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  • : Les cahiers des diables bleus
  • : 19/09/2005
  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
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P'tits poèmes diabolique

Mercredi 31 mai 2006 3 31 /05 /2006 00:06

                                  

                  Vie de famille 
                                   Vendredi, 8 juillet 2005

« Heureux Oh ! bienheureux ceux qui n’ont point d’enfants »
Ecrivait la Mother à Arthur le plus fou
Des jeunes poètes dont les ailes voyelles
Détalaient dans la tête au loin fichaient le camp
Lui qui des secrets de Ménélik connaît tout
Des pantins portant fusils tire les ficelles
Fusils de mots frappant au cœur fidèlement
Jeunes filles jeunes garçons que la rue tient
Dont père ni mère ne prennent des nouvelles
Saltimbanques enfants incendiés de bitume
Comme Arthur se sauvant d’un destin sans histoire

Heureux Oh ! bienheureux sans familles querelles
Les enfants voyageant au gré des équipages
Corsaires épinglant les albatros en vol
A leurs pieds des sébiles des sous et des chiens
Qui gardent leurs talons où sont planquées des ailes
Des ailes qui voyelles sur de frais chemins
Plus rien ne les retient libellules au sol
Cueillant le sel en bouquets d’argent et de brume
Qu’ils raclent d’un coup d’ongle et qu’ils jettent sans gloire
Aux usuriers guettant Arthur adolescent
Déjà vendant la peau de ses souliers aux fols
Prêts à tout comme lui qui n’ont point de parents
De lits où l’on crève des édredons de plumes
Qu’on envoie sur la ville audacieuse auréole

Heureux Oh ! bienheureux les enfants solitaires
Qui n’ont de Charleville pas de terre aux pieds
Au pied des escaliers sous le manteau de chiens
Ils dorment rassemblés Ce sont des fils d’Indiens
Morts Que ne renieront plus ni pères ni mères
Ils ont vécu comme eux fiers de leur liberté
Ce sont tribus veillant sur leurs ailes voyelles
Et leurs rêves voyous corsaires qui jamais
A Ménélik n’iront joyeux vendre des armes
Ils ont vécu des germinations insensées
De mots d’amour bravant tous les signaux d’alarme
Où ils iront jeunes garçons nul ne le sait
Et jeunes filles les pantins sont enchantés
De voir leurs ficelles coupées et les fusils
Par le bitume mangé épinglant les pères
Et les mères pendant que voyelles les ailes
Des mots saltimbanques heureux oiseaux de nuit.

Par Dominique Le Boucher - Publié dans : P'tits poèmes diabolique
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Vendredi 16 juin 2006 5 16 /06 /2006 01:37

                                          La grande tribu des fleurs d'agave

        Et voici ce qu’il racontait notre Tam-tam des brousses avec ses mots rouges et sang voici ce qu’il racontait :
        - Gens de la cité… Ils sont venus avec leurs armes ridicules ils sont venus avec leurs camions ils sont venus avec leur peur leur peur de vous et de votre grande tribu indienne…
       - Jadis leurs maîtres vous ont regroupés sur ce territoire sauvage ils ont construit des murailles autour de vous ils ont coulé du bitume autour de vous… ils vous ont regroupés sur ce territoire sans savoir que tout peuple qui vit ensemble qui grandit ensemble qui rêve ensemble forme un jour la grande tribu qui décide de ses lois et met au monde son histoire…
       - Gens de la cité… Ils sont venus pour vous rendre coupables d’actes que vous n’avez jamais commis pour juger et pour punir toute la grande tribu et pour lui faire baisser la tête car sa colère et sa riposte mettent leur totem d’argent massif en danger…
       - Ils sont venus pour vous accuser de la violence qu’ils sèment sur macadam black ils sont venus pour détruire vos petits dieux païens et votre territoire… ils sont venus avec la honte et le mépris…

       Ecoute… écoute…
       Voilà ce qu’il racontait notre tam-tam avec ses mots rouges et sang voilà ce qu’il racontait :
       - Gens de la cité… la grande tribu est arrivée du Sud il y a très longtemps… la grande tribu était immense et elle avait beaucoup marché et ses talons… au moins deux mille… avaient marqué de leur empreinte sanguine les déserts de sable blanc avant de tatouer les déserts d’asphalte noir de son signe fraternel…
       - La grande tribu est venue du Sud avec ses fêtes avec ses rires avec ses parfums de santal et de myrrhe avec ses bracelets d’or autour des chevilles avec ses musiques et ses danses au rythme des mandoles et des derboukas… la grande tribu est venue avec ses rêves et ses petits dieux païens et elle s’est arrêtée là…
       - La grande tribu est venue avec ses arbres et elle a planté parmi les arbres du Nord maîtres des forêts ses palmiers ses baobabs géants ses bananiers nains ses secoyas aux troncs de demeures et ses palétuviers dont les pieds marchent dans les fleuves…
       - Et les arbres ont grandi en mêlant leurs feuillages et les arbres sont devenus les nouveaux dieux païens de votre peuple métisse…
       - Alors ils se sont ramenés munis de tronçonneuses parce qu’avec le bois on peut faire du fric ils se sont ramenés dans des bétaillères parce qu’avec un peuple esclave on peut faire beaucoup de fric…
       - La grande tribu est arrivée du Sud et elle s’est arrêtée là mais elle n’est que de passage…
       - Demain bientôt elle repartira avec ses fêtes avec ses rires avec ses histoires et avec ses gens… deux mille peut-être plus drapés dans le boubou écarlate et sang du soleil de soie… elle repartira avec ses enfants et avec leurs jeux… elle repartira et elle leur laissera d’immenses cités désertes aux murailles gris béton que macadam black couvrira de son flamboiement sombre pour longtemps…

