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Saïd et Diana

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  • : Les cahiers des diables bleus
  • : 19/09/2005
  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
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Colères noires

Jeudi 30 juin 2011 4 30 /06 /Juin /2011 23:35

      Je ne sais pas vous mais moi ce sera bien la première fois en lisant cet article qu'Israël et ses sbires m'auront fait exploser de rire... Alors vraiment je vais pas me priver de vous le faire partager ! Et encore une histoire de chien !... Ma vieille Bonnie appréciera j'espère...

 

Être un chien en Israël Boycott Israel

Dimanche 26 juin 2011

 

Muna Khan - Al Arabiya

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Un tribunal rabbinique à Jérusalem vient de trancher : la mort par lapidation. Mauvaise nouvelle pour le mis en cause qui n’est autre qu’un chien. La seconde mauvaise nouvelle est que le jugement doit être exécuté par des enfants. Fort heureusement, la bonne nouvelle est que le chien a pu s’enfuir du tribunal.

 

La nouvelle est tombée samedi dernier, lorsqu’un tribunal à Jérusalem a prononcé son jugement à l’encontre d’un chien. La décision de la mise à mort du chien par lapidation a fait l’effet d’un coup de tonnerre à travers les sites des médias sociaux. D’après le site web de Ynet, c’est en effet la réincarnation d’un avocat laïc qui, raconte-t-on, avait deux décennies plus tôt insulté les juges du tribunal, qui constitue le “ crime ” dont on soupçonne le chien.

Les faits ont commencé lorsque le chien est entré dans la Cour pour affaires financières, située dans le quartier Mea Shearim à Jérusalem, causant un mouvement de panique parmi les juges et les plaignants.

Un des juges présents, remarquant que le chien ne semblait pas disposé à quitter le tribunal, s’est rappelé de la malédiction jetée sur un avocat qui avait insulté les juges, il y a 20 ans. Ce jour-là, on lui avait souhaité que sont âme soit réincarnée dans le corps d’un chien. Chien-Israel.jpg

En fait, pour les juifs orthodoxes, le chien est un animal impur. C’est pourquoi, le refus de quitter les locaux du tribunal ce jour a été interprété comme une réincarnation de l’esprit de l’avocat, revenu pour narguer les juges.

L’un des juges s’est senti si offensé qu’il a condamné le chien à la mort par lapidation, devant être exécutée par des enfants du quartier, mais l’animal a quand même pu quitter les locaux du tribunal avant qu’il ne soit puni.

Toutefois, l’incident a causé l’indignation de plusieurs catégories de la société, notamment chez les militants pour les droits des animaux. Dans cette optique, l’organisation pour les droits des animaux “ Let the Animals Live ” a déposé plainte contre le président du tribunal, le rabbin Avraham Levin. Ce dernier, selon Ynet, a nié que son institution ait prononcé le verdict de lapider le chien.

Cependant, le quotidien Yerdiot Aharonot a confirmé auprès d’un responsable du tribunal que le verdict a bel et bien été prononcé.

Toujours selon Ynet qui se rapporte aux déclarations du responsable du tribunal, “ l’ordre donné était le moyen le plus approprié pour viser l’esprit qui a habité le pauvre chien ”. Le chien, quant à lui, n’était sans doute pas disponible pour faire des commentaires.

 

Muna Khan est éditeur à Al Arabiya. Vous pouvez lui écrire à muna.khan@mbc.net

 

19 juin 2011 - Al Arabiya et agences - Vous pouvez consulter cet article à :

http://english.alarabiya.net/articl...

 

Traduction de l’anglais : Niha

Publié dans : Colères noires
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Samedi 25 juin 2011 6 25 /06 /Juin /2011 22:03

 

      Pendant qu'ici à Paris dans cette ville que j'aimais le maire s'autorise sans demander l'avis de personne de placarder sur l'Hôtel de Ville le portrait du soldat israélien prisonnier des résistants palestiniens... pendant qu'il nous gratiffie d'une " promenade ben gourion " face au Musée Des Arts Premiers ce qui est une honte et un scandale de plus... voici ce qui se passe en Palestine occupée par les sionnistes depuis des lustres... 

      Tant qu'un seul homme une seule femme un seul enfant seront injustement traités dans ce monde nous continuerons à lutter contre ceux qui approuvent qui décident qui se taisent qui s'en foutent !

  Boycott Israel-copie-1

“ L’ouverture ” de la frontière à Gaza : juste des mots ?

Dimanche 19 juin 2011

 

Ramzy Baroud

             Pour les Palestiniens, quitter la bande de Gaza pour aller en Egypte est un affaire aussi exaspérante que de vouloir y entrer.

Guidés par des raisons politiques ou culturelles, la plupart des responsables palestiniens et personnalités publiques s’abstiennent de critiquer la façon dont sont traités les Palestiniens à la frontière de Rafah.

Mais ce n’est vraiment pas un langage diplomatique qui permettra de décrire la relation entre les Palestiniens désespérés - certains se battant littéralement pour sauver leur vie - et les responsables égyptiens au point de passage qui sépare Gaza de l’Égypte.

“ Les Gazaouis sont traités comme des animaux à la frontière ”, m’avait dit une de mes amies.

Prison-Palestine.jpg

Elle avait peur que son fiancé ne soit pas autorisé à quitter Gaza, bien que ses papiers soient en règle.Après avoir moi-même traversé la frontière il y a juste quelques jours, je ne pouvais qu’approuver ses dires.

 Le New York Times daté du 8 Juin écrit : “ après des jours d’acrimonie entre le Hamas et l’Egypte concernant les limitations sur ce qui pourrait passer par le poste frontière de Rafah entre Gaza et l’Egypte, le Hamas a déclaré que l’Egypte avait accepté de permettre à 550 personnes par jour de quitter la bande de Gaza, et d’étendre les heures d’ouverture du poste frontalier. ”

Et la saga continue.

