Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Saïd et Diana

Said-et-Diana-2.jpg

Présentation

  • : Les cahiers des diables bleus
  • : 19/09/2005
  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
  • Retour à la page d'accueil
  • Partager ce blog

Texte Libre

Texte Libre

Pour faire défiler les images du catalogue cliquez sur la fenêtre dans le bleu et placer le curseur de la souris sur la page à gauche...

Commentaires

Image de Dominique par Louis

Recherche

  Ecrits et dessinés à partir de nos banlieues insoumises toujours en devenir

      Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.

      Bienvenue à vos p'tits messages tendre ou fous à vos quelques mots grognons du matin écrits vite fait sur le dos d'un ticket de métro à vos histoires tracées sur la vitr e buée d'un bistrot, à vos murmures endormis au creux de vos draps complices des poussières de soleil passant par la fenêtre entrouverte...

      Bienvenue à vos fleurs des chantiers coquelicots et myosotis à vos bonds joyeux d'écureuils marquant d'une légère empreinte rousse nos chemins à toutes et à tous. Bienvenue à vos poèmes à vos dessins à vos photos à vos signes familiers que vous confierez à l'aventure très artisanale et marginale des Cahiers diablotins.

      Alors écrivez-nous, écrivez-moi, écrivez-moi, suivez-nous sur le chemin des diables et vous en saurez plus...

 

                                          d.le-boucher@sfr.fr


Notre blog est en lien avec celui
de notiloufoublog 2re illustrateur préféré que vous connaissez et on vous invite à faire un détour pour zyeuter ses images vous en prendrez plein les mirettes ! Alors ne loupez pas cette occase d'être émerveillés c'est pas si courant...

Les aquarelles du blog d'Iloufou l'artiste sans art  sont à déguster à son adresse                   www.iloufou.com  

Jeudi 3 novembre 2011 4 03 /11 /Nov /2011 17:32

  Les tables de sable suite... Kadhafi.jpg

    A Mouamar Kadhafi


A 634 kilomètres de là au Nord‑Ouest il y a un homme qui écrit dans un cahier qu’il emporte avec lui au milieu de la ville en feu… 

Journal du jour d’après Nuit du 8 octobre 2011

Syrte ma ville une fois encore tout à l’heure je t’ai regardée… juste avant que la nuit qui a ici des couleurs semblables aux tagelmout que portent les Berbères Touaregs sur tous les lieux de notre transhumance entre le violet noir et l’indigo teinté de rouge sang quand l’astre qui est notre dieu Horus nous abandonne à nos drames de l’obscur… Une fois encore je t’ai imaginée drapée de tes palmiers aux feuillages flottant légers pareils à des voiles de mariées autour de toi avec des buissons de jasmins et de bougainvillées rafraîchis de lumière bruissant au‑dessus de ton port où ballottaient les points rouges verts et blancs teintés d’ocre des petites barques de pêche et tes milliers d’ailes d’oiseaux marins… Syrte ma ville tu n’es plus qu’une dépouille aux lambeaux de linges noircis couvrant à peine tes plaies obscènes et ton ventre excisé à nouveau mille fois déchiré par une troupe de tueurs en rut… Comment accepter de te voir ainsi ma ville et ne pas me coucher là et mourir dans le fleuve affolé que tes canalisations crevées fait monter jusqu’à mes genoux par endroits… La pluie ardente éclabousse le moindre morceau encore dressé de tes quartiers fendus et chaque fenêtre est une plaie vive et rose un pépin de grenade dénudé dans un four où son verre fond… 

Syrte ma ville ta chair est livrée aux étincelles du fracas et pas une minute ne tombe sans qu’un de leurs missiles n’écarte avec ses tenailles fines d’horloger tes cuisses de jeune jument marine… Des orgies de flammèches ultraviolettes s’accomplissent au moment où le festin des bombardements apaise un instant les convives assis devant leurs écrans en train de surveiller notre agonie… Quelque chose remonte dans ma gorge après que le nombre d’explosions j’en ai compté 23 soit devenu d’un seul coup insupportable pour mes oreilles égratignées et j’appuie mes paumes dessus en même temps que l’odeur d’essence de pneus brûlés de fer chauffé comme de la lave d’asphalte liquide et de brasier d’eucalyptus me donne envie d’une orangeade glacée… Yaouah !… Je ne sais pas si j’ai crié ou si ce dernier raid des forteresses ailées a piégé à l’intérieur de ma tête un hurlement qui n’en sortira jamais plus… Ça ne va pas s’arrêter ! Ça ne s’arrête pas et il y a des jours et des nuits que nous rampons avec les bêtes enfouies à l’intérieur des canalisations qui ont pris le chemin de la mer bien avant nous entre les îlots de terre labourée des jardins devenus friches dont le sable épice les intestins béants… 

J’ai vu il y a plus de cinq jours de ça juste avant que le crépuscule ajoute son désarroi flambant aux braseros monstrueux des bandes de rats par milliers resurgir au point vraiment bas de l’intensité des déflagrations et former des colonnes de réfugiés haletantes en direction du port… Ils se chevauchaient piétinaient en appelant de petits cris d’enfants encerclés par les sirènes insolentes et se ruaient en bonds minuscules vers l’issue absurde à leur terreur car l’eau en fera des cadavres gonflés enfin paisibles… Ils allaient en amas inconscients là où je vais accablé de la solitude des héros absents à l’heure de la défaite finale vers la mer qui a toujours eu sur nous l’effet d’un aimant délicieux et d’une promesse de recommencement…  Ça ne s’arrête pas… Les oiseaux eux qui ont la sagesse des présages de l’azur sont partis bien avant… Je n’ai pas choisi de te quitter ma ville et aucun de ceux qui ont entassé à bord des voitures le peu de choses qu’ils pouvaient emporter n’a décidé de t’abandonner à la terreur de l’éventrement et du pillage…  Syrte-avant-la-guerre.PNG

Mais qui peut parvenir à résister au désir de plus en plus énorme engloutissant le corps entier le griffant l’investissant de son souffle de pourriture fade et de foyers âcres d’échapper à cet anéantissement programmé en cours d’exécution à chaque seconde qui s’abat… Qui peut exiger de son ventre de son sexe de ses jambes de ses poumons d’être prêts à l’écrasement à la dislocation alors que tout en nous se rue afin de toucher par n’importe quel moyen de sorcellerie la fin de cet enfer… Oui c’est ça… Qui peut exiger de nous plus que nous avons déjà supporté sans connaître l’abominable constance de la mort frôlée mille fois par heure… Tant que le cratère géant de la rue du 1er septembre ne s’était pas ouvert comme une des innombrables bouches de la terre torturée par un sursaut de sa douleur primordiale cherchant à faire cesser ce crime Hamou et moi nous avons tenu bon… Nous avons tenu bon dans notre obstination à la promesse que nous refaisions chaque matin de ne pas nourrir de notre chair la déesse de l’exode… 220px-Sirte.jpg  

