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Saïd et Diana

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  • : Les cahiers des diables bleus
  • : 19/09/2005
  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
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Colères noires

Dimanche 24 avril 2011 7 24 /04 /Avr /2011 17:09

Cet article est publié sur le site Bellaciao :  http://bellaciao.org/fr

Je le publie ici avec l'autorisation de son auteur car il me semble essentiel que nous nous relions pour mettre en route le plus vite possible notre refus de ce monde qui est en train de devenir invivable pour nous tous et de passer enfin à l'action ! Indignons-nous et révoltons nous !

.  bataille_de_Tchernobyl--1-.jpg Cette photo se trouve sur le site : http://the-savoisien.com à visiter de toute urgence

Vous qui saviez..

de : rouge

Samedi 23 avril 2011

            A suivre les événements de Fukushima, on est pris d’un sentiment d’horreur et d’effroi qui glace le sang. Mais, au-delà de la tragédie que subit le peuple japonais, l’objet principal de cette sidération horrifiée, c’est ce que ce que cette tragédie nous révèle sur vous, Messieurs du pouvoir.

 Car VOUS SAVIEZ .

 VOUS SAVIEZ que vos centrales présenteraient des risques d’accident. Oh ! des risques infinitésimaux, bien sûr, car vous aviez tout prévu pour que vos centrales puissent résister à la majorité des risques géologiques prévisibles ; mais, bien sûr bien sûr, comme vous le dites avec votre élégant cynisme, ‘ le risque zéro n’existe pas ’, et on ne peut pas garantir qu’un événement géologique critique ( c’est-à-dire au-delà des sécurités mises en place, entraînant la dégradation majeure de la centrale et une catastrophe ) ne se présentera pas. Mais, chantiez-vous, ce risque serait de l’ordre de 0,05 pour mille, donc négligeable. Et chacun de se sentir rassuré : qu’est-ce qu’une probabilité de 0,05 pour mille ? C’est, tout simplement, un événement qui est susceptible de se produire environ une fois tous les 20.000 ans… et donc, si votre ‘ statistique ’ veut dire quelque chose, qui se produira à coup ( presque ) sûr, d’ici à 20.000 ans … ce qui peut être demain, par exemple. Et donc, actuellement, avec plus de 400 centrales de par le monde, une certitude d’accident majeur nous attend tous les 25 à 50 ans – si vos calculs sont exacts. Nous observons maintenant les résultats de votre prévoyance : en 45 ans d’existence, 3 accidents majeurs, soit en moyenne un accident tous les quinze ans. tchernobyl_memorial.jpg

 VOUS SAVIEZ que cette prétendue mesure des risques ne pouvait ( au mieux ) s’appliquer qu’à des événements objectivement prévisibles, tels que les événements géologiques ( et encore… ? ) ; mais pas à des événements d’origine humaine, tels que des négligences dans l’application des procédures, ou des erreurs, voire des actes criminels ( ou belliqueux ) ; et que vous n’aviez aucune possibilité de prévoir les risques dus à des événements collatéraux, pannes d’électricité, par exemple, ou répercussions sur les sous-sols de techniques industrielles encore inconnues à l’époque de la construction des centrales ( qu’on pense aux gaz de schiste… ). Et que donc, la probabilité d’accidents majeurs était beaucoup plus élevée que tout ce que pouvait laisser espérer ( au doigt mouillé ) la prétendue sévérité des normes de construction et de maintenance de ces centrales.

 VOUS SAVIEZ qu’il n’existe pas d’accident mineur, et que tous les accidents de centrales seraient nécessairement très graves, non seulement pour les vastes populations qu’ils concerneraient directement, mais pour des générations et des territoires immenses, et pendant des siècles – si pas des millénaires.

 VOUS SAVIEZ qu’une telle prise de risque outrepassait scandaleusement le mandat qui vous était confié.

Et VOUS SAVIEZ que nos peuples n’en voulaient pas. Dès le milieu des années 60, les mouvements antinucléaires manifestaient vigoureusement leur opposition à vos projets, mais vous les avez balayés, et n’avez jamais organisé de consultation sur la question, ni même cherché à obtenir le consentement des parlements. Au mépris de cette démocratie, au nom de laquelle vous massacrez des peuples qui ne vous ont rien fait.tchernobyl_bibliotheque_1.jpg

 VOUS SAVIEZ que, loin de nous assurer l’‘ autonomie ’ tant vantée, cette technologie allait vous rendre dépendants des pays fournisseurs d’uranium, et vous obliger à pactiser avec des régimes politiques haïssables, pour le plus grand malheur des peuples des pays producteurs d’uranium.

