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Saïd et Diana

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  • : Les cahiers des diables bleus
  • : 19/09/2005
  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
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Image de Dominique par Louis

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P'tits poèmes diabolique

Samedi 12 novembre 2011 6 12 /11 /Nov /2011 21:56

 

Permission de sortie

ouvriers.des.chansons4--1-.jpg

Enfance c’était une gare terrible

Où tout s’arrêtait où tout s’épongeait

L’encre sur les doigts avec un mouchoir

Oh ! que j’aimerais Oh ! que j’aimerais

Oiseau colibri savoir inventer la pluie

Avec tes ailes m’envoler jouer tam‑tam

Tam‑tam canne à sucre et puis voler ton âme

Les murs des gares sont en papier buvard

A l’envers tout est écrit mangue ouistiti

Enfance un jeu de massacre une cible

Trop petit pour atteindre le comptoir

Où on dégomme les cafés noirs des gares

Depuis combien de stations on rame

Enfance c’est le crapaud tambourineur

Qui annonce : “ Descendez tous station souffrance ! ”

Quais rails sifflets on connaît ça par cœur

Sous le préau en rangs bérets noirs silence

Enfance c’était une gare de triage

Où tout était joué où tout était triché

Mouchoir déchiré pour bloquer l’aiguillage

Oh ! que j’aimerais Oh ! que j’aimerais

Perroquet turquoise couper par la forêt

Aux lianes phosphores tailler dedans

Et planter de petits totems devant ta case

Dans les halls des gares pupitres en bois blanc

Attendent la cérémonie où on rase

Nos crânes nostalgie mangue ouistiti

Enfance une permission de sortie toujours

Refusée des morceaux de verre pour gratter

L’encre sur le bois oiseau colibri

Sous nos paumes sentir l’âme des crapauds lourds

Monter monter vers nos désirs de tuer

Et de s’asseoir sur les tabourets du bar

Devant combien de quais attend‑on dans le noir

Que les pupitres soient des palétuviers

Bolongs.jpg

Des bananiers géants pour enfance t’aimer

 

Enfance c’était une voix de gorge

Où on se moquait de tout où on cassait tout

Mouchoirs aux fenêtres d’un furieux voyage

Oh ! que j’aimerais Oh ! que j’aimerais

Colibri sortir des statues mortes debout Colibri  

Dans des cimetières où personne ne va                        http://mississippi.centerblog.net

Déposer des petits baisers sur vous amis

Et des cailloux polis mangue ouistiti

Par l’océan lavant les quais à coups de jet                 

D’encre fraîche dans l’herbe qui ne pousse pas

Au milieu des buvards épongeant l’histoire

Que personne n’écrira sauf les murs des gares

Enfance arrêtée là tasses entre les doigts

Figée en morceaux on dirait un coup de feu

Qui règle le problème de la monnaie

Pendant que les grandes tribus de crapauds bleus

Tambourinent tambourinent et voilà

Qu’à l’intérieur du totem de pierre ou de bois

Bat des ailes colibri l’enfance qui meurt

Enfance c’était une station sans arrêt

On montait dans la locomotive à vapeur

Pour vêtir d’un costume toujours rouge et noirOiseau-miroir.jpg

De fumée indécente déesse des gares

Des vieux artistes fous les cadavres en fleurs.

 

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Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 22:40

