogli-1.jpg

 

La France est le pays qui a le plus oeuvré contre l’unité continentale africaine.

Komla KPOGLI

22 décembre 2011

 

“ Révolutions arabes ” : enjeux et répercussions sur le continent africain. L’Afrique entre guerres “ humanitaires ” et droits de l’homme avec une CPI clientéliste. L’Afrique entre ses paradoxes et son union “ sabotée ” avec à la clé une AFRICOM et ses visées stratégiques. Des questions complexes que la nouvelle république a abordées dans cet entretien avec Komla Kpogli, secrétaire général de la Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique ( J.U.D.A. )

 

Un mot sur les “ révolutions arabes ”. Pour vous, ce sont des “ révolutions inabouties et sous contrôle ”. Pouvez-vous expliciter ?

 

Komla Kpogli : On ne peut dire que l’intention véritablement révolutionnaire soit totalement absente des rangs de ces marées humaines dans les rues des pays en question. Les régimes politiques kleptocrates soutenus dans ces pays sous le fallacieux prétexte qu’ils constituaient des remparts anti-islamistes avaient non seulement immobilisé le peuple par la répression mais surtout ils l’avaient immensément paupérisé au profit de deux entités absolument parasitaires : une “ élite indigène ” corrompue pour qui le patriotisme est le premier des péchés à commettre et des économies capitalistes prédatrices. Cette situation ne peut que conduire tôt ou tard à des insurrections populaires. La bonne foi révolutionnaire de beaucoup de manifestants est donc à présumer. Mais, laisser les choses se faire par le peuple équivaudrait à lui accorder la force de prendre sa destinée en main. Autrement dit, c’est amoindrir la mainmise occidentale sur les richesses de ces pays, c’est perdre le rôle géopolitique attribué à ces pays dans ce qui est dénommé la scène politique moyen-orientale, c’est donner la possibilité à ces peuples de désigner des interlocuteurs valables face au lieutenant de la région qu’est Israël.

Dans ces conditions, les pays occidentaux, même si certains comme la France ont eu du retard à l’allumage, ont compris qu’il fallait prendre le contrôle de ces bouillonnements populaires et leur donner une direction. Canaliser ces révoltes voire les organiser pour qu’elles servent au mieux les intérêts jusque là défendus par les satrapes au bord du précipice. Pour obtenir ces changements dans la continuité, les parrains de ces tyrans vont les sommer de quitter le pouvoir et ils iront, pour certains, jusqu’à former des “ jeunes révolutionnaires ” à l’école des mouvements que la CIA via la National Endowment for Democracy ( NED ) avait actionnés dans les Balkans dans les années 2000. D’autres encore leur offriront des facilités médiatiques et communicationnelles au travers des réseaux sociaux.

Ces “ exigences ” en apparence en conformité avec le vœu des masses révoltées résultent en réalité d’un calcul rigoureux. Demander et obtenir, avec la rue, le départ des tyrans pour pouvoir mieux maîtriser la suite des évènements et conserver leur système et leurs régimes. C’est ainsi qu’après le départ du pouvoir de Ben Ali et Hosni Moubarak, deux joyaux présentés pendant longtemps par leurs parrains comme “ les meilleurs élèves de la région ”, le système n’a pas fondamentalement bougé. “ Les rois étaient tombés, mais vive les rois ”. C’est en cela que ces révolutions sont inabouties et maîtrisées. Mais visiblement, les peuples ont compris le jeu notamment en Egypte où ils n’ont jamais cessé de manifester en vue d’obtenir la fin d’un système et pas seulement le départ d’un homme et de son clan.

 

Certains pensent que la guerre de Libye est une guerre contre l’Afrique. Etes-vous de cet avis ? Kadhafi-2.jpg

 

Komla Kpogli : Bien évidemment elle l’est. Plusieurs projets et réalisations de la Jamahiriya arabe libyenne dans nombre de territoires africains confirment cette lecture. La Libye a investi dans beaucoup de ces territoires. Ces investissements mettaient directement en danger ceux des pays occidentaux qui considèrent ces espaces comme les leurs. Il en est ainsi du financement en partie du satellite Rascom 1. Le fait que ce soit la Jamahiriya qui parle le plus d’une Union Africaine tournée essentiellement vers les besoins africains, le fait que ce soit elle la première contributrice intérieure au budget de l’UA actuelle et qui par ce biais tentait de limiter la dépendance de l’Afrique entrent dans ce schéma.

Il y a en outre les projets de création du dinar-or qui serait une monnaie africaine, d’une nouvelle politique de redistribution des recettes pétrolières et de la constitution d’un gouvernement fédéral africain avec des attributions énumérées par Kadhafi en 2009 avec tous les pays africains ou à défaut un nombre restreint selon ses propres termes l’ont exposé à la haine occidentale renforcée à la fois par des vérités que, côté africain, seuls Kadhafi et quelques rarissimes dirigeants puissent dire du haut de la tribune de l’ONU et par des investissements des fonds souverains libyens investis dans des pays occidentaux. Ces investissements notamment dans l’agro-alimentaire, dans le pétrole, les banques et assurances et dans l’immobilier rapportaient pas mal de profits à ce pays qui finançait ainsi son développement en toute autonomie. Ce qui l’avait mis aussi à l’abri du piège de la dette que recommandent le FMI et la Banque mondiale.

