A toi Mahmoud...
Non nous ne sommes pas seuls... nous sommes tout un peuple d'humains aux portes de l'exil... à coeur ouvert...
A vous tous, aux Palestiniennes et aux Palestiniens, notre infinie tristesse partagée...
“ Ni patrie ni exil que les mots, mais passion du blanc pour la description des fleurs d’amandier.
Ni neige ni coton. Qui sont-elles donc dans leur dédain des choses et des noms ?
Si quelqu’un parvenait à une brève description des fleurs d’amandier, la brume se rétracterait des collines et un peuple dirait à l’unisson : Les voici, les
paroles de notre hymne national ! ”
Comme les fleurs de l’amandier ou
plus loin
Mahmoud Darwich Ed.Acte Sud, 2007
Une mémoire pour l’oubli
Mahmoud Darwich
Ed. Actes Sud, 1994
Traduit de l’arabe par Yves Gonzalez-Quijano et Farouk
Mardam-Bey
Extrait
“ Mais pourquoi me préoccuper à ce point de mon cadavre et de sa destinée ? Je l’ignore. Je voudrais un enterrement comme il faut. On placerait mon corps, intact et entier, dans un cercueil de bois, recouvert d’un drapeau aux quatre couleurs bien tranchées – même si on les avait tirées de quelque poème au sens obscur – et porté sur les épaules des amis, et des amis-ennemis.
Je veux des gerbes de roses rouges et jaunes. Pas de ce rose bon marché, ni de ce violet qui sent la mort. Je veux un
récitant pas trop bavard, à la voix aussi peu rauque que possible, capable de simuler une tristesse raisonnable, en alternance avec des enregistrements de ma propre voix. Je veux des funérailles
paisibles, simples, amples, pour que les adieux soient beaux, tout le contraire du premier contact. Comme ils ont de la chance ces jeunes morts, le premier jour où ils nous quittent, lorsque tout
le monde rivalise de compliments à leur égard ! Héros d’un jour, amis d’un jour, innocents d’un jour. Ni médisances, ni insultes, ni envie. Ne laissant ni femme ni enfant, j’épargnerai à
certains de mes amis la peine de simuler une tristesse inconsolable ( sauf entre les bras de la veuve éplorée ! ), et mon fils ne connaîtra pas l’humiliation des longues attentes
au seuil d’administrations, à la bureaucratie primitive. C’est bien, je suis seul, seul, seul, et mes funérailles seront gratuites, sans vaine flatterie. Ceux qui seront venus présenter leurs
condoléances s’en retourneront à leurs occupations quotidiennes. Je veux une belle cérémonie, et un beau cercueil d’où je contemplerai l’assistance, comme le voulait aussi l’écrivain égyptien
Tewfik El Hakim. Je regarderai à la dérobée comment ils se tiennent, comment ils marchent, comment ils soupirent, comment leur bave devient larmes. J’écouterai les commentaires ironiques :
il aimait les femmes ; il adorait les vêtements de prix ; chez lui, on s’enfonçait jusqu’aux genoux dans la moquette ; il avait un palais en France, sur la Côte d’Azur, et une
villa en Espagne, et un compte secret à Zurich, et encore un avion privé et cinq voitures de luxe dans son garage à Beyrouth. On ignore s’il avait vraiment un yacht en Grèce, mais en tout cas,
chez lui, on a retrouvé assez de “ cailloux ” pour bâtir tout un camp de réfugiés. Il trompait les femmes qui l’aimaient. Le poète est mort, et avec lui, sa poésie. Que reste-t-il de
lui ? Il a fait son temps et nous en avons fini avec ce mythe. Il est parti avec sa poésie. Il avait le nez trop long, et la langue trop agile… J’en entendrai de pires lorsque cessera toute
retenue. Je sourirai du fond de mon cercueil et je me retiendrai de m’écrier : “ Assez ! ” Je tenterai de revenir, mais trop tard… ”
Nous sommes les hôtes de l’éternité ; en mémoire de Mahmoud Darwich
publié le lundi 11 août 2008
Texte publié sur le site de l’Association France Palestine Solidarité
www.france-palestine.org
Ma’an news
Extraits
“ Pas plus dans la mort que dans la vie, le poète Darwish ne disparaîtra. Son héritage, comme son ombre, restera auprès des Palestiniens une part de notre passé et une voie vers l’avenir.
( … )
L’un des premiers collègues de Darwich écrivait sur le poète déjà grand en 1974. Dans son roman Emil
Habiby décrivait l’enfant Darwish, avec sa mère, le jour où ils ont été contraints à quitter le village de Birwah, qui se trouve maintenant en Israël.