Fils de la transhumance par nos pères qui ne nous ont pas donné le goût de miel de la piste saharienne nous ne voulions imaginer quitter Syrte que par la soif d’une liberté plus grande encore… Il y a quelques mois tout était prêt pour que je parte poursuivre mon perfectionnement en hydrologie souterraine et confronter les notions que j’avais acquises en cartographie avec d’autres étudiants des pays de l’Afrique subsaharienne à Londres. Ceux qui comme moi travaillaient à créer les plans de notre cité aquatique souterraine savaient que rien ne nous serait refusé de ce qui touchait Iman la déesse des eaux si c Syrtecharniershabitations.jpg hère à celui qui avait grandi dans le monde de la soif souveraine… Hamou âgé de quelques années de plus était avec la plupart de nos camarades nés dans les oasis d’Al‑Jufrah d’Al‑Kufrah de Sebha ou de Mourzouk passionné par les recherches sur l’étonnant aquifère de Nubie que nous imaginions telle une piscine souterraine forée cimentée et décorée de mosaïques semblables à celles des fontaines égyptiennes de Siwa et de Farafra… Un temple sacré dressé dessous la terre aux dieux poissons nos ancêtres venus de l’océan à notre rencontre… Notre pays était maître d’un fabuleux monde caché d’où renaîtrait toute vie et toute présence de feuilles d’arbres et de fruits bien après l’incendie qu’ils avaient allumé et c’est de cette force dont ils voulaient nous priver… 

Nous étions les enfants de tribus berbères touarègues dont les pères avaient choisi de quitter la demeure éphémère de la khaïma et notre curiosité n’acceptait aucune frontière à son inaltérable vagabondage… Nous nous sommes enchantés aussitôt des lectures des maîtres d’école qui avaient pour mission de nous faire découvrir parmi les pages des livres objets de nos rires et de notre convoitise cet espace de brûlures et d’ivresses enfouies où nous avions vécu nos premières quêtes… D’Hamada Al‑Hamra au Fezzan le sable de feu qui coulait entre nos doigts de pieds devenait par la magie du récit et la parole du conteur aussi précieux que les grains de semoule de la taguella et nous apprenions que chaque puits où nous avions bu était une des résurgences magiques de la terre mère des nomades As‑Sahara la nôtre… Et notre pays avec ses frontières mouvantes aussi incertaines que la cavalcade affolée des dunes poursuivies par le chant des tobols vivait au rythme de cette pulsation profonde et éternelle qui animait son corps du même battement de sources que celui des pays qui étaient nos frères d’eau autant que de sang…

Du miracle des oasis de notre enfance a surgi le projet insensé de la Great Man-Made River qui ressemblait alors à une sorte de rêve reliant entre elles les régions les plus éloignées comme notre citadelle de Syrte et Al‑Koufra l’oasis lointaine la généreuse… Les eaux qui baignaient le corps de sable d’As‑Sahara traçaient un second territoire bousculant les marques arbitraires des guerriers vainqueurs qu’on ne pouvait ni voir ni capturer… Elles étaient le fruit de son âme fertile qui avait si longtemps nourri les peuples d’Egypte du Soudan du Tchad et le nôtre et c’est nous les fils d’Afrique qui allions en dessiner les pistes secrètes… Pris par la grandeur d’une mission qui nous élevait au‑delà des statues des dieux romains de Leptis Magna _libye_leptis_magna_therm_500_.jpg Hamou et nos camarades s’étaient dirigés vers les métiers de l’industrie hydraulique et j’étais re sté seul avec mes crayons et mes plans aussi précieux que les rouleaux de papyrus… J’en tirais une gloire silencieuse partagée par mon père qui voyait en moi un digne descendant de la savante Babylone… 

Il y a quelques mois… qui se demande pourquoi les pères de ce pays sauvage aux lourdes mamelles blanches dévoré par les songes de la soif offrent à leurs fils de reprendre le rôle fétiche de sourcier en pays africains? Savez‑vous que nous vivons sur une terre qui n’est creusée par aucun fleuve et que nous ignorons les clapotis des remous au bord des berges picorées de roseaux ?  Chameau-dans-l-eau.jpg              

Qui ne sait pas ce que c’est que de n’avoir jamais vu les eaux abondantes traverser les plaines inondées nourries de l’humus nourricier et se jeter au creux des marais et des mangroves dans l’océan ignore tout de la soif… Cette terre sera celle des chercheurs d’eau et non plus des chercheurs d’or. Ça ne s’arrête pas… Cela fait des heures il me semble qu’hamou a entassé à l’intérieur de sa voiture par‑dessus sa femme et les trois petits les sacs de dattes et de pains plus les deux bidons en plastique bleu de vingt litres remplis d’eau… Les affaires vite empilées jetées dans le chaos pour arriver au check point à la sortie de la ville la seule encore autorisée en direction de Hun et d’Al Jufrah avant la nuit… Hamou avait insisté pendant que Baya sa femme rassemblait les vêtements et les jouets des enfants dans le couffin d’alfa tressé en essayant de cacher son désarroi pour que je monte avec eux dans l’auto… 

‑ Il y a bien assez de place pour nous trois… tu ne vas pas rester ici… ils vont raser la ville et ceux qui en réchapperont seront leurs esclaves et les femmes leurs servantes… tu sais ce qu’ils veulent…

Sans avoir jamais décidé quoi que ce soit au sujet de ces luttes qui nous déchiraient tous désormais je savais ce qu’ils voulaient et nous autres qui venions des peuples touaregs nous connaissons depuis longtemps les projets déments de ceux pour qui la terre est une convoitise et les populations qui l’habitent un objet d’échange ou d’asservissement… Je n’oublie pas que je suis un lointain fils d’esclaves nègres et que les miens ont été enchaînés à la caravane de Darb­ el‑Arbain…

‑ Tu sais ce qu’ils veulent hein ?… a répété Hamou de sa voix douce qui enflait jusqu’à la colère quand nous parlions de ça justement… ils vont le capturer vivant et ils le livreront à ceux qui ont envahi la terre des nôtres il y a cent ans… tu le sais… tu le sais !…

‑ Non… Hamou non… je ne crois pas qu’ils le prendront vivant… Amenay… c’est ainsi que le nommait mon père avec le respect qu’on porte au fils de la lune et du soleil… je songeais à sa voix qui nous parlait au milieu du désastre il y a… mais je ne savais plus dans quel temps nous vivons…

‑ “  Tous devraient être conscients que le gouvernement de Libye est le gouvernement Jamahiriya… que le pouvoir appartient aux hommes et aux femmes des Comités du Peuple et des Conférences Populaires en Libye…

‑ Ce gouvernement par le peuple ne tombera jamais et n’échouera pas. Il représente les millions de Libyens et c’est la raison pour laquelle il ne peut pas tomber. Quiconque dit que mon gouvernement est tombé est juste ridicule… c’est une blague !… Homme-en-blanc.jpg

‑ Je n’ai pas de gouvernement… de ce fait ce gouvernement ne peut pas tomber…

‑ Quand 2000 tribus se sont rencontrées et ont déclaré que seul le peuple libyen représente la Libye est-ce que cela n’en dit pas suffisamment ?