Ma main a dit Non

Mains_lumineuses.jpg

Epinay, lundi, 31 octobre 2011

Ce matin en poussant la porte d’un petit bistrot populaire

J’ai vu le journal posé sur le comptoir tranquille

Et tout prêt pour une belle journée docile d’hiver

J’ai vu l’image brutale au milieu de la page du journal

Exposée au coup d’œil machinal des travailleurs de l’aube

Au regard curieux des marchands d’armes et de dieux

Depuis la veille le papier chiffonné couvert de taches brunes

Eveille l’appétit des vieux collectionneurs d’oreilles mâles

Ce midi ils emballeront leur casse‑croûte à la viande crue dedans

Depuis la veille le sang a séché au soleil des vitres pâles

Mais le journal est toujours là épouvantail montrant ses dents

Etalé sur le comptoir gris pareil à un linceul sale

Attendant la nuit entière une lessive de larmes et de clarté

Une pluie bienfaisante pour une ville hérissée d’incendies blancs

Où des corps d’enfants captifs se font à leur cocon de pierre

Sage fourreau définitif qui les protège des bombes et du temps

Je connais une ville qui a des tombeaux plus hauts que les pyramides du Nil

Ses immeubles sont des sarcophages de verre fondu très présentables

Une architecture nouvelle sulfure sortie du four céleste

A enseveli tout un peuple perdu dans le désir dément d’un mercenaire

Assis devant son écran la bouteille de whisky vide entre ses cuisses

J’ai posé ma main dessus l’image nue et ma main a dit Non   

Non à la déesse mort et à ses serviteurs obscurs Non aux clichés obscènes

De l’homme supplicié qui viennent souiller l’enfance à peine sauvée

Main-d-tail-Dom.jpg

Des gamins blacks de Cap Town nageant joyeux dans l’océan à Boulders Beach 

Non à l’histoire tronquée de l’homme supplicié soutenant seul l’ANC

Non à la mémoire d’Afrique trafiquée par les fabricants de fausses nouvelles

J’ai posé ma main sur sa figure fière et ma main a dit Non

Le patron m’a servi un café tiède et gras dans une tasse fêlée

Le type à côté de moi au bar suçait son pastis et son regard lisse

A tracé de la page à ma peau une exquise ligne de mire

Parfaite pour le fusil mitrailleur d’un exécuteur errant

Il a glissé son index furax en direction du journal avec un gros rire

Son crachat éclaboussant la sciure à mes pieds a fait sursauter

La chair fraîche des proies au fond du souvenir empaillé des chasseurs

Je l’ai senti me souffler dans le cou une odeur de charogne

Je l’ai entendu dire d’une voix de philosophe abruti par la peur

Entre les murs de sa chambre d’ombre bardés de photos de guerre

Si ça ne vous plaît pas foutez le camp ailleurs

Mais il n’y aura jamais personne pour m’empêcher d’être là appuyé

Au comptoir d’un bar à bière bon marché à café froid et à tueurs embusqués

Derrière le masque banal d’un des habitants du quartier

Et d’y rester toutes les heures qu’il faut pour dévisager la haine

Epinglée au revers de leurs mimiques repues d’assassins mécaniques

Avec qui je ne partagerai plus les raviolis sauce tomate au sang noir

Dans le réfectoire de l’école communale à la cantine de l’usine

A la table interminable du domaine agricole avec qui je ne partagerai plus rien

Et ma main a dit Non et ma main a arraché la page du journal

Qu’elle a déchiré en centaines de pétales de fleurs de grenadiers

Qu’elle a envoyé au nez des voyeurs du lundi matin au dimanche soir

Et ma main a cherché dans ma poche la monnaie pour payer le café

Elle a jeté les pièces sur le comptoir poussé la porte sans dire au revoir

Dehors j’ai essuyé mes paumes en sueur le matin frais m’offrait

Une grande lampée de tilleuls en maraude et d’érables sucrés

Le rire des mésanges et la lenteur du temps et j’ai songé content

A mes ennemis qui ont été mes amis bien avant que la guerre les ronge

Abattant un à un mes rêves d’une Afrique sœur au fusil mitrailleur

Esclaves de l’or et de la gloire parés pour de futures impostures

Marchands d’images costumés de mirages et de décadences

Et ma main a dit Non si souvent elle avait tenu la leur Main-de-mendiant-Dom-copie.jpg

Semblable au poète son âme au creux de sa paume ouverte

Je suis rentré chez moi c’était à deux pas il faisait doux

La solitude me va comme un gant de neige et de fourrure

Loin des bourreaux le sable assoiffe nos pages d’innocence.

