Mili Presman peintre...
Tu disais que les thèmes de tes tableaux te venaient dans les livres ?
M P : Ça me vient aussi beaucoup dans mes rêves, et dans les livres aussi… Ce sont des déclics comme ça… Par exemple j’ai travaillé sur le thème de la marelle. C’est très beau la marelle parce que ça monte jusqu’au ciel, et à chaque numéro je racontais une histoire. J’avais peint un homme et une femme qui se suivaient, et c’était la fille qui jetait le caillou et le garçon qui la suivait. A la fin elle lui donne le caillou et elle s’en va. Et en faisant ensuite des recherches, j’ai lu que c’est la femme qui a la connaissance et que c’est elle qui la passe à l’homme dans le thème de la marelle. Puis j’ai fait des cauchemars d’escaliers et de couloirs, alors j’ai fait beaucoup de tableaux de ça. J’ai peint aussi un petit personnage tout seul dans un grand espace très clair. Ça répondait à un besoin, je ne pouvais pas peindre autre chose… Ça avait un rapport avec le fait de ne pas trop savoir où aller.
Tu ne peins qu’à l’intérieur des villes, il y a très peu de nature dans tes toiles ? Je pense aux sujets que peignait Frida Khalo peintre mexicaine que tu aimes et qui était très sensible à une certaine nature, toi pas tellement ?
M P : Moi je suis une femme des villes, je n’aime pas la campagne… En Egypte si… J’aime la chaleur, j’aime le sable, la poussière, et j’adore les palmiers. Et puis il y a le bord du Nil. Mais au bord du Nil il y a les histoires, c’est ça qui me plaît. On est sur la felouque, et quand tu avances doucement il y a toujours quelque chose qui se passe.
Ma promenade silencieuse est une conversation ininterrompue,
et nous tous, hommes, maisons, pierres, affiches et ciels,
sommes une grande foule amicale,
nous coudoyant de mots dans le vaste cortège
du Destin
Fernando Pessoa
Nathalie bleu Mili Presman
Il faut aussi qu’on parle un peu de ce lieu où tu as ton atelier maintenant, la Forge de Belleville.
M P : La Forge était un squatt d’artistes qui a fini par être légalisé, et à ce moment-là la partie des ateliers qui est fermée était louée à des artistes, mais sous forme d’atelier tournant. Au début Je devait rester seulement trois mois, puis c’est passé à six mois, et à un an. Et maintenant l’atelier est permanent. Sauf que la marie du 20° a un autre projet sur ce lieu et notre situation est redevenue précaire. Ici c’est un véritable atelier où je me sens vraiment artiste. Et en plus on est 25 artistes donc il y a toujours du monde qui circule, et on s’entraide beaucoup au niveau technique, au niveau relationnel… Et ça te donne envie de travailler de voir les autres le faire. Moi j’ai toujours envie de partager et les deux lieux où j’ai un bon rapport avec ça, La Forge et L’écume du jour sont des endroits où j’ai pu rencontrer des gens formidables qui vont contre l’individualisme qu’il y a partout maintenant.
Est-ce que pour terminer tu as un projet ou une expo en cours dans les prochains mois ?
M P : Oui, justement, j’ai une expo prévue pour décembre prochain, dans la galerie Mediart, rue Quincampoix avec trois autres artistes. C’est du petit format et je suis très contente, ça va être l’occasion de raconter des nouvelles histoires. En tout cas le quartier est génial. Tu vois, encore la baraka !…
Libellules Mili Presman
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Jean à cinq ans
Carte de Jean
Sénac envoyée à Jean Pélégri le 24 janvier 1972
Jean et sa mère dans une
Amilcar de course 1926
J’vous disais que ma machine à écrire s’appelait Calamity Jane… à l’époque je n’connaissais pas son histoire à Calamity mais je kiffais bien son
nom et les photos que j’avais vues d’elle me bottaient alors je me la suis inventée comme je fais toujours je lui ai brossé machiné trituré un personnage comme je croyais qu’elle était dans la
réalité une sorte de squaw blanche du côté des Indiens une meuf rebelle qui se pointait dans les bars avec sa Winchester et que les mecs faisaient pas suer… ta ta ta ta ta !… comme la p’tite
machine à écrire quoi… Je me la suis arrangée quoi et maintenant elle crèche dans mes bouquins Calamity Jane comme vous savez clic-clac !…
Camille… Cam…s’agripper à sa vie comme les petites griffes du lierre le feraient si bien à l’onyx de la
vague et aux petites baigneuses qui attendent en dessous… attendent la féerie de l’eau qui écarte tant de mauvais génies c’est ne pas lâcher ses sculptures de vue… elle a tant voulu y arriver
Camille et ils lui ont presque tous mis des pierres si lourdes dans son sac… Ouais presque tous… Une femme vous comprenez qui exprime sa puissance au creux de la pierre verte ocre rousse au
centre infime de l’argile qui est toute la terre du monde entre ses mains… Sa sculpture à elle diffère en tout de celle des autres…
L'âge mûr 1895 bronze Musée Rodin
L'âge Mûr détail bronze
Clotho 1893 plâtre Musée
Rodin
La petite châtelaine détail 1893 bronze Coll. part.
1993… là j’ai
suivi comme tout l’monde ce qu’on espérait tant qui serait enfin le triomphe de l’intelligence avec un peu plus de rêve encore de mon côté parc’que mon copain Marc était justement en Palestine en
août et septembre de cette année-là…
Mahmoud Darwish
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