En outre Kadhafi vient régulièrement en aide aux pays en indélicatesse avec les occidentaux, alias la communauté internationale. En assassinant un homme de cet acabit, il est évident que c’est toute l’Afrique qu’on vise. Au-delà de tout ceci, il faut dire que l’un des objectifs les plus importants de cette guerre c’est de priver les africains de modèle de gouvernement endogène. Les empêcher d’avoir des référents sur le plan local ‑ nonobstant leurs imperfections ou erreurs ‑ qui puissent les inspirer de sorte qu’ils aient toujours le regard tourné vers le modèle capitaliste occidental qui les pille et les endette tout en ayant un discours sur l’aide et la coopération en bandoulière.

 

Quelles seraient les répercussions de ces “ révolutions arabes ” sur le continent africain ?

 

Komla Kpogli : Leur effet sera d’une moindre importance aussi longtemps que les tyrans africains seront de “ bons élèves ” du FMI, de la Banque Mondiale… Au fond, la crise étant chronique en Afrique, il existe des contestations quotidiennes plus ou moins organisées contre les tyrans en place. Mais ces contestations noyées dans le bain des répressions sanglantes ne suscitent aucune attention si elles ne sont considérées que comme la manifestation patente des “ conflits ethniques ” qui seraient la mesure de toute chose en Afrique noire selon les spécialistes autoproclamés de l’Afrique. Toutefois, certains peuvent être tentés de s’inspirer des mouvements maghrébins suscités ou non. A notre avis, ces tentatives seront vaines. Car, il leur manquera le soutien des occidentaux comblés dans leurs multitudes d’attentes par l’état actuel de la gouvernance en Afrique noire.

C’est ce que nous voyons actuellement avec le vol à main armée du suffrage populaire par Joseph Kabila au Congo. Malgré les cris de détresse de Tshisekedi, vainqueur spolié de son dû, personne ne volera à son secours. Mieux, toutes les déclarations que ce soit celles émanant du secrétariat général de l’ONU, des ONG et des chancelleries occidentales consistent à culpabiliser les victimes pour blanchir les coupables. C’est une vieille méthode que ces institutions ont inventé pour maintenir immobilisé de tout temps notre peuple, pour assassiner des millions d’africains, surtout des plus illustres et ainsi garder les intérêts coloniaux en l’état. Toutefois, pour éviter que cette perspective fasse dire à vos lecteurs que nous somDr.KwameNkrumah.jpgmes d’un pessimisme sans égal, nous disons que les africains doivent faire leur révolution en s’inspirant d’eux-mêmes, c’est-à-dire en partant d’eux-mêmes pour revenir à eux-mêmes. L’histoire montrant que les noirs n’ayant pas d’alliés dans le monde, ils ne doivent que compter sur eux-mêmes en toute chose.

 

Les Occidentaux prétextent mener ces guerres au nom des droits de l’homme ( guerre humanitaire ), à considérer ce qui se passe en Palestine, au Bahreïn, au Yémen, en Afghanistan et sur les bases militaires de Guantanamo et d’Abou Ghraïb, peut-on encore parler de droits de l’homme ?

 

Komla Kpogli : Il n’y a pas de guerre humanitaire. C’est un mythe. Ces guerres sont du business. Non seulement la dépendance politique du pays agressé s’implante mais encore ses richesses sont drainées vers les pays agresseurs et leurs multinationales. Les “ soldats humanitaires ” de l’Occident accompagnés de quelques ravitailleurs locaux africains ou arabo-musulmans de pacotilles et de décor détruisent l’aviation et le matériel militaire, mais le gouvernement fantoche et obséquieux à venir devra acquérir de nouveaux matériels de guerre. Les “ guerriers et les bombardiers humanitaires ” détruisent les infrastructures dont s’est dotée le pays agressé au prix d’énormes sacrifices, mais les préfets locaux à venir devront en reconstruire. Et qui sont ceux qui vont avoir les contrats pour la prétendue reconstruction ? Les multinationales des pays envahisseurs. Comme en Irak et partout ailleurs.

Ainsi, le profit sera double voire triple : détruire ce qu’on avait vendu, faire payer le reste de la facture si tout n’avait pas été réglé par l’ancien régime et “ reconstruire ” ce qu’on avait détruit. On a vu clairement ces pratiques aux lendemains immédiats de la chute de Tripoli. Après Sarkozy et Cameron, une bande dite d’hommes d’affaires conduite par le secrétaire d’Etat français au commerce extérieur, Pierre Lellouche a débarqué en Libye. Les déclarations faites par des membres de ce cortège et surtout celles de Pierre Lellouche étaient très décomplexées. Ils étaient venus, déclaraient-ils, prendre leur part, car il n’y avait qu’eux ( les français ) et les anglais à combattre aux côtés du fameux CNT.

En ce qui concerne les droits de l’homme, il serait grand temps de se demander, au vu de l’histoire et de la politique internationale, qui est cet homme qui a des droits, quels sont ces droits et pourquoi ce sont seulement les occidentaux et leurs officines ainsi que leurs ailes marchantes locales agréées et affublées du titre d’organisation de protection ou de défense des droits de l’homme qui en parlent en direction d’autres pays notamment ceux qui ne leur sont pas totalement soumis. Au demeurant, lorsque des pays qui se livrent à des actes inhumains ou les cautionnent dans des pays que vous venez de citer et qui malgré leur cv d’exterminateurs de peuples entiers aussi bien ailleurs qu’en Europe où ils ont tenté d’exterminer les juifs, d’esclavagistes, de colonialistes, de pillards, de voleurs récidivistes les armes au point, viennent vous parler des droits de l’homme, vous devez savoir qu’il y a escroquerie.

