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Saïd et Diana

Said-et-Diana-2.jpg

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  • : Les cahiers des diables bleus
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  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
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Colères noires

Samedi 16 avril 2011 6 16 /04 /Avr /2011 22:09

      Il se passe en ce moment des événements si tellement terribles et inhumains les uns à la suite des autres que moi qui suis comme vous savez une incorrigible bavarde j'ai souvent envie de silence simplement... Boycott Israel-copie-1

      L'assassinat de Vittorio Arrigoni jeune militant pacifiste italien en Palestine dont vous avez pu lire souvent les articles qu'il achevait toujours par ces mots que je lui ai régulièrement empruntés et qui sont en train de devenir grâce à lui le symbole de la jeune génération à Gaza : " Restons humains " est une de ces choses qui tuent en moi plus sûrement que d'autres l'espoir et le rêve d'un autre monde... Et je ne suis pas la seule à ressentir ça aaujourd'hui... 

     Après le meurtre du jeune Fukan Dogan à bord de la flotille de la Paix sur le bateau turc et celui il y a une semaine de Mer Khamis réalisateur israélo-palestinien également en Palestine ces assassinats de militants pacifistes généreux et solidaires dans l'action et dans l'esprit nous plongent dans la stupeur et nous laissent prévoir une accélérations des guerres et des tueries de la part de l'Occident et d'Israël... ce qui est déjà en route... 

      Je voulais écrire un article à ce sujet mais je suis trop bouleversée par la mort de Vittorio qui était un être que tous aimaient et respectaient à Gaza comme le montrent les images de la réaction du peuple de Gaza à sa mort injuste pour le faire avec sérénité ce soir... Dans quelques jours sans doute...

      Mais Vittorio n'est pas mort et sa bonté rejeillit déjà sur tous ceux qui n'acceptent pas et n'accepteront jamais les guerres... Il est et demeurera toujours notre sourire de résistance comme celui de Victor Haja dans le stade de Santiago du Chili... Hasta siempre Vittorio !

      " Restons humains " Vittorio-Arrigoni.jpg


Gaza sous le choc après l’assassinat de Vittorio Arrigoni

Samedi 16 avril 2011

 Ziad Medoukh Vittorio.png

 

Nous sommes désolés Vittorio

 Nous sommes tous Victor

 Sincèrement, je ne trouve pas les mots pour décrire l’état de choc de tous les Palestiniens en général et de ceux de la bande de Gaza en particulier, après l’assassinat, ce matin, par un groupe inconnu, du solidaire, militant et journaliste italien, Vittorio Arrigoni

 Vittorio Arrigoni est arrivé à Gaza en 2008, et il a alors décidé d’y rester, afin de témoigner de la barbarie de l’occupation, dans des journaux, pour des agences de presse et des associations internationales, mais il ne savait pas qu’un acte tout aussi barbare, provenant d’hommes bien éloignés de nos traditions, mettrait fin à sa vie.

 Il est parti avant de pouvoir accueillir la deuxième flottille de liberté prévue en juin prochain, flottille dont il a été l’un des principaux organisateurs.

 Il est mort avant la sortie en France de son livre : Rester humain à Gaza, sortie prévue le mois prochain. Vittorio-3.png

 Le lâche assassinat de ce militant est choquant, révoltant, et injuste, car il vient de ceux qu’il a voulu aider.

 Les partis politiques, la société civile, les syndicats et la population condamnent avec fermeté ce lâche assassinat d’un homme de bonne volonté, d’un solidaire, d’un grand ami de Gaza, de la Palestine et de la justice.

Vittorio ou Victor, c’est ainsi que ses amis Gazaouis aimaient l’appeler, avait de bons contacts avec tout le monde à Gaza : associations, partis politiques, étudiants, jeunes, journalistes et simples citoyens, il était partout pour venir en aide à la population civile, pour organiser des manifestations et des rencontres. Il était l’un des rares étrangers présents à Gaza, Gaza qu’il a refusé de quitter lors de la dernière guerre israélienne, fin 2008 début 2009. Il y a participé, malgré sa propre blessure, aux secours et aux soins aux victimes. Vittorio-4.png

 Personnellement, j’ai eu l’occasion de le rencontrer deux fois, la première en juin 2010 sur le port où il attendait l’arrivée de la première flottille de la liberté qui a été attaquée par la marine israélienne, et la deuxième fois, au nord de Gaza où il organisait des manifestations pacifiques contre la zone tampon imposée par l’armée israélienne pour interdire aux paysans de cette région d’aller cultiver leur terre. Chaque fois, je le trouvais déterminé à demeurer avec cette population sous blocus, pour lui prouver sa solidarité. Vittorio-5.png

 Vittorio restera dans la mémoire des Gazaouis, ils n’oublieront jamais leur grand ami, celui qui essayait, dans cette difficile situation d’enfermement, d’entretenir l’espoir auquel ils sont si fermement attachés et dont il parle dans son article : Gaza, portes ouvertes sur l’espoir. De même que dans de nombreux autres articles et témoignages. Vittorio-2.png

 

Nous sommes désolés Vittorio,

Nous sommes tous Victor.

 Nos pensées vont à sa famille, à ses amis, à qui nous disons :

Gaza, ce n’est pas cela, Gaza, c’est autre chose,

Gaza c’est l’accueil,

c’est la reconnaissance du travail de tous les solidaires,

et le petit groupe qui a assassiné Vittorio ne représente ni Gaza ni la Palestine. Vittorio-6.png

Quelques photos du rassemblement de ce soir ( 15 avril ) à Gaza pour dénoncer l’assassinat ce matin du journaliste, solidaire et grand militant italien Vittorio Arrigoni.

Un rassemblement qui a regroupé des milliers de Gazaouis de toutes tendances politiques, et de différentes associations de la société civile, et notamment des jeunes pour rendre hommage à ce solidaire qui est arrivé à Gaza en 2008, et qui, depuis, a décidé d’y rester à coté des Gazaouis sous blocus-avec un seul mot :

 nous sommes tous Victor Vittorio-7.png

Diffusé par Ziad le 15 avril 2011

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Samedi 9 avril 2011 6 09 /04 /Avr /2011 21:53

Article publié par " Le grand soir "

Leur cadeau à l’humanité : la guerre et le racisme      

9 avril 2011

 

John PILGER Guerre.jpg

 

L’attaque Euro-américaine contre la Libye n’a rien à voir avec la protection de qui que ce soit ; il n’y a que les indécrottables naïfs pour avaler de telles bêtises. Il s’agit de la réponse de l’Occident aux soulèvements populaires dans une région stratégique du monde et le début d’une guerre d’usure contre le nouveau rival impérial, la Chine.