       Ecoute… écoute… tam-tam ratata tam !…
       Il était dix-neuf heures trente quand ils se sont cassés tous ensemble à la queue leu leu comme des rats sans se retourner et le rire incroyable des arbres grands maîtres de la forêt les a poursuivis en dansant sur ses pieds du vent pendant que tous les mômes de la cité ramassaient des galets doux et blancs venus de la mer… Vous comprenez ?…

 

Par Dominique Le Boucher - Publié dans : P'tits poèmes diabolique
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Mercredi 21 juin 2006 3 21 /06 /2006 00:44

Rêv’café
Samedi, 16 juin 2006

De la vie il ne faut rien garder
Sur mes lèvres légères rousse
Rien que la crème la crème du café
On se moque bien de ce qu’on a donné
Reste le goût de fougère qui s’émousse
Entre les dents le parfum des fées

Pendant que la vie soudain s’éparpille
J’ai les mains pleines de mes défaites
Comme la vie je vois se tirer mes billes
Oh ! compagnons j’ai le cœur rempli de nos fêtes

Si je me souviens de vous c’est mille étés
Qui éclatent nos rêves de savon
Au bout des pailles s’envolent vos frimousses
De nos jeunesses je ne voudrais garder
Dans l’aube amère que l’odeur du café
Sur mes lèvres brûlées rien qu’un peu de mousse

J’ai rien mis de côté que la crème douce
La crème tendre du café sur nos années
Un bol de libellules que resquille
L’enfant qui a les poches pleines de billes
J’ai vécu papillon tel un roi tel un prince
Habillé de haillons mes couleurs mes ivresses
Fruits généreux nous étions d’insouciance
Nous avons cru à la bonté en nos provinces
Et leurs champs de café aux fleurs enchanteresses

Pendant que la vie soudain s’éparpille
J’ai les mains pleines de mes défaites
Comme la vie je vois se tirer mes billes
Oh ! compagnons j’ai le cœur rempli de nos fêtes

La lune mettait son signe sur nos fronts
Nous avions ses vaisseaux au creux de nos pupilles
Frais ses jardins nourrissaient nos errances
Aujourd’hui nous dormons dans des berceaux de feu
Pour demain ne nous reste à préserver
Que le parfum matin à peine qui pousse
Sa petite herbe où rosée s’écarquille
En gouttes tendres qu’on aime à lécher
Avec solitude nous échangeons nos billes
Oh ! compagnons ne demeure de nos fêtes
Que la crème douce des cafés partagés.


Par Dominique Le Boucher - Publié dans : P'tits poèmes diabolique
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Mercredi 23 août 2006 3 23 /08 /2006 13:00

Camion blanc
Aux enfants du Liban et de Palestine
Paris, Vendredi, 18 août 2006

C’était un grand camion blanc
Un grand camion blanc qui roulait très lentement
Un camion rempli d’enfants riant
D’enfants jouant dormant rêvant
Qui roulait depuis longtemps
Sur le bitume brûlant collant
Du vaste désert de pierres chauffé à blanc
Avec du rouge aussi comme du sang
Et avec un vieil homme au volant
Qui en avait vécu des histoires
Le grand camion cahotait drôlement
Vers un pont là juste devant

C’était un grand pont aux piliers blancs
Sous un soleil étourdissant
Il traversait un fleuve tranquillement
Où mouraient des mares d’argent
Dans le désert de pierres vibrant
Un fleuve porte de l’eau aux gens
Précieux comme les yeux d’un être aimant
Un grand pont qui avait l’air content
Et beaucoup de fleurs de nénuphars
Avec leurs grands pétales blancs
Eclatés par erreur vraiment
Un peu de rouge aussi comme du sang

C’était un grand camion blanc
Un grand camion blanc qui roulait très lentement
Il n’avait presque plus de carburant
Avec sa cargaison d’enfants insouciants
Vers le pont à traverser pas d’histoires
C’était un grand pont aux piliers blancs
A traverser tout simplement
Un fleuve où la vie buvait goulûment
Ses rêves oubliant les guerres d’avant
Le vieil homme au volant prenait son temps
Ecoutait les rires des enfants
Des oiseaux tombés sur lui des cerfs-volants
Ravi de les emmener pas d’histoires
Sur une terre sans barbelés arrogants