 VOUS SAVIEZ que l’existence de ces centrales allait vous obliger à établir des régimes policiers de plus en plus durs, d’abord parce que les populations n’étaient pas d’accord ( à Jaitapur, on a tiré à balles réelles et tué face à une population qui refuse, à 95%, la mise en œuvre du gigantesque chantier EPR d’Areva ) ; ensuite parce qu’il fallait prévoir de contenir la colère et la panique lorsque surviendraient les inévitables accidents, et enfin parce que ces centrales constituent des cibles de premier choix en cas de conflits ou de terrorisme.

 VOUS SAVIEZ qu’il n’existait aucune solution en vue pour le démantèlement des centrales, ni pour le traitement de leurs épouvantables déchets, et que le transport même des matières radioactives met en danger les populations. uranium_heritage_empoisonne.jpg

 VOUS SAVIEZ donc que, en tout état de cause, et même sans catastrophe, vous vous apprêtiez à léguer à nos enfants, et pendant des générations, la gestion d’un héritage affreusement dangereux.

 VOUS SAVIEZ que le ‘ bas coût ’ de l’électricité ainsi obtenue devait surtout être imputé aux conditions abominables des ouvriers des mines productrices d’uranium ( situées principalement en Afrique ), et à la dévastation des territoires sur lesquels elles se situent.

 VOUS SAVIEZ que c’est idiot de fabriquer de l’électricité avec le nucléaire, et encore plus pour en tirer du chauffage, car les déperditions d’énergie sont considérables – les centrales servent surtout à produire de l’eau chaude, dont une bonne partie est renvoyée sans ménagement dans les rivières et les mers, où elle détruit la vie.

 Et surtout, VOUS SAVIEZ que tous vos arguments n’étaient que rideau de fumée. Vous avez construit des centrales ‘ civiles ’ parce que ça permettait d’obtenir les matériaux nécessaires à constituer un armement nucléaire. Et jouer les Rambo sur la planète. L’électricité abondante et pas chère, ce n’était qu’un alibi, destiné à détourner notre attention et acheter notre consentement. Et ça ne nous apporte rien, car cette précieuse énergie est dévorée principalement par des océans de gadgets qui nous inondent et nous polluent sans augmenter notre bonheur, pour le plus grand profit de ceux qui nous les vendent.

 VOUS SAVEZ maintenant ( si tant est que vous l’ignoriez jusqu’ici… ) que nos centrales accumulent les ‘ incidents ’ et trichent sur leur nature, leur fréquence et leur gravité ‑ au nom du profit.

 VOUS SAVEZ que les personnels de maintenance de ces centrales ( les ‘ nomades du nucléaire ’ ) sont traités de manière ignoble, et dangereuse, pour de seules raisons de fric.

 Messieurs du pouvoir, vous les politiques, incapables d’élever votre réflexion au-delà des attentes de profit immédiat du ‘ marché ’, vous les financiers et actionnaires, qui vous gavez des profits que rapporte cette industrie mortifère, et même vous, messieurs les ‘ experts ’ si gonflés de votre prétendue connaissance, et même vous, messieurs les ingénieurs, qui savez comment faire pour arrêter des centrales dangereuses mais continuez à les faire tourner pour ne pas risquer vos emplois – les tragédies qui se sont jouées à Tchernobyl, qui se jouent en ce moment mêmeTchernobyl.jpg au Japon, et qui, un jour peut-être pas si lointain, se joueront à notre porte, ces tragédies ne sont pas une fatalité, mais un crime monstrueux, et vous en êtes les auteurs. Et, mis à part peut-être les techniciens des centrales, vous n’en serez jamais les victimes : car ce n’est pas vous qui vous retrouverez coincés dans des régions ravagées par vos exploits, ni confrontés à la tâche ingrate de réparer les dégâts, vous pourrez toujours courir vous mettre à l’abri sous des cieux plus cléments ! 