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Mercredi 5 octobre 2011 3 05 /10 /Oct /2011 18:58

Un monde qui nous crève les yeux

CRS

           C’est plutôt rare que j’aie besoin de commenter les poèmes que j’écris… Pas mon style mais là c’est autre chose… 

Y a quelques jours que le système le plus nuisible et le plus toxique sur lequel repose la société mafieuse où on est tous ensablés a par un hasard poétique incongru pris un coup dans l’estomac… Ce monde comme vous savez est un réseau de mafias toutes plus suceuses de sang les unes que les autres et elles se filent la paluche pour traire le brave lascar qui n’y voit que dalle d’ordinaire… Et aussi pour le tuer lentement ou un peu plus vite selon leurs nécessités propres parce qu’elles n’aiment que la mort…

La came… les armes… les trafics de bagnoles et d’êtres humains… le pillage des ressources naturelles de l’Afrique et de l’Arabie… la destruction de toutes les formes de cultures et de civilisations… tout ça fonctionne ensemble peinard et infâme à fond sans que quiconque ouvre les quinquets pour regarder en face la totale arnaque !

Et pourquoi donc que je me demandais en lisant les commentaires indulgents voire complices à l’égard du dealer de mort Neyret la plupart des gens qui ont des mômes en âge de se faire filer le train par des revendeurs de poudre sont‑ils prêts à cautionner n’importe quel comportement pervers et mortifère à partir du moment où ce sont des types bourrés aux as et puissants qui s’y donnent ?

Oui pourquoi ?… Étonnants ces commentaires rigolards ou toujours un peu à côté de la plaque concernant cette “ affaire policière ” qui n'en est pas une... Ça doit gêner pas mal de gens qu'on dévoile un tantinet de ce que nous qui vivons dans les cités de banlieue depuis des années et qui avons pas mal écrit sur le sujet on a pu observer et qui confirme nos analyses et nos réflexions quant à ce qui se joue dans ces lieux-là..

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Le fait que les trafics de came… de bagnoles volées… de tout ce qui circule de manière illicite dans les lieux dit “ chauds ” des périphéries des grandes villes sans qu'aucune intervention policière ne soit efficace pour les faire cesser soient utilisés par certains aux plus hauts niveaux de la police et des pouvoirs à des fins à la fois de profits personnels et politiques on le sait et on le répète vu qu’on en subit les errements et les violences en fin de course et sur place chaque jour…

Si je n'écris plus dans notre blog pour raconter l'existence des gens dans la cité où on vit p’tit Louis et cézigue c'est parce que les racines du mal ne sont pas du tout là où on veut nous faire regarder : à la base dans les rangs de ceux qu'on voit et qu'on nous désigne du doigt… Eux, les petits revendeurs et casseurs qui nous rendent le plus souvent la vie trop dure sont au bout de la chaîne et s'ils y sont depuis très longtemps c'est bien parce que en haut y a du “ joli monde ” que ça intéresse qu'ils y soient…

Qu'enfin ce qu’on clame avec obstination et expérience à l'appui depuis toujours surgisse d'un seul coup pour donner à voir une société et un monde qui préfèrent là comme ailleurs demeurer aveugles et accuser les mêmes toujours et encore : les petits voyous de la rue qui eux ne sont pas des “ références respectables ” c'est une chance qui nous est offerte à tous de décider de changer la donne…

La came ça rapporte un argent considérable à ceux qui la font circuler et en tirent tous les profits possibles… Désormais on peut savoir où et qui ils sont si on a envie de le savoir et de pouvoir ensuite commencer à reconstruire des sociétés plus justes et plus solidaires…

Mais pas question de se leurrer… cette possibilité de regarder là où les choses se mettent en place pour pourrir l'existence humaine et la ravaler à celle d'aliénés persuadés que rien jamais ne peut être vécu autrement que selon le modèle donné pour immuable va être de courte durée…