C’était un paysan mais maintenant
Fini sa maison ses arbres son champ
Ses oliviers de poussière blancs
De cendres aussi alors en avant !
Arrivé près du pont étincelant
De lumière et ses voiles criant
« Il ne faut pas ! Il ne faut pas ! » Pourtant
Le camion avait pris de l’élan
Pendant que les pierres du pont chauffées à blanc
Répétaient « Il ne faut pas ! » comme un chant
Les enfants tambourinaient sur l’acier ardent
C’était la fête du grand camion blanc
Parti il y a si longtemps
D’un village éclaté par erreur vraiment
Un village d’argile aux murs d’été mouvants

C’était un grand village blanc
Avant avec du rouge comme du sang
Un grand village blanc rempli d’histoires
Que racontaient le soir les vieilles aux enfants
Arrivé près du pont resplendissant
Dans le soleil son bouclier géant
Carillonnait « Il ne faut pas ! » Pourtant
Joyeux se précipitait le vieux paysan
Hurlaient de terreur dans les mares d’argent
Aux rires des enfants les fleurs de nénuphars
« Il ne faut pas ! Il ne faut pas ! » Vraiment
Toute la terre en même temps
Faisait la ronde autour du camion blanc
Qui prenait par erreur d’aiguillement
Le chemin de feu de fer de sang

C’était au volant un vieux paysan
Il a cru entendre des gémissements
En haut de la colline une ombre du vent
Modelée par des mains de bonté vraiment
C’était un très grand arbre blanc
Qui attendait là depuis si longtemps
D’au-dessus des bruits du monde venait son chant
Juste avant le pont le vieux paysan
A arrêté le grand camion blanc
Le grand camion blanc rempli d’enfants
Courant sautillant boitillant
Prenant la main des petits les plus grands
Avec le vieux ils vont troupeau de cerfs-volants
A l’appel de l’arbre vite c’est urgent !
Et s’il allait mourir que deviendrait le temps ?
Le temps léger d’inventer des histoires

C’était un grand arbre blanc
Totem de leurs rêves et de leurs mémoires
Je t’ai entendu a dit le paysan
Que faut-il faire maintenant ?
Aussi vieille que l’arbre une source descend
Vers le grand désert blanc très lentement
Qu’elle rejoindra dans cent mille ans
Et au-dessus du pont c’est maintenant
Qu’un avion s’installe incandescent
Pour une pluie d’été d’acier bruissant
De force du dieu ciel écartelant
En un forage géant passé présent
Faisant jaillir du fleuve une eau noire de sang
Nouveau combustible pour les camions blancs
Qui éclate à son tour une erreur vraiment
En pétales vivants c’est un brasier navrant !

C’était sans doute un grand arbre blanc
A ses pieds le vieux paysan
Assis dans l’ombre légère du temps
Raconte aux enfants une ancienne histoire
Tout près du village aux lampes brillant
De mille fraîches flammèches d’argent
Comme l’enfance dans leurs yeux le soir
Voletant « … C’était un grand camion blanc… »


Par Dominique Le Boucher - Publié dans : P'tits poèmes diabolique
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Mercredi 29 novembre 2006 3 29 /11 /2006 01:43

Bois d’ébène

Mardi, 24 novembre 2006

Bois d’ébène

Ils sont assis en bas des blocks

Ils sont trois garçons ils sont blacks

Bois d’ébène

Les portes claquent ça débloque

Tout est prêt pour la mise à sac

Bois d’ébène

A l’aube y a des pas qui troquent

Le sommeil contre des menottes

Bois d’ébène

Clic-clac Des hérissons qui bloquent

Les rues autour de la cité

Bois d’ébène

Leurs épées crèvent les pneus tocs

Des bétaillères dernier cri

Bois d’ébène

Rouge soleil joue au tric trac

Avec des pions masques de flics

Bois d’ébène

Fait bleu autour de la cité

Cagoules d’or des chevaliers

Bois d’ébène

Les tenanciers du bazar braquent

Leurs guns sur des ours en peluche

Bois d’ébène

Ric-rac ramassent le trésor

Des gueux et virent l’oiseau Roc

Bois d’ébène

Partout autour d’eux c’est la haine

Flic-flac gouttes de sang la flaque

Bois d’ébène

Goutte de pluie comme rubis

Grandit Soleil de nuit rapplique

Bois débène

Fait autour d’eux un bouclier

Epique et puis sauve qui peut

Bois débène

Et toc ! Les hérissons ça pique

Les ours se sont rasés gothics

Bois d’ébène

 

 

 

 

 

 

 Juste un p'tit poème parce qu'il y a des choses dont on arrive pas à parler comme ça... et justement celles qui se sont passées ce mois de Novembre alors qu'il y a un an Zied et Bouna ... Alors à bientôt...

Par Dominique Le Boucher - Publié dans : P'tits poèmes diabolique
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