‑ Le peuple Libyen est ici et il est avec moi… personne ne peut nous représenter… Alors aucune légitimité n'est donnée à autre chose et à personne d’autre… le pouvoir appartient au peuple ! Tous les libyens sont membres des Comités du Peuple ! Tout le reste est faux !…

‑ Ce qui arrive maintenant en Libye est une farce qui ne peut avoir lieu qu’en raison des r aids de NATO qui ne dureront pas éternellement… Quand ils partiront… les traîtres partiront aussi… Nous sommes prêts à mourir pour le pouvoir du peuple ! C’est ce que nous soutenons et ce que nos martyrs ont soutenu… ”

 

La voix m’obsédait et je n’arrivais pas à comprendre comment me débrouiller avec ce que je ressentais alors que tout était consommé et que la vie même de cet homme ne dépendait plus de lui… Et le son de la voix de mon père mort me revenait sans cesse… Amenay… Amenay… 

‑ Hamou… je ne sais pas si nous faisons bien de quitter notre ville mais si nous restons ils nous tueront sans même se poser la question de savoir qui nous sommes… 

‑ C’est pour ça que tu ne peux pas rester dans ce chaos… ça n’a pas de sens !… Viens il y a de la place… il faut partir… les enfants ont peur… on ne peut pas attendre plus longtemps…

Mais j’ai refusé… deux hommes dans une voiture c’est forcément suspect déjà…

‑ Et puis Hamou tu as oublié la couleur de ma peau ?… Tu sais qu’ils sont sans pitié pour les Négros les fils de la traite et les enfants survivants des caravanes de Darb el‑Arbain qui devaient marcher quarante jours dans le désert avant d’être traînés jusqu’aux marchés d’Assiout sur les bords du Nil pour la vente au milieu des moutons et des cheveux… 

Hamou ne répondait pas… Nous ne nous étions jamais quittés depuis que nous avions partagé nos fringales adolescentes et notre idéal d’une Afrique fraternelle dans les rues de Syrte et ensuite en fumant la chicha au Café Niamey…

‑ Tu as une famille Hamou… moi je suis seul et je vais marcher le long de la grande rue qui traverse la ville de part en part que nous avons remontée si souvent en bandes heureuses jusqu’à la plage où des rides de sable ocre saupoudré de sable blanc font et défont des troupeaux de petites dunes… Je vais marcher et je n’aurai pas peur… 

‑ Tu te souviens Hamou… l’odeur amère des champs plantés d’eucalyptus de Tawargha… Il y a si peu d’années que nous courions ivres de la moisson salée qui nous roulait dans ses plis l’été et nous allions ensuite jusqu’au port où les bateaux de pêche déversaient leur cargaison de poissons à nos pieds… Je vais marcher comme si ce temps du bonheur n’était pas derrière nous…

‑ Le soir quand je rentrais à la maison ma mère qui avait l’habitude de caresser ma tignasse qui gardait la moiteur poisseuse de la mer savait tout de suite d’où je venais… Ni elle ni mon père n’ont jamais compris pas plus que tes parents d’ailleurs ce qui nous attirait de ce côté‑là du pays d’où il ne pouvait surgir que du malheur et du désenchantement… Je vais marcher et rien de tout ça ne leur appartient… Ils prendront la ville Hamou mais ils ne nous retirerons pas de nos souvenirs des choses familières…

Après qu’Hamou m’ait serré dans ses bras nos regards ont donné tout ce qu’ils pouvaient donner à cette seconde‑là et pas une autre car il était probable que nous n’aurions pas d’autre seconde comme celle‑ci… Nos regards savaient que l’oasis d’Al‑Jufrah où il comptait retourner avec les siens était plus éloignée de nous désormais que les grottes de l’Akakkus avec les pirogues du fleuve Niger dessinées à la terre rouge qui surprennent les voyageurs… Loin de lui car la route était piégée et coupée à de nombreux endroits par l’armée des conquérants et loin de moi car le chemin que j’allais pre Ammon-Siwa.jpg ndre se dirigeait vers Tobrouk et la frontière égyptienne où si tout allait bien je bifurquerais à Marsa Matrouh pour m’enfoncer dans les sables d’un autre désert jusqu’à l’oasis de Siwa… Là mon oncle Asulil le frère de ma mère un vieux nomade sédentarisé était le gardien du Temple d’Ammon qu’il faisait visiter aux touristes et le reste des jours il s’appliquait à deviner ce que voulaient dire les signes tracés sur les murailles à moitié rongées par les sables…

A suivre... 

Publié dans : Contes et récits de l'arbre aux histoires
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 22:40

