Cette année 2009 on a bien ramé pour
continuer à faire paraître nos Cahiers faute de sous comme tout l'monde et aussi parce qu'on est un peu à la ramasse
dans la diffusion en dépit des heures passées aussi à vous faire de l'info sur notre blog mais ça ne fonctionne pas toujours comme on voudrait...Pourtant on n'est pas restés inactifs du tout au contraire... Y a eu notre soirée lecture au café littéraire de La Milonga à Fontenay-sous-Bois au mois de Mars et puis la récente expo de Louis à la Mairie d'Epinay qui a été très sympath mais du point de vue des ventes c'est pas la joie !
Comme vous voyez sur l'image Louis s'est encore donné à donf dans les couleurs et à l'intérieur de ce Cahier-là il n'en manque pas vu qu'y a tous nos reportages que vous connaissez déjà sur L'île Saint-Denis toute proche d'Epinay et dans le Parc des Chanteraines à Genevilliers ainsi que notre balade à Meudon sur les traces de Céline...
Sans parler des histoires qu'on s'est défoncés tous à écrire comme la suite des aventures du P'tit Crasseux de Françoise Bezombes et des poèmes illustrés inédits de Patrick Navaï qui nous a confié des pages de son propre Cahier qu'il tient chaque jour depuis le début de l'année avec des couleurs insensées et formidables !
Sûr que les temps sont durailles et que ça se ressent car les allées de notre Salon étaient très loin de charrier le fleuve fou des années précédentes de lecteurs et de curieux promeneurs du dimanche au moins... sauf que dehors dans ce 4ème arrondissement parisien y avait la foule et que la foule elle hantait les boutiques chics de fringues et de trucs divers qu'elle achetait comme toujours alors moi j'aimerais qu'on m'explique pourquoi la foule elle n'est pas venue aussi nous filer la paluche en jetant un coup d'oeil à notre boulot d'une année ça aurait été chouette pour mézigue et pour l'ami Louis...
On ne lui en veut pas à la foule ni à vous autres évidemment mais faut qu'on vous glisse dans les esgourdes que la création populaire elle a bien du mal à se faire son petit terrier au milieu de la grande magistrale littérature alors s'you plaît un p'tit geste pour venir nous encourager dire que ce qu'on fait ça vous touche des fois ça ferait pas de mal !
Bon tout ça pour vous dire que ce qui nous a drôlement fait chaud au coeur quand même c'est qu'on avait prévu avec Marie Virolle qui anime la Revue Algérie Littérature Action que vous connaissez depuis des lustres qu'on est frangines et avec Christiane Chaulet Achour autre amie de toujours et d'Algérie de faire une com sur le nouveau numéro de la revue consacré aux inédits du poète Jean Sénac réunis par Hamid Nacer Khodja qui est allé piocher dans le fond de la Bibliothèque Nationale d'Alger spécialement pour réaliser ce bouquin... et qu'à cette animation lecture on a été surprises de retrouver un public nombreux et passionné ! Comme quoi presque 40 piges après que Jean Sénac le poète solaire ait été assassiné salement et en toute barbarie dans sa cave vigie de la rue Elysée Reclus à Alger où il croupissait depuis des années dans la misère et la solitude que les amis qui ne l'ont jamais abandonné essayaient de trouer de leur présence lumineuse y a encore un enthousiasme extra autour de cet homme si incroyable et de
ses corps-poèmes qu'il n'a jamais arrêté d'écrire
malgré les méchants cons qui le cernaient de partout...Faut dire que depuis bientôt treize piges que je bosse sur la création algérienne et que je rencontre les écrivains et les peintres d'Algérie j'ai jamais eu un tel accueil ailleurs qu'au milieu d'eux qui sont mes poteaux quoi qu'il arrive et ils donnent raison à la nostalgie que j'ai de mon enfance parmi les immigrés maghrébins que j'ai toujours considérés comme ma vraie famille...
A chaque occase je les retrouve aussi généreux de leur temps de leur énergie de leur présence chaleureuse et amicale et on cause comme on sait le faire dans le Sud jusqu'à ce qu'on puisse plus avec le kaoua dont parle si génialement Sénac dans les extraits de textes que j'ai lus avec un bonheur qu'y a pas dix auteurs qui peuvent me filer aujourd'hui...
Y avait bien longtemps qu'on n's'était pas offert ce plaisir de causer ensemble Marie Christiane et mézigue de Sénac et je crois qu'on s'est d'abord éclatées parce qu'on s'entend formidablement et qu'on adore bosser comme ça avec l'improvisation qu'on peut se payer quand on connaît chouïa le sujet et que les deux frangines elles en savent tant et tant que je les écouterais des nights entières raconter l'Algérie des poètes des acteurs de théâtre des peintres des écrivains de ce temps que j'ai pas connu et qui me paraît merveille... Moi j'étais là pour lire et j'ai lu comme si " j'avais de l'or entre les mains" c'est l'expression que je pique à Marie et toujours quand on se frotte à Sénac c'est tellement fort qu'on reste ahuri... on ose plus prendre son stylo...
Enfin on était bien et on a partagé ces moments de fête si rares avec des amis comme le
peintre-poète Hamid Tibouchi qui m'a raconté des moments simples et fraternels passés en compagnie de Sénac dans sa cave vigie entre pauvreté et enchantements et comme le peintre Aksouh ainsi que
Jean-Pierre Bénisti le fils du peintre Louis Bénisti... Chacun d'eux me faisait songer avec une grande émotion à mon ami Jean Pélégri qui nous a quittés il y a déjà six piges et qui m'avait
confié les lettres que Jean Sénac lui avait écrites pour que j'en fasse un bouquin qui existe et que je garde précieusement...Je crois bien que l'Algérie ne me quitte pas et même si je veux m'éloigner d'elle et passer la main à d'autres aujourd'hui elle me rattrape toujours par le bout du coeur et de la tendresse profonde que les gens des cités me donnent et me redonnent sans cesse maintenant ce sont les jeunes de la deuxième et la troisième génération les petits enfants des vieux hommes et des vieilles femmes des années 60 qui ont entouré mon enfance de leur présence radieuse et bonne...
Ces heures que
je n'oublierai pas m'ont donné envie d'écrire encore et de vous raconter des histoires... c'est toujours par et avec les
autres que j'écris et j'ai la baraka car à chaque fois que le courage manque ils sont là pour me redonner la force et la jubilation sans quoi pour sûr que j'y serais plus depuis longtemps !Alors vous n'avez pas fini de les retrouver tous ces gens simples et grands les acteurs de notre quotidien dans la tess' d'Epinay et toutes les autres cités de notre banlieue magique qui ont inventé la langue de notre culture populaire avec laquelle j'écris dans nos Cahiers à venir...
Alors à bientôt !...
bon voyage !
us aussi l'ami Louis et mézigue dans cette Bretagne qu'on aime trop et pour monter
notre projet d'un Salon de la culture populaire et de la banlieue alors aujourd'hui est le jour où tous les espoirs sont permis !
aux tons ocres bruns fauves et orange qui évoquent aussitôt pour nos imaginaires
l'Afrique et ses couleurs fabuleuses...
thème " Fenêtre sur cour " et qui consistait à réaliser des
pochoirs multicolores à la peinture acrylique...
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