La distinction historique de Barack Obama est désormais assurée. Il est le premier président noir de l’Amérique à envahir l’Afrique. Son agression contre la Libye est dirigée par l’Africa Command des Etats-Unis, qui fut mise en place en 2007 pour protéger les ressources naturelles de l’Afrique des peuples miséreux de l’Afrique et de l’influence commerciale croissante de la Chine. La Libye, avec l’Angola et le Nigeria, est la principale source d’approvisionnement en pétrole de la Chine. Tandis que les avions américains, britanniques et français écrasent à la fois les “ bons ” et les “ mauvais ” Libyens, les 30.000 travailleurs chinois sont en cours d’évacuation, peut-être définitive. Des déclarations par des officiels et médias occidentaux selon lesquelles un “ Colonel Kadhafi, dérangé et criminel ” planifierait un “ génocide ” contre sa propre population attendent toujours leur confirmation. Tout cela nous fait penser aux affirmations frauduleuses sur la nécessité d’une “ intervention humanitaire ” au Kosovo, pour pouvoir dépecer la Yougoslavie et installer la plus grande base militaire US en Europe.

Le scénario est tellement familier. Les “ rebelles pro-démocratie ” libyens sont sous les ordres du Colonel Khalifa Hafter qui, selon une étude de la Fondation Jamestown, a crée l’Armée Nationale Libyenne en 1988 avec “ un fort soutien de la CIA ”. Au cours des 20 dernières années, le Colonel Haftar habite pas très loin de Langley, en Virginie, siège de la CIA, qui lui fournit aussi un camp d’entraînement.

Les Moudjahidin, qui ont produit Al-Qaeda, et le Congrès National Irakien, qui ont rédigé les mensonges sur l’Irak proférés par Bush et Blair, ont été eux aussi patiemment préparés dans la cadre bucolique de Langley.

Les autres dirigeants “ rebelles ” en Libye sont Mustafa Abdul Jalil, l’ancien ministre de la Justice de Kadhafi jusqu’en février, et le Général Abdel-Fattah Younes, qui a dirigé le Ministère de l’Intérieur de Kadhafi : les deux ont une réputation bien établie de réprimer sauvagement toute dissidence. Il y a une guerre civile et tribale en Libye, qui comprend une révolte populaire contre les violations des droits de l’homme de Kadhafi. Cependant, c’est l’indépendance de la Libye, et pas la nature de son régime, dans une région composée de vassaux, qui est intolérable aux yeux de l’Occident. Avec sa verve et ses manières de Bédouin, Kadhafi a longtemps été le “ chien fou ” idéal ( Daily Mirror ), qui requie

rt désormais le recours à des pilotes héroïques américains, français et britanniques pour aller bombarder des zones urbaines à Tripoli, dont une maternité et un centre de cardiologie. Le dernier bombardement US de 1986 a réussi à tuer sa fille adoptive.

Fillette-d-un-camp-libanais.jpg

Ce que les Etats-unis, les Britanniques et les Français espèrent réussir est le contraire d’une libération populaire. En sabotant les efforts des authentiques démocrates et n

ationalistes libyens de libérer leur pays à la fois d’un dictateur et de ceux corrompus par l’extérieur, le “ bruit et la fureur ” en provenance de Washington, Londres et Paris a réussi à atténuer le souvenir de ces journées d’espoir de janvier à Tunis et au Caire, et à détourner l’attention de tous ceux qui veillaient à ce que leurs acquis ne soient pas discrètement retirés. Le 23 mars, le régime militaire en Egypte soutenu par les Etats-Unis a publié un décret interdisant les grèves et les manifestations. On n’en a pratiquement pas parlé en Occident. Maintenant que Kadhafi est devenu le démon officiel, Israël, la véritable plaie, peut poursuivre sa campagne de vols des terres et d’expulsions. Facebook a subi les pressions sionistes pour retirer la page appelant à un soulèvement Palestinien – la troisième Intifada – pour le 5 mai.

 

Rien de cela ne devrait nous étonner. L’Histoire nous apprend que de telles machinations sont courantes, comme nous le montrent les interventions de deux hauts diplomates aux Nations Unies qui se sont exprimés dans Asia Times. Lorsqu’ils ont exigé de savoir pourquoi les Nations Unies n’ont pas désigné une commission d’enquête pour la Libye au lieu d’autoriser une agression, il leur a été répondu qu’un marché avait été conclu entre la Maison Blanche et l’Arabie Saoudite. Une “ coalition ” US serait chargée “ d’éliminer ” le récalcitrant Kadhafi et les Saoudiens écraseraient le soulèvement populaire à Bahreïn. Cette dernière tâche étant accomplie, le roi aux mains tâchées de sang de Bahreïn sera un des invités au Mariage Royal à Londres.

Cette réaction est incarnée par David Cameron ( premier ministre britannique – NdT ) dont le seul véritable travail consiste a s’occuper des relations publiques du magnat de la télévision, Michael Green. Cameron se trouvait dans le Golfe en train de vendre des armes aux tyrannies créées par la Grand-Bretagne lorsque le peuple s’est soulevé contre Abdullah Saleh, au Yémen ; le 18 mars, le régime de Saleh a assassiné 52 manifestants. Cameron n’a rien dit de spécial. Yemen est “ l’un des nôtres ”, comme on aime dire au Foreign Office ( Ministère des Relations Extérieures – NdT ). Au mois de février, Cameron s’est démasqué en lançant une attaque contre ce qu’il a appelé un “ état multi-culturel ” - nom de code pour désigner les Musulmans. Il a dit “ Nous devons être beaucoup moins tolérants que par le passé ”. Il fut applaudi par Marine Le Pen, dirigeante du parti fasciste français, le Front National. “ C’est exactement le genre de déclaration qui nous a valu d’être exclus de la vie publique pendant 30 ans ” a-t-elle déclaré au Financial Times. “ Je ne peux que le féliciter ”.