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Mardi 19 avril 2011 2 19 /04 /Avr /2011 22:32

Vittorio n’a jamais été aussi vivant qu’aujourd’hui

Mardi 19 avril 2011Vittorio 12

 Egidia Beretta Arrigoni

* Egidia Beretta Arrigoni est la mère de Vittorio

 

Faut-il mourir pour devenir un héros, pour faire la une des journaux, pour avoir la télévision devant chez soi, faut-il mourir pour rester humains ? vittorio_au_bord_de_la_mer_a_Gaza-97980.jpg

 Je repense à Vittorio à Noël, en 2005, détenu dans la prison de l’aéroport Ben Gourion, aux cicatrices des menottes qui lui ont scié les poignets, aux contacts refusés avec le consulat, au procès-farce. Et à Pâques, la même année, quand à la frontière jordanienne, peu après le pont de Allenby, la police israélienne l’a bloqué pour l’empêcher d’entrer en Israël. Ils l’ont fait monter dans un bus et à sept, il y avait une femme parmi eux, ils l’ont frappé “ avec art ”, sans laisser de signes extérieurs, en vrais professionnels qu’ils sont. Ils l’ont flanqué par terre, en lui lançant au visage, comme une dernière balafre, ses cheveux arrachés par leurs puissants rangers.

Vittorio était devenu indésirable en Israël. Trop subversif, coupable d’avoir manifesté une année auparavant contre le mur de la honte, aux côtés de son ami Gabriel, avec les femmes et les hommes du village de Budrus, en leur apprenant et en chantant en choeur notre plus beau chant partisan “ Bella ciao ”.

A l’époque, je n’ai vu aucune télévision, pas même lorsqu’en automne 2008, un commando attaqua le bateau de pêche dans les eaux palestiniennes au large de Rafah et Vittorio fut enfermé à Ramle, puis renvoyé chez lui en survêtement et pantoufles. Bien sûr, aujourd’hui, je ne peux que remercier la presse et la télévision qui se sont approchées de nous avec délicatesse, qui ont “ occupé ” notre maison avec respect, sans excès, et m’ont donné l’occasion de parler de Vittorio et de ses choix idéaux. Vittorio-10.jpg

 Ce fils perdu, mais tellement en vie, comme il ne l’a peut-être jamais été, que tout comme la graine qui dans la terre pourrit et meurt, il regorgera de fruits. Je le vois et le sens déjà à travers les mots de ses amis, surtout des jeunes, certains proches, d’autres venant de très loin, qui par Vittorio ont appris, davantage encore aujourd’hui, comment on peut donner un sens à l’“ Utopie  ”, et compris que la soif de justice et de paix, la fraternité et la solidarité ont encore droit de cité, que, comme disait Vittorio, “ la Palestine peut être aussi juste au-delà du seuil de nos portes ”.

Nous étions loin, Vittorio et moi, mais à la fois plus proches que jamais. Comme en ce moment, avec sa présence vive qui grandit d’heure en heure, comme un vent qui depuis Gaza, depuis la Méditerranée qui lui était si chère, de son souffle impétueux, nous confie ses espoirs et son amour pour les personnes sans voix, pour les faibles, les opprimés, en nous passant le témoin. Restons humains.

  Adieu_300_0.jpg

Articles liés :

Un matin de douleur et de deuil - 16 avril 2011

Vittorio Arrigoni assassiné - 15 avril 2011

Vittorio Arrigoni

Articles de Vittorio Arrigoni :

Gaza, Guernica palestinienne - 25 janvier 2011

 Le testament de Shaban - 18 janvier 2011

 Noël sanglant à Gaza et en Cisjordanie - 5 janvier 2011

 Gaza, la guerre ne s’arrête pas - 17 septembre 2010

 Les snipers israéliens fêtent la journée internationale de solidarité - 12 décembre 2010

 Gaza, assassinats ciblés « Made in USA » - 24 novembre 2010

 Gaza, portes ouvertes sur l’espoir - 6 novembre 2010

 L’armée israélienne d’occupation tire à nouveau sur des civils dans la bande de Gaza - 12 octobre 2010

 Les morts palestiniens qui disparaissent des chroniques - 4 octobre 2010

 Le vrai visage des pourparlers - 30 septembre 2010 Vittorio-11.jpg

 Gaza : les orphelins de Nema - 22 septembre 2010

 Gaza, des enfants qui résistent - 19 septembre 2010

 Eid Mubarak, Gaza ! Shana Tovah, Israel ! - 17 septembre 2010

Le blog de Vittorio peut être consulté à :

http://guerrillaradio.iobloggo.com/

17 avril 2011 - Il Manifesto - Vous pouvez consulter cet article à :

http://www.ilmanifesto.it/archivi/f...