Quelques semaines après l’annonce officielle égyptienne d’une ouverture “ permanente ” de la frontière - tendant ainsi une bouée de sauvetage aux Palestiniens piégés dans Gaza sous blocus - la frontière de Rafah a été ouverte pour deux jours, sous conditions, à la fin du mois de mai, puis fermée à nouveau durant quatre jours.

Maintenant elle a une fois de plus été “ réouverte. ”

Toutes ces annonces s’avèrent n’être rien de plus que de la rhétorique.

La dernière réouverture “ permanente ” a ses propres conditions et limitations, impliquant des paramètres comme le sexe, l’âge, le but de la visite et ainsi de suite.

“ Chacun a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays ”, déclare l’article 13 ( alinéa 2 ) de la Déclarationuniverselle des droits de l’homme.

Ce principe universel, toutefois, continue d’être refusé à la majorité des Palestiniens de Gaza.

J’ai été l’un des tous premiers Palestiniens à se trouver à Rafah après l’annonce d’une ouverture “ permanente. ”

Notre bus a attendu à la porte pendant un très long moment.

J’ai regardé un père tenter à plusieurs reprises de rassurer son enfant de 6 ans, en pleurs et qui montrait les signes évidents d’une terrible maladie des os.

“ Sortez les enfants ou ils vont mourir ”, criait un vieux passager tandis que lui-même haletait pour respirer.

La chaleur dans le bus, combinée avec l’odeur de sueur des gens enfermés était insupportable.

Les passagers ont décidé d’eux-mêmes de quitter le bus et de se tenir dehors, sous les regards désapprobateurs des officiers égyptiens.

Notre problème suivant a été de trouver de l’eau propre et un endroit ombragé dans la zone aride qui sépare les côtés égyptien et palestinien.

Il n’y avait pas de toilettes.

Un sentiment tangible de désespoir et d’humiliation pouvait se lire sur les visages des passagers de Gaza

. Prisonniers-palestiniens.jpg

Personne ne semblait être d’humeur à parler de la révolution égyptienne, un des sujets de conversation préférés parmi la plupart des Palestiniens.

Cette zone est régie par une étrange relation, qui remonte à plusieurs années - en 2006, l’Egypte, sous Hosni Moubarak, a décidé de fermer la frontière afin d’aider à la liquidation politique du Hamas.

La question n’a effectivement rien à voir avec le sexe, l’âge ou des questions de logistique.

Tous les Palestiniens sont traités extrêmement mal au passage de Rafah et ils continuent à souffrir, même après la chute de Moubarak et de sa famille et la dissolution d’un appareil de sécurité corrompu.

La révolution égyptienne n’a pas encore atteint la bande de Gaza.

Quand le bus a été finalement autorisé à avancer quelques cinq heures plus tard, les Palestiniens se sont précipités vers la porte, espérant désespérément se trouver parmi les chanceux autorisés à traverser.

L’anxiété des voyageurs les rend généralement vulnérables face aux employés à la frontière qui promettent de les aider en échange d’argent.

Tout cela est réellement une escroquerie, la décision étant prise par un seul homme appelé al-Mukhabarat, “ l’officier de renseignement. ”

Certains sont renvoyés tandis que d’autres sont autorisés à passer.

Tout le monde est obligé d’attendre pendant plusieurs heures - parfois même des jours - sans aucune explication claire quant à ce qu’ils doivent attendre ou du pourquoi ils sont renvoyés.

Le petit enfant très malade âgé de six ans s’accrochait à la veste de son père alors qu’ils allaient, essayant désespérément de remplir toutes les obligations.

Tous deux semblaient être sur le point de s’effondrer.

Le Mukhabarat décida que trois étudiants de Gaza en route pour leurs universités en Russie devaient être renvoyés.

Rien que pour arriver jusqu’ici, ils avaient déjà franchi tellement d’obstacles.

Leurs coeurs se sont brisés quand ils ont entendu le verdict.

J’ai protesté en leur nom et la décision a été renversée aussi arbitrairement qu’elle avait été initialement prise.

Ceux qui sont renvoyés à Gaza sont escortés par des agents antipathiques au même endroit à l’extérieur pour y attendre le même bus décrépit.

Certains de ceux qui sont autorisés à entrer en Egypte sont escortés par des agents de sécurité à travers le désert du Sinaï, faisant toute la route jusqu’à l’aéroport international du Caire pour être “ expulsés ” vers leurs destinations finales. Ils sont tous traités comme des criminels de droit commun.

“ Je ne peux pas voir mon fils mourir devant mes yeux ”, a crié le père de Saleh Mohammed Ali, âgé de 11 ans, a rapporté Mohammed Omer de l’agence IPS

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Il s’adressait ce jour-là aux troupes égyptiennes alors que la frontière était censée être définitivement rouverte - pour la deuxième fois en moins d’une semaine.

Ces nécessités impérieuses de traitement médical, d’éducation et de liberté des Palestiniens ramènent les Palestiniens en arrière.

Le siège israélien de Gaza a étouffé ses habitants jusqu’à la limite de l’étranglement mortel. L’Egypte est le seul espoir de Gaza.

“ Je vous prie d’ouvrir le passage ... Vous frères d’Egypte, vous nous avez humiliés pendant si longtemps. N’est-il pas temps que l’on nous rende notre dignité ? ” a déclaré Naziha al-Sebakhi, âgé de 63 ans, l’un des nombreux visages en détresse vus par Omer à la frontière de Rafah.

Alors qu’ils traversaient la frontière vers l’Egypte, certains des passagers semblaient euphoriques.

Les trois étudiants russes et moi-même avons partagé un taxi pour aller au Caire.

