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  • : Les cahiers des diables bleus
  • : 19/09/2005
  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
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Les Diables bleus

Mardi 31 janvier 2006 2 31 /01 /2006 01:07

                              Les Cahiers des Diables bleus

      Comme nous vous l’avions annoncé en démarrant ce blog il y a bientôt trois mois, nos Cahiers des Diables bleus qui venaient à l’époque de prendre leur envol pour cette aventure d’écritures et d’images partagées depuis les banlieues que nous aimons vers chacune et chacun de celles et de ceux qui ont envie de découvrir des formes d’expression souvent ignorées ou traitées avec un certain mépris, publient en ce mois de février 2006 leur premier Cahier collectif qui à pour thème les sans-papiers.

        Après de nombreuses après-midi, soirées et journées de week-end passées avec acharnement et passion, et aussi avec une grande jubilation à mettre ensemble les textes que nous ont envoyés amies et amis devenus collaboratrices et collaborateurs, images et photos, les nôtres et les vôtres, et à inventer jour après jour ce qui allait être l’univers visuel et poétique de nos Cahiers, nous avons eu le plaisir début janvier de voir sortir de l’imprimante le premier exemplaire de cette réalisation hors normes et qui va maintenant être regardée par d’autres que nous.
      Les premières réactions de personnes amies ou également moins proches mais vivant leur quotidien dans la banlieue qui nous a si fortement et généreusement inspirés ayant été enthousiastes vis-à-vis de l’aspect visuel et graphique (chouette alors, on y a drôlement bossé !), on attend avec impatience d’autres commentaires, après lecture et découverte de cet espace où l’imaginaire, la poésie et les témoignages de vie au quotidien s’emmêlent pour vous enchanter.
      Et comme les responsables du Salon du Maghreb du Livres, ou plutôt de l’Association « Coup de Soleil » qui décide de qui aura droit à quelques mètres dans les extras salons de l’Hôtel de Ville de Paris pour présenter sa revue au public très nombreux en cette fin de février, ne semblent pas vouloir nous louer une p’tite place, bien que nous ayons honoré la cotisation depuis deux ans, je vous redonne l’adresse à laquelle vous pourrez vous procurer ces Cahiers des sans-papiers rebelles et créateurs, ainsi que nos adresses mail pour nous envoyer textes et images en vue de la publication du prochain Cahier collectif.
      Celui-ci aura un thème qui ne vous étonnera pas : « Banlieue », et sa parution est prévue pour septembre ou octobre 2006 avec toujours environ 100 pages A4 recto verso et toujours un visuel fou fou fou…
      Vous pouvez donc commander le Cahier des sans-papiers pour la modique somme de 12€ port compris, en envoyant un chèque accompagné de vos nom et adresse postale à l’adresse suivante, ou bien en contre-remboursement :


Dominique Le Boucher
41, Cours de Vincennes
75020 Paris
Nos adresses mail : le-boucher.d@wanadoo.fr
ILOUFOU@aol.com

      Et voici pour vous mettre l’eau à la bouche un rapide descriptif du Cahier des sans-papiers, ainsi que quelques extrais que nous ne connaissez pas encore.

 

      Les Cahiers des sans-papiers publiés par les Diables bleus et fabriqués à Epinay-sur-Seine sont un recueil de textes collectifs illustrés de photos et d’images composées à partir d’un graphisme largement inspiré de la création actuelle des banlieues.
      Le thème des sans-papiers a été choisi en raison de la situation de plus en plus grave faite aux immigrés sans papiers dans les banlieues ainsi que des récentes morts des personnes dans les hôtels parisiens détruits par le feu dans le courant de l’automne 2005. Certains textes écrits au fil des événements relatent également notre témoignage concernant la colère des jeunes des banlieues en Novembre 2005.

      Ce Cahier est divisé en cinq rubriques :


Fictions : nouvelles et récits créatifs courts
Petites chroniques : témoignages vécus
Revue de presse : articles et coupures de presse
Journal d’une fille de banlieue : Récit au jour le jour à travers la banlieue
Histoires à suivre : contes et textes créatifs en épisodes

      Les personnes ayant participé à ce premier Cahier collectif sont :

 Laurent Bieber artiste de théâtre amateur, Eliette Anne Donnat, Aïcha Kerfah, Dominique Godfard écrivaine, Patrick Larriveau écrivain de nouvelles, Jacques Du Mont photographe, Louis Fleury pour le graphisme et la création d’images et Dominique le Boucher pour la mise en page et la création de textes.