Traduction de l’italien : Y. Khamal

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Lundi 18 avril 2011 1 18 /04 /Avr /2011 11:06

         Article publié sur le site Bellaciao

      Voici un texte d'Antonio Gramsci écrit en 1917... donc il y a quelques petites années de ça qui est tellement actuel et qui parle de notre présent car rien ne marque plus nos moments actuels que l'indifférence justement ce dont je voulais vous causer dans un article au sujet de l'absence totale des "intellectuels " face à la dérive fasciste de notre société...

      Moi aussi je hais l'indifférence et ma passion de la vie me porte souvent à réagir avec une énergie farouche qui en étonne plus d'un devant l'imbécillité crasse de ces temps en lisant et en songeant à la prodigieuse intelligence qui rayonnait à la période heureuse de notre jeunesse... En attendant ce texte nostalgique et propice à un autre avenir en voici un qui dit tout... alors allez-y et révoltez-vous !

Antonio Gramsci , “ Je hais les indifférents ” Gramsci-375b3.jpg

Roberto Ferrario

Jeudi 14 avril 2011 

“ Je hais les indifférents. Pour moi, vivre veut dire prendre parti. Qui vit vraiment ne peut ne pas être citoyen et parti prenant. L’indifférence est apathie, elle est parasitisme, elle est lâcheté, elle n’est pas vie. C’est pourquoi je hais les indifférents.

L’indifférence est le poids mort de l’histoire. C’est la boule de plomb pour le novateur, c’est la matière inerte dans laquelle souvent se noient les enthousiasmes les plus radieux, c’est le marécage qui ceint la vieille cité et la défend mieux que les murailles les plus fermes, mieux que ses guerriers, car elle enlise ses assaillants dans ses gouffres boueux, limoneux, et elle les décime et les démoralise et quelques fois elle les oblige à renoncer à leur entreprise héroïque.

L’indifférence opère énergiquement dans l’histoire. Elle opère passivement, mais elle opère. C’est la fatalité ; c’est sur quoi l’on ne peut compter ; c’est ce qui bouleverse les programmes, renverse les plans les mieux construits ; c’est la matière brute qui se rebelle à l’intelligence et l’étrangle. Ce qui se passe, le mal qui s’abat sur tous, le bien possible qu’un acte héroïque ( de valeur universelle ) peut provoquer, tout ça revient moins à l’initiative de quelques personnes qui activent qu’à l’indifférence, à l’absentéisme de la majorité.

Ce qui arrive, arrive non pas parce que certains veulent qu’il arrive, mais parce que la majorité abdique sa volonté, laisse faire, laisse se grouper les nœuds qu’ensuite seule l’épée pourra couper, laisse promulguer les lois qu’ensuite seule la révolte fera abroger, laisse aller au pouvoir les hommes qu’ensuite seul un mutinement pourra renverser.

La fatalité qui semble dominer l’histoire n’est que l’apparence illusoire de cette indifférence, de cet absentéisme. Des faits mûrissent à l’ombre, juste quelques mains, à l’abri de tout contrôle, tissent la toile de la vie collective, et la masse ignore, car elle ne s’en soucie point. Les destins d’une époque sont manipulés selon des vues étriquées, des buts immédiats, des ambitions et des passions personnelles de petits groupes actifs, et la masse ignore, car elle ne s’en soucie point.

Mais les faits qui ont mûri aboutissent à leur fin ; mais la toile tissée à l’ombre s’accomplit : et alors il semble que c’est la fatalité qui emporte tout et tous, il semble que l’histoire n’est pas un énorme phénomène naturel, une irruption, un séisme, dont tous restent victimes, qui a voulu et qui n’a pas voulu, qui savait et qui ne savait pas, qui a été actif et qui indifférent.