Dans ses périodes les plus rapaces, l’Empire Britannique produit des quantités industrielles de David Cameron. Contrairement à de nombreux “ civilisateurs ” de l’ère Victorienne, les guerriers sédentaires modernes à Westminster – pensez à William Hague, Liam Fox et le vicieux Nick Clegg – n’ont jamais été en contact avec les souffrances et le sang provoqués par leurs paroles et leurs actions. Avec leurs manières légèrement décontractées et toujours arrogantes, ils sont aussi lâches à l’étranger qu’ils le sont chez eux. La Guerre et le Racisme et la destruction du modèle de social-démocratie britannique sont leur cadeau. Ne l’oubliez pas lorsque vous descendrez par centaines de milliers dans les rues, comme le devoir vous l’impose.

 

John Pilger Guerre-2.jpg

http://www.johnpilger.com/articles/...

Traduction “ toute ressemblance avec un agité à l’Elysée... ” par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles

 

URL de cet article 13353

http://www.legrandsoir.info/Leur-cadeau-a-l-humanite-la-guerre-et-le-racisme.html


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Mardi 5 avril 2011 2 05 /04 /Avr /2011 23:10

Militant pour la paix, Mer Khamis a été assassiné à Jénine

Mardi 5 avril 2011 Boycott Israel-copie-1

 

Conal Urqhart - The Guardian

 

Mer Khamis - qui a dirigé un projet théâtral dans un camp de réfugiés palestiniens - a été abattu de cinq balles par des hommes masqués.

 

Mer-Khamis.jpg

Mer Khamis au théatre de Jénine - Photo AFP/Saif Dahlah

 

Un acteur israélien et militant pour la paix, qui a mené un projet théâtre dans un camp de réfugiés palestiniens, a été abattu par des hommes masqués, à quelques mètres du théâtre qu’il a fondé.

Juliano Mer Khamis, âgé de 52 ans, avait reçu des menaces à cause de ses activités à Jénine au nord de la Cisjordanie, mais il avait continué à partager son temps entre Jénine et Haïfa au nord d’Israël. Selon des témoins, il a été abattu de cinq balles.

Mer Khamis est apparu dans un certain nombre de films israéliens après un premier rôle au cinéma dans la production du roman de John Le Carre The Little Drummer Girl en 1984, racontant la chasse du Mossad contre un artificier de l’OLP.

Il était né d’une mère juive et d’un père arabe et chrétien. Sa mère, Arna, était renommée pour la création d’une troupe de théâtre à Jénine pendant la première Intifada qui avait commencé en 1987. Mer Khamis a réalisé le film Les enfants d’Arna, qui célébrait le travail de sa mère ; travail qu’il a poursuivi après la mort de celle-ci en 1994. Son épouse, Jenny, de nationalité finlandaise, est enceinte de jumeaux. Elle a appris la mort de Mer par la radio israélienne.

Le corps de Mer Khamis a été transporté à un checkpoint israélien, d’où il a été emmené à Tel Aviv pour un examen post-mortem.

Bien que son action ait été largement appréciée par les Palestiniens, le fait de rassembler des jeunes hommes et des jeunes femmes avait mis en colère des Musulmans conservateurs à Jénine. En plus des menaces reçues, des bombes incendiaires ont été lancées sur le théâtre. Toutefois, le projet a été soutenu par des militants locaux. Zakaria Zubeidi, un chef de file des Brigades des martyrs d’al Aqsa, avait fréquenté le théâtre alors qu’il était enfant.

Kadura Musa, gouverneur de Jénine, a déclaré : “ Il était un citoyen palestinien d’origine israélienne. Un acteur et un artiste mais surtout un être véritable être humain. Nous ne savons pas pourquoi cela s’est produit, mais tous les gens du camp condamnent la mort de celui qui était notre fils et dont la mère a également fait beaucoup pour les gens de Jénine. ”

Alaa Eddin Saadi qui vit à côté du théâtre a déclaré que Mer Khamis a été abattu alors qu’il était dans sa voiture, transportant aussi son fils âgé d’un an ainsi que la nourrice, qui a été blessée à la main. “ Je ne pense pas qu’il a été tué parce qu’il était juif. Certaines personnes étaient en colère contre les idées libérales dont il faisait la promotion dans son théâtre, mais pour moi c’était quelqu’un de très sympathique qui a travaillé dur pour les gens d’ici. ” les-enfants-d-arna.jpg

 

4 avril 2011 - The Guardian - Vous pouvez consulter cet article à :

http://www.guardian.co.uk/world/201...

Traduction : Info-Palestine.net

 

Un symbole israélo-palestinien assassiné à Jénine

Mardi 5 avril 2011

 

Gilles Paris - Le Monde

 

Il s’appelait Juliano Mer-Khamis et nourrissait un dessein déraisonnable et inconvenant : rapprocher les peuples israélien et palestinien.

Son projet n’avait rien de la mièvrerie des rencontres sportives organisées à des centaines de kilomètres du théâtre des opérations.

C’est au contraire dans le camp de réfugiés de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, ancien “ bastion du terrorisme ” selon la terminologie israélienne du début de la deuxième intifada, que cet Israélien volontiers provocateur avait décidé de porter le fer de convictions héritées d’un couple de parents communistes eux-mêmes sangs mêlés ( Arna Mer et Saliba Khamis ).

Contre vents et marées, il y avait défendu le théâtre ouvert en 1989, en pleine première Intifada, par sa mère et rasé au cours de la seconde après l’assaut donné en avril 2002 au lieu où s’étaient retranchés des miliciens palestiniens.

Selon l’AFP, ce militant a été assassiné lundi 4 avril dans ce même camp de Jénine par un groupe d’hommes armés. juliano_mer_khamis.1301929754.jpg

Acteur et réalisateur, Juliano Mer-Khamis avait consacrée à l’oeuvre de sa mère em portée en 1995 par un cancer, un documentaire extraordinaire : Les enfants d’Arna. Sans nul doute le meilleur film pour comprendre la seconde Intifada.