      Ce premier Cahier collectif des Diables bleus a été conçu et réalisé dans l’univers de la banlieue parisienne afin de servir de témoignage et de donner un exemple de ce que peut être la culture métisse des différentes banlieues dans lesquelles vivent, créent et travaillent ensemble les populations d’origines diverses réunies là depuis cinquante ans. Notre but et notre désir sont de réunir les expériences et récits multiples des gens et de les communiquer à celles et à ceux qui y sont sensibles afin qu’une connaissance de cet univers souvent clos et un échange réciproque de mots, d’images et de sens s’établisse.


Dominique Godfard
La carte de séjour

Extrait

 

      Le visage du vieux routier fait penser à un masque tragique quand il évoque cette année là. Mais il le chasse d’un clin d’œil et retrouve sa bonne humeur pour parler du cas de Diabé, un ami qu’il avait soutenu dans ses démarches.

      « Quelle saloperie, cette carte de séjour… Vingt ans qu’il y pense jour et nuit. Elle a volé mon époux, elle a volé le père de mes enfants. Quelle saloperie ! » affirme Diaminatou.

      Le rire cristallin de Natou l’interrompt :
« Tu exagères, maman ! Papa, y connaît tous les papiers ! Et il a bien fait parce que, comme ça, à la Préfecture, on peut rien contre lui !
-Tu crois, ma fille ? » répond-elle dans un soupir.
Sa voix est douce, mais tellement lasse.
Avril 1994


Le sourire blanc des crocodiles
Patrick Larriveau

Extrait


      Au petit matin…
      Nous avons atterri.
      Le silence a hurlé entre nous, s’engouffrant dans nos corps épuisés par une nuit d’errance. Du coton des étoiles que personne ne ramasse, il avait tiré du lait glacé qui, maintenant que l’avion finissait sa course, coulait dans nos veines sombres comme sur nos tombes.
      J’ai à peine regardé Ibrahima, à côté de moi. Derrière le hublot, une lumière d’ivoire ciselait la terre. Rien ne bougeait. Pas plus de vent dans les hautes herbes, autour de la piste, que de nuages dans le ciel safran.
      J’ai cessé de pleurer. Derrière mes yeux, j’apercevais mon double, Edidi, debout sur la pirogue, au milieu du marigot, semblable au gardien du troupeau, ses deux bras maigres et longs agrippés au bâton de marche. Son vêtement était poussiéreux. Son visage émacié portait les ravines de la fatigue. Parce qu’il avait mis toute ma vie pour me trouver.
      L’hôtesse de l’air – sans rire – a dit de ne pas bouger. Les autorités locales prenaient les choses en main. On allait nous servir du café. Quelques-uns de nos “ accompagnateurs ”, ainsi se disent-ils, sont descendus. Par la porte ouverte de la carlingue, le soleil est entré avec son masque Bobo et son ventre de chacal. Il est venu manger notre liberté, jeter les restes dans la fournaise de la brousse. J’ai fermé les yeux. Un instant. J’ai su alors que j’étais sauvé puisque au milieu des eaux boueuses mon double n’a pas bougé. Ensemble, nous avons regardé les flammes mordre la rive, essayer en vain de nous atteindre.
      - Tu as de la chance, m’a-t-il dit, il te reste encore un rêve.

      J’ai longtemps frotté mes poignets endoloris par le métal.
      Ibrahima a murmuré :
      - On ne nous pardonnera jamais. Même comme esclaves, les blancs ne nous veulent pas.
      A ses mots du vieux sénoufo, bien malgré moi, j’ai refait le chemin d’une misère à l’autre.

Il existe/ Il existera encore/ Sur la Terre/
Des/ Connaisseurs/ Qui luttent/ En silence
Qui pleurent/ En silence/
Pour interdire/ Aux autres/
De verser/ Des larmes.
Pacéré Titinga







Par Dominique Le Boucher - Publié dans : Les Diables bleus
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Mercredi 22 février 2006 3 22 /02 /2006 13:07

Les Cahiers des Diables bleus au Salon

Les Cahiers des Diables bleus qui viennent juste de publier leur premier Cahier collectif avec pour thème les sans-papiers vous annoncent qu'ils ont maintenant un site sur lequel vous pouvez venir les voir et jeter un p'tit coup d'oeil aux diableries qui animent leurs pages.