Ma main a dit Non

Mains_lumineuses.jpg

Epinay, lundi, 31 octobre 2011

Ce matin en poussant la porte d’un petit bistrot populaire

J’ai vu le journal posé sur le comptoir tranquille

Et tout prêt pour une belle journée docile d’hiver

J’ai vu l’image brutale au milieu de la page du journal

Exposée au coup d’œil machinal des travailleurs de l’aube

Au regard curieux des marchands d’armes et de dieux

Depuis la veille le papier chiffonné couvert de taches brunes

Eveille l’appétit des vieux collectionneurs d’oreilles mâles

Ce midi ils emballeront leur casse‑croûte à la viande crue dedans

Depuis la veille le sang a séché au soleil des vitres pâles

Mais le journal est toujours là épouvantail montrant ses dents

Etalé sur le comptoir gris pareil à un linceul sale

Attendant la nuit entière une lessive de larmes et de clarté

Une pluie bienfaisante pour une ville hérissée d’incendies blancs

Où des corps d’enfants captifs se font à leur cocon de pierre

Sage fourreau définitif qui les protège des bombes et du temps

Je connais une ville qui a des tombeaux plus hauts que les pyramides du Nil

Ses immeubles sont des sarcophages de verre fondu très présentables

Une architecture nouvelle sulfure sortie du four céleste

A enseveli tout un peuple perdu dans le désir dément d’un mercenaire

Assis devant son écran la bouteille de whisky vide entre ses cuisses

J’ai posé ma main dessus l’image nue et ma main a dit Non   

Non à la déesse mort et à ses serviteurs obscurs Non aux clichés obscènes

De l’homme supplicié qui viennent souiller l’enfance à peine sauvée

Main-d-tail-Dom.jpg

Des gamins blacks de Cap Town nageant joyeux dans l’océan à Boulders Beach 

Non à l’histoire tronquée de l’homme supplicié soutenant seul l’ANC

Non à la mémoire d’Afrique trafiquée par les fabricants de fausses nouvelles

J’ai posé ma main sur sa figure fière et ma main a dit Non

Le patron m’a servi un café tiède et gras dans une tasse fêlée

Le type à côté de moi au bar suçait son pastis et son regard lisse

A tracé de la page à ma peau une exquise ligne de mire

Parfaite pour le fusil mitrailleur d’un exécuteur errant

Il a glissé son index furax en direction du journal avec un gros rire

Son crachat éclaboussant la sciure à mes pieds a fait sursauter

La chair fraîche des proies au fond du souvenir empaillé des chasseurs

Je l’ai senti me souffler dans le cou une odeur de charogne

Je l’ai entendu dire d’une voix de philosophe abruti par la peur

Entre les murs de sa chambre d’ombre bardés de photos de guerre

Si ça ne vous plaît pas foutez le camp ailleurs

Mais il n’y aura jamais personne pour m’empêcher d’être là appuyé

Au comptoir d’un bar à bière bon marché à café froid et à tueurs embusqués

Derrière le masque banal d’un des habitants du quartier

Et d’y rester toutes les heures qu’il faut pour dévisager la haine

Epinglée au revers de leurs mimiques repues d’assassins mécaniques

Avec qui je ne partagerai plus les raviolis sauce tomate au sang noir

Dans le réfectoire de l’école communale à la cantine de l’usine

A la table interminable du domaine agricole avec qui je ne partagerai plus rien

Et ma main a dit Non et ma main a arraché la page du journal

Qu’elle a déchiré en centaines de pétales de fleurs de grenadiers

Qu’elle a envoyé au nez des voyeurs du lundi matin au dimanche soir

Et ma main a cherché dans ma poche la monnaie pour payer le café

Elle a jeté les pièces sur le comptoir poussé la porte sans dire au revoir

Dehors j’ai essuyé mes paumes en sueur le matin frais m’offrait

Une grande lampée de tilleuls en maraude et d’érables sucrés

Le rire des mésanges et la lenteur du temps et j’ai songé content

A mes ennemis qui ont été mes amis bien avant que la guerre les ronge

Abattant un à un mes rêves d’une Afrique sœur au fusil mitrailleur

Esclaves de l’or et de la gloire parés pour de futures impostures

Marchands d’images costumés de mirages et de décadences

Et ma main a dit Non si souvent elle avait tenu la leur Main-de-mendiant-Dom-copie.jpg

Semblable au poète son âme au creux de sa paume ouverte

Je suis rentré chez moi c’était à deux pas il faisait doux

La solitude me va comme un gant de neige et de fourrure

Loin des bourreaux le sable assoiffe nos pages d’innocence.

Publié dans : P'tits poèmes diabolique
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 20:49

      J'ai eu une petite idée il y a quelques jours et je suis sûre qu'elle va vous plaire... Comme je tiens une correspondance acharnée avec des amis fidèles ( y en a très peu... ) et notamment Rania Aouadène ma copine écrivaine et poète kabyle que vous connaissez et que bien des choses tristes qui se sont passées depuis le début de l'année et la révolte arabe... je pensais vous faire partager nos échanges de ce moment-là où on y croyait fort... Rania 2008

      Rania est partie en Tunisie quelques temps après la révolution et elle m'a écrit de là-bas... enfin vous verrez... Voilà... il me semble que ça s'est passé il y a des années tant mon désenchantement est grand...

Alors cette marche ? 11 février 2011  

12 février 2011

Coucou Rania,

 

Hier soir c'était vraiment de la folie, j'ai regardé avec le direct live du Monde l'explosion de joie sur la place Tahrir au Caire et c'était impossible de ne pas être dans l'émotion et la frénésie avec eux, même si on sait très bien tout ce qui se dissimule et se magouille derrière ce que le peuple égyptien a voulu avec toute sa force et sa générosité, et surtout avec sa jeunesse qui est capable de donner sa vie pour son idéal... La fête ils l'ont gagnée avec leur peau et c'est pas rien de la risquer sa peau alors on peut être fiers car ce sont tous les peuples du monde exploités et asservis qui relèvent la tête aujourd'hui et le bonheur c'est que ce signal nous soit venu du Monde Arabe ! 

Maintenant bien sûr rien n'est joué dans cette partie de dés engagée contre-avec l'armée car tu sais comme moi qu'il n'y a rien de plus nuisible et de plus déterminé à se fritter avec tout ce qui n'est pas minablement conforme au pouvoir dominant : le leur, que les militaires... Et pour les subir depuis 60 piges en Algérie les militaires, tu sais aussi de quoi ils sont capables et par qui ils sont déplacés sur l'échiquier du monde du fric et des vieillards séniles qui jouent à la mort avec leurs peuples...

Ouais ma Rania, on a beau être dans l'écriture jusqu'au cou nous autres, ça ne nous empêche pas d'être lucides, hein ? Y a qu'à regarder Camus par exemple dans ses écrits libertaires de 1948 à 1960 que Lou marin a rassemblés et publiés, combien il revient sans cesse sur le rôle des créateurs et surtout des écrivains en face de l'histoire qui se fait avec du sang et avec le chaos qui broie et aussi souvent avec le désenchantement. 

Y a une phrase de lui que j'aime et qui me va bien je crois, je l'ai copiée pour ne pas l'oublier sur mon gros cahier de notes : “ Les écrivains ont toujours été du côté de la vie, contre la mort. Où serait la noblesse de ce dérisoire métier s'il n'était fait justement pour plaider inlassablement la cause des êtres et Camus journaldu bonheur ? ” Bon, nous deux c'est clair qu'on est du côté de la vie et du bonheur même si on a la grosse colère des fois...

Et au fait d'écrivains, j'ai lu sur le reportage du Monde concernant l'Algérie qui ne donne presque pas d'infos d'ailleurs, que Mohammed Kacimi que je connais bien et qui avait disparu dans le silence depuis les années de braise de l'Algérie était à la manif à Paris et qu'il a pris la parole pour parler de... l'Egypte enfin ce que j'ai cru du moins... mais peut‑être qu’il s’agit de son homonyme qui est écrivain et peintre marocain ?

M'étonneront toujours les écrivains algériens par rapport au pouvoir et à leur pays... Bon, ma Rania j'ai cherché en vain des infos pas trop pipeau sur les manifs d'aujourd'hui à Alger et à Oran, et aussi à Tizi Ouzou car je sais qu'il y en avait de prévues, et ouallou rien ou deux trois mots bidons comme on a l'habitude... Pas plus concernant Marseille Toulouse Bordeaux et le reste ici non plus… je me doute qu'on nous planque quelque chose ! Alors si tu veux me raconter ta marche ça me ferait bien plaisir d'avoir des infos en direct presque et du vécu vivant vu que l'Algérie c'est quand même notre utopie à nous autres hein ?

Alors qu'est-ce qu'ils attendent les peuples d'Algérie pour les virer ces bouffons sinistres et qui ont aussi les paluches bien sales que je crois... Z'ont pas que le sang de Jean Sénac sur les mains et aussi celui de ton père mais chaque personne qu'ils ont tuée doit rester dans la mémoire des peuples pour qu'on les empêche de nuire à nouveau... 

Tout ça m'inspire drôlement en tout cas et je n'arrête pas de gribouiller des textes que je balance sur notre blog parce qu'être solidaire en ce moment c'est évident ! J'ai commencé à rassembler des bouts de notre correspondance et ces échanges avec toi me plaisent de plus en plus ma Rania, y a si peu de personnes à qui je peux causer de cette passion arabe que j'ai, comme le dit si bien Leïla : l'Orient ma rêverie c'est tout ce que j'ai eu... Allez vas-y écris ! Bisous plus rebelles et plus poétiques que jamais de Dom et de p'tit Louis

                          

Manif

dim. 13/02/2011 16:35

 

 

Ma  Domi ! je suis rentrée à la maison épuisée mais en forme. Je n'étais pas comme de nombreuses fois, face à ce pouvoir militaire complètement désenchantée par le flop de la manif à Alger. Même s'ils ont déployé 30000 policiers, qu'importe les algériens ont compris que nous pouvions changer les choses et qu'il n'y a aucune force qui ne puisse gagner face au peuple quand il décide de s'unir.