 

Vous considérez les droits de l’homme, la liberté et la démocratie venant de l’Occident, comme une arnaque que les africains ne comprennent pas pour le moment ; entendez-vous par là, les gouvernants ou les peuples?

 

Komla Kpogli : C’est une arnaque pour deux raisons.

 

Tout d’abord, l’Occident intrinsèquement individualiste, conquérant et dominateur ne peut œuvrer pour le bien d’autres peuples. Il suffit de faire un bon dans l’histoire mondiale ancienne et contemporaine pour s’apercevoir que l’Occident ne s’est jamais soucié que de son propre bien-être. Les rares moments où il a eu à partager ses réussites avec les autres se sont déroulés dans un rapport de force qui lui est défavorable ou marqué par un équilibre. C’est le cas par exemple de ses relations avec la Chine aujourd’hui.

Ensuite, en s’octroyant la paternité de ces concepts, l’Occident s’autorise le pouvoir de s’immiscer directement dans les affaires intérieures des pays qui ne lui sont pas soumis. De ce fait, les occidentaux s’accordent le monopole de l’exportation de ces notions par des injonctions, des pressions de toute sorte et des guerres. Ces concepts sont des outils que l’Occident puise dans de sa boîte à outils pour abattre des régimes insoumis. Dans cette boîte à outils, aux côtés de ces concepts, on trouve pêle-mêle : le droit international, le discours humaniste, l’aide humanitaire, les ONG, les médias, la justice internationale, l’ONU, les organisations militaires telles que l’OTAN...Les fameux réseaux sociaux à géométrie variable entrent également dans cette boîte à outils.

Ces concepts dont nous parlions sont des alibis, des prétextes qui servent à l’occident de niveler le monde à sa mesure, de s’offrir de nouveaux marchés, de briser toute tentative d’émancipation qui ne veut pas s’inspirer du modèle occidental, de détruire toute réflexion autonome au sein d’un pays, d’étrangler toute idée de répartition juste et équitable des biens au sein d’un pays et de contraindre des sociétés à abandonner leur culture. Au nom de la liberté, des droits de l’homme et de la démocratie, l’occident tue la liberté, les droits et le choix des peuples. Tous ceux qui luttaient pour une Afrique autonome ont été chargés par la propagande occidentale d’être des communistes, ennemis de la “ liberté ” qui n’est que la liberté pour l’Occident de s’emparer des richesses de l’Afrique et donc des tyrans pour qui l’assassinat physique est l’issue. Patrice-Lumumba-prison.jpg

Dans les pays latino-américains, tous les régimes issus de la volonté populaire étaient et sont considérés comme des dictatures les plus féroces traquées et matraquées à longueur de journée par un occident pour qui le tyran est celui qui veut que les richesses de son pays servent prioritairement à répondre aux besoins de ses habitants. Le tyran qui viole les droits de l’homme, la liberté et la démocratie c’est celui qui veut renégocier les contrats miniers de son pays avec les multinationales, c’est celui qui essaie de limiter la casse du libéralisme orchestré par l’OMC, le FMI, la Banque mondiale... Lorsque le vote d’un peuple ne correspond pas au vœu de l’occident, il est antidémocratique ou alors c’est la fraude. Des exemples existent à profusion : Gaza avec le Hamas, l’Afrique avec des élections ici et là.

Lorsque le vote est fraudé et entaché de violences les plus sanglantes en faveur du poulain de l’Occident, il est, selon la formule consacrée : “ malgré quelques légers incidents qui n’entament pas son issue, libre, démocratique et transparente ”. On “ prend acte des résultats ” au nom du principe de la souveraineté qu’on nie aux autres et les diplomates et autres commentateurs occidentaux disent “ pourquoi voulez-vous qu’on intervienne dans leurs affaires intérieures ? ” ou “ si on intervient on critique l’interventionnisme occidental, si on n’intervient pas on nous accuse d’inaction ” ou encore “ on ne peut leur demander d’accomplir en quelques dizaines d’années ce que nous avons, nous occidentaux mis des siècles à construire ”.

Dans leur sphère immédiate, les occidentaux refusent aux peuples ce qu’ils prétendent apporter à ceux qui sont à des milliers de kilomètres. On vient de le voir en Grèce où l’ex‑premier ministre Papandreou a commis selon les deux premières puissances de l’Union Européenne le crime de vouloir demander l’avis de son peuple sur un accord qui prescrivait un traitement de choc à cette économie en faillite. De la même façon, les gouvernants qui livrent des guerres à d’autres pour soi-disant leur faire écouter la voix du peuple, étaient ceux‑là mêmes qui avaient contourné la vox populi concernant l’adoption du traité de Maastricht. Donc, aussi bien par omission que par commission, aussi bien dans son espace qu’ailleurs, l’occident n’agite ces notions que pour répondre à ses intérêts et ceux de ses classes dirigeantes toutes tendances confondues.

Partout où l’occident est intervenu au nom de ces notions, que les sceptiques ressassent l’histoire, le chaos total s’installe à l’intérieur avec un tyran qui organise parfaitement la canalisation des ri chesses du pays vers l’extérieur. Ce sont donc les peuples qui ne comprennent pas encore cet attrape-nigaud.