Ce dernier s’irrite, il voudrait échapper aux conséquences, il voudrait qu’il soit clair que lui n’y était pour rien, qu’il n’était point responsable. Certains pleurnichent piteusement, d’autres blasphèment avec obscénité, mais personne ou peu de personnes se demandent : si j’avais moi aussi fait mon devoir, si j’avais cherché à faire valoir ma volonté, mon conseil, serait-il advenu ce qui est advenu ? Mais personne ou peu de personnes se sentent responsables de leur indifférence, de leur scepticisme, du fait de ne pas avoir offert leurs bras et leur activité à ces petits groupes de citoyens qui luttaient justement pour éviter tel mal et procurer tel bien. Vittorio-8.jpg

La plupart de ceux-ci par contre, à évènements accomplis, préfèrent parler de faillite des idéaux, de programmes définitivement écroulés et d’autres agréableries pareilles. Ainsi recommencent-ils leur absence de toute responsabilité. Et ce n’est pas vrai qu’ils ne voient pas clair dans les choses, et que parfois ils ne soient pas capables d’avancer de très belles solutions pour des problèmes plus urgents, ou pour ceux qui, bien qu’ils demandent une ample préparation et du temps, sont toutefois pareillement urgents.

Mais ces solutions restent très bellement infécondes, et cette contribution à la vie collective n’est animée d’aucune lumière morale ; elle est le produit de la curiosité intellectuelle, pas d’un piquant sens d’une responsabilité historique qui veut que tous soient actifs dans la vie, qui n’admet pas agnosticismes et indifférences d’aucun genre. Je n’aime pas les indifférents aussi à cause de l’embêtement que me provoquent leurs pleurnichements d’éternels innocents. Je demande des comptes à chacun d’eux : comment il s’est acquitté des tâches que la vie lui propose quotidiennement ? Qu’est-ce qu’il a fait et plus particulièrement qu’est-ce qu’il n’a pas fait ? Je sens de pouvoir être inexorable, de ne pas devoir gaspiller ma pitié, de ne pas devoir partager avec eux mes larmes.

Je suis parti prenant, je vis, je sens déjà pulser dans les consciences viriles de ma part l’activité de la cité future que ma part est déjà en train de construire. Et en elle la chaîne sociale ne pèse pas sur peu de personnes, en elle chaque chose qui arrive n’est pas due au hasard, à la fatalité, mais elle est l’œuvre intelligente des citoyens. Il n’y a en elle personne qui reste à la fenêtre à regarder pendant que le petit nombre se sacrifie, s’évanouit dans le sacrifice ; et celui-là qui est à la fenêtre, aux aguets, veuille profiter du peu de bien que l’activité de peu de personnes procure et dilue sa déception en vitupérant le sacrifie, le saigne, car il n’a pas réussi dans son dessein.

 

Je vis, je suis parti prenant. Donc je hais qui ne prend pas parti, je hais les indifférents. ”

 

Antonio Gramsci , “ indifférent ” Février 11, 1917. Vittorio-9.jpg

  La citta futura ”, pp. 1-1 Raccolto in SG, 78-80.

 http://bellaciao.org/it/spip.php?article28824

Ce texte est dédié à Vittorio assassiné par des tueurs racistes dans un monde qui s'en fout ! A toi Vittorio qui était tout le contraire d'un indifférent et qui a été massacré à cause de ça...

" Restons humains ! "

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Samedi 16 avril 2011 6 16 /04 /Avr /2011 22:09

      Il se passe en ce moment des événements si tellement terribles et inhumains les uns à la suite des autres que moi qui suis comme vous savez une incorrigible bavarde j'ai souvent envie de silence simplement... Boycott Israel-copie-1

      L'assassinat de Vittorio Arrigoni jeune militant pacifiste italien en Palestine dont vous avez pu lire souvent les articles qu'il achevait toujours par ces mots que je lui ai régulièrement empruntés et qui sont en train de devenir grâce à lui le symbole de la jeune génération à Gaza : " Restons humains " est une de ces choses qui tuent en moi plus sûrement que d'autres l'espoir et le rêve d'un autre monde... Et je ne suis pas la seule à ressentir ça aaujourd'hui... 