Rapidement il est probable que ces “ individus hors de tout soupçon ” seront blanchis comme celle qu'ils contribuent à faire passer aux gamins des banlieues car “ là au moins tu peux bien t'éclater ”… et que nous continuerons à ne pas réagir face à ce qui peut tout à fait devenir un Etat et un monde que seules régiront bientôt la violence et la déloyauté devenues les normes…

arrabal

 Et j’ai de bonnes raisons d’avoir la haine la plus féroce qui soit vis‑à‑vis de ce genre de type dégueulasse comme celui qui vient de se faire crever afin sans doute de mieux relancer le système… J’ai vu y a trente piges de ça crever aussi mais pas pour de rire pas mal de mes poteaux d’overdose et je peux vous assurer que ceux qui leur vendaient cette saloperie de poison étaient des mecs de milieux bourgeois bien friqués et tout à fait “ respectables ”…

Je ne vous oublierai pas vous mes petits frères morts à la sortie de l’enfance grâce à tous ceux autour de vous qui ont résolument fermé les yeux devant les tueurs comme ils les ferment aujourd’hui quand on balance des missiles de fabrication bien de chez nous sur les enfants de Libye…  

Ce monde actuel est totalement décadent et inhumain et nous en avons les responsables sous les yeux. A nous de voir...

 

Journal du jour d’après

Zone.jpg

Epinay, Dimanche, 2 octobre 2011

 

A mes petits frères morts d’overdose

 

C’était hier c’était demain

On a tous pris le même chemin

Nos vieux comme nous ils étaient tout nus

Les tueurs nous ont mis la mort au menu

 

Ce matin je jubile au bout de mon fil

Pendu comme un pendule de cristal

Nos destins de soleils éteints oscillent

Au‑dessus de leurs suaires de métal

Y a longtemps qu’ils nous ont fait suer la peur

Comme un troupeau animal face aux couteaux

Mes petits frères hier les tapeurs

Apportaient la blanche le flingue au fourreau

Dans les cités facile on les repère

Le fric déjà leur tire dans le dos

Ils jouaient votre peau d’enfants fossiles

Contre une Ferrari leurs mains salies de sang

Quand on en serre un on sait que c’est rien

Leurs mafias raffolent du chaos final

On aura moins mal quand on sera cent

Notre temps fatal solitaire détale

 

C’était hier c’était demain

On a tous pris le même chemin

Nos vieux comme nous ils étaient tout nus

Les tueurs nous ont mis la mort au menu

 

Y a longtemps qu’ils nous la servent fraîche

Sur un plateau dans les coulisses glissent

Leurs mains de maquignons contre nos peaux

Des caresses de commerçants tous de mèche

C’est le gang des gagneurs de mômes hagards

Ceux qui versent le sucre à la cuillère

Dedans nos tasses amères à boire

Les dealers nous cueillent dans leur étroit calice

Le sang et l’or sèchent la douceur du soir

Qu’on n’aura pas ils ont mis du noir sur l’aurore

Qui va vous réveiller mes petits frères

Refroidis sur les oreillers de pierre lisse

Balancés d’une aiguille grave à la saignée

De nos carrefours d’enfance sans malice

Vos vingt berges à ramer qui a daigné

Dans le journal d’hier s’en soucier

 

 

C’était hier c’était demain

On a tous pris le même chemin

Nos vieux comme nous ils étaient tout nus

Les tueurs nous ont mis la mort au menu

 

Sur les paliers en bas des escaliers

On est reliés au fil de la défaite

Et au cœur du dédale retenus

Faute d’avoir la force on a voulu la fête

Les traqueurs hantent le rebord des trous

Où demain les enfants basculeront encore

Comme vous mes petits frères et je leur voue

Toute la haine et notre enfer à reculons

Ce sont eux qui ont maqué le décor d’un monde

Plus immonde que l’intérieur de leurs bunkers

Faits pour passer outre la traversée

A travers leurs hivers d’outre mort nucléaires

Au long des pistes de brousse on a tous

La camarde aux trousses légère l’araignée

Dans nos corps abîmés tisse sa toile rousse

A l’hiver de nos veines la vie va saigner

 