C’est pour cela que des organisations dites de défense des droits de l’homme et de promotion de la démocratie fleurissent en Afrique avec le financement des Etats occidentaux, des multinationales, des fondations et des organisations dites internationales. Et en bénissant ces concepts que les occidentaux portent à la bouche, les peuples attirent le loup dans la bColonisation.jpgergerie africaine. Sans doute leur restera t-il la liberté et la démocratie ainsi que le droit de compter les cadavres. Lorsque les peuples auront  compris, ils chercheront des solutions endogènes aux problèmes auxquels ils sont confrontés au lieu d’appeler les loups surnommés “ la communauté internationale ” au secours.

 

 

A suivre...

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Mercredi 21 décembre 2011 3 21 /12 /Déc /2011 21:21

 

      Il y a quelques jours j'ai découvert ce blog de Sylvie Nony une jeune enseignante française partie au Caire et qui nous fait bénéficier de reportages concernant la situation actuelle Place Tahrir avec une précision et une émotion dans ses reportages vécus chaque jour sur place absolument formidables...

      Quelque soit mon refus total de l'islamisme politique et de la violence des barbus qu'on a pu mesurer avec le FIS en Algérie je continue à croire dans les révolutions arabes et à faire confiance à ces peuples rebelles qui comme on l'a vu en Libye et à Syrte en particuliers ne seront jamais les serviteurs de l'Occident en dépit de toute la désinformation qu'on nous assène et des forces qui agissent aujourd'hui pour détruire la Syrie à son tour...

      Les manifestations de ces femmes pour refuser la brutalité qui leur est faite au quotidien par les militaires et par certains hommes nous donnent un espoir nouveau en l'évolution future de ces sotiétés. Les hommes qui les soutiennent et les protègent ont compris je crois qu'on ne peut construire un monde libre qu'en instaurant l'égalité des êtres et la solidarité de toutes et de tous...

      Un très beau reportage que je voulais vous faire partager car il m'a redonné confiance... Et surtout allez sur son blog car il y a bien d'autres articles de ce niveau. Les photos qui accompagnent l'article sont également de Sylvie Nony

. Femmes-d-Egypte-1.jpg

http://blogs.mediapart.fr/blog/sylvie-nony

Femmes d'Égypte : la ligne rouge !

 20 Décembre 2011 Par Sylvie Nony

“ Benât, masr, khat ahmar ” : mot à mot “ filles d'Egypte, la ligne rouge ! ”

           L'après midi avait commencé par un rassemblement devant le syndicat des journalistes, là où cette nuit déjà, des manifestants appelaient à se soulever contre les violences de l'armée.

Pendant ce temps, sur la place Tahrir, partiellement ouverte au trafic, des groupes se rassemblaient pour discuter, échanger les récits des derniers événements.

Les jeunes, qui ont conscience que tout le monde ne lit pas Facebook et Twitter, ont fabriqué des affiches faisant le récit des derniers événements pour informer à la fois les passants et les automobilistes qui, patiemment, se frayent un passage

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Quelques responsables politiques, certains fraîchement élus, ont fait le déplacement. Faciles à reconnaître : la cinquantaine dépassée, quand la plupart de leurs interlocuteurs ont moins de 25 ans. C'est une des contradictions du processus électoral en cours. Les jeunes ont fait la révolution, et les “ vieux ” se font élire sur la base des idéaux de celle-ci.

Et puis, vers 15h30, la place s'est remplie de groupes de femmes. Très vite, des hommes ont formé un cordon de protection autour d'elles, comme l'annonçait l'appel lancé sur Facebook cette nuit. Main dans la main, ceux-ci laissaient rentrer une à une toutes les femmes qui se glissaient à l'intérieur, et protégeaient de toute agression venant de l'extérieur. Durant toute l'après midi, ils ont encadré et accompagné cette manifestation grandiose, multicolore, multiconfessionnelle, multinationale.

La ligne rouge, c'est celle qu'ont franchie les militaires, en tabassant ces derniers jours des militants/tes, des passants/tes, des femmes de tous âges, sans la moindre stratégie de “ communication ” dirait-on aujourd'hui. En fait ils ont fait comme ils font depuis des années. Mais ils sont tellement sûrs de leur pouvoir éternel qu'ils n'ont rien anticipé des conséquences de leurs actes. Tout juste ont-ils pensé - par réflexe identitaire - à intimider des journalistes et à casser quelques caméras.

Femmes-d-Egypte-2.jpg

 La ligne rouge c'est celle du tabassage de cette femme au soutien-gorge bleu que le monde entier a vu ( merci aux reporters de Reuters ) se faire massacrer par plusieurs soldats qui lui sautent sur le corps à coups de rangers et la frappent de façon ahurissante tout en lui arrachant ses vêtements. Elle semble avoir survécu et plusieurs femmes m'ont assurée que, cet après midi elle est sur la place, en abaya... donc difficile à reconnaître.

Un des slogans les plus repris tout au long de ce cortège qui n'a cessé de grossir ( au fur et à mesure, je pense, où les femmes ont été rassurées par la présence du service d'ordre ) était : “ les images sont plus crédibles que les discours ”, faisant allusion à la conférence du Scaf qui, hier soir, a déclaré ne pas avoir abusé de violences envers les protestants. “ Ils mentent ” dit la Unedu journal brandi par de nombreuses manifestantes ( ci-dessus, al‑Tahrir ).