Un enregistrement d’Oum Kalsoum, Amal Hyati [ espoir de ma vie ] passait en boucle.

Malgré tout ce qu’ils ont subi, les jeunes gens ne semblaient avoir aucun ressentiment envers l’Egypte. “ J’adore tout simplement l’Egypte. Je ne sais pas pourquoi ”, a dit Majid, pensif, avant de s’endormir d’épuisement.

J’ai pensé à l’enfant de six ans et à son père.

Je m’inquiète de savoir s’ils sont arrivés à l’hôpital à temps.

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Ramzy Baroud ( http://www.ramzybaroud.net ) est un journaliste international et le directeur du site PalestineChronicle.com. Son dernier livre, Mon père était un combattant de la liberté : L’histoire vraie de Gaza ( Pluto Press, London ), peut être acheté sur Amazon.com.

Du même auteur :

D’une frappe de missile à une aire de jeu : la volonté de Gaza - 11 juin 2011

Retour à Nuseirat - 4 juin 2011 

Bienvenue à Gaza ! - 29 mai 2011

L’unité palestinienne et le nouveau Moyen-Orient - 7 mai 2011

La leçon d’humanité de Vittorio - 20 avril 2011

Guerre contre la mémoire palestinienne : Israël résout son dilemme démocratique - 12 avril 2011

Palestine et société civile : une force montante - 19 mars 2011 Ramzy-Baroud.jpg

“ Shock and Awe ” pour les néocons : les Arabes se soulèvent ! - 13 mars 2011

“ Du Golfe à l’Océan ” le moyen-Orient est en train de changer - 25 février 2011

Ecoutez rugir le lion égyptien - 13 février 2011

Tunisie : les défis d’aujourd’hui - 4 février 2011 Généraliser la Tunisie... Contexte et Histoire - 24 janvier 2011

13 juin 2011 - Communiqué par l’auteur - Traduction : Claude Zurbach

 

Apathie collective pour punition collective

Samedi 25 juin 2011

Meg Walsh - Miftah

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            J’ai l’impression que ce qui m’entoure se referme sur moi à toute allure. Les barres de métal qui m’emprisonnent sont affreuses et le sol est couvert d’ordure. Des enfants aux abois essaient de me vendre des chewing gums et des bonbons.

Checkpoint, Bethlehem... Toute une population enfermée, sous occupation depuis des dizaines d’années...

Les bonbons, c’est la dernière chose que je veux en ce moment ; ce que je veux c’est sortir d’ici. Des corps se pressent contre moi dans leur effort pour passer dans la porte tournante qui ne laisse passer que peu de personnes à la fois. Si je ne me bats pas, je ne passerai jamais.

Un soldat crie sur un adolescent pour une raison que j’ignore et on refuse le passage à un père tandis qu’on laisse la fille et sa femme passer. Un vieil homme dans une file de voitures sort ses emplettes alimentaires une a une de son coffre et un jeune soldat les inspecte, le doigt sur la gâchette. Des voitures font marche arrière et les gens s’impatientent. Je suis en colère.

Il faut que je traverse le checkpoint chaque fois que je veux entrer à Jérusalem en revenant de Ramallah, alors même que Jérusalem Est est en territoire palestinien. Je dois répondre aux questions habituelles comme : “ Que faisiez-vous en Cisjordanie ? ” ou “ Avez‑vous des amis palestiniens ? ” Je suis furieuse d’être forcée de mentir. Avoir des amis palestiniens ne devrait pas être considéré comme un crime. Et je déteste qu’ils réussissent presque à me culpabiliser comme si je faisais vraiment quelque chose de mal.

Et par dessus tout, je déteste la manière dont ils traitent les Palestiniens et même si je suis mal à l’aise il y a de fortes chances que je passe le checkpoint sans trop de problèmes. Il en va bien autrement pour eux. Chaque rencontre accidentelle au checkpoint peut se transformer en persécution, détention ou pire car tout dépend de l’humeur du soldat.

J’avais sous-estimé la colère et l’anxiété que je ressentirais dans ces circonstances. Autour de moi, certaines personnes semblent très en colère et d’autres ont juste l’air de s’ennuyer. A cause de la liberté dont j’ai joui toute ma vie, je refuse d’accepter ce processus de déshumanisation. Ici et maintenant, je jure de ne jamais m’habituer, de ne jamais devenir insensible à tout ça. Pour moi ce serait devenir complice de l’injustice que constitue la domination absolue d’un groupe de gens sur un autre -ce serait trahir l’humanité. Suivant la couleur de votre carte d’identité et de la langue que vous parlez, vous êtes plus ou moins en danger.

Je ne dirai pas merci à ces soldats quand ils me rendront mon passeport. Je ne légitimerai pas leur rôle en leur témoignant de la gratitude. On ne me forcera pas à admettre que c’est un privilège de voir ses droits respectés.

Quand ils m’interrogent je leur dis que je suis allée à Naplouse au puits de Jacob qui est un site biblique où Jésus a rencontré la Samaritaine selon la tradition. Cela correspond au rôle de touriste chrétienne que je dois jouer comme tous les visiteurs qui veulent avoir des contacts avec les Palestiniens. On me regarde d’un air soupçonneux mais on me laisse passer la barrière avec les autres, comme si nous étions un troupeau d’animaux

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Quand on voit les politiques mises en place et le système d’apartheid à l’oeuvre, il est difficile de ne pas entrer dans le cercle infernal de la haine. C’est difficile de continuer à voir “ l’autre ”, celui qui fait la loi, comme un être humain ‑ ils deviennent des robots pris dans un système qui leur enseigne à obéir aux ordres et à ne pas poser de questions. Ce système nie les lois humanitaires naturelles et c’est donc une gageure de rester humain dans cet environnement inhumain. Les gens ne sont pas faits pour être emprisonnés dans des cages, ni littéralement ni au sens figuré et la race et la religion ne devraient pas être des facteurs de discrimination. Il est très ironique que tout cela se passe en “ Terre Sainte ”.