Voici l'adresse où vous pouvez nous rejoindre : www.lesdiablesbleus.com

Et puisqu'aucune bonne nouvelle n'arrive jamais seule, Les Cahiers des Diables bleus seront présents au Salon du Maghreb des Livres ce week-end du 25 et 26 février à l'Hôtel de Ville de Paris pour faire découvrir aux gens les histoires des banlieues et les émerveiller.

Si vous avez envie de venir causer avec nous et de boire un p'tit thé à la menthe, nous serons très fiers et ravis de faire votre connaissance. Les Diables bleus vous attendent avec grande impatience et mille diableries !

Par Dominique Le Boucher - Publié dans : Les Diables bleus
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Dimanche 26 février 2006 7 26 /02 /2006 00:12

Les Cahiers des Diables bleus

participent durant tous le week-end au Salon

Venez rejoindre les Diables bleus !

Le Maghreb des Livres 2006

25 26 Février 2006 .

La grande fête annuelle du livre du Maghreb aura lieu cette année à l'Hôtel de Ville de Paris.Maghreb des Livres 2006
Le Samedi 25 Février de 12 heures à 20 heures
Le Dimanche 26 Février de 10 heures à 18 heures

Programme

Le Maroc, invité d'honneur

LE MAGHREB DES LIVRES 2006, C'EST:

Le plus grand Salon du Livre sur le Maghreb et l'intégration, sur les deux rives de la Méditerranée.

L'un des événements culturels-phares de ceux qui s'intéressent au Maghreb, en viennent, ont des échanges ou des liens avec le Maghreb : plus de 6 000 visiteurs venus pour l'édition 2005.

Près de 1000 titres publiés en France en 2005 sur le Maghreb et l'intégration ou par des auteurs originaires du Maghreb: preuve de l'extraordinaire vitalité éditoriale sur ces thèmes, et de la demande du public pour ces questions.

Près de 10 000 titres différents proposés, dans les domaines les plus divers: littérature, histoire, sociologie, politique, beaux-arts, BD, cuisine, déco, jeunesse...

Le meilleur de la production en français des éditeurs d'Algérie, du Maroc, et de Tunisie : pour découvrir les talents émergents et les nouvelles tendances de la littérature du Maghreb.

200 auteurs d'ici et de là-bas viennent signer leurs ouvrages: de Yasmina Khadra à Benjamin Stora, de Leïla Sebbar à Abdellatif Laabi, d'Albert Memmi à Catherine Wihtol de Wenden, le public vient rencontrer les plus grands écrivains et penseurs sur des questions au cœur de l'actualité.

Parmi les exposants: des revues, magazines, producteurs de disques, témoignent de la vitalité de la vie culturelle maghrébine en France .
Des dizaines de débats, expositions, films, ainsi qu'un café maure , animent ces deux journées.

Le Maghreb des Livres, dont c'est la 12° édition, est organisé par Coup de Soleil, association de 300 bénévoles née il y a 20 ans, qui réunit des Maghrébins et des Français, d'ici et de là-bas, pour mettre en valeur tout ce que les gens originaires du Maghreb apportent à la France et à l'Europe.


Par Dominique Le Boucher - Publié dans : Les Diables bleus
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Vendredi 17 mars 2006 5 17 /03 /2006 00:36

Le Salon du Maghreb des Livres

A la veille du Salon du Livre de Paris auquel nous ne participerons pas comme tout ce qui est de l'édition et de la publication marginale, voici quelques images du Salon du Maghreb des Livres qui a eu lieu il y a quinze jours dans les salons de l'Hôtel de Ville de Paris.

 

Un voyage au coeur des espaces un peu fous de l'Hôtel de Ville qui est notre propriété à tous, nous aurions tort de l'oublier, et que nous ne pouvons explorer que trop rarement.

 

 

 

Un voyage au milieu des livres qui parlent du métissage, de la Méditerranée et de ses gens qui y vivent de part et d'autre depuis des siècles et qui y racontent des histoires...

 

 

A la table à côté de la nôtre, la revue Algérie Littérature Action animée depuis dix ans par Marie Virolle une amie de toujours avec qui nous allons encore partager de folles parties de rires et nos passions littéraires…

 

 

Il y en a qu’on ne voit jamais dans ces Salons, ce sont justement ceux qui travaillent à la réalisation de nos Cahiers des Diables bleus  dans la banlieue à Epinay, ceux comme Louis qui dessine et d’autres encore… dommage…

 

 

Avec Dominique Godfard qui a écrit « La carte de séjour » dans nos Cahiers, Christiane Chaulet Achour professeur de littérature comparée à la Fac de Cergy et écrivaine de nombreux essais sur les artistes d’Algérie et de toute la francophonie ainsi que Neïla la petite héroïne des Diablotins venue nous voir… et avec Marie !