Les femmes du cortège sont de tous les milieux sociaux, de tous les âges, certaines portent le voile, d'autres pas. Quelques unes sont venues avec les enfants dans les bras. D'autres ont le bras en écharpe, comme Aya que j'avais déjà rencontrée dans d'autres manifestations. Elle me raconte qu'elle a été arrêtée vendredi soir, devant le Conseil des Ministres. Elle a été amenée à l'intérieur, dans les salles de torture dont un journaliste du Point a fait une description si saisissante il y a deux jours. Mais elle a eu moins de chance que Samuel Forey : passée à tabac ( un bras cassé, une jambe très abîmée ), elle a aussi subi la torture à l'électricité qui donne ce spectaculaire maquillage dont j'ai parlé dans un  post de février. Les cernes violacés, claudiquant tout au long du défilé, et grimaçant chaque fois qu'un passant lui frôle le bras, Aya a tenu à rester jusqu'au bout, débordante d'énergie et relançant les slogans à tue-tête

. Femmes-d-Egypte-4.jpg

Lorsque le cortège remonte la rue Talaat Harb, tout le monde sort aux balcons. La plupart des gens comme ces employés d'assurance, montrent des signes évidents de soutien et félicitent les femmes.

“ Enzil, enzil ” ( descends ! descends ! ) se mettent à crier les manifestantes. Un mot d'ordre que je n'avais plus entendu depuis le 25 janvier, et qui avait fait provoqué alors une augmentation exponentielle du nombre de manifestants. Le cortège remplit à ce moment là la rue Talaat Harb, de la place du même nom jusqu'à la place Tahrir. Le soutien de la population autour est spectaculaire. Les cœurs se gonflent, après tant de jours et de nuits d'horreurs. C'est comme ça en Égypte depuis la révolution : des semaines d'horreurs, et, parfois, des minutes de bonheur.

Les femmes enchaînent “ Dis : n'aies pas peur ( au féminin, ma tkhrafîch ), les militaires partiront ”.

Femmes d'Egypte 3

Un autre slogan surgit : “ Hommes d'Egypte vous êtes où ? Ces filles ce sont vos filles ( femmes ) ”. Surprise je me le fais répéter par ma voisine : le possessif me défrise un peu, pas elle. Ni les hommes qui nous servent de cordon de sécurité qui le reprennent à perdre haleine.

Sur la rue Ramsès, ils repoussent quelques individus apparemment énervés. L'incident s'apaise vite et le cortège se retrouve devant le syndicat des journalistes, où d'autres manifestants attendent.

La joie des organisatrices est évidente. Il n'était pas gagné de faire sortir tant de monde dans la rue après les violences des jours passés. Les égyptiens/nes n'ont plus peur, c'est un détail qui a échappé aux généraux. Les manifestantes/ts sont maintenant plusieurs milliers et décident de repartir vers la place Tahrir.

Je pense à cette décevante manifestation du 8 mars dernier et je me dis que, parfois, l'histoire fait de sympathiques pieds de nez.

Femmes-d-Egypte-5.jpg

 Il serait bien déroutant, pour toutes les fées Carabosse qui se penchent actuellement sur le berceau de la révolution égyptienne, que celle‑ci trouve une deuxième jeunesse grâce aux femmes... Comment intégrer cette affaire dans les schémas d'analyse ? 

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Jeudi 24 novembre 2011 4 24 /11 /Nov /2011 19:09

Le Festin des rats suite et élargissement

Paris, Jeudi, 24 novembre 2011008-desert-blanc-egypte-fennec

 

Il y a une dizaine de jours dans l’idée de poursuivre mon premier article concernant la tuerie libyenne et essentiellement celle de la ville de Syrte et de ses habitants ainsi que de celle de Bani‑Walid et d’abord la façon dont le principe de guerre est devenu désormais par l’entremise des prétendus intellos tels que Lévy et ses acolytes sionistes une façon d'exister j’ai relevé cette phrase que le prétendant au trône de l’imbécillité et de la nuisance grave avait dite quelque part reproduite dans Le Parisien : “ A tous, ici, je dis : patience; il y a une jurisprudence Kadhafi, maintenant; d’une manière ou d’une autre, Bachar al-Assad est le prochain sur la liste… ” Propos recueillis par Maguelone Bonnaud, Frédéric Gershel, Henri Vernet et Elisabeth Kastier-Le Scour, le 13 novembre 2011… faut citer ses sources hein ?

Je trouvais ces mots dans la bouche d’un tel personnage déjà très violents et qui incitent comme on dit au meurtre… mais y a des gens qui ont tous les droits y compris ceux de transgresser les lois du pays qui semble‑t‑il est le leur quoi que… J’avais donc commencé à écrire la suite de mon Festin autour de cette sentence de mort et de ce que je ressens là‑dedans qui est l’expression primaire d’un besoin frénétique de vengeance et non pas du tout d’une nécessité essentielle à toute société civile de justice et de cohérence enfin de conscience quoi… La loi du Talion est un des grands poncifs des sionistes et de tous les religieux mais pas uniquement car en gros tous ceux qui résonnent de manière binaire c’est‑à‑dire à peu près 99,8% des habitants de la planète en se référant à tout propos au “ bien ” et au “ mal ”… à “ eux ” et à “ nous ” aux “ normaux ” et aux “ anormaux ” y souscrivent avec enthousiasme... Elle est le résidu des comportements primates les plus archaïques qui veut qu’on châtie sans jugement équitable ni honnête et souvent sans jugement du tout celui qui est désigné comme coupable ( encore un principe religieux ! ) avec la même barbarie que celle qu’on lui prête.