     Après le meurtre du jeune Fukan Dogan à bord de la flotille de la Paix sur le bateau turc et celui il y a une semaine de Mer Khamis réalisateur israélo-palestinien également en Palestine ces assassinats de militants pacifistes généreux et solidaires dans l'action et dans l'esprit nous plongent dans la stupeur et nous laissent prévoir une accélérations des guerres et des tueries de la part de l'Occident et d'Israël... ce qui est déjà en route... 

      Je voulais écrire un article à ce sujet mais je suis trop bouleversée par la mort de Vittorio qui était un être que tous aimaient et respectaient à Gaza comme le montrent les images de la réaction du peuple de Gaza à sa mort injuste pour le faire avec sérénité ce soir... Dans quelques jours sans doute...

      Mais Vittorio n'est pas mort et sa bonté rejeillit déjà sur tous ceux qui n'acceptent pas et n'accepteront jamais les guerres... Il est et demeurera toujours notre sourire de résistance comme celui de Victor Haja dans le stade de Santiago du Chili... Hasta siempre Vittorio !

      " Restons humains " Vittorio-Arrigoni.jpg


Gaza sous le choc après l’assassinat de Vittorio Arrigoni

Samedi 16 avril 2011

 Ziad Medoukh Vittorio.png

 

Nous sommes désolés Vittorio

 Nous sommes tous Victor

 Sincèrement, je ne trouve pas les mots pour décrire l’état de choc de tous les Palestiniens en général et de ceux de la bande de Gaza en particulier, après l’assassinat, ce matin, par un groupe inconnu, du solidaire, militant et journaliste italien, Vittorio Arrigoni

 Vittorio Arrigoni est arrivé à Gaza en 2008, et il a alors décidé d’y rester, afin de témoigner de la barbarie de l’occupation, dans des journaux, pour des agences de presse et des associations internationales, mais il ne savait pas qu’un acte tout aussi barbare, provenant d’hommes bien éloignés de nos traditions, mettrait fin à sa vie.

 Il est parti avant de pouvoir accueillir la deuxième flottille de liberté prévue en juin prochain, flottille dont il a été l’un des principaux organisateurs.

 Il est mort avant la sortie en France de son livre : Rester humain à Gaza, sortie prévue le mois prochain. Vittorio-3.png

 Le lâche assassinat de ce militant est choquant, révoltant, et injuste, car il vient de ceux qu’il a voulu aider.

 Les partis politiques, la société civile, les syndicats et la population condamnent avec fermeté ce lâche assassinat d’un homme de bonne volonté, d’un solidaire, d’un grand ami de Gaza, de la Palestine et de la justice.

Vittorio ou Victor, c’est ainsi que ses amis Gazaouis aimaient l’appeler, avait de bons contacts avec tout le monde à Gaza : associations, partis politiques, étudiants, jeunes, journalistes et simples citoyens, il était partout pour venir en aide à la population civile, pour organiser des manifestations et des rencontres. Il était l’un des rares étrangers présents à Gaza, Gaza qu’il a refusé de quitter lors de la dernière guerre israélienne, fin 2008 début 2009. Il y a participé, malgré sa propre blessure, aux secours et aux soins aux victimes. Vittorio-4.png

 Personnellement, j’ai eu l’occasion de le rencontrer deux fois, la première en juin 2010 sur le port où il attendait l’arrivée de la première flottille de la liberté qui a été attaquée par la marine israélienne, et la deuxième fois, au nord de Gaza où il organisait des manifestations pacifiques contre la zone tampon imposée par l’armée israélienne pour interdire aux paysans de cette région d’aller cultiver leur terre. Chaque fois, je le trouvais déterminé à demeurer avec cette population sous blocus, pour lui prouver sa solidarité. Vittorio-5.png

 Vittorio restera dans la mémoire des Gazaouis, ils n’oublieront jamais leur grand ami, celui qui essayait, dans cette difficile situation d’enfermement, d’entretenir l’espoir auquel ils sont si fermement attachés et dont il parle dans son article : Gaza, portes ouvertes sur l’espoir. De même que dans de nombreux autres articles et témoignages. Vittorio-2.png

 

Nous sommes désolés Vittorio,

Nous sommes tous Victor.