 

L’une des dernières brèches encore ouvertes du conflit israélo-palestinien vient de se refermer. Dans le sang.

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Jeudi 31 mars 2011 4 31 /03 /Mars /2011 14:57

      beauté Il y a quelque chose de caractéristique des temps que nous vivons et que pointe cet article c'est la déformation du langage qui peut se produire dans les sociétés comme la nôtre où le langage d'échange entre les gens est monopolisé par les intellectuels les journalistes les écrivains... les professionnels de l'écriture ainsi que d'un autre côté les conférenciers les journalistes ausio ou TV les pros de la communication... peu à peu comme s'il fallait que l'esprit s'habitue une fois disparus les intellectuels qui portaient une parole critique et lucide sur le monde établi une parole veilleuse d'utopies... à une perte du sens et de la conscience communes...

       Ne vous y trompez pas c'est de ça qu'il est question sur notre blog depuis sa création : est-ce qu'on laisse notre langue métisse et rebelle se dévoyer jusqu'à ce qu'elle trahisse même nos désirs les plus fous et modifie la portée et la cible de nos actes les plus déterminés pour changer de Monde avant que sa fin ne soit inévitable... Ce qui se passe en ce moment aussi bien avec la guerre en Libye qu'avec l'accident dramatique de Fukushima illustre mieux que jamais la déviance du langage utilisé par des êtres qui n'ont aucune vision d'avenir ni aucune éthique et qui s'amusent à détruire notre espace à tous... espace de partage et de convivialité et espace Vital avec l'imbécilité et la barbarie de ceux qui se croient Maîtres du Monde et possesseurs d'un pouvoir illimité...

        Faute de gardiens de ce langage qui est le nôtre il faut nous y coller tous et être à même de défendre avec une parole populaire humaine généreuse et poétique nos rêves nos réalités les plus chères et la vision que nous avons d'un a venir qui sans notre indignation notre vigilance et notre lucidité ne sera bientôt plus qu'un mort à crédit très limité... Alors ne laissons personne nous dire ce qu'il en est d'une conscience humaine partagée !

 

Cet article est publié dans le Quotidien d'Oran : http://www.lequotidien-oran.com/?news=5150879

 

Libye : “ Aube de l'odyssée ” ou cheval de Troie

L'actualité Autrement Vue :

par Djamel LabidiProméthée

 

“ Aube de l'Odyssée ” est le nom de code de l'intervention militaire occidentale en Libye.

La France, la première, a bombardé en Libye, en Afrique du Nord, aux frontières de l'Algérie. Cela n'était pas arrivé depuis un demi-siècle, depuis la fin de notre guerre de libération.

Du coup, le hurlement des réacteurs des avions de chasse français, le sifflement strident des rockets, le hurlement funèbre des missiles américains, donnent une autre réalité à l'appel des insurgés libyens à l'aide de l'Occident. L'enfer est pavé de bonnes intentions. Certes, il pouvait être difficile' pour les plus sincères des insurgés de faire la part des choses entre la cause nationale et celle de la démocratie. Mais désormais, ils ne peuvent plus ignorer cette réalité, celle des bombardements de forces étrangères sur leurs propres villes, sur leurs propres aéroports, sur leurs propres routes, sur leur propre peuple, car là aussi il s'agit de bombardements contre des populations civiles, et il n'y a pas un bon et un mauvais peuple. Démocratie où serait ta victoire si elle se faisait à ce prix.

Tout petit, mon père m'avait raconté cette histoire: C'était pendant la période coloniale. Clemenceau, le président du Conseil français, visitait l'Algérie et était arrivé à la porte d'une ville'. Un bachagha algérien, l'accueillant, lui dit: “ C'est mon père qui a ouvert cette ville à la France ”. Et Clemenceau de lui répondre: “ Monsieur, chez nous, on appelle cela un traître. ”

Que les insurgés libyens, et les Etats arabes qui ont appelé à l'intervention armée, prennent garde aux flatteries occidentales sur “ leur courage ” et “ leur détermination démocratique' ”. Il n'y a aucun courage à compter sur des armées étrangères pour vaincre. Ces flatteries ne cachent, en réalité, que mépris pour eux. Peut-on défendre une révolution démocratique et nationale en indiquant à des forces armées étrangères les sites de son propre pays à bombarder. Espérons que les plus lucides des démocrates libyens prendront conscience du terrible engrenage dans lequel on veut les entraîner, de glissement en glissement, et qu'ils comprendront qu'on ne peut défendre la démocratie sans défendre la nation.Les peuples hiérarchisent les priorités.

Le nouveau pouvoir Libyen, s'il est installé par l'étranger, sera marqué par les conditions de sa naissance. Il sera vulnérable, soumis à la volonté de ceux qui l'auront fait. Rien n'aura été réglé. Pire, la crise démocratique se sera transformée en crise nationale Tout cela est dommage. Terriblement dommage. Si les vrais démocrates libyens ne redressent pas la situation, on pourra dire alors que la révolution démocratique libyenne aura, pour le moment, échoué. Il n'est pas d'exemple historique de révolution qui ait été véritable en étant apportée par des forces armées étrangères.

 

DESINFORMATION et MANIPULATIONSAn 2000

 

La crise libyenne restera probablement dans l'Histoire comme l'une des plus grandes opérations de désinformation et de violation du droit international de notre époque.

Un point est à cet égard significatif: la résolution 1973 adoptée Jeudi 17 mars par le Conseil de sécurité. Cette résolution dans son article 1, qui a donc la primauté sur tous les autres, ordonne un cessez le feu en Libye, et dans son article 2 préconise expressément “ un dialogue qui débouche sur les reformes politiques nécessaires à un règlement pacifique et durable ” ( souligné par nous ).Ce sont ces dispositions qui vont faire que les principales grandes nations émergentes ( Chine, Russie, Inde, Brésil ) ne vont pas voter contre cette résolution mais s'abstenir, pour exprimer leur méfiance au fait que la résolution laisse quand même la possibilité d'une intervention extérieure ( article 4 ).