N’ayant jamais prêté foi aux principes d’humanisme répétés en boucle par cet individu sur son site et ailleurs tellement ridicules quand on sait qu’il se trouve inévitablement là où on peut anéantir des êtres faibles et sans défenses qui n’ont rien commis d’autre comme erreur que de ne pas être de son clan d’origine j’avais affirmé sur le site Bellaciao qui se revendique “ de la gauche extrême… ” que ce personnage est non seulement un primate mais aussi et surtout un assassin… J’ai été rapidement censurée pour ces paroles qui ne me semblent pourtant être que le reflet de la réalité la plus simple et aisément vérifiable si on s’en réfère à cette phrase justement… Mais l’outil de la censure étant depuis quatre ans devenu systématique dans tous les domaines de l’expression de la pensée et de l’opinion qui peuvent devenir publiques et toucher les autres ainsi que le dénigrement de ceux qui ne suivent pas ce que ces messiefennec fleursurs‑dames les conducteurs de pensée unique voudraient nous entendre ânonner à leur suite je reprends donc ici avec des arguments tout frais que “ Lévy d’Arabie ” ( appréciez je vous prie… c’est lui qui l’aurait dit mais peut‑on le croire… ) nous a fournis avant que je n’aie avancé mon papier… Oh ! que la fainéantise a du bon hein ?


Voici donc les extraits de son argumentaire au CRIF publiés d’abord dans L’Humanité et ensuite dans Liberté un quotidien algérien paru le mardi, 22 novembre 2001 :

 

BHL, philosophe officiel au service d’intérêts d’État

23 novembre 2011

 

L'Humanité Sébastien Crépel

 

" Pour Bernard-Henri Lévy, la guerre en Libye était motivée à ses yeux par la défense des intérêts d’Israël dans le monde.

 

Dernier invité de la première convention nationale organisée par le Conseil représentatif des institutions juives de France ( Crif ), Bernard-Henri Lévy est revenu sur son engagement en faveur de la révolution libyenne. Invité à s’exprimer sur le thème des “ nouveaux défis pour les Juifs de France ”, le journaliste et écrivain a évoqué les raisons qui l’avaient conduit à s’engager il y a huit mois contre le régime du colonel Kadhafi.

Ce fut “ d’abord comme Français ”, mais, poursuit-il, “ je l’ai fait pour des raisons plus importantes encore ”. Parmi celles-ci, “ la croyance en l’universalité des droits de l’homme ” mais aussi, plus curieusement, “ pour une autre raison dont on a peu parlé, mais sur laquelle je me suis pourtant beaucoup étendu : cette raison impérieuse, qui ne m’a jamais lâché, c’est que j’étais juif. C’est en tant que juif que j’ai participé à cette aventure politique, que j’ai contribué à définir des fronts militants, que j’ai contribué à élaborer pour mon pays et pour un autre pays une stratégie et des tactiques ”. Et Bernard-Henri Lévy de préciser le fond de sa pensée : “ J’ai porté en étendard ma fidélité à mon nom, ma volonté d’illustrer ce nom et ma fidélité au sionisme et à Israël. ” Avant de conclure : “ Comme tous les juifs du monde, j’étais inquiet. Malgré la légitime anxiété, c’est un soulèvement qu’il convient d’accueillir avec faveur : on avait affaire à l’un des pires ennemis d’Israël. ” ( … )

 

Ceci on en conviendra est déjà assez ahurissant si on songe aux miaulements effarés de la populace qui dans son ensemble nous a gavés de défense du peuple libyen à longueur d’arguments. Nous les pacifistes anti‑guerres et anti‑colonialistes savions très bien avant qu’il ne se sente autorisé et plus encore mandaté comme premier philosophe du pays et menteur patenté de le clamer haut et fort que les tenants et aboutissants de “ la guerre sans l’aimer ”… ouaf ! qu’on me permette de rigoler… n’étaient autres que la vengeance d’un pro‑israélien affirmé vis‑à‑vis de Mouamar Kadhafi et de son peuple qui n’ont jamais soutenu la destruction par Israël de la Palestine historique et de son peuple. Il s’agissait donc non pas de “ protéger une population ” menacée par son leader d’on ne sait quelles représailles mais de l’anéantir en tant que résistant à la politique d’apartheid d’Israël si elle n’acceptait pas cette population de livrer celui qui était désigné comme cible propitiatoire… Mouamar vivant 1  