 Nos pensées vont à sa famille, à ses amis, à qui nous disons :

Gaza, ce n’est pas cela, Gaza, c’est autre chose,

Gaza c’est l’accueil,

c’est la reconnaissance du travail de tous les solidaires,

et le petit groupe qui a assassiné Vittorio ne représente ni Gaza ni la Palestine. Vittorio-6.png

Quelques photos du rassemblement de ce soir ( 15 avril ) à Gaza pour dénoncer l’assassinat ce matin du journaliste, solidaire et grand militant italien Vittorio Arrigoni.

Un rassemblement qui a regroupé des milliers de Gazaouis de toutes tendances politiques, et de différentes associations de la société civile, et notamment des jeunes pour rendre hommage à ce solidaire qui est arrivé à Gaza en 2008, et qui, depuis, a décidé d’y rester à coté des Gazaouis sous blocus-avec un seul mot :

 nous sommes tous Victor Vittorio-7.png

Diffusé par Ziad le 15 avril 2011

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Samedi 9 avril 2011 6 09 /04 /Avr /2011 21:53

Article publié par " Le grand soir "

Leur cadeau à l’humanité : la guerre et le racisme      

9 avril 2011

 

John PILGER Guerre.jpg

 

L’attaque Euro-américaine contre la Libye n’a rien à voir avec la protection de qui que ce soit ; il n’y a que les indécrottables naïfs pour avaler de telles bêtises. Il s’agit de la réponse de l’Occident aux soulèvements populaires dans une région stratégique du monde et le début d’une guerre d’usure contre le nouveau rival impérial, la Chine.

La distinction historique de Barack Obama est désormais assurée. Il est le premier président noir de l’Amérique à envahir l’Afrique. Son agression contre la Libye est dirigée par l’Africa Command des Etats-Unis, qui fut mise en place en 2007 pour protéger les ressources naturelles de l’Afrique des peuples miséreux de l’Afrique et de l’influence commerciale croissante de la Chine. La Libye, avec l’Angola et le Nigeria, est la principale source d’approvisionnement en pétrole de la Chine. Tandis que les avions américains, britanniques et français écrasent à la fois les “ bons ” et les “ mauvais ” Libyens, les 30.000 travailleurs chinois sont en cours d’évacuation, peut-être définitive. Des déclarations par des officiels et médias occidentaux selon lesquelles un “ Colonel Kadhafi, dérangé et criminel ” planifierait un “ génocide ” contre sa propre population attendent toujours leur confirmation. Tout cela nous fait penser aux affirmations frauduleuses sur la nécessité d’une “ intervention humanitaire ” au Kosovo, pour pouvoir dépecer la Yougoslavie et installer la plus grande base militaire US en Europe.

Le scénario est tellement familier. Les “ rebelles pro-démocratie ” libyens sont sous les ordres du Colonel Khalifa Hafter qui, selon une étude de la Fondation Jamestown, a crée l’Armée Nationale Libyenne en 1988 avec “ un fort soutien de la CIA ”. Au cours des 20 dernières années, le Colonel Haftar habite pas très loin de Langley, en Virginie, siège de la CIA, qui lui fournit aussi un camp d’entraînement.

Les Moudjahidin, qui ont produit Al-Qaeda, et le Congrès National Irakien, qui ont rédigé les mensonges sur l’Irak proférés par Bush et Blair, ont été eux aussi patiemment préparés dans la cadre bucolique de Langley.

Les autres dirigeants “ rebelles ” en Libye sont Mustafa Abdul Jalil, l’ancien ministre de la Justice de Kadhafi jusqu’en février, et le Général Abdel-Fattah Younes, qui a dirigé le Ministère de l’Intérieur de Kadhafi : les deux ont une réputation bien établie de réprimer sauvagement toute dissidence. Il y a une guerre civile et tribale en Libye, qui comprend une révolte populaire contre les violations des droits de l’homme de Kadhafi. Cependant, c’est l’indépendance de la Libye, et pas la nature de son régime, dans une région composée de vassaux, qui est intolérable aux yeux de l’Occident. Avec sa verve et ses manières de Bédouin, Kadhafi a longtemps été le “ chien fou ” idéal ( Daily Mirror ), qui requie

rt désormais le recours à des pilotes héroïques américains, français et britanniques pour aller bombarder des zones urbaines à Tripoli, dont une maternité et un centre de cardiologie. Le dernier bombardement US de 1986 a réussi à tuer sa fille adoptive.