Mais les dispositions réelles de la résolution vont être passées sous silence dans une gigantesque campagne médiatique qui ne veut y voir que “ l'autorisation du recours à la force contre le régime de Kadhafi ” ( journal Le Monde du 18 mars ), et donc celle de procéder à “ des frappes ”. Ceci n'est pourtant pas dit dans la résolution qui parle seulement “ de toutes mesures nécessaires à la protection des populations civiles ” sans citer nulle part le “ régime de Kadhafi ”, c'est à dire en s'adressant à toutes les parties en conflit.

La campagne médiatique est si violente que l'opinion est sidérée et qu'il lui est littéralement impossible de ne pas croire à ce qu'on lui dit. Le ministre des affaires étrangères français, Alain Juppé, tient à prendre la parole devant le Conseil de sécurité, donnant l'impression d'être triomphant à la suite de l'adoption de la résolution. Il s'essaie d'ailleurs à reprendre les accents lyriques de Dominique de Villepin lors du refus de la France à la résolution concernant l'Irak ( en 2003 ), mais il n'en est que le négatif, la triste et pâle copie, là où l'un s'était opposé à une agression, l'autre la réclame. Alain Juppé sort, ensuite, quasiment en courant, de la réunion du Conseil de sécurité et se précipite vers les medias comme s'il venait de recevoir l'autorisation d'une intervention armée en Libye. D'ailleurs les medias occidentaux s'impatientent que les frappes ne commencent pas de suite.

Cette campagne médiatique est totalitaire, ne laisse aucun espace à l'esprit critique. Il ne doit y avoir aucune place à d'autres opinions que celle caricaturant El Gueddafi, le présentant comme un fou dangereux qui doit être éliminé. Il faut empêcher les gens de réfléchir au delà d'El Gueddafi, c'est à dire au fond de la crise actuelle, à tous ses aspects, aux véritables enjeux, bref les obliger au conformisme le plus plat.

Les grandes chaînes satellitaires et des journaux arabes, au Machrek et au Maghreb, participent à cette immense manipulation, soit parce qu'ils soutiennent les positions occidentales, soit parce qu'ils sont eux aussi impressionnés par cette pression médiatique extrême. C'est le cas de la chaîne El Djazira, dont le pays d'accueil, le Qatar est partie prenante de la coalition occidentale, mais aussi d'“ El Arabiya ” et d'autres, dans un contexte d'unanimisme, et d'uniformisation de l'information encore jamais vu.

L'un des instruments essentiels de la désinformation va être de cacher, non seulement le contenu réel de la résolution, mais aussi que l'essentiel de l'humanité est contre une intervention militaire étrangère. D'abord les grandes nations émergentes : la Chine, l'Inde, le Brésil, la Russie. Il faut y ajouter la Turquie. Ces pays ont dénoncé le détournement de la résolution et l'usage qui en a été fait. C'est le cas aussi de l'Union Africaine qui s'oppose aux attaques militaires actuelles et qui n'a pas voulu participer au sommet de Samedi à Paris. Et c'est le cas même de la Ligue arabe, dont le Secrétaire général vient de dénoncer l'interprétation qui a été faite de la notion “ de zone d'exclusion aérienne ”. La résolution adoptée par la Ligue arabe à ce sujet a été surtout le fait des monarchies du Golfe, Etats à faible population et représentant une minorité du monde arabe. Parmi les pays voisins, l'Algérie a voté contre. L'Egypte et la Tunisie sont en période de transition mais, notamment la première, prend de plus en plus ses distances avec la coalition occidentale. Il n'y reste que le Qatar, qui s'y retrouve aujourd'hui seul, isolé.

Un autre aspect de la désinformation va consister à présenter l'intervention armée comme la seule alternative. “ Pouvait on laisser des populations civiles être massacrées ”, voilà ce qui va être le leitmotiv. Rien n'est là aussi plus faux. Le président Chavez avait présenté, dés le début de la crise un plan de dialogue qui avait été accepté par El Gueddafi, la Ligue arabe et l'Union africaine. Et comme on l'a vu l'article 2 de la résolution du conseil de sécurité privilégiait aussi le dialogue. L'opinion a donc été désinformée de la véritable décision de l'ONU. Chauffée à blanc, elle va même s'impatienter du retard à lancer l'attaque. Mais il était difficile de violer à ce point la lettre de la résolution du Conseil de sécurité qui accordait la priorité à un cessez le feu, et donc de violer d'évidence le droit international. Or le pouvoir libyen déclare de suite accepter la résolution de l'ONU, qu'il s'y soumet et il décrète un cessez le feu immédiat. Il fallait donc prouver à tout prix que le régime libyen ne respectait pas le cessez le feu.

 

LES FAMEUX TEMOINS OCULAIRESbaillon

 

Le relais est alors pris par des chaînes satellitaires arabes, notamment El Djazira, la chaîne Qatari.C'est la fameuse utilisation de la source des “ témoins oculaires ” ( en arabe chouhoud ayan ) qui restera probablement comme l'une des caractéristiques des méthodes d'information ( et de désinformation ) durant cette crise ). Et c'est ainsi qu'à l'ère du règne des images et des évènements suivis en direct, ce sont des “ témoins ” ( qu'on entend souvent sans les voir ) qui nous donnent des informations sans images. Et lorsqu'on a des images, on a l'impression gênante souvent de mises en scènes: soldats et hommes armés accoutrés de façon disparate, pièces de DCA dont les servants semblent s'amuser comme avec un jouet, en les tournant dans tous les sens et en tirant au hasard comme contre des avions devant les cameras, armées de mercenaires noirs signalées dans un langage qui confine au racisme mais invisibles etc.

Dans la nuit du Jeudi 17 mars au Vendredi 18 mars, “ El Djazira ” ( et aussi “ El Arabiya ” mais avec plus de retenue ) va créer une atmosphère dramatiquement intense de témoignages oculaires affirmant que le cessez le feu n'est pas respecté et que les troupes gouvernementales sont “ entrées dans les faubourgs de Benghazi ”. Le soir, El Djazira, aux environs de 19h ( heure d'Alger ), interviewe en direct l'ambassadrice américaine Susan Rice pour lui affirmer que le cessez le feu n'est pas respecté et lui reprocher avec véhémence de ne pas se porter au secours de Benghazi “ avant qu'il ne soit trop tard ”. Quelques minutes après, l'ambassadrice américaine, comme si elle n'attendait que cela, reprenant El Djazira, dira que le cessez le feu n'est pas respecté et France 24 reprendra ceci comme une information officielle.