Nous y voilà et ce raisonnement clamé par quelqu’un qui en tire fierté et n’a rien à craindre semble‑t‑il en révélant maintenant les causes réelles de cette tuerie qu’il a suscitée approuvée et qu’il dit avoir préparée “ en tant que juif ” osant la nommer “ aventure politique ” déchire le voile derrière lequel la plupart pour ne pas dire tous les partis politiques confondus se sont dissimulés pour nous conduire à assassiner un peuple et la famille des Kadhafi. Il est probable que le monde politique qui s’intitule sans qu’on sache ce que ça signifie “ de gauche ” a un peu de mal aujourd’hui avec cette libération de la parole du philosophe français lui aussi “ de gauche ” qui ainsi qu’il le précise lui‑même a“ porté en étendard ma fidélité à mon nom, ma volonté d’illustrer ce nom et ma fidélité au sionisme et à Israël. ” car cela signifie soit qu’ils des imbéciles qui n’ont pas pressenti que l’idéologie qu’ils défendaient et que Lévy leur ferait porter était l’idéologie sioniste et la gloire personnelle que peut tirer un tel personnage de ce genre de victoire pour son compte personnel soit qu’ils sont eux aussi le sachant des assassins…

La conscience d’un tel homme qui fanfaronne en employant le terme pas du tout innocent d’“ étendard ” évoquant une fois de plus une croisade qui nous renvoie aux guerres de religion et aux conquêtes moyenâgeuses mettant en jeu à chaque fois le fort contre le faible n’a d’autres visées que sa grandeur fantasmée qu’il associe à l’origine de sa famille : “ J’ai porté en étendard ma fidélité à mon nom, ma volonté d’illustrer ce nom… ” faisant du coup de cette guerre une affaire tribale personnelle qui démontre s’il était besoin la folie mégalomaniaque qui le suit partout et avec laquelle les êtres de son genre entraînent des pays des Etats et des hommes dans des conflits absurdes et infinis. Comment peut‑on encore ne pas s’élever contre une telle bêtise meurtrière qui a détruit des enfants des femmes et des vieillards juste pour assouvir comme dans les jeux vidéos mais ça n’était pas un jeu la démence de ceux qui manipulent les mots et les peuples dans l’effarement de l’insensé ? Où sont donc passés les philosophes les vrais qui arrêteront cette fuite de la parole vers le déni du sens qui préside toujours au passage à l’acte violent et inhumain ? Et que pouvons-nous bien trouver nous autres dans une telle image qui nous séduise ? camus-photo-non-date-300x200.jpg

 

Comme si cette effarante mise à jour des réalités de la guerre libyenne ne suffisait pas la suite affichée dans l’article de Liberté le journal algérien complète ce que j’avais écrit et le journaliste Djilali Benyoub m’a enlevé le moindre doute qui aurait pu m’effleurer quant à l’état de primate de ce personnage : “ Il étalera, par ailleurs, ses origines dont il avait fait part le 13 février à Benghazi. ‘ je m’appelle Levy, fils de Levy, je suis le représentant d’une tribu, qui est l’une des plus anciennes et des plus nobles tribus du monde. ”… Intéressant n’est‑ce pas ? C’est donc en tant que représentant d’une tribu fictive car où est donc passée la suite de la tribu en question que Lévy d’Arabie s’en va faire guerroyer les autres car il tient trop à sa personne pour y aller lui‑même ainsi que l’a fait Mouamar Kadhafi et mettre à sac les tribus elles bien réelles dont est constitué le pays libyen depuis toujours… 

On pourra discuter longuement afin de savoir si le concept de tribu qui perdure dans une grande part de l’Orient et de l’Afrique peut s’associer à celui de société civile et s’il permet d’y instaurer pour chacun hommes et femmes une certaine liberté d’être d’agir de penser et de ressentir mais ce qui n’est pas discutable c’est que fidèle au principe d’illusion sioniste de peuple élu Lévy a fait exploser un rassemblement de tribus et de clans bien réels que Mouamar Kadhafi faisait lui cohabiter vaille que vaille et qui composait un pays désormais en éclats pour jouir de la gloire d’une tribu virtuelle en fantasmée dont il est le seul et unique porteur d’étendard revendiqué. Et il me vient à l’esprit en écrivant que ceux qui l’ont suivi ici et ailleurs sont certainement dans la même position binaire que lui où il n’existe que “ nous ” et  “ eux ” d Enfantn-face-au-tank.jpg eux mondes séparés par une muraille immense de haines de peurs de cruautés et de pierres cimentées pa r l’idéologie primitive du meurtre de l’autre comme façon d’exister et de dominer la terre le monde l’univers…Aucune troisième voie et voix sensible humaine fraternelle se situant bien au‑delà du nom de l’origine du nom de la tribu du clan du peuple du territoire ne semble accessible à ces guerriers qui mènent notre civilisation et notre humanité à sa fin… Camus avait raison de préférer les hommes aux héros.

A nous de savoir enfin qui nous sommes et si nous avons l'intention de laisser les rats dévorer entièrement la chair des enfants que nous avons mis au monde... A suivre... 

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Mercredi 16 novembre 2011 3 16 /11 /Nov /2011 21:07

Article publié sur le site : www.info-palestine.net

Qu’aurait fait Arafat ?

Boycott Israel

Mercredi 16 novembre 2011

 

Fadi Abu-Saada - Al-Akhbarbio-kadhafi-arafat-diaporama.jpg

            A la date anniversaire de la mort de Yasser Arafat, il y a sept ans, de nombreux Palestiniens se demandent comment l’ancien dirigeant de l’OLP aurait répondu aux défis auxquels le peuple palestinien est confronté aujourd’hui.

Ramallah. Le 7è anniversaire de la mort d’Arafat survient à un moment critique pour les Palestiniens. Beaucoup attendent avec impatience le verdict du Conseil de sécurité des Nations-Unies sur leur candidature pour un État et se demandent ce que l’Autorité palestinienne fera en cas d’échec. Ils imaginent leur regretté dirigeant parmi eux dans ces moments difficiles et spéculent sur qu’il aurait fait.