Nous avons défilé à Marseille en sachant les arrestations arbitraires et les violences commises à l'égard des manifestants. L'important est de se dire que nous ne continuerons pas indéfiniment à accepter les injustices et la corruption liées à ce régime. Nous ne dirons pas assez les horreurs liées à ce régime qui a décidé un jour qu'il était le seul maître à bord au lendemain d'une indépendance gagnée dans le sang. Place Tahrir 9 février 2011

Qu'importe si madame la France continue de parler de la guerre comme si elle n'avait pas fait autant de morts et détruit autant de familles quels que soient les bords. Nous arrêterons de penser que les bons fellaghas n'ont fait que défendre la Liberté alors qu'ils s'entretuaient entre eux pour des histoires de nanas, de détournement de fric et de gestion de bordels dans lesquels il faisaient la révolution. 

Tu vois j'ai donné hier un interview dans la Provence et encore une fois, j'ai aimé “ fille d'un opposant assassiné ”, comme la marque indélébile de la présence de mon père dans tous mes combats. Les salauds se sont appropriés la lutte de mon père et de ses amis, alors je n'aurais de cesse de leur servir jusqu'à ce que l'histoire franco-algérienne reconnaisse les torts commis au MNA, le traînant dans la boue, sans oublier le PC qui lui aussi a sa part de responsabilités dans le dénigrement du MNA.

Je suis choquée de voir les partis ne pas se prononcer sur la situation dans le monde arabo‑berbère. L'histoire recommence comme lorsque les cocos attendaient la révolution internationale avant de libérer les colonisés, les Indigènes. Si nos pères avaient attendu nous serions encore des sous-peuples, des sans “ âmes ” comme les Indiens et les Nègres l'ont été pour les peuples qui les ont soumis à leurs indignes lois de la colonisation.

Et oui ma belle,  que de prétention de la part des politiciens, des philosophes, des journalistes et avec comme mot d'ordre se taire et brandir la menace des islamistes, des intégristes… J'ai bien aimé ta phrase de Camus et je n'ose penser à ceux des intellos algériens qui refusent de reconnaître Camus comme Algérien et qui considèrent qu'il aurait du être du côté de l'Indigène.

Moi je ne sais pas, je me dis que la question est de savoir comment analyser le travail sur Misère de la Kabylie quant on sait qu'il n'a cessé de dénoncer la situation chaotique des populations et que personne n'a voulu l'écouter. Je préfère garder de Camus une oeuvre passionnante, engagée faite d'un humanisme sans limites et je jette à la poubelle les polémiques qui ne servent que ceux qui aujourd'hui sont assez lâches pour exhumer la dépouille de Camus et la donner aux chiens pour qu'ils en délectent.

Tu sais que je pars en Tunisie samedi et ne te pose pas de questions… De plus je vais peut‑être rencontrer une professeure de fac qui est passionnée de Camus et en est spécialiste. Bla bla bla je n'aime pas les spécialistes de... mais j'aime sa vision des choses et nous avons parlé de l'attitude des intellos algériens vis à vis de Camus. Au Caire

Je pars car j'ai besoin d'oublier mon séjour algérien qui s'est pas très bien terminé avec mon impossibilité de ne pas éponger les horreurs de ce pays, chaque fois que j'y séjourne.
Mais j'ai surtout envie de voir,  de sentir le changement même si je sais que rien est acquis et que les réactionnaires sont là tout près pour empêcher le changement.

Bon ma belle, je te laisse sur cette chanson que nous avons tous chantée lors des manifs pendant les années de manifestations à la fac et au lycée ! Venceremos porque nadie detiene a un  pueblo unido de ardorosa unidad ! Bises à tous deux ! Rania

 

 

 

 Un bon voyage !                                                     

16 février 2011 18:59

 

 

Coucou Rania,

 

Et merci pour ton long courrier qui me raconte tant de choses c’est vrai qu’en ce moment ça bouge tellement qu’on a envie de parler sans arrêt et d’échanger parce que c’est un peu nos utopies qui se réalisent enfin ces peuples qui se lèvent… Tu sais moi en dépit de mes opinions de vieille anar qui ne risquent pas de changer, je suis très peu dans les combats d’idées vu qu’en règle général ça me saoule et que les idées ça n’est pas mon truc… alg Jean Senac

Ce que j’aime justement chez les écrivains comme Camus et encore plus chez mon cher Jean Pélégri et bien sûr chez Sénac c’est la part de l’émotion et la poésie qui n’empêchent rien à la conviction h um aniste de Camus et à la formidable passion populaire de Jean Sénac et c’est bien pour ça qu’ils l’ont, lui aussi, assassiné en cette fin août 1973…

Ce que tu dis pour Camus, forcément que je suis d’accord et malgré mes va‑et‑vient le concernant car c’est le premier auteur que j’ai lu quand j’avais seize piges, un gribouilleur qui compte je veux dire, je n’avais jamais pu oublier la phrase que Rieux dit à Tarrou dans La Peste : “ Ce qui m’intéresse ce n’est pas d’être un héros c’est d’être un homme… ” Bon à l’époque moi j’étais du genre je pose des bombes et je fais tout sauter si ça peut faire que ce monde pourri dégage ( ouais ce blaze c’est le mien ils me l’ont piqué ! ) alors là j’ai passé des heures à retourner l’affaire dans tous les sens, tu imagines…

Mais c’est quand j’ai pu causer de Camus avec Jean Pélégri qui avait été reçu par lui comme lecteur chez Gallimard pour son premier bouquin L’embarquement du lundi et ils s’écrivaient mais ils n’avaient pas discuté ensemble jusqu’à ce qu’ils se rencontrent à Paris une nuit dans un café à Saint‑Germain en 1960 juste un peu avant qu’il meure comme on sait…

Jean me racontait souvent cette discussion dans un bistrot parisien qui n’a rien à voir avec ceux d’Alger comme il disait et j’avais noté pour mon bouquin de dialogue avec lui deux trois phrases du genre : “ Qu’il semblait loin le bonheur marin de Tipasa… Moi j’essayais d’accorder l’image de l’homme qui me parlait avec celle que je m’étais faite de lui à travers ses livres, j’essayais d’accommoder… ” PELEGRI SENAC

Il ne savait pas qu’ils ne se reverraient jamais mais Jean était fasciné par l’intervention de Camus en février 1956 quand il a pris part à la réunion sur la trêve civile au Cercle du Progrès de Ferhat Abbas sur cette Place du Gouvernement qu’il aimait tant où Camus avait tenté de convaincre à la fois les Pieds‑noirs et les Algériens qu’on n’appelait pas comme ça à l’époque faut pas oublier, de cesser les affrontements pour trouver un moyen de sortir de cette guerre ensemble… Et tiens, y a un témoignage de ce moment écrit par Roblès qui était avec Camus dans la petite Revue Celfan, je trouve ça vraiment incroyable : 