Mais comment communiquer aux autres ce que j’ai vu et ressenti quand la plupart des gens préfèrent le confort et l’ignorance à la conscience dans notre monde injuste ? Si les mots étaient capables de décrire cette oppression, je ne crois pas qu’elle pourrait se perpétuer un seul instant. Le fossé entre les mots et l’expérience vécue est large et ceux qui ont le pouvoir de changer les choses ne se rendront peut-être jamais compte de la réalité - la réalité du cauchemar qu’est l’occupation. C’est seulement parce que je l’ai expérimentée en vivant ici que j’ai fini par changer -à force de le regarder en face, de me sentir impuissante, de craindre sans cesse et partout l’intrusion de l’arbitraire.

En Palestine je me sens souvent inutile et pourtant je sais qu’il faut que je reste ici même si c’est loin d’être confortable pour moi. Je ne peux pas continuer d’être complice ou neutre parce que j’ai vu ce que cela signifiait dans ce conflit et comment l’apathie collective avait malheureusement permis à l’occupation de la Palestine de durer 44 ans. Je me tiens sur un pont entre deux mondes -un dans lequel les puissants sont silencieux et l’autre dans lequel les opprimés crient sans être entendus. C’est au delà de ce paradoxe que je cherche des réponses. Et un peu d’espoir.

 

Meg Walsh écrit pour le département d’information et des médias de l’organisation the Palestinian Initiative for the Promotion of Global Dialogue and Democracy ( MIFTAH ). On peut la joindre à : mid@miftah.org.

22 juin 2011 - Uruknet - Pour Consulter l’original

: Palestine.jpg

www.uruknet.info?p=78882

Traduction : Dominique Muselet

 

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Dimanche 19 juin 2011 7 19 /06 /Juin /2011 21:01

A l’initiative de Mikis Théodorakis, un appel de citoyens grecs aux citoyens d’Europe

Mikis-Theodorakis.jpg

18 juin 2011

             “ Nous saluons les dizaines de milliers, voire les centaines de milliers de nos concitoyens, jeunes pour la plupart, qui se sont rassemblés sur les places de toutes les grandes villes pour manifester leur indignation à l’occasion de la commémoration du mémorandum ( accord cadre signe entre le gouvernement grec, l’UE, le FMI et la BCE, en Mai 2010 et renouvelé depuis régulièrement ), demandant le départ du gouvernement de la Honteet de tout le personnel politique qui a géré le bien public, détruisant, pillant et asservissant la Grèce. La place de tous ces individus n’est pas au Parlement, mais en prison.

Nous saluons les premières Assemblées générales qui se déroulent dans les centres de nos villes et la démocratie immédiate que s’efforce de découvrir le mouvement inédit de notre jeunesse. Nous saluons les travailleurs de la fonction publique qui ont entrepris manifestations, grèves et occupations pour défendre un Etat qui, plutôt que le démantèlement prévu par le FMI, a désespérément besoin d’une amélioration et d’une réforme radicales. Par leurs mobilisations, les travailleurs de l’Hellenic Postbank, de la Régie nationale d’électricité et de la Société publique de loterie et de paris sportifs défendent le patrimoine du peuple grec qu’entendent piller les banques étrangères, par le truchement de leur gouvernement fantoche à Athènes.

Le pacifisme exemplaire de ces manifestations a démontré que lorsque la police et les agents provocateurs ne reçoivent pas l’ordre d’intervenir, le sang ne coule pas. Nous appelons les policiers grecs à ne pas être les instruments des forces obscures qui tenteront certainement, à un moment donné, de réprimer dans le sang les jeunes et les travailleurs. Leur place, leur devoir et leur intérêt est d’être aux côtés du peuple grec, des protestations et des revendications pacifiques de celui-ci, aux côtés de la Grèceet non des forces obscures qui dictent leur politique au gouvernement actuel.

Un an après le vote du mémorandum, tout semble attester son échec. Après cette expérience, on ne peut plus s’autoriser la moindre illusion. La voie qu’a emprunté et continue de suivre le gouvernement, sous la tutelle des banques et des instances étrangères, de Goldman Sachs et de ses employés européens, mènent la Grèce à la catastrophe. Il est impératif que cela cesse immédiatement, il est impératif qu’ils partent immédiatement. Jour après jour, leurs pratiques révèlent leur dangerosité pour le pays. Il est étonnant que le procureur général ne soit pas encore intervenu contre le Ministre de l’Economie et des Finances, après les récentes déclarations tenues par ce dernier sur l’imminence de la faillite et l’absence de ressources budgétaires.

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Pourquoi n’est-il pas intervenu suite aux déclarations du président de la Fédération des patrons de l’industrie et de la commissaire européenne grecque Mari Damanaki sur une sortie de l’euro ? Pourquoi n’est-il pas intervenu contre le terrorisme de masse avec lequel un gouvernement en faillite, sous le diktat de la Troïka [ UE - FMI – BCE ], tente une nouvelle de fois d’extorquer le peuple grec ? Par leur catastrophisme, leurs allusions tragiques et tout ce qu’ils inventent et déblatèrent pour effrayer les Grecs, ils ont réussi à humilier le pays dans le monde entier et à le mener réellement au bord de la faillite. Si un chef d’entreprise s’exprimait de la même façon que le fait le Premier ministre et ses ministres lorsqu’ils parlent de la Grèce, il se retrouverait immédiatement derrière les barreaux pour malversation grave.