Les envoyés spéciaux de France 24 utiliseront eux aussi le procédé du “ témoin oculaire ”. Ils n'ont pas d'images, n'ont rien vu, bien qu'ils soient “ sur le terrain ” mais le fait “ d'être sur le terrain ” a ici pour fonction de leur donner plus de crédibilité. La pression devient le Samedi matin de plus en plus intense, au fur et à mesure qu'on s'approche du sommet international réuni à Paris ce jour et qui doit décider des frappes militaires. On donne l'image d'un avion de chasse qui s'écrase en feu sur Benghazi, dont on dira après qu'il n'est vraisemblablement pas un avion sous contrôle du gouvernement libyen, mais on préféra bizarrement ne plus le dire.

Il est clair que le pouvoir libyen a intérêt à respecter le cessez le feu et à ne donner aucun prétexte aux frappes. Mais qu'importe. Quand on veut noyer son chien, on l'accuse de la rage. “ ElGueddafi est un menteur, on ne peut faire confiance à ce régime ”, cette affirmation va désormais être répétée sans arrêt et servir d'argument générique, permettant l'économie de toute argumentation, de toute preuve. Soit. Il n'est pas digne de confiance, mais alors pourquoi ne pas avoir recours à des observateurs chargés de contrôler le cessez le feu. C'est ce que proposent les libyens mais en vain.

Après les frappes, et comme par enchantement, on ne parlera plus de troupes de El Gueddafi “ dans les faubourgs de Benghazi ”. Et lorsqu'on annoncera les premières victimes des missiles américains sur Tripoli, les journalistes de France 24 et d'El Djazira, devenus soudains sceptiques et professionnels, diront qu'il est nécessaire de vérifier ces informations.

 

COMME A LA “ BELLE EPOQUE ”

 

Quel que soit le comportement du gouvernement libyen, la cause était entendue d'avance. Il fallait éliminer El Gueddafi, et si besoin est physiquement, comme on le verra suggéré. La façon dont ont été déclenchées les frappes, les cibles visées, prouvent la préméditation et que les préparatifs ont été faits bien à l'avance, déjà au moins lorsque les bâtiments de guerre américains, français et anglais sont venus croiser au large des côtes libyennes. L'évolution même du langage des medias et des officiels occidentaux montre les buts réels de l'opération : on passe successivement de “ zone d'exclusion aérienne ” à “ frappes ciblées ” puis à “ frappes préventives ”, puis à “ l'appui à donner aux insurgés pour renverser El Gueddafi qui est de toute façon fini politiquement ”. La partition de la Lybie, entre d'une part la Tripolitaine et d'autre part la Cyrénaïque est déjà évoquée comme une option.

Certains intellectuels français, comme Antoine Sfeir, qui a réclamé avec acharnement avec Bernard Henry Lévy une intervention militaire, va jusqu'à envisager sur la chaîne France 5 ( émission “ C dans l'air ”,16 mars ) l'éventualité “ que quelqu'un mette à Gueddafi une balle dans la tête ”. Un autre “ spécialiste des pays arabes ”, Antoine Basbous suggère sur France 2 ( “ Télématin ”, 21 mars ) que la disparition de El Gueddafi résoudrait bien des problèmes. La crise libyenne révèle d'un seul coup l'état culturel d'une grande partie de l'intelligentsia française. Certains ne se contentent pas seulement de justifier l'intervention armée en Libye, ils vont même jusqu'à prendre un plaisir inquiétant à donner des conseils sur la manière de mener l'action militaire, comme le font Pascal Boniface, Pierre Hesner, Paul Pancracio, Jean François Daguzan, des intellectuels et chercheurs français dans le journal Le Monde du 16 Mars 2011.

S'il y a une contradiction trop évidente, comme l'étrange tolérance sur ce qui se passe à Bahreïn, le problème est écarté d'un revers de la main, et on propose là une grille de lecture d'un conflit entre sunnites et chiites, en oubliant de dire qu'ils sont avant tout tous arabes. Sur les plateaux des medias français se succèdent intellectuels, experts militaires et hommes politiques, dans une alliance sacrée qui va de la droite à la gauche. Chacun adresse des louanges à la lucidité et à “ l'audace ” du président Sarkozy. L'atmosphère est à une hystérie guerrière, à une frénésie militaire, à un sentiment de puissance au spectacle des Mirages qui décollent pour une proie si facile, pour une guerre sans risques. Tout ce monde laisse l'impression de respirer un moment, euphorique, l'air de la “ la belle époque ”, celle de la domination coloniale.

Le chauvinisme se cache comme toujours, et comme déjà à cette époque, derrière des arguments humanitaires et civilisationnels. Des mots méprisants et révélateurs sont parfois lâchés comme ce journaliste de France 24, Silvain Attal, qui veut justifier le rôle leader de la France dans cette opération, en revendiquant le Maghreb comme “ l'arrière cour de la France ”. Le plaisir guerrier, est ici d'autant plus fort que la France doute d'elle même dans un monde qui change inexorablement et où les pays occidentaux auront à accepter leur nouvelle place, une place égale aux autres.

Les interventions militaires se suivent et se ressemblent, en Irak, en Afghanistan etc. On ne change même pas le script et presque pas le casting du côté des acteurs occidentaux. “ opérations humanitaires, défense des populations civiles ”, les justifications sont les mêmes. C'est chaque fois la catastrophe et d'immenses souffrances pour les peuples victimes, mais on recommence chaque fois.

 

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C'est le remake des deux guerres contre l'Irak. Tout y est, exactement, comme s'ils n'avaient rien appris depuis 20 ans. Le premier ministre anglais, David Cameron, retrouve exactement les mêmes mots que Bush et Tony Blair et commence son discours de justification de l'attaque contre la Lybie en disant “ Nous avons des informations fiables que… ”. On affirme à nouveau que les frappes des missiles Cruise et Tomawak sont des “ frappes chirurgicales ” pour une nouvelle “ guerre propre ”. Dans la nuit de Tripoli recommence le feu d'artifice monstrueux, comme à Bagdad.