“ Je suis assis à la gauche de Camus, côté fenêtre. Je vois une partie de la foule qu’agitent des remous. Mêlés aux Européens je distingue de nombreux musulmans et l’idée me vient que si quelque fou lance une grenade dans cette masse tout peut finir en carnage. Camus aussi a jeté un coup d’œil et la même angoisse a dû lui venir. A cause de l’épaisse chaleur il a le front trempé de sueur et l’essuie parfois d’un geste prompt. Le tumulte continue : menaces, Marseillaise. Des milliers de visages sont levés vers nous dans ce crépuscule que créent les lampadaires ( … )

De nouveau : “ Camus à mort ! Mendès au poteau ! ” Dans la salle des regards se tournent vers moi. Certains auditeurs croient entendre mon nom. Camus lit toujours. Les manifestants ne sont pas si loin de la grille car leurs vociférations nous parviennent aussi par le puits sonore de l’escalier. Quand Camus a terminé, très applaudi, je lis la motion proposée, demande qu’on signe les listes, déclare le débat ouvert. Camus s’essuie le visage, me souffle : “ Dépêche‑toi, écourte, si tu peux. ” Si cette soirée devait faire une seule victime, pour un homme comme Camus ce serait une tragédie personnelle, capable de le détruire. ”

Voilà ma Rania, j’aime ce récit de Roblès parce qu’il nous envoie de cet homme qui a été si souvent décrit comme quelqu’un de froid qui a pris de la distance avec l’Algérie, la vraie image pleine de passion et la force de ses engagements qu’il n’a pas reniés, jamais, pas plus que ceux pour soutenir les Républicains espagnols et les anars de Barcelone et d’ailleurs jusqu’à la fin il a refusé l’oubli et les patouillages de tous les politicards et mafieux des grosse usines qui bricolaient avec Franco la muerte sans hésitations !

Tu as raison de ne pas répondre à tous ces donneurs de leçons de morale et autres de toutes façons les pourvoyeurs de vérités ce sont les pires, sont pas proches de la vie des peuples ces gaziers‑là vu que nous on sait bien que le passé comme disait Jean avec un clin d’œil n’est jamais simple ! C’est qui au fait ce prof qui connaît bien l’œuvre de Camus ? 

Moi je dois te dire que concernant l’Algérie et la période de la guerre et puis les combats internes entre le FLN et le MNA, et tout ce qui a comme toujours quand y a du pouvoir a la clef, sali cette lutte juste et généreuse, je suis sans avis car trop d’avis divers, trop de données ( j’ai beaucoup écouté les Algériens sur le sujet et pas un qui soit d’accord ou qui ait un avis un peu distancié… ) et plus je lis et plus j’ouis moins j’y trouve de la clarté dans l’affaire… C’est le côté obscur de la force si tu vois c’que j’veux dire pour mézigue ! Encore en ce moment pour écrire un article qu’on m’a commandé sur Frantz Fanon que je ne connais pas en détail mais un peu pas mal par la psychiatre Alice Cherki qui était ucamus01ne de ses collègues à Alger, et par ses bouquins bien sûr, ce que je lis dans ses articles de 57 sur les rapports de force me laisse ahurie car il affirme des choses… bon enfin, on recausera de ça à ton retour, c’est trop le pataquès…

 

A suivre...

Publié dans : Colères noires
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 14:58

       Je vous avais promis un texte de réflexion sur ce que ça signifie quand un pays se donne pour

" philosophe " un adepte des assassinats et un défenseur du retour à l'obscurantisme guerrier eh bien ! en voici un début car il y a bien à dire... Et l'adoption dès aujourd'hui de la loi sur la généralisation de la polygamie et l'interdiction du divorce en Libye par les " libérateurs " serait déjà fort drôle si ça n'était pas le début du drame qui s'annonce pour les femmes libyennes habituées à la liberté et à l'égalité depuis 42 ans... A suivre...


Le festin des rats LybieItalienne

 

Je m’étais dit que si Mouamar Kadhafi ne quittait pas la Libye abandonnant sa terre et son pays avant que les tueurs payés pour le lyncher ne lui mettent la main dessus il serait abattu de la façon dont ils ont déjà massacré des milliers de Libyens qui avaient la peau noire… Et puis bien sûr quand on croit à la conscience humaine et au fait que les êtres qui forment des peuples se sont séparés de leurs instincts de primates au contact les uns des autres dans les luttes sociales pour leur liberté et leur dignité on se dit que non… Non… il ne peut pas y avoir à nouveau les scènes infâmantes de la pendaison de Sadam Hussein filmée photographiée et jetée aux populaces en pâture afin qu’elles se vengent de leur propre aliénation… Ou celles de l’assassinat de Che et son cadavre étalé devant la meute et le troupeau venant jouir de la mort selon la doctrine de Franco et de ses laquais : “ Viva la muerte ! ”

Eh bien si ! Non seulement le lynchage prévu et organisé a bien eu lieu mais encore il a fallu danser devant la dépouille de ceux qui ont été froidement abattus après avoir été des combattants à Syrte leur ville défendue par ses habitants durant des semaines entières… Le festin et le bal ont été ouverts comme il se doit par l’instigateur des basses œuvres libyennes et ses serviteurs et c’est là que l’écriture est essentielle pour tenter de saper à ses racines la prise de possession de nos esprits de nos consciences et de nos sensibilités par des malfaiteurs tels que ceux qu’on a nommés et intronisés intellectuels… dans un pays totalement décadent qui ne sait même plus faire lire à ses étudiants ni Camus qui s’est battu contre la peine de mort toute son existence ni Malraux l’écrivain de La condition humaine et de L’Espoir.

Je n’ai jamais rien lu du prétendant philosophe B.H. Lévy et le diable me garde et me préserve d’y retourner après l’épreuve qu’a été hier le passage en revue des quelques articles de son blog arrangés afin de redonner comme il le fait si bien en pervertissant le langage un semblant de bienveillance et de justice à son premier discours édifiant à l’annonce de la tuerie menée joyeusement par ses amis du CNT sur Canal + et France 2 à ce qu’il paraît… J’ai trouvé l’info concernant sa présence dans ces médias que je ne fréquente jamais dans l’article de Daniel Schneidermann récupéré après moult recherches sur le site Rue 89… N’approchant pas d’ordinaire ce genre de moyens d’information qui participent de la “ fabrique du consentement ” je suis tombée dessus en cherchant les premières réactions “ à chaud ” de ce “ philosophe ” devant les images de la mort infâme et indigne d’un homme. Je savais qu’il était essentiel si je voulais mettre à nu la fourberie de ce genre de type qui est un des responsables de l’invasion actuelle de la Libye par les colonisateurs de l’Occident et des tueries qui ont commencé et vont se poursuivre d’avoir les réactions “ à chaud ” du primate philosophe…