 Nous nous adressons aussi aux peuples européens. Notre combat n’est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique. Ne croyez pas vos gouvernements lorsqu’ils prétendent que votre argent sert à aider la Grèce. Ne croyez-pas les mensonges grossiers et absurdes de journaux compromis qui veulent vous convaincre que le problème est dû soi-disant à la paresse des Grecs alors que, d’après les données de l’Institut statistique européen, ceux-ci travaillent plus que tous les autres Européens !

Les travailleurs ne sont pas responsables de la crise ; le capitalisme financier et les politiciens à sa botte sont ceux qui l’ont provoquée et qui l’exploitent. Leurs programmes de “ sauvetage de la Grèce ” aident seulement les banques étrangères, celles précisément qui, par l’intermédiaire des politiciens et des gouvernements à leur solde, ont imposé le modèle politique qui a mené à la crise actuelle.

Il n’y a pas d’autre solution qu’une restructuration radicale de la dette, en Grèce, mais aussi dans toute l’Europe. Il est impensable que les banques et les détenteurs de capitaux responsables de la crise actuelle ne déboursent pas un centime pour réparer les dommages qu’ils ont causés. Il ne faut pas que les banquiers constituent la seule profession sécurisée de la planète !

Il n’y pas d’autre solution que de remplacer l’actuel modèle économique européen, conçu pour générer des dettes, et revenir à une politique de stimulation de la demande et du développement, à un protectionnisme doté d’un contrôle drastique de la Finance. Siles Etats ne s’imposent pas sur les marchés, ces derniers les engloutiront, en même temps que la démocratie et tous les acquis de la civilisation européenne.

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La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches. Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elle-même générées sous forme de dettes. Comment peut-on proposer un ancien collaborateur de la Goldman Sachs pour diriger la Banque centrale européenne ? De quelle sorte de gouvernements, de quelle sorte de politiciens disposons-nous en Europe ?

 Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire a été le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté et d’Europe. Nous ne vous demandons pas un traitement de faveur parce que nous avons subi, en tant que pays, l’une des pires catastrophes européennes aux années 1940 et nous avons lutté de façon exemplaire pour que le fascisme ne s’installe pas sur le continent.

Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes. Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. Bâtissons ensemble une Europe nouvelle ; une Europe démocratique, prospère, pacifique, digne de son histoire, de ses luttes et de son esprit. Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme. ”

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 Le Comite Consultative du Mouvement de Citoyens Indépendants. “ L’Etincelle ”, créé à l’initiative de Mikis Theodorakis.

 URL de cet article 14012

http://www.legrandsoir.info/a-l-initiative-de-mikis-theodorakis-un-appel-de-citoyens-grecs-aux-citoyens-d-europe.html

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Dimanche 12 juin 2011 7 12 /06 /Juin /2011 21:00

 

" Rien de ce qui est humain ne m'est étranger. " Vergès est quelqu'un qui m'a toujours passionnée par ses excès mêmes et là cette petite phrase que je trouve en fait d'une grandeur incroyable et que je lui envie en dit tellement long sur qui il est... Dans cet entretien c'est sa sagesse qui m'étonne... J'aurai dit ce qu'il dit alors que je ne suis pas du tout au fait de la situation politique comme il l'est... Simple analyse lucide des situations humaines... Un homme qui sait tout des forces obscures de l'homme qui intéressaient tant Céline...


Jacques Vergès : “ En Syrie, il faut défendre l’Etat actuel ! ”

Samedi 11 juin 2011

Louis Denghien verges_jacques_old.jpg

Infatigable défenseur, judiciaire et politique, des résistants au Nouvel Ordre mondial, Jacques Vergès, qu’on a vu récemment aux côtés de Roland Dumas dans Tripoli bombardée, donne son sentiment sur ce qui se passe ou pourrait se passer en Syrie. Une analyse sans complaisance de la dérive morale et géopolitique de l’Occident américano-centré et un optimisme raisonné sur l’évolution de la situation, en Syrie et ailleurs.

 Tout d’abord, quelle est votre analyse de la situation en Syrie ?

 Jacques Vergès : Il y a très clairement une tentative de déstabilisation extérieure de la Syrie. Dans ce pays l’Arabie saoudite est à la manœuvre, via les groupes salafistes qu’elle inspire et finance. Et, bien sûr, les États-Unis supervisent cette ébauche de guerre civile. Israël, État frontalier et ennemi de la Syrie , et qui dispose de services de renseignements et d’action assez performants, est selon moi directement impliqué aussi. Et je n’aurai garde d’oublier le rôle moteur que, joue, sur le plan diplomatique, la France pour discréditer et isoler le régime syrien.

Je ne nie pas pour autant qu’il existe des problèmes sociaux en Syrie. La France aussi connaît de graves problèmes sociaux et l’on peut même dire que la société française est confrontée à un certain nombre de blocages. Mais les ennemis intérieurs et extérieurs de la Syriebaasiste font tout pour jeter de l’huile sur le feu. Quant à moi, je suis très clairement un ami de la Syrie telle qu’elle est.

 

Quel est selon vous le - ou les - ressort de l’attitude de Nicolas Sarkozy dans cette affaire ?