Le plus douloureux est de retrouver des chaînes et des journaux arabes justifier tout cela et avec des arguments semblables. La chaîne El Djazira a représenté, pour l'opinion arabe, un grand espoir d'esprit critique, de pluralité de l'information, bref de démocratie. Avec la crise libyenne, elle devient brusquement une chaîne gouvernementale arabe comme les autres, un instrument de propagande. On se souvient soudain qu'elle est la chaîne du Qatar. Où est El Djazira qui représentait une source d'informations, une alternative à la désinformation pendant les guerres contre l'Irak, contre le Liban, contre Gaza ?

Le 19 mars, 110 missiles tomahawks avaient été tirés sur la Lybie. Le soir, les journalistes de “ El Djazira ” nous expliquaient, admiratifs, que les missiles tomahawks coûtent extrêmement chers mais qu'ils sont très précis, et qu'il est donc à l'honneur des américains de les utiliser contre Tripoli pour faire le moins possible de victimes civiles. C'est là aussi dommage, bien dommage pour l'avenir et la crédibilité d'El Djazira auprès de l'opinion arabe mais aussi pour nous tous car les chaînes satellitaires arabes ont été, malgré tout, l'un des plus grands progrès de ces dernières années. Mais espérons qu'il ne s'agisse que d'un épisode. En tout cas, il prouve comment la cause nationale et la cause démocratique sont profondément imbriquées dans le monde arabe et que tout recul de l'une est le recul de l'autre.

Les Etats occidentaux ont baptisé leur opération militaire contre la Lybie “ Aube de l'Odyssée ”. Est ce un lapsus car on pense invinciblement alors au Cheval de Troie. La Démocratie pourra-t-elle être utilisée comme Cheval de Troie d'un retour du colonialisme, comme peut le faire croir la-lutte-copie.jpg e ce qui se passe en Libye. C'est ce que pourraient penser les nostalgiques des régimes nationalistes autoritaires. Mais rien n'est plus faux. En réalité, les Etats occidentaux dominants sont inquiets, désemparés devant cette intervention massive des Arabes sur la scène historique. La révolution démocratique arabe mûrit partout y compris lorsqu'elle échoue momentanément ici et là. En Tunisie et en Egypte, elle ne tardera pas à fournir ses fruits au bénéfice de tout le monde arabe. Elle est aujourd'hui un formidable outil de libération nationale et sociale, le seul fourni finalement par l'Histoire. Il n'y a pas d'autre alternative, y compris pour le pouvoir libyen actuel, qui ne doit pas comprendre que l'hostilité, qui se développera certainement dans l'opinion mondiale et arabe à l'agression étrangère, signifie un soutien à lui.

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Lundi 28 mars 2011 1 28 /03 /Mars /2011 15:17

Octobre 1911 - Quand l’Italie mettait la main sur la Libye

Dimanche 27 mars 2011

Jaques Fontenoy - Lutte Ouvrière Libye--Italie-1909-R.JPG

 

Les revendications italiennes sur la Libye remontaient au congrès de Berlin de 1878. En 1902, l’Italie et la France avaient signé un accord secret laissant à la France le Maroc et à l’Italie la Tripolitaine.

L’État italien entama une politique de pénétration économique à Tripoli avec le soutien du Banco di Roma lié en particulier au Vatican. Des entreprises apparurent, têtes de pont d’une conquête à venir. Le gouvernement ottoman basé à Istanbul tenta de contrecarrer cette expansion. La banque exerça alors des pressions pour que le gouvernement italien intervienne et protège ses investissements. Plusieurs associations nationalistes italiennes, mais aussi des intellectuels comme Gabriele d’Annunzio étalaient leurs rêves d’un retour à la “ Rome impériale ” et à ses conquêtes en Afrique.

En septembre 1911, la question de Tripoli fit l’objet d’une campagne dans la presse italienne. L’Italie cherchait un prétexte pour entrer en guerre. Le 25 septembre, l’empire ottoman envoyait vers la garnison turque de Tripoli un navire de matériel militaire. Le 26, l’Italie mit en place un blocus de la ville et lança un ultimatum de 24 heures, imposant la présence de ses troupes pour protéger le millier d’Italiens de Tripoli.

Le 29 septembre, sans même attendre la fin de l’ultimatum, le gouvernement italien, soutenu par Londres et Paris, déclarait la guerre à la Turquie. Le 2 octobre commençait le bombardement de la ville. Le 5 octobre, les troupes italiennes débarquaient à Tripoli. Le lendemain, elles envahissaient Tobrouk. Le 16, tombait la ville de Derna, puis Benghazi le 20 et Homs le 21. Bientôt, le contingent italien comptait 100 000 soldats sur place. Mais il se heurta à forte résistance.

Le 24 octobre, les positions italiennes autour de Tripoli étaient prises d’assaut à Chara’achat par des troupes arabes. Des soldats italiens furent massacrés. La riposte fut alors violente et féroce. Des milliers d’habitants de la région furent massacrés, ou déportés dans des conditions épouvantables dans des îles italiennes désertes où beaucoup allaient périr.

Des officiers “ jeunes turcs ” réagirent contre l’invasion italienne. Plusieurs d’entre eux, dont Mustafa Kemal, se rendirent secrètement en Libye, formèrent des milliers de recrues notamment parmi la population arabe. Les quelques centaines de combattants du début furent bientôt près de 60 000. L’avance italienne fut stoppée. Le commencement de la guerre des Balkans en 1912 obligea l’empire ottoman à ramener ses troupes en Europe, et on aboutit en octobre 1912 à la signature du traité d’Ouchy. La Tripolitaine fut abandonnée à l’Italie, qui devait rendre aux Ottomans les îles qu’elle occupait, mais n’en fit rien.

On estime que sur les 300 000 habitants que comptait la Libye, plus de la moitié moururent entre 1911 et 1914. Ce qui n’empêcha pas, en 1915, une nouvelle grande révolte arabe de s’étendre dans tout le pays, posant de sérieux problèmes aux troupes occupantes. Prisonniers_lybiens-d67bf.jpg

L’arrivée du fascisme en Italie accéléra la conquête coloniale. Mussolini, socialiste avant la guerre de 1914 et alors farouche opposant à l’invasion impérialiste de Tripoli, expliquait désormais que « l’impérialisme est la loi éternelle et immuable de la vie ». Il lança une entreprise de colonisation de la Libye.