Je porte pourtant en grande estime les philosophes autant que les poètes et un peu plus que les écrivains car ils ont à mes yeux la tâche de redonner du sens à notre monde qui ne sort jamais quelques instants de l’insensé et du chaos que pour mieux y replonger passionnément et primitivement. Il me semble d’autant plus honteux et étrange d’avoir choisi… et qui donc est à l’origine de ce choix ?… ce genre d’individu pour pseudo guide de la pensée française du 21ème Siècle et l’occasion est malheureusement trop claire de dénoncer l’imposture de ce choix… sartre_1948_small.jpg

La personne de B.H. Lévy est entourée avec sa propre complaisance à ne jamais se séparer de son miroir de ses mises en scènes mégalomanes et délirantes d’une telle rumeur alimentée par ses mensonges et ses scénarii que ça n’est pas la peine de se coltiner ses écrits pour avoir des échos de ce qui lui tient lieu de pensée… au contraire le bruit qu’il entretient autour de sa personne dissuade de toute curiosité vis‑à‑vis de sa “ philosophie ”…   C’est bien sûr un très mauvais signe quand on peut dire d’un philosophe qu’il n’est pas nécessaire de le lire puisque le vacarme qui le suit rend toute envie et tout besoin de découvrir son œuvre superflus…  

Je n’ai jamais rien ressenti de tel avec J.P. Sartre qui était présent dans l’action sociale et politique quotidienne intervenant souvent aux émissions de radio qu’il préparait avec soin et répondant aux questionnements qu’on lui faisait… Au contraire… l’écouter éveillait en moi une véritable jubilation semblable à celle que me procure l’écriture…Celle de sentir ma réflexion et toute ma sensibilité en pleine action et tout mon être vibrant au plaisir de la quête d’une plus vaste conscience et de la poésie des mots sans fin renouvelée… Ce qui ne m’a pas empêchée d’être souvent en désaccord avec ses prises de positions mais je n’ai jamais été animée à son écoute par le dégoût et la colère qui sont les miens aujourd’hui face à quelqu’un qui utilise son pseudo prestige et le spectacle qui l’accompagne pour travestir la vérité dès qu’il s’agit du Monde Arabe ou Africain et pour apporter sa contribution à cette fameuse “ fabrique du consentement ” nommée ainsi par Noam Chomsky.

La première réaction à chaud de B.H. Lévy rapportée par Daniel Schneidermann après l’annonce de l’assassinat de Mouamar Kadhafi par ses “ amis ” du CNT ( c’est lui‑même qui les nomme ainsi dans les articles que j’ai lu sur son blog… ) est la suivante : “ “ Kadhafi a été achevé par des jeunes gens sympathiques et un peu énervés, il faut les comprendre, je le regrette, tout le monde le regrette, le CNT le regrette, je le sais, je leur ai parlé, mais c'est ainsi, on ne fait pas d'omelette, etc. ” Encore une fois il s’agit de quelqu’un qu’on nous présente comme un philosophe et pas un commentateur de télévision ou un quelconque de ces chefs de guerre barbouzes à la Bigeard… Les tueurs sont à l’entendre “ des jeunes gens sympathiques et un peu énervés ” et en plus “ il faut les comprendre ”… Je ne sais laquelle des deux parties de la phrase me terrifie le plus…

La seconde sans doute… Car que faut‑il comprendre au juste si les mots ont vraiment un sens ? Que de s’acharner sur un homme seul blessé désarmé est un acte résultant de l’énervement sympathique de personnes jeunes… ou bien encore que l’assassinat de Mouamar Kadhafi est sympathique parce qu’il a été accompli par des personnes jeunes et donc forcément énervées… je vous laisse le choix… de les comprendre comme vous voulez… 

Donc comme si cette façon de disculper des personnes qui se sont chargées de lyncher un homme sans défenses désormais ne suffisait pas : il nous est demandé de les comprendre… on réclame de nous en complément de complicité de les trouver sympathiques… Après tout en effet c’est bien dommage qu’on ait massacré un homme mais quand on est jeune et énervé n’est‑ce pas… On ne va quand même pas exiger que ces “ jeunes sympathiques et énervés ” soient recherchés appréhendés questionnés et jugés pour assassinat hein ? Ce “ qu’il faut comprendre ” en réalité c’est que ces tueurs n’ont fait qu’exécuter la mission dont “ on ” B.H.Lévy and Co. les ont chargés et que s’il peut aujourd’hui se laver les mains de cette mort ainsi que toute la communauté internationale c’est parce que cette mort‑là est unanimement et collectivement comprise et légitimée… 

Et c’est bien pour ça aussi qu’on se doit que “ nous ” nous devons de regarder en boucle les images de cet homme torturé qu’on  “ nous ” a minutieusement arrangées pour qu’elles soient “ regardables ” afin de nous rendre d’un seul regard associés à l’infâme… Le journal Libération a trouvé nécessaire de justifier le passage de ces images en une de son édition parce qu’elles sont une catharsis paraît‑il… Du “ philosophe ” justifiant l’assassinat au journaliste justifiant la délectation de la tuerie il y a juste un pas déjà franchi depuis longtemps… Et de l’un à l’autre : celui qui déclare qu’un meurtre est compréhensible et celui qui incite à y assister en direct grâce aux vidéos il y a tout simplement le principe de jouir de la mort d’autrui “ comme si on y était ”… qui est évidemment mitoyen de celui de mettre en scène la mort de l’autre comme une façon d’exister. Voilà nous y sommes c’est la doctrine nazie franquiste et pinochiste qu’on peut résumer par le slogan bien connu et que Fernando Arrabal a repris pour titre de son fil arrabal03.jpg m sur le franquisme : “ Viva la muerte ! ” 

En clair ce monsieur philosophe qui se targue de responsabilités dans l’histoire actuelle de la Libye ( à laquelle il ne connaît rien cela va sans dire… ) se décharge aujourd’hui sur nous tous des assassinats finals et sans parler de ceux de toutes les victimes civiles de Syrte et d’ailleurs et de tous les hommes de couleur noire emprisonnés maltraités et massacrés par ses amis du CNT… et de ceux à venir ça va de soi… 

C’était déjà exactement le même discours biaisé et faux à la suite du bombardement au phosphore blanc des Palestiniens de Gaza pendant l’opération sioniste “ Plomb durci ”… Là aussi nous étions sommés non pas de condamner toute forme de tuerie collective incluant femmes vieux et enfants comme ici de condamner sans équivoque l’assassinat d’un homme blessé et désarmé quel qu’il soit mais de “ comprendre ” l’énervement des Israéliens et leurs tueries disproportionnées ripostes sympathiques ou au choix leurs ripostes disproportionnées tueries sympathique…

Comprenons‑nous bien… si “ nous ” acceptons de comprendre le lynchage de Mouamar Kadhafi “ nous ” sommes déjà d’accord avec le fait qu’on peut assassiner quelqu’un si on a de bonnes raisons de le faire et parmi celles‑ci on comprend aussi que celle qu’évoque B.H.Lévy est la soif de vengeance… Mais on reviendra sur cette proposition du primate philosophe plus tard car il faut avant tout que je vous présente une autre version que celle des “ jeunes sympathiques et énervés ” et des regrets du CNT… Nous voici donc à nouveau sur le site de Rue 89 où j’ai déniché une interview de “ Abu Mouhaned, l'émir de la Brigade des martyrs de Souk Al-Juma, à Tripoli ” qui est effectivement à la tête d’une bande de jeunes comme il le confie à celui qui le questionne sur le lynchage de Mouamar Kadhafi et ce qu’il en pense…

 

“ Il dirige plus de 1 700 “ thouwar ” ( rebelles ), pour la plupart des jeunes qui n'avaient jamais manié une arme avant la révolution de février. ” ( … )  Avant de devenir un des plus puissants chefs de la rébellion, Abu Mouhaned était commerçant de matériaux de construction. ( … )   Jeudi, les hommes d'Abu Mouhaned, ont participé à la chasse de Kadhafi à Syrte avant de l'attraper vivant et de le lyncher. Entretien. ”

 

Kadhafi a été lynché. Pensez-vous qu'il aurait mieux valu le faire comparaître devant un tribunal ?