 J.V. : Sur un plan strictement idéologique, il y a l’incontestable philosionisme et philo-américanisme de ce président, qui rêve d’être le meilleur élève européen, ou le premier ex‑aequo avec le Britannique David Cameron, de la “ classe OTAN ”. Et l’on touche là à un aspect plus personnel et psychologique du personnage : son désir pathétique de se hisser à ce statut d’homme d’Etat qui joue dans la “ cour des grands ” de ce monde, statut qu’une large majorité de l’opinion française semble lui dénier aujourd’hui. Et puis il y a tous ces échecs intérieurs - économiques ou sécuritaires - qu’on essaye de faire oublier aux électeurs par des roulements de mécanique guerrière ; c’est un procédé vieux comme le monde politique. L-avocat-de-la-terreur.jpg

Enfin il y a le lourd passif de la diplomatie française vis-à-vis du printemps arabe, tunisien et égyptien : de Fillon passant ses vacances aux frais de Moubarak à “ M.A.M. ” proposant à Ben Ali l’expertise française en matière de répression policière, il y à là pas mal de choses à faire oublier, le plus vite possible. Et cela donne notamment cette guerre non avouée contre Kadhafi, décidée dans la précipitation et sans objectif politique clair sur simple injonction de Bernard-Henri Lévy, par dessus l’épaule d’Alain Juppé et de Gérard Longuet. Une politique aventureuse, qui ne pourra déboucher que sur le chaos, et le gâchis de vies humaine et de richesses. Et qui est déjà un échec, comme la guerre d’Afghanistan : Kadhafi résiste, moins à cause de son armement supérieur que du soutien dont il continue de bénéficier dans une large part de la population libyenne, et aussi parce que les opposants soutenus à prix d’or par les Occidentaux font chaque jour la preuve de leur vacuité, non seulement militaire mais politique.

Face à cette résistance, les médias ressortent les bons vieux bobards de la guerre psychologique : est-ce que vous avez entendu cette pittoresque “ information ” diffusée sur nos télévisions ? Kadhafi aurait distribué du viagra à ses soldats pour les inciter à violer les femmes des rebelles ! Quand on en est réduit à ce type de propagande, c’est vraiment que ça va mal !

Pour vous, l’action occidentale, en Libye comme en Syrie, est, en quelque sorte, improvisée, mal pensée, vouée à l’échec. On s’attendrait cependant à moins d’amateurisme de la part de l’administration américaine et de l’OTAN...

J.V. : Mais voyez le gâchis inepte perpétré par les Américains en Irak depuis près de dix ans : ils ont lancé une guerre sous des prétextes bidons pour abattre Saddam Hussein, un “ dur ” du camp arabe face à Israël. Et après d’innombrables victimes et de gigantesques dégâts, ils ont donné le pouvoir à la majorité chiite, autrement dit à l’Iran, leur ennemi public n°1. C’est de la grande géopolitique, ça ? N’importe quel analyste ou connaisseur de la région aurait pu prédire ce résultat à Bush et à sa clique néo-conservatrice ! Cette situation ubuesque a inspiré au grand intellectuel américain Noam Chomsky cette boutade un rien désabusée : “ Je croyais qu’on était allé en Irak pour lutter contre le fanatisme islamiste et on les a mis au pouvoir ! ”

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Eh bien, c’est la même chose en Libye : on fait donner la grosse artillerie contre Kadhafi, qui s’était cependant rapproché de l’Occident - et que Sarkozy, naguère, avait reçu avec les égards qu’on sait - et on n’a comme solution de rechange que des “ bras cassés ” impuissants et infiltrés d’ailleurs par des islamistes radicaux, qui ne représentent au mieux que la province de Cyrénaïque - et même là leur représentativité m’apparaît pour le moins fragile. Et est-ce que la “ détermination ” française - ou anglaise - résistera au premier hélicoptère, ou aux premiers commandos terrestres, abattus ?

Et quant à la Syrie, si les Américains et leurs amis saoudiens parvenaient à renverser le régime de Bachar al-Assad, ils livreraient le pays ipso facto à des sectaires sunnites qui mettraient ce pays moderne à l’heure de Ryad, ce qui à terme sera lourd de conséquences pour Israël et ses protecteurs américains. Cela dit, je reste optimiste, pour la Syrie et même la Libye. La majorité du peuple syrien sait que c’est la guerre civile et la destruction de leur pays que leur apporteraient les opposants officiels plus ou moins fantoches des Américains et les groupes armés infiltrés sur le terrain. Les Syriens ne veulent pas que leur pays devienne un nouvel Irak

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 Et si le but de guerre des Américains et de leurs auxiliaires européens et arabes c’était justement, à défaut de contrôler la Syrie, de la détruire, de la faire revenir un demi-siècle ou plus en arrière, comme certains stratèges d’Outre-Atlantique s’en sont vantés pour l’Irak ?

 J.V. : Mais précisément l’exemple irakien montre que c’est une politique à courte vue, et dangereuse pour les intérêts géostratégiques de Washington : l’Irak aujourd’hui n’a jamais été aussi proche de l’Iran. Et la création de fait d’un État autonome kurde dans le nord du pays a contribué à éloigner la Turquie des États-Unis. On ne gagne rien à créer des situations incontrôlables, le chaos que vous avez créé vous reviendra dans la figure tel un boomerang géopolitique ! Et qu’aura gagné Miss Clinton quand des djihadistes paraderont dans les rues de Tripoli, après celles de Benghazi ? Pour ce qui est de la Syrie, je crois que l’appui dont continue de bénéficier le pouvoir de Bachar al-Assad demeure l’obstacle le plus efficace contre les manœuvres américano-israélo-saoudiennes

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 Donc, en Syrie comme ailleurs, l’Occident pratique la fuite en avant, la politique de la canonnière au jour le jour ?

 J.V. : Exactement. Parce que l’Occident est malade. Économiquement. Politiquement. Et surtout moralement. Pour moi, ces coûteuses gesticulations militaires, de Kaboul à Tripoli en passant par Bagdad sinon Damas, sont comparables aux spasmes d’un agonisant. L’Amérique notamment est très malade, de son économie ruinée, de sa dette colossale, de son dollar devenu une monnaie de Monopoly, de ses escroqueries géantes à la Madoff. Et aussi de l’arrivée sur le “ marché géopolitique ” de puissances émergentes, ou ré-émergentes comme la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil. Pour garder un semblant de légitimité morale et politique, et donc un leadership mondial, on se fabrique un ennemi, un “ Grand Satan ” comme dirait les Iraniens, qui fasse oublier aux opinions internes la faillite imminente. Mais quel crédit moral accorder à des puissances qui pratiquent en permanence le “ deux poids, deux mesures ” ?