 

 

 

De belles heures d’amitié et de poésie partagées ainsi que de nombreux contacts et quelques ventes pour nos Cahiers des Diables bleus lors de leur première sortie, que demander d’autre à la vie ?

 

Par Dominique Le Boucher - Publié dans : Les Diables bleus
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Vendredi 2 juin 2006 5 02 /06 /2006 01:39

     

      Café-crème est un livre qui existe désormais grâce au procédé de l'autoédition que j'ai utilisé comme de nombreux auteurs qui en ont assez de voir les bénéfices de leur travail d'écriture passer de mains en mains entre éditeurs, diffuseurs, libraires... et qui ne touchent jamais ni droits d'auteurs, ni le moindre salaire évidemment.

      J'ai publié une dizaine de livres, essais, récits, contes poèmes, et de nombreux textes de critique littéraires dans diverses revues avant de me décider à me mettre avec mon ami Louis qui a réalisé entièrement l'image et la maquette de couverture de Café-crème, à fabriquer des Cahiers livres nous-mêmes, ce qui a donné naissance aux Cahiers des Diables Bleus et puis, pourquoi pas, à chercher un moyen de publier autrement mes manuscrits grâce à l'impression numérique.

Je vous parlerai la semaine prochaine de ce qu'est notre récente expérience de l'autoédition, et du travail qu'elle a nécessité. Vous pouvez trouver Café-crème sur le site d'Imprimermonlivre.com parmi d'autres livres d'auteurs qui ont suivi le même parcours que nous.

Voici la préface qu'a écrite Leïla Sebbar pour ce livre de nouvelles que j'ai voulues légères et malicieuses ainsi qu'un peu... colorées comme la mousse douce du café-crème qu'on boit parfois à la table d'un bistrot, en attendant la suite...

                           Préface de Leïla Sebbar


      Le café-crème, ce serait la récompense de l'aube, le bout de la nuit où on a marché longtemps, avant le repos.
      Les vagabonds de Dominique Le Boucher vont ainsi d'un café à l'autre, d'un trottoir à un banc public. D'où viennent-ils ? Sans maison ni famille, sans toit ni loi. Ils viennent de loin, la cité, la banlieue, le squatt, comme si ces lieux-là étaient des terres inconnues et redoutées où on n'ira jamais parce qu'il y a danger de malheur, de laideur et de mort.
      Ils sont errants, mais vivants, de vies multiples où le rouge et le bleu s'affrontent au gris noir et sale. La rue, le macadam hostile, la soupe populaire pour les pauvres, l'usine où s'épuisent le corps et l'âme. Ces fous errants s'arriment au comptoir des cafés, à la baignoire blanche, au pinceau chinois. Dominique Le Boucher leur donne à rêver et à désirer, dans leur dérive.
      Le rosier sauvage et secret de Casimir le patron de bistrot et ses roses uniques, parfum léger et jeunes filles du cours de Madame Angèle. Casimir est un Sage comme Khaled l'aveugle et Maître Zao.  Ils sont de ce monde qu'ils déchiffrent comme des devins, et détachés de ses biens communs, ordinaires. Ils sont là, placides. Entre parades de cirque et cabaret, ivrognes et fous dangereux. Ils observent, ils ne jugent pas. Ils écoutent les histoires.
      Raconter des histoires, c'est échapper à la misère, à la mélancolie. Les acteurs de la rue et du macadam savent raconter des histoires et on les écoute. Fables, contes, faits divers, rêves excentriques d'éléphants blancs dans une baignoire, champagne à la Closerie des Lilas (ce n'est peut-être pas un rêve, l'écrivaine peut seule le confirmer ou l'infirmer), désir d'Afrique avec l'ami africain à la peau bleue, peintre éphémère, le regard de l'aveugle Khaled « lézard de lumière dorée ».
      Les trois Justes, Casimir, Khaled, Zao semblent éternels. Ils seront toujours là, solides et généreux dans leur dénuement, pour les pauvres et les gueux qui peuplent un théâtre pathétique, orgueilleux. Alors la fable devient réalité, la tribu de bêtes fabuleuses et d'hommes à la dérive se dessine sur « papier créole ». Ce n'est plus un songe nous dit Dominique Le Boucher avec, dans la voix, de la colère, de la révolte mais combien de tendresse.

Paris, 15 août 2005


Par Dominique Le Boucher - Publié dans : Les Diables bleus
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