Dans une jeep militaire, le protagoniste du roman observe alors que le responsable israélien ordonne à l’enfant Darwish et sa mère
de quitter Israël. Tous deux se tournent et s’éloignent et c’est alors, dit le protagoniste, “ que j’ai constaté le premier exemple de ce phénomène étonnant qui
allait se produire tant de fois ” et il décrit ce qu’il vit alors que l’enfant et sa mère s’éloignaient : “ Car plus la femme et l’enfant
s’éloignaient d’où nous étions, le gouverneur et moi, dans la jeep, plus ils grandissaient. Quand enfin ils se sont fondus dans leurs ombres dans le soleil qui sombrait, ils sont devenus plus
grands que toute la plaine d’Acre. Le gouverneur immobile attendait qu’ils disparaissent enfin, tandis que je restais blotti dans la jeep. Finalement il demandé, ébahi, « ils ne
disparaîtront donc jamais ? ”
Pas plus dans la mort que dans la vie, le poète Darwish ne
disparaîtra. Son héritage, comme son ombre, restera auprès des Palestiniens une part de notre passé et une voie vers l’avenir.
On a dit de Darwish qu’il était un moderne Abu At-Tayyib Al-Mutanabbi, célèbre poète irakien du 10ème siècle, généralement considéré comme le
meilleur poète en langue arabe, dont l’oeuvre était si grande que personne en Irak ne pouvait parler d’autre chose que de ses poèmes. L’on dit que Darwish, comme Al-Mutanabbi, a donné à son
peuple à s’occuper avec sa poésie, qu’il l’a amené à discuter les mots, les sens et les idées.
Image de notre
poésie, Darwish, notre forteresse et notre dernier abri, nous a quittés. Il a dit un jour : “ Ils ont éteint les lumières alors que j’étais dans une
cellule de prison mais le sol était illuminé par le soleil des sentiments ”.
Que le soleil de ses mots
éclaire l’obscurité de son ombre allongée et nous soutienne alors que nous le pleurons ( … )
A ma mère
J’ai la nostalgie du pain de ma mère,
Du café de ma mère,
Des caresses de ma mère...
Et l’enfance grandit en moi,
Jour après jour,
Et je chéris ma vie, car
Si je mourais,
J’aurais honte des larmes de ma mère !
Fais de moi, si je rentre un jour,
Une ombrelle pour tes
paupières.
Recouvre mes os de cette herbe
Baptisée
sous tes talons innocents.
Attache-moi
Avec une mèche
de tes cheveux,
Un fil qui pend à l’ourlet de ta robe...
Et je serai, peut-être, un dieu,
Peut-être un dieu,
Si j’effleurais ton coeur !
Si je rentre,
enfouis-moi,
Bûche, dans ton âtre.
Et
suspends-moi,
Corde à linge, sur le toit de ta maison.
Je ne tiens pas debout
Sans ta prière du jour.
J’ai vieilli. Ramène les étoiles de l’enfance
Et je partagerai avec les
petits des oiseaux,
Le chemin du retour...
Au nid de
ton attente !
1966
nous avons réussi parfois à joindre des personnes qui ont accepté de
parler directement de leurs familles ouvrières de la banlieue et de nous prêter des photos à l'occasion de ce numéro. Vous les connaissez déjà vous qui fréquentez notre blog
des
er la mémoire ouvrière des anciens habitants de la
ville...
Et je vous
reparle de tout ça sans faute dans les jours qui viennent ne vous inquiétez pas...
n rassis avec un tas de personnages empaillés qu’on voit et qu’on revoit chaque année et qui ne nous ont jamais vues pourtant on est belles… il se distingue le bougre… D’un bout
l’autre de la grande halle du marche des Blancs Manteaux si formidable de lumière pis qu’y faisait beau en plus et de bouquins vu qu’on y est plus de 700 revues là-dedans c’est pas rien… d’un
bout l’autre ça ne causait que d’une chose… sûr que vous n’devinerez pas…
tout prévu mais pas la fin du monde des riches…
Ouais quoi ! quelle fin du monde n’import’ n’awoiq ! “ Dis pas du mal des riches !… ” comme le chante notre poteau Lavilliers ! “ On n’sait
jamais… ”
andises aussi ça va… Avec eux on n’chôme pas dans notre estomac et dans la relation
plutôt chouette avec des gens qu’on n’connaît pas du tout et qui s’intéressent eux… enfin ça nous a changé des visiteurs de ce Salon qui eux tous ou presque s’occupaient d’une seule chose on
dirait… ouais le fric faut bien l’dire… drôle de pays ici où on a jamais été aussi nombreux à inventer des créations dans tous les sens et où y’a personne qui s’en
soucie…
our la banlieue
Nord de Marseille où elle bosse comme prof dans un lycée et puis Marie est repartie pour Vallauris retrouver les gamins et les gamines de la cité de la Zaïne pas loin du Moulin des Deux Rives où
a lieu tous les étés le Salon des artistes de la Méditerranée… et moi je suis rentrée à Epinay dimanche soir dans notre cité d’Orgemont retrouver l’ami Louis et rêver à d’autres aventures pas
ordinaires…
e Françoise Bezombes une de nos
collaboratrices lui a donné vie et que Louis l'a gribouillé et puis mis en couleur sur des p'tits bouts de papier...
ance. Je n'ai pas lu d'autres textes en provenance d'écrivains du Monde Arabe vivant ici mais peut-être m'ont-ils échappé... je l'espère...
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