Paix à toi Mouamar et paix à tous les tiens. Paix à la population de Syrte
assassinée aux enfants morts et à leurs rêves détruits.
Non jamais je ne serai du côté de ceux qui exécutent, qui lynchent, qui
condamnent, qui se repaissent dans le sang versé par leurs commanditaires, qui regardent des images de la tuerie qu'on accomplit en leur nom avec leur fric et pour leur plaisir
morbide.
Comme Camus je m'élèverai toujours contre les crimes d'Etat que la populace
imbécile savoure comme elle savourait les exécutions en place de grève et contre tous les crimes.
Ce monde lâche et décadent n'est pas le mien, n'est pas le nôtre.
Comme sur le cadavre de Che ils se sont repus de leur " victoire " sans sentir la
mort qui déjà habite sous leur peau et couche dans leur lit.
Ils ne portent en eux que la mort comme leur grand frère Franco qui est mort de
vieillesse après 40 ans de dictature en Espagne et leur chant de gloire résonne dans nos oreilles ce matin : " Viva la muerte ! "
Une petite lumière a brillé toute la nuit dans mon atelier d'écriture pour dire
que la vie est là et que nous continuerons à refuser d'être leurs laquais, leurs apôtres, leurs bourreaux.
Jamais nous n'utiliserons leurs armes et jamais nous ne porterons leurs paroles
car nous savons quel est le visage de la barbarie.
Restons humains.
Salut et fraternité.
Et Ceci, Ce N’est Pas De La Barbarie, Peut-Etre ?
Philippe SAGE
Vendredi 21 octobre 2011
Lorsque la mort de Marie Dedieu fut confirmée, et
considérant les faits ainsi que les circonstances, le ministre des Affaires Etrangères et Européennes, M. Juppé tint, mercredi 19 octobre, ces propos : “ C’est (…) un acte d’une
barbarie, d’une violence, d’une brutalité, inqualifiables. Donc nous le condamnons avec la plus grande fermeté. ”
Et ça, c’est quoi ?
N’est-ce pas, là itou, un acte barbare ? N’est-ce pas juste
insupportable, inacceptable ? Mais qui le dit ? Qui s’en émeut ? Qui est venu dire que cela était “ inqualifiable ” ? Qui est venu condamner cet acte barbare “ avec la plus grande
fermeté ” ?
Oh, pardon, il s’agit, non d’un otage, mais de Mouammar Kadhafi. Dont on ne sait plus quel qualificatif il convient de lui
adjoindre : dictateur, fou, terroriste ( repenti ), mégalomane, brute sanguinaire, que sais-je encore. Mais que nous reçûmes, en grande pompe, en décembre 2007, à l’occasion, de
surcroît, du 59ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Oh pardon, encore, nous sommes en guerre, or donc, tout est permis, n’est-ce pas ? Même cela. La barbarie.
Mais qui sommes-nous ? Et que sommes-nous venus faire en Libye ? Ne sommes-nous pas la civilisation, je veux dire les garants
d’un monde civilisé ? N’avons-nous pas, de fait, à cet égard, des responsabilités à assumer, l’idée ( au moins, cela ) d’un monde à défendre, celui qui se réclame de justice, d’équité,
de démocratie ?
Qu’est-ce que ce film, sinon l’exécution, pure et simple, d’un homme ? Une négation de ce que l’on nomme : monde civilisé. Avec,
je le précise, la participation active de l’Otan. C’est cette force qui a tiré sur le convoi. Ensuite, de ce qui pouvait survenir, elle s’en est lavé les mains. C’est bien ça, n’est-ce pas
?
Et peu compte, là, à ce moment, qui était cet homme ; peu importe oui, ce qu’il a fait, ce qu’il commis.
A ce propos, dans les commentaires fort nombreux qui émaillèrent cette “ exécution ”, j’entendis, sur une chaîne
d’informations en boucle, celui-ci :
“ Le procès d’Eichmann permit d’en apprendre beaucoup sur la Shoah ”.
Mais là qu’apprendrons-nous désormais ? Que nous reste-t-il ? Avons-nous pensé, une seule seconde, à toutes celles et tous ceux,
qui ne souhaitaient qu’une chose : justice, ou un peu de vérité, quelques explications. Que nous reste-t-il, sinon cela, un acte barbare, insupportable ?
Et puis d’abord, qui sont-ils, ces gens que nous soutenons, qui tirent en l’air comme des crétins, dès qu’ils prennent
possession d’un quartier ? Qui sont-ils ces gens qui lynchent, qui se comportent, c’est sur le film, ça crève les yeux, comme des barbares ? Qui les dénonce ? Qui les condamne ? Qui les
réprouve ?
Alors ça n’aura pas suffi, n’est-ce pas, Saddam Hussein, pendu, images largement diffusées, le jour-même de l’Aïd. Comme une
insulte. Oh oui, certes, là, au moins, auparavant, il y eut, paraît-il, procès. Je précise bien : “ paraît-il ”. Car, pour qui s’en souvient, ce fut une gigantesque parodie.
N’aura pas suffi, non plus, l’exécution d’Oussama Ben Laden et sa rocambolesque immersion.
Alors, ça continue, jamais nous n’arrêterons les conneries, les humiliations, les assassinats ?
Mais bon sang, quand on se prétend être les représentants du monde civilisé, on ne tolère pas cela. Mieux : on prévient, pour
l’empêcher. Et ce, quel que soit l’homme. Qu’il fût Eichmann ou Gaddafi. Oui, quel que soit le bourreau qu’il fût, une salope intégrale même, on ne permet pas cela. En cas contraire, et ça l’est,
autant dire, de suite, alors, que oui, nous sommes pour la peine de mort, nous les gens civilisés, représentants, paraît-il, d’un monde libre. Juste. Hérauts de la démocratie. Au minimum, au
moins, on condamne. Sinon, ne nous prétendons plus “ civilisés ”.
Ah, nous ne sommes, au fond, que des barbares comme les autres. Des enfoirés. Drapés sous l’alibi de : démocratie.
Nous ne valons pas mieux que ces crétins armés jusqu’aux dents. Ces lyncheurs à la petite semaine. Ces résistants de la dernière
heure. Assoiffés de sang, de vengeance. Combattant non pour la Liberté, mais au seul nom de la Loi du Talion. Des aveugles, des sourds, des barbares. Que nous armons. Pour commettre, à notre
place, l’insupportable. Et signifier ensuite, par notre silence, cette non-condamnation de l’acte barbare : “ Ce n’est pas nous ”.
Bien sûr que si, c’est nous. Bien sûr que si, nous sommes coupables. Bien sûr que si, nous sommes des barbares.
Et plus que jamais, le monde entier le sait.
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