Fillette-d-un-camp-libanais.jpg

Ce que les Etats-unis, les Britanniques et les Français espèrent réussir est le contraire d’une libération populaire. En sabotant les efforts des authentiques démocrates et n

ationalistes libyens de libérer leur pays à la fois d’un dictateur et de ceux corrompus par l’extérieur, le “ bruit et la fureur ” en provenance de Washington, Londres et Paris a réussi à atténuer le souvenir de ces journées d’espoir de janvier à Tunis et au Caire, et à détourner l’attention de tous ceux qui veillaient à ce que leurs acquis ne soient pas discrètement retirés. Le 23 mars, le régime militaire en Egypte soutenu par les Etats-Unis a publié un décret interdisant les grèves et les manifestations. On n’en a pratiquement pas parlé en Occident. Maintenant que Kadhafi est devenu le démon officiel, Israël, la véritable plaie, peut poursuivre sa campagne de vols des terres et d’expulsions. Facebook a subi les pressions sionistes pour retirer la page appelant à un soulèvement Palestinien – la troisième Intifada – pour le 5 mai.

 

Rien de cela ne devrait nous étonner. L’Histoire nous apprend que de telles machinations sont courantes, comme nous le montrent les interventions de deux hauts diplomates aux Nations Unies qui se sont exprimés dans Asia Times. Lorsqu’ils ont exigé de savoir pourquoi les Nations Unies n’ont pas désigné une commission d’enquête pour la Libye au lieu d’autoriser une agression, il leur a été répondu qu’un marché avait été conclu entre la Maison Blanche et l’Arabie Saoudite. Une “ coalition ” US serait chargée “ d’éliminer ” le récalcitrant Kadhafi et les Saoudiens écraseraient le soulèvement populaire à Bahreïn. Cette dernière tâche étant accomplie, le roi aux mains tâchées de sang de Bahreïn sera un des invités au Mariage Royal à Londres.

Cette réaction est incarnée par David Cameron ( premier ministre britannique – NdT ) dont le seul véritable travail consiste a s’occuper des relations publiques du magnat de la télévision, Michael Green. Cameron se trouvait dans le Golfe en train de vendre des armes aux tyrannies créées par la Grand-Bretagne lorsque le peuple s’est soulevé contre Abdullah Saleh, au Yémen ; le 18 mars, le régime de Saleh a assassiné 52 manifestants. Cameron n’a rien dit de spécial. Yemen est “ l’un des nôtres ”, comme on aime dire au Foreign Office ( Ministère des Relations Extérieures – NdT ). Au mois de février, Cameron s’est démasqué en lançant une attaque contre ce qu’il a appelé un “ état multi-culturel ” - nom de code pour désigner les Musulmans. Il a dit “ Nous devons être beaucoup moins tolérants que par le passé ”. Il fut applaudi par Marine Le Pen, dirigeante du parti fasciste français, le Front National. “ C’est exactement le genre de déclaration qui nous a valu d’être exclus de la vie publique pendant 30 ans ” a-t-elle déclaré au Financial Times. “ Je ne peux que le féliciter ”.

Dans ses périodes les plus rapaces, l’Empire Britannique produit des quantités industrielles de David Cameron. Contrairement à de nombreux “ civilisateurs ” de l’ère Victorienne, les guerriers sédentaires modernes à Westminster – pensez à William Hague, Liam Fox et le vicieux Nick Clegg – n’ont jamais été en contact avec les souffrances et le sang provoqués par leurs paroles et leurs actions. Avec leurs manières légèrement décontractées et toujours arrogantes, ils sont aussi lâches à l’étranger qu’ils le sont chez eux. La Guerre et le Racisme et la destruction du modèle de social-démocratie britannique sont leur cadeau. Ne l’oubliez pas lorsque vous descendrez par centaines de milliers dans les rues, comme le devoir vous l’impose.

 

John Pilger Guerre-2.jpg

http://www.johnpilger.com/articles/...

Traduction “ toute ressemblance avec un agité à l’Elysée... ” par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles

 

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http://www.legrandsoir.info/Leur-cadeau-a-l-humanite-la-guerre-et-le-racisme.html


Publié dans : Colères noires
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