Pour nous en tenir au Proche-Orient, on bombarde Tripoli et on menace Damas, quand on laisse Israël poursuivre, en dépit de résolutions répétées de l’ONU, la colonisation et la répression sanglante, quand on laisse les troupes saoudiennes réprimer au Bahrein, autre pion américain dans le Golfe, un mouvement populaire de contestation. On stigmatise le fanatisme iranien, quand on s’appuie sur l’Arabie Saoudite théocratique pratiquant la forme la plus sectaire et obscurantisme de l’Islam. Je pourrais aussi vous parler longuement de la Côte d’Ivoire, où la France, exauçant ainsi le choix américain, a décrété qu’Alassane Ouattara était le gentil démocrate du film, et Laurent Gbagbo le méchant, alors que l’ONU a fait la preuve des nombreuses exactions des troupes de Ouattara contre la population civile, et du climat de terreur qu’elles ont instauré dans leur fief du nord, pendant ces fameuses élections présidentielles. Et si on nous explique que M. Ouattara ne contrôle pas ses troupes, c’est tout simplement un incapable ! Verges.jpg

Je le répète, ces expéditions coloniales en Afrique et au Proche-Orient - après tout les deux anciennes puissances coloniales, française et britannique, sont en première ligne militaire et diplomatique en Afrique du Nord comme dans l’ancien Levant - sont la preuve de la mauvaise santé de leurs instigateurs. L’Amérique est malade ? Et la France donc ! L’affaire DSK illustre pour moi, la faillite morale et politique des élites social-libérales, usées et corrompues ; et cette faillite morale s’ajoute à la faillite des institutions et à celle de l’économie, sans oublier l’insécurité : chacun voit que l’État français, qui bombarde Tripoli, est incapable de faire entendre raison aux caïds de banlieue ! Qu’on s’étonne ensuite qu’un président comme Sarkozy, dernier avatar de cette caste gouvernante, cherche à se refaire une virginité et une stature sur le dos des Libyens et des Syriens ! Imposture ! Imposture et spasmes de mourant ! L’Occident risque bien de crever de son cynisme et de sa faillite morale !

 Pour finir, vous vous montrez plutôt optimistes quant à l’évolution de la situation dans ces pays de la “ ligne de front ” ?

 J.V. : Oui. Les Américains et leurs séides peuvent faire pas mal de dégâts - on le voit en Libye, et en Afghanistan, ou encore au Soudan, on l’a vu en Irak et en ex-Yougoslavie. Je ne crois pas qu’ils pourront avoir raison contre des peuples et des nations : on le voit ou on le verra en Syrie, en Libye, en Égypte, au Liban et en Palestine. En Syrie, il faut être vigilant face aux manœuvres de déstabilisation et aux opérations de désinformation.

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. - Maître Vergès, merci beaucoup !

Propos recueillis le 9 juin par Louis Denghien.

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Publié dans : Colères noires
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Samedi 28 mai 2011 6 28 /05 /Mai /2011 22:12

Cet article est publié sur le site ACRIMED : http://www.acrimed.org/article3601.html

Et voilà le début de la suite de “ Prenons la rue ! ” A mon avis ça va donner quelque chose de vraiment irrésistible… Rendez‑vous demain Place de la Bastille… A suivre…

 Loin de l’Espagne et de l’information : ce que veulent les manifestants

Henri Maler, le 24 mai 2011 revolte-petit.jpg

      Ce court article n’a pas vocation à analyser de manière exhaustive le traitement médiatique des mobilisations en Espagne. D’autres articles suivront...

      Acrimed n’est pas un site d’information ou de contre-information généraliste, mais d’information et de contre-information sur les médias, les journalismes et l’information elle-même. Pourtant – une fois n’est pas coutume –, il suffit, pour prendre la mesure de la vacuité de l’information entre le 15 et le 21 mai sur les mobilisations en Espagne, d’effectuer une rapide “ revue des médias ” et de lui opposer ce que l’on y trouve pas : les plateformes des manifestants. ( … )

      Quand “ l’affaire DSK ” occupe les temps d’antenne et dévore les surfaces imprimées… De glorieux journaux télévisés ( … )

Ce que l’on n’apprend qu’en surfant ailleurs … sur des revendications prétendument disparates, confuses et apolitiques…

 Manifeste de “ Democracia Real Ya ! ” ( 15 mai )

 Nous sommes des personnes ordinaires. Nous sommes comme vous : des gens qui se lèvent tous les matins pour étudier, travailler ou pour chercher un travail, des gens qui ont une famille et des amis. Des gens qui travaillent dur tous les jours pour vivre et pouvoir offrir un meilleur avenir à ceux qui les entourent.

 Parmi nous, certains se considèrent plus progressistes, d’autres plus conservateurs. Certains sont croyants, d’autres pas. Certains suivent des idéologies précises, d’autres se considèrent apolitiques. Mais nous sommes tous préoccupés et indignés par la situation politique, économique et sociale autour de nous : par la corruption des politiciens, patrons, banquiers, ... qui nous laissent sans défense et sans jamais être entendus.

 Cette situation est devenue la norme, une souffrance quotidienne et sans espoir aucun. Mais en unissant nos forces nous pouvons la changer. Le moment est venu de changer les choses, de bâtir ensemble une société meilleure. En conséquence nous soutenons avec vigueur les affirmations suivantes :

 L’égalité, le progrès, la solidarité, le libre accès à la culture, le développement écologique durable, le bien-être et le bonheur des personnes doivent être les priorités de chaque société avancée.

 Des droits inaliénables doivent être garantis au sein de notre société : le droit au logement, au travail, à la culture, à la santé, à l’éducation, à la participation politique, au libre développement personnel et le droit du consommateur à une vie saine et heureuse.