C’était hier c’était demain

On a tous pris le même chemin

Nos vieux comme nous ils étaient tout nus

Les tueurs nous ont mis la mort au menu

 

Y a longtemps que la clique glauque fricfraque

Que ses gamers aux fringues du ghetto narguent

Les fils des gueux qui comme leurs vieux raquent

Ça n’est plus l’impôt l’arnaque c’est la défonce

Contre de la défense d’éléphant on largue

L’amarre de nos rêves au cloaque on fonce

Comme vous petits frères on est tout au bout

Du tunnel et pour toucher la lumière

Celle qui bout là‑bas d’un bon coup d’aile

Il faudra de la thune autant demain qu’hier

Vous qu’êtes du bon côté ouvrez vos mirettes

Tous ils amassent le flous à la pelle

Marchands d’armes de came même mise à mort

Sa ligne blanche coupe nos banlieues

Et sa guillotine à dimanches nous mord

C’est elle qui a tranché les mains de nos vieux

 

C’était hier c’était demain

On a tous pris le même chemin

Flics richards artistes et paysans

Employés ouvriers macs ou commerçants

On a tant aimé la guerre on a oublié

Il est bien tard et le fil est tout rouillé

Mes petits frères morts un jour sur terre encore

Pour que la mémoire du fleuve à l’aurore

Visage sang

Rouge de notre sang obscur demeure. 

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Mercredi 14 septembre 2011 3 14 /09 /Sep /2011 21:49

Un sablier de neige

desert_blanc.jpg

 

Sexe neige noir nuit

Sang slip sueur sauvage

Sortie de secours naître

C’est cela ? Neige nacre de cris

Bouquets de mai matrice émoi

Des langes rouges sur un mur blanc

Sexe mouille mon encre en toi

Toison têtue ton musc j’essuie

Cru je croque le fruit des rois

 

Mon odeur je sais sexe sang suie

Verge larmes lance luit

Sexe debout la soie qui se fend

Soif slip sève sillage

Prince sablier ta neige fuit

Ça s’écoule cils ciels semence

Blessée c’est sûr de signes rouges

Gouge grave en creux matrice

Les lignes recueillent ton errance

 

Noir nuit qui enserre tes cuisses

Poussière cendre feux d’artifices

Défleuris déjà ! Et moi de mai

Qu’est-ce que j’en fais ? grenade.jpg

Sexe rouge rage royaume

Rose sang en dedans je suis

Je suis éclaboussée d’aurore

Et j’y serai encore

Jusqu’à ce que neige au creux des rues

Soit sable des roses devenue.

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Mardi 6 septembre 2011 2 06 /09 /Sep /2011 01:03

Petit feuChameau de chat

A Louis

 

Il suffirait d’éteindre cette chandelle

Sur la table là pour que tu apparaisses

Cette mèche fumant que je m’enfouisse en elle

Afin que ta forme chaude et douce renaisse

Que la blessure bleue de la flamme posée

Au bord de ce soir d’été où je tente

Tel un chat assis sur l’asphalte de papier

D’apprivoiser les feux follets qui hantent

Mon encrier soit aussi vaste que la nuit

Que les allumettes au moment de dormir

S’entêtent folles à faire craquer ton rire

Quand le renard du désert cerne les tentes

De son museau gris de rosée de son cri

Pour que totem de plumes tu apparaisses

Que soudain ton corps brûlant parfum précieux

Cernant l’or des mots écrits rallume l’attente

Et que de ton petit feu tu m’offres l’ivresse

Il suffirait de souffler cette chandelle

Sur la table là pour que hibou de laine

Tu viennes habiter ma nuit d’été infante

Au boubou bleu que tu empruntes sa traîne

Au narguilé flacon garance audacieux

Pour que mille citadelles d’Orient se dressent

Et que s’enflamme dans l’or doux de tes yeux

Le clair de lune amoureux du cœur des chandelles.Fatigue 1

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