Pour venir à bout de la partie de la population arabe qui continuait de résister, l’État italien eut recours à des représailles impitoyables contre la population locale accusée d’appuyer la rébellion. Comme l’expliqua le général Graziani, maître d’œuvre de la répression : “ Si les Libyens ne se convainquent pas du bien-fondé de ce qui leur est proposé, alors les Italiens devront mener une lutte continuelle contre eux et pourront détruire tout le peuple libyen pour parvenir à la paix, la paix des cimetières ”. Plus de trente chefs de la rébellion furent déportés en Italie.

En 1930, la lutte ne continuait plus qu’en Cyrénaïque, où résistait encore le chef de la guérilla, Omar Al-Mokhtar. Celui-ci fut capturé le 11 septembre 1931 et pendu le 16 devant 20 000 Libyens qu’on avait fait venir en foule.

La colonisation italienne allait durer jusqu’en 1947, date à laquelle elle fut relayée par une administration britannique, avant l’indépendance en 1951. On comprend cependant que cette féroce entreprise coloniale ait laissé de cuisants souvenirs. En août 2008, en échange du contrôle des départs d’immigrants clandestins vers l’Europe par le régime de Kadhafi, B LybieItalienne.jpg erlusconi a signé avec celui-ci un « accord de coopération » prévoyant 5 milliards d’euros de dédommagement à la Libye pour les « blessures causées par la colonisation italienne ». Ces milliards devaient surtout être dépensés sous forme de commandes à des entreprises italiennes.

La facture de la colonisation est donc encore bien loin d’être sol dée.

25 mars 2011 - Lutte Ouvrière - Vous pouvez consulter cet article à :

 
http://www.lutte-ouvriere-journal.o...

 

 

 

 

Paris et Londres définissent l’après-Kadhafi en Libye

Lundi 28 mars 2011

 

Kharroubi Habib - Le Quotidien d’Oran Tripoli.jpg

 

Il est clair que Paris et Londres vont tout faire pour avoir un pouvoir libyen à leurs bottes.

La résolution 1973 votée par le Conseil de sécurité a donné mandat à la coalition internationale d’instaurer une zone d’exclusion aérienne sur la Libye et d’empêcher les troupes de Kadhafi de poursuivre leurs offensives contre les insurgés et les villes sous leur contrôle. Elle ne donne aucunement mandat à cette coalition de décider ce que sera l’après‑Kadhafi en Libye.

Or, c’est précisément ce que le couple franco-anglais, membre de cette coalition, entend faire et ce pourquoi il a programmé une réunion au sommet à Londres. Il n’est pas fortuit que le président français Nicolas Sarkozy a annoncé la tenue de cette réunion au moment où s’ouvrait à Addis-Abeba, en Éthiopie, une réunion de l’Union africaine consacrée à la recherche d’une solution politique à la crise libyenne, à laquelle ont pris part des représentants de Kadhafi et du Conseil national de transition s’exprimant au nom de l’insurrection.

C’était en fait pour Sarkozy faire comprendre à l’Union africaine que le couple franco-anglais tient pour nulle et non avenue son intervention dans la crise libyenne. Paris et Londres sont le fer de lance de l’intervention internationale et estiment de ce fait avoir le droit de regard sur ses prolongeme Occupation-Libye.jpg nts politiques. Elles s’arrogent par conséquent celui de décréter comment va être mis en place l’après-Kadhafi en Libye et qui en conduira l’instauration. Surpris et dépassés par les révolutions populaires qui ont mis à bas les régimes de Ben Ali en Tunisie et de Hosni Moubarak en Egypte, les gouvernements français et anglais tiennent à exercer un tutorat sur celle qui a cours en Libye et va triompher grâce à l’intervention militaire internationale dont ils ont été les instigateurs et leur arsenal militaire, le protagoniste déterminant. Une ingérence franco-britannique sur ce que sera le pouvoir en Libye après la chute de Kadhafi ne fait pour cette raison aucun doute.

L’insurrection s’est dotée d’un Conseil national de transition et d’un gouvernement provisoire, sans que l’on sache si ceux qui font partie de ces institutions sont vraiment représentatifs de tous les courants qui sont dans l’opposition à Kadhafi et à son régime. Paris leur a donné son onction et sa reconnaissance, avec le calcul qu’ils seront de ce fait malléables et perméables à ses visées politiques pour la Libye post-Kadhafi.

Des visées qui sont de brider l’élan révolutionnaire de l’insurrection libyenne et donc l’émergence d’un nouveau pouvoir authentiquement en phase avec les revendications de la démocratie totale pour le peuple libyen et sourcilleux de l’indépendance du pays vis-à-vis de l’étranger, y compris donc de la France ou de la Grande-Bretagne. Immigres-Libyens.jpg

Il est clair que Paris et Londres vont tout faire pour avoir un pouvoir libyen à leurs bottes. Elles s’arrangeront donc pour propulser sur le devant de la scène politique libyenne des protégés à qui elles fourniront l’aide multiforme nécessaire qui leur permettra de s’imposer.

Qu’en la circonstance, Français et Anglais ne s’embarrasseront pas d’aller à l’encontre de l’aspiration des Libyens à instaurer la démocratie dans le pays et à avoir les gouvernants de leur choix, n’est pas pour surprendre. Car pour eux, le Printemps arabe doit avoir ses limites que lui tracent leurs intérêts politiques, géostratégiques et économiques. L’Américain, qui joue le même rôle en Tunisie et en Égypte, leur a accordé la sous-traitance du cas libyen. Qui croit encore que les interventions de ces puissances dans le monde arabe en révolution sont guidées par la seule considération de protéger les peuples en insurrection de la répression de leurs potentats ?

 

Du même auteur :

 

-  Sarko dans le costume de George W. Bush

-  M.A.M., l’arbre qui cache la forêt

-  Un coup pour rien

-  L’Occident est en train de rater une opportunité historique

-  La place Ettahrir n’a pas dit son dernier mot Fuites.jpg

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28 mars 2011 - Le Quotidien d’Oran - Analyse

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