 L’état actuel de notre système politique et économique ne répond pas à ces priorités et il est par de multiples facettes un obstacle au progrès de l’humanité.

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 La démocratie appartient au peuple ( demos = peuple, cratie = pouvoir ), ce qui signifie que chacun de nous constitue une partie du gouvernement. Cependant, en Espagne, la majorité de la classe politique ne nous écoute même plus. Ses fonctions devraient être de porter notre voix auprès des institutions, en facilitant la participation politique des citoyens à travers des canaux de démocratie directe pour le bénéfice du plus grand nombre, et non pas celle de s’enrichir et de prospérer à nos dépens, en suivant les ordres des forces économiques et en s’accrochant au pouvoir grâce à une dictature en suivant les ordres des pouvoirs économiques et en s’accrochant au pouvoir grâce à une dictature des partis représentée par les sigles inamovibles du PPSOE.

La soif de pouvoir et son accumulation entre les mains de quelques-uns sont à la source des inégalités, frustrations et injustices, ce qui mène à la violence, que nous refusons. Le modèle économique en vigueur, obsolète et non-durable, entraîne notre système social dans une spirale, qui s’auto-consume, enrichissant une minorité et appauvrissant les autres. Jusqu’à son effondrement.

La volonté et le but du système sont l’accumulation d’argent, sans tenir compte ni de l’efficacité ni du bien-être de la société ; gaspillant ses ressources, et détruisant la planète, générant du chômage et des consommateurs mécontents.

Les citoyens sont les engrenages d’une machine destinée à enrichir cette minorité qui se moque de nos besoins. Nous sommes anonymes mais sans nous, rien de cela n’existerait, car nous faisons fonctionner le monde.

Si en tant que société nous apprenons à ne pas confier notre avenir à une rentabilité économique abstraite où la majorité ne bénéficie pas de ses avantages, nous pourrons supprimer les abus que nous endurons.

Nous avons besoin d’une révolution éthique. Plutôt que de mettre l’argent avant les êtres humains, il faut le mettre à notre service. Nous sommes des personnes, pas des objets. Je ne suis pas le produit de ce que j’achète, pourquoi je l’achète ou à qui je l’achète.

Au nom de tout ce qui vient d’être dit, je suis indigné. Je crois sincèrement que je peux changer les choses. Je crois que je peux aider. Je sais que, tous ensemble, on peut y parvenir. Sors avec nous. C’est ton droit. beauté

 http://democraciarealya.es/?page_id=88

 Propositions approuvées par l’assemblée générale ( Madrid, 20 mai )

        Toutes nos excuses pour les éventuelles erreurs de traduction ( Acrimed ).

      Résultat de la consultation de l´assemblée réunie le 20 mai 2011 au campement de la Puerta del Sol. Celui-ci est la compilation et la synthèse des propositions reçues ces derniers jours. Une première liste de propositions a été élaborée. Nous soulignons que l´assemblée est un processus ouvert et collaboratif. Cette liste n’est pas fermée, les propositions approuvées lors de l’assemblée du 20 mai au campement de la Puertadel Sol sont :

1. Le changement de la loi électorale avec des listes pour une seule circonscription. L’attribution des résultats doit être proportionnelle au nombre de votes.

2. Les droits basiques et fondamentaux doivent être respectés, comme : le droit à un logement digne, s´articulant sur la réforme de la loi hypothécaire en cas de dévolution du logement pour non-paiement, la dette doit être annulée, une santé publique gratuite et universelle, la libre circulation des personnes et le renforcement de l´éducation publique et laïque.

3. L’abolition des lois et des mesures discriminatoires et injustes comme les lois issues du “ processus de Bologne ” et de l’espace européen d’enseignement supérieur, et celle connue sous le nom de loi Sinde ( contrôle d’internet ).

4. Une réforme fiscale pour les salaires les plus bas et une réforme des impôts sur le patrimoine et les héritages. La mise en place de la taxe Tobin qui concerne les transactions financières internationales et la suppression des paradis fiscaux.

5. Des réformes des conditions de travail de la classe politique pour abolir les salaires à vie. Que les programmes et les propositions électorales aient un caractère contraignant.

6. Le refus et la condamnation de la corruption, rendre obligatoire par la loi électorale la présentation de listes propres exemptes de toute corruption.

7. Différentes mesures en rapport avec les banques et les marchés financiers selon l’article de la Constitution qui dit que toute la richesse du pays sous toutes ses formes doit être utilisée pour l´intérêt général. La réduction du pouvoir du Fonds monétaire international et de la Banquecentrale européenne : nationalisation de toutes les banques sauvées par l´État, renforcement de tous les contrôles sur les entités et les opérations financières pour éviter tout abus.

8. Une vraie séparation de l´État et de l´Église, comme le stipule l´article 7 de la Constitution.

9. Une démocratie participative et directe où les citoyens sont actifs. Un accès populaire aux moyens de communication qui doivent être éthiques et fidèles à la vérité.

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10. Une vraie révision des conditions de travail, sous surveillance effective des autorités étatiques.

11. La fermeture de toutes les centrales nucléaires et la promotion des énergies renouvelables et gratuites.

12. La récupération des entreprises publiques privatisées.

13. Une séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.

14. La réduction du budget militaire et la fermeture immédiate des entreprises d´armement. Un plus grand contrôle sur les forces et corps de sécurité de l´État. Comme le mouvement pacifiste nous disons non à la guerre.

15. La récupération de la mémoire historique et des principes fondamentaux de la lutte pour la démocratie dans notre pays.

16. Une transparence totale des comptes et des financements des partis politiques comme mesure de contrôle de la corruption politique. Les-indignes.jpg

Alors si ça c'est pas un vrai programme pour changer le monde hein ?

Publié dans : Colères noires
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