Tout en convenant tous que la situation actuelle aurait été différente du vivant d’Arafat, certains pensent qu’il aurait traité la situation d’une manière similaire à Mahmoud Abbas, mais dans un style et une approche différents. Mais d’autres disent qu’il aurait eu recours à des mesures plus draconiennes.

Aoudat Nasser, de Bethléhem, pense que compte tenu de l’habileté diplomatique d’Arafat, les Palestiniens se trouveraient dans une situation meilleure, au moins politiquement. Selon Nasser, Israël savait à quel point Abu Ammar - nom sous lequel Arafat était connu - était respecté. Tout le monde accordait un poids énorme à ses paroles, et il avait un impact retentissant, même sur ses ennemis.

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“ S’il disait de se soulever, en vérité, il y avait un soulèvement ” affirme Nasser. “ Israël a le plus profité de la mort d’Arafat. Sur le plan intérieur, s’il avait survécu, il n’y aurait pas eu cette division entre le Hamas et le Fatah. ”

De Ramallah, un journaliste palestinien, Mohammed Hawwash, décrit Arafat comme un maître en théâtre politique. “ De taupinières, il faisait des montagnes ” dit-il, mais les circonstances de la cause palestinienne aujourd’hui sont plus complexes qu’elles ne l’étaient du temps d’Arafat.

Pour autant, Hawwash pense qu’Arafat aurait obtenu plus de la campagne actuelle. “ Il aurait fait ce que le président Abbas fait aujourd’hui, mais à une plus grande échelle. La reconnaissance de la Palestine comme État membre des Nations-Unies aurait été une cause politique et nationale pour Arafat ; il en aurait fait un festival ambulant permanent, ” dit-il.

Haytham Yakhlef, également de Ramallah, nous rappelle ce que les analystes ont déclaré précédemment. “ Il est impossible pour tout dirigeant palestinien d’accepter ce que Yasser Arafat a refusé ” dit-il, ajoutant, “ Certes, il aurait été en faveur de la candidature à l’ONU ; mais s’il vivait aujourd’hui, il n’y aurait ni débat ni division sur ce point. Arafat était un homme qui tenait fermement à ses convictions et décisions. ”

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Pour l’analyste palestinien Ramzi Khoury, la décision de l’Autorité palestinienne de ne pas s’engager dans des négociations avec Israël, en dépit des pressions et menaces internationales, ne contredit pas le mode de fonctionnement d’Arafat. “ Il est vrai que les Palestiniens sont le côté faible, militairement, mais ils possèdent une arme bien plus forte : leur légitimité est reconnue par la plupart des pays ” dit Khoury.

Le directeur du centre Masar, Nouhad Abu Gosh, rappelle que les caractéristiques les plus marquantes du défunt président Yasser Arafat étaient, “ ses convictions inébranlables, mises en principe, et son approche hautement pragmatique dans la défense de ce en quoi il croyait ”, notant qu’“ il était capable de créer une harmonie apparemment impossible entre les contradictions, et qu’il utilisait à son avantage. Arafat était avisé dans les négociations formelles et informelles, tout en menant secrètement une action armée en marge. ”

Pour Abu Gosh, il manque à la cause palestinienne l’un de ses aspects les plus importants, l’unité nationale, ce qui fait obstacle à toute réussite réelle. “ Arafat ne se serait pas engagé dans des batailles majeures sans avoir réglé d’abord les questions internes. Il aurait fait l’impossible pour réaliser l’unité nationale, même au prix ce concessions cruciales ” dit-il

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 “ Yasser Arafat vit toujours en nous ” déclare Kamal Khalil, président du Conseil américano-palestinien. Mais il a été confronté à beaucoup trop d’obstacles pour pouvoir les surmonter à lui seul, dit Khalil. “ Quand Arafat est revenu en Palestine après les Accords d’Oslo, ses méthodes avaient changé par rapport à la période de la vallée du Jourdain et du Sud Liban ” dit Khalil.

Et d’ajouter que si Arafat était toujours là, il aurait lancé le slogan, “ La résistance, le peuple et l’État ”, le même que celui du Hezbollah au Liban, mais bien sûr, avec les nuances prenant en compte la différence des circonstances.

Le militant George Rishmawi pense, lui, que les Palestiniens ont dépassé le point de non-retour. Vu les circonstances actuelles, dit-il, “ aucun dirigeant ne peut faire quoi que ce soit d’important, même si c’était Arafat lui-même ”.

Suleiman Abu Audeh, de Ramallah, est certain qu’Arafat n’aurait pas attendu que la lutte palestinienne soit dans une telle impasse. “ Il aurait fait appel à l’opinion publique, directement, comme il l’a fait en 2000 avec le déclenchement de la Deuxième Intifada. Si Abu Ammar était parmi nous, la situation aurait été en notre faveur à plusieurs niveaux ” dit Audeh

 Fadi Abu-Saada est reporter en Cisjordanie, Palestine, pour le journal libanais Al-Akhbar ( Beyrouth ).

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Du même auteur :

La guerre qui se prépare - 13 mai 2008

Ramallah, le 13 novembre 2011 - Al-Akhbar - Article traduit de l’édition arabe - traduction de l’anglais : JPP

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