 

Tous les Libyens sont contents de voir une crapule comme lui périr d'une mort atroce. Il ne fallait pas attendre le travail de la justice. C'est nous qui l'avons combattu et c'est nous qui l'avons abattu.

 

Ainsi vous montrez qui commande...

 

Oui. C'est notre combat. J'ai été informé à 7 heures de la capture de Kadhafi. J'ai commencé à crier “ Allah Akbar ” comme un fou. J'étais fou de joie.

 

Que faire avec les corps de Kadhafi et de son fils Mouatassim ?

1591626_3_5e7a_le-nouveau-gouvernement-libyen-est-confronte.jpg

Il faudrait les jeter en mer. Même les requins n'en voudraient pas. Comme l'islam nous empêche de maltraiter les morts, le mieux est d'enterrer rapidement le cor ps du tyran dans un lieu secret ou à l'extérieur du pays. Bref, loin des Libyens. ( … ) ”

 

Comme on peut le lire de la part de cet Emir qui a lui‑même participé avec ses “ jeunes sympathiques et un peu énervés ” à massacrer un homme sans défenses il ne s’agit pas du tout d’un acte de guerre classique entre des combattants mais bien d’une exécution donc d’un assassinat froidement préparé et mis en œuvre. Et bien entendu ce genre de personnage tout à fait recommandable qui fait sans doute également partie des connaissances du primate philosophe ne regrette absolument pas son acte au contraire il s’en vante et en rajoute… Nous vivons donc actuellement dans un pays où un “ philosophe ” soutient les actes barbares de ce style en les légitimant par des mensonges et en nous invitant à être compréhensifs au lieu de les dénoncer sans la moindre équivoque et d’en réclamer le bannissement absolu en tant qu’éthique et que loi. A partir de là il est loisible de penser que plus rien ne nous sépare ni ne nous protège du danger d’un retour à des pratiques prenant pour base les rapports de force et de pouvoir entre êtres humains fondés sur la violence et l’inégalité entre les peuples selon leurs origines ethniques leur religion et leur couleur de peau et entre les sexes… Bref un simple retousouriez.jpgr à la barbarie dont on n’est jamais vraiment sûr d’être sortis…

 

Et nul doute que l’application de la Charia loi islamique dans le pays de la Libye libre que personne n’a jamais eue à affronter depuis 42 ans réjouira beaucoup les instincts de p ri mate de B.H.Lévy le “ philosophe ” car il pourra en vérifier les premiers effets dès son prochain voyage chez ses amis du CNT ayant rétabli aussitôt la polygamie et l’interdiction du divorce…

 

A suivre...    

Publié dans : Colères noires
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 23 octobre 2011 7 23 /10 /Oct /2011 12:05

      A toutes celles et à tous ceux qui crachent leur haine morbide sur un homme désarmé seul lynché par les " libérateurs " extrémistes islamistes la réponse est ce testament rempli de grandeur de dignité de sagesse et d'humanité.

Mouamar-et-Hugo.jpeg

      Lire ces mots a mis en moi dans le chaos du désespoir et des émotions intenses que si peu de gens autres que les imbéciles du tas peuvent appréhender une grande paix et m'a confirmée dans mes convictions concernant cet homme.

        Paix à toi Mouamar et paix à ton fils Moutassim à tes autres fils et à tes petits enfants assassinés. Paix à tous les tiens et au peuple de Libye que tu as défendu jusqu'au bout avec les convictions qui étaient les tiennes.

        Ceux qui t'ont abattus se comportent comme les primates qu'ils sont on le voit chaque jour et le monde est empuanti de leur charogne. 

        Merci pour ces mots qui me font à moi tout le bien possible dans l'impuissance terrible où je me sens aujourd'hui comme durant toute la guerre contre la Libye face à l'Afrique dépecée et recolonisée.

         Et face à la mort de notre âme.


Testament de Mouammar Kadhafi Mouamar-vivant-1.jpg

         Quelques jours avant sa mort, le Guide libyen déchu avait rédigé un testament qu'il avait transmis à trois de ses proches. L'un d'entre eux a été tué, un autre emprisonné et le troisième s'est enfuit vers une destination inconnue. Un site libyen a publié ce qui est donné comme étant le testament de Mouammar El Kadhafi, rédigé quelques jours avant sa mort. “ Algérie-Focus.Com ” l'a traduit :

 “ Au nom de Dieu le clément et miséricordieux

 Ceci est mon testament, moi, Mouammar Bin Mohammed Bin Abdessalam Bin Humaïd Bin Aboumeniar Bin du Naïl Al Fohsi Al Kadhafi.

Je témoigne qu'il n'y a de dieu qu'Allah et que Mohammed est son Messager et que je mourrais sur la doctrine des sunnites et d'El Djamaâ.

 Mes volontés dernières sont :

 - Que je ne sois pas lavé à ma mort et que je sois enterré selon le rite islamique et ses enseignements dans les vêtements que porterai à ma mort.

- Que je sois enterré au cimetière de Syrte, à côtés de ma famille et de ma tribu.

- Que ma famille soit bien traitée surtout les femmes et les enfants.

- Que le peuple libyen sauvegarde son identité, ses réalisations, son histoire et l'image de ses ancêtres et ses héros et qu'il ne soit pas attaqué dans les sacrifices de ses hommes libres.

- Que continue la résistance à toute agression étrangère subie par la Jamahiriya, aujourd'hui, demain et pour toujours.

- Que soient convaincus les hommes libres de la Jamahiriya que nous aurions pu monnayer, avec notre cause, une vie personnelle meilleure, stable et en sécurité. Nous avions eu tant de propositions, mais nous avons choisi d'être au front par devoir et honneur. Et même si nous ne gagnons pas aujourd'hui, nous allons offrir une leçon aux générations futures pour qu'elles puissent gagner, car le choix de la Nation est la bravoure et la vendre est une trahison que l'Histoire retiendra ainsi et pas autrement.

 - Que soit transmis mon salut à chaque membre de ma famille et aux fidèles de la Jamahiriya ainsi qu'aux fidèles de part le monde qui nous ont soutenus ne serait-ce qu'avec le cœur.

 - Que la paix soit sur vous, tous.

   Mouammar El Kadhafi Afrique_Brise_tes_chaines-2.jpg

  Syrte, 17/10/2011 ”

Publié dans : Colères noires
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés