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Saïd et Diana

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  • : Les cahiers des diables bleus
  • : 19/09/2005
  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
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Colères noires

Dimanche 27 septembre 2009 7 27 /09 /Sep /2009 21:08

On peut lire ce texte sur le site : www.info-palestine.net

Israël/Amérique

un poème désordonné

Samedi 26 septembre 2009

 

Remi Kanazi

The Palestine Chronicle

 

 

Chaque fois que je pense au 11 Septembre

Je vois la chair incandescente qui se détache des os des enfants iraquiens à Fallujah

Maintenant Gaza

Je tends à immortaliser les oubliés

Les dommages collatéraux éclipsant nos crimes impunis

Peut-être est-ce parce que je suis un joueur

Parce que si je touchais un dollar à chaque fois qu’un Iraquien meurt depuis 2003

Je serais millionnaire

Et ne vous méprenez pas

Parfois, je ne sais qui je hais le plus

Les gouvernements en Occident

Ou les politiciens en Orient

Qui vendent leur âme plus vite que le pétrole qu’ils exportent

Des hommes de paille qui se servent de la Palestine comme d’un outil pour se remplir les poches

Et qui ne donnent pas un sous à leur peuple

Des gouvernements de collaboration

Qui restent bouche cousue sous la surveillance de Washington et de l’AIPAC

Comment pouvez-vous être le type même de l’antisémite

Alors que vous signez des accords de paix pour opprimer votre propre peuple ?

Et quand les Orientalistes et les idiots disent pourquoi

Nous ne pouvons avoir de démocratie au Moyen-Orient

A cause de ce qui s’est passé à Gaza

Un Hamas, dragon terrifiant, drapé dans des élections démocratiques

Rahm Emanuel veut nous instruire, moi et mon peuple, sur une démocratie qui ne marche pas

Pourquoi ne pas essayer d’en réaliser une d’abord en Israël ?!

Au lieu de se mettre à genoux devant des terroristes comme son père et les Forces de défense israéliennes

En faisant l’éloge d’une société européenne, de troisième ordre, raciste, qui implose plus vite

Que sa position morale dans le monde

Instruits comme les Afrikaners de 1950 et les marchands d’esclaves

Ce n’est pas simplement parce que la maison est belle

Que les os sur lesquels vous l’avez construite sont complètement rongés

La gauche israélienne est aussi vivante que l’est Ariel Sharon

J’en vomis et je suis las de les voir demander la permission de résister

Ces gauchistes et progressistes archaïques

Qui se soucient davantage de rester casher plutôt que de faire avancer les choses

Je pose mon stylo et brandissant le poing pour résister avec les jeunes des facultés et les Palestiniens

Boycott et désinvestissement !

Car qui se soucie de préserver une vie quand les gouvernements tuent les civils

La complicité du silence et les unités de réserve ont bombardé Gaza

Vos universitaires et intellectuels, vos groupes et hommes de théâtres font partie du problème

Et si la logique ne sied pas à votre plan à long terme de rejeter

Mon droit au retour, je suis désolé

Peut-être un jour reviendrez-vous à la réalité

Où mon peuple fait des bébés plus vite

Que les sionistes ne concoctent des options jordaniennes

Je ne veux pas de votre sympathie ni de vos confessions introspectives

Que je ne vais pas garder entre mes mains jusqu’à ce qu’elles expirent

Comme les gens de Balata et de Rafah

Voter pour Barack Obama

Et prétendre que son silence de 22 jours était d’or

Pendant que des enfants émaciés mourraient de faim

Entourés des cadavres de leurs parents

Ce ne peut être l’Amérique la Merveilleuse

Un criminel avec quelques attributs positifs

Ne peut alléger un génocide

Bombarder l’Afghanistan, le Pakistan, et l’Iraq

Dans l’oubli ne vous rend pas historiques

Cela fait de vous des aveugles et des sanguinaires

Comme les hommes blancs qui sont venus avant vous

Une jeunesse apathique excitée aujourd’hui par un président

Qui s’en prend à l’histoire, mais pas à la pauvreté, à l’occupation, ni aux intérêts corporatistes

Je préfèrerais marcher fièrement à travers le cimetière des accords de paix

Et des séances de discussions échouées

Que de voir mon peuple comme des citoyens occupés ou de troisième classe

Nous sommes le marteau qui tombera comme un verdict

Nous n’attendons pas qu’Israël ou l’Amérique ou la Cour suprême l’approuve

Nous allons boycotter Lev Leivev, Caterpillar et vos sociétés d’apartheid

Nous reprenons le droit au retour et les clés d’un pays

Parce que nous ne vous avons jamais demandé de rentrer en Europe ni de rester dans des prisons à ciel ouvert

Je ne vous demande pas votre avis, je vous explique la décision

Vous pouvez rester ici, avec nous, mais seulement comme des égaux

Ce n’est pas que vous êtes des Israéliens, c’est que vous avez tort

C’est pourquoi je me bats pour mon peuple !

 

 

Remi Kanazi est l’éditeur des Poètes pour la Palestine. Il viendra aux Etats-Unis et au Canada cet automne avec une tournée de Poètes pour la Palestine.

Pour le contacter : remroum@gmail.com

Pour plus d’informations sur Poètes pour la Palestine : http://www.PoetsForPalestine.com

 

(Illustration d’un poème de Jehan Bseiso)

 

Du même auteur :

 

Pourquoi le boycott culturel d’Israël est nécessaire

La solution à un seul Etat : une nouvelle perspective ?

Est-ce l’aéroport Ben Gurion, ou bien l’enfer ?

18 septembre 2009 - The Palestine Chronicle - traduction : JPP

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Vendredi 18 septembre 2009 5 18 /09 /Sep /2009 23:34

Vous pouvez lire cet article sur le site www.info-palestine.net
 

Israël perdra-t-il les chances de la paix ?

Jeudi 17 septembre 2009

 

Abdel-Moneim Saïd - Al-Ahram/hebdo

 

      Il y a aujourd’hui un état de décontraction en Israël et Tel-Aviv ne ressent effectivement aucune menace à l’heure provenant de Gaza ou de Cisjordanie. En conséquence à cet état de faits, ils ne sont pas véritablement motivés pour la négociation.

 

       Une idée est ancrée depuis longtemps dans la pensée occidentale, que les Palestiniens ont perdu toutes les occasions qui leur étaient offertes pour faire la paix. En réponse à cela, il y a eu toujours des répliques en guise de défense, disant que les Palestiniens n’ont jamais eu de chances réelles. Cette polémique qui se répétait sans cesse était l’un des outils de la guerre psychologique et de propagande dans le conflit arabo-israélien. Cependant, un intérêt moindre a été orienté vers les occasions qu’Israël n’a pas saisies tout au long de sa longue histoire.

      Depuis le début de l’itinéraire, “ la question juive ” est passée d’un simple récit de minorités juives haïes dans un nombre de pays pour se confiner à un Etat où se sont rassemblés les juifs. Les Israéliens ont laissé passer la chance dans les années 1920 après l’entente Fayçal-Eisman, de la mise en place ensemble d’un Etat indépendant garantissant les droits des minorités y compris les juifs. Ils ont laissé passer également une autre chance en 1948, lorsqu’ils ont transformé la Palestine d’un refuge des juifs persécutés en Europe en Etat israélien. Et une troisième fois, lorsque les forces israéliennes ont tenté d’envahir les terres palestiniennes, faisant fi de la résolution de partage, à un moment où les armées arabes luttaient afin de l’appliquer.

      Mon objectif en étalant ces occasions perdues est de dire qu’il existe actuellement des chances pour la paix avec une administration américaine disposée à déployer un effort présidentiel mobilisant les efforts internationaux et régionaux afin de mettre un terme au conflit arabo-israélien. Ajoutons à cela qu’Israël n’a jamais maintenu le calme actuel sur tous ses fronts, même celui du Hezbollah et du Hamas, et jamais Israël ne disposait, comme il est le cas maintenant, de chances de développement économique et de prospérité.

Non moins importante dans ce contexte est l’initiative arabe globale au règlement du conflit ne garantissant uniquement pas de mettre un terme à l’état de guerre avec Israël, mais en l’occurrence de coexister et de normaliser avec lui à la lumière d’un ordre régional sécurisé. Tout au long des derniers mois, les signaux provenant de nombreux pays se sont multipliés, faisant état d’une disposition à présenter des initiatives de bonne volonté. A l’heure où Le Caire a maintenu l’ouverture de nombreux canaux avec Israël pour saisir les chances qui lui sont disponibles.

 

 Ali et le chat Gaza 2009    


      Tout ceci porte à croire qu’Israël a une chance réelle de régler le conflit arabo‑israélien, permettant à la région de coexister avec les autres pays. D’autre part, ceci donnerait l’occasion à son peuple de vivre normalement en contrepartie de son retrait des territoires arabes occupés en juin 1967 et de l’approbation de la mise en place d’un Etat palestinien indépendant avec comme capitale Jérusalem-Est. En réalité, Israël peut réaliser d’énormes gains en réalisant un règlement juste à la cause palestinienne.

      En premier, Israël se débarrassera en partie de l’hostilité à son égard et l’état de suspicion qui entoure la légitimité de son existence, voilà plus de six décennies, et ceci auprès de larges secteurs de l’opinion publique arabe. Y compris les pays ayant signé avec Israël des traités de paix, comme l’Egypte et la Jordanie. Jusqu’à maintenant, il s’avère que les relations sur le niveau populaire sont froides en raison de l’absence de la confiance mutuelle. D’autant plus que l’opinion publique populaire a tendance à classer Israël dans la case de l’ennemi et notamment dans les périodes d’affrontements entre Israël et les parties arabes. Ce qui s’est manifestement révélé pendant la guerre du Liban en juillet 2006, la guerre de Gaza en décembre 2008 et en 2009 avec le Hezbollah et le mouvement du Hamas.

 

      La paix peut représenter un nouveau début pour une éventuelle coopération économique efficace dans la région du Moyen-Orient, ce qui sera bénéfique certes pour Israël.

La conclusion de la paix avec les Palestiniens va contrecarrer les prétextes des factions armées, avec en tête le Hamas et le Djihad islamique de poursuivre l’affrontement avec Israël. Le fait de se dérober à la paix et d’ignorer les droits du peuple palestinien engendre souvent des mouvements de violence chaotiques, tels que les soulèvements ( intifada ) et les opérations kamikazes, d’une manière qui mènerait la région à sombrer dans un état de violence et de contre-violence.

      Les actes de violence connaîtront une escalade si les Palestiniens n’ont d’autre choix que de continuer à résister contre l’occupation. La preuve en est que le mouvement Fatah a renouvelé son engagement, durant sa dernière conférence, à résister par tous les moyens contre l’occupation israélienne. Il est difficile également de parier sur le calme actuel qui règne sur Gaza tant qu’il y a une dégradation de la situation en raison de la persistance du blocus d’une part et du trébuchement du règlement politique de l’autre.

      Nous ne pouvons pas non plus parier sur la tendance du Hamas à la modération tant que ceci n’est pas lié à un règlement politique global, sinon de nouveaux courants plus rigoristes que le Hamas émergeront en surface. Et enfin, la mise en place de la paix avec les pays arabes pourrait réduire l’influence de certaines forces qu’Israël considère comme menaçant son existence, telles que l’Iran.

 

     
Ali dans la cour de sa maison Gaza 2009


      Mais selon toute vraisemblance, Israël laissera passer cette occasion au même titre que les autres. Ceci revient à deux facteurs intrinsèquement liés. Le premier se rapporte à la compréhension du statut actuel et l’autre se rapporte aux résultats découlant de cette compréhension. Lorsque j’étais à Washington, un ami américain, travaillant dans un centre de recherches renommé, disait à propos de cette compréhension de ce statut actuel qu’il y a aujourd’hui un état de décontraction en Israël et Tel-Aviv ne ressent effectivement aucune menace à l’heure provenant de Gaza ou de Cisjordanie.

      En conséquence à cet état de faits, ils ne sont pas véritablement motivés pour la négociation. D’ailleurs, on les entendait souvent prétexter pendant “ les jours de menaces ” que la partie palestinienne pratiquait la violence et qu’il n’était pas prêt à s’asseoir comme allié sur une même table de négociations. Que désire Israël ? Le calme ou la violence ? Cette logique inversée à toujours été à l’ori gine des chances perdues. Lorsque le calme règne, la paix est écartée parce qu’elle n’est plus une urgence. Mais si au contraire, l’affrontement est le mot d’ordre, la paix est écartée parce qu’on est en temps de guerre.

 

      Quant au second facteur, il se rapporte au comportement de l’actuel gouvernement israélien qui n’a pas ménagé un effort pour s’affirmer davantage par des opérations d’implantation actives et agressives. Mais, ceux qui ont vécu l’expérience du conflit arabo‑israélien depuis le début savent qu’il n’y a pas de paix avec la colonisation, surtout après le rétrécissement au maximum de la terre palestinienne.

 

      Al-Ahram/hebdo - Semaine du 16 au 22 septembre 2009, numéro 784 (Opinion)

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Mercredi 9 septembre 2009 3 09 /09 /Sep /2009 21:20

Vous pouvez lire cet article sur le site www.info-palestine.net

Des volontaires reconstruisent les maisons démolies dans Jérusalem

Jeudi 13 août 2009

 

Ronen Medzini - YnetsNews

 

      Chaque année, des dizaines de volontaires viennent à Anata, dans Jérusalem-Est, pour reconstruire des maisons détruites par Israël. Un conseiller municipal de Jérusalem participe également à ce processus de reconstruction, dans l’espoir qu’il “ posera les fondations pour nous aider à vivre ensemble dans la paix ”.
      Avec comme toile de fond, l’expulsion de familles arabes de Jérusalem-Est et les tensions avec les Etats-Unis et l’Occident, un groupe de quelque quatre-vingts Israéliens, Palestiniens et militants étrangers s’est lancé dans une unique mission, celle de reconstruire les maisons qui ont été démolies.

Les militants, qui viennent chaque année au “ camp d’été ” à Anata, un quartier dans le nord-est de Jérusalem, reconstruisent actuellement les maisons de deux familles, détruites durant l’expulsion des familles par les autorités israéliennes.
      Jeff Halper “ Quelquefois, il existe des situations où les civils doivent se dresser contre l’injustice et faire des choses que le gouvernement refuse de faire, ” dit Jeff Halper, directeur du Comité israélien contre les démolitions de maisons ( ICAHD ), à Ynet.
Jeff Halper arrêté par l'armée israélienne
     
      Cette activité n’est pas légale, mais Halper dit qu’elle est néanmoins vitale et importante : “ Ce n’est pas juste une action humanitaire pour aider des Palestiniens dans le malheur. C’est un acte de résistance politique contre l’occupation. Nous le faisons au grand jour. Si vous agissez comme un voleur dans la nuit, ce n’est plus une protestation, ” dit Halper.
      Soixante des quatre-vingts militants qui sont au camp d’été cette année sont des volontaires venus de l’étranger, dont quarante d’Espagne. Le gouvernement espagnol apporte tout son soutien à leur participation au projet.

      “ La démocratie ce n’est pas seulement le droit de voter. Elle est une conscience sociale et une opposition à l’injustice, ” explique l’un des volontaires. “ L’opinion publique d’Israël ne sait pas vraiment ce qui se passe ici. Tout se fait loin du regard du public. Les Palestiniens ne peuvent pas être chassés du territoire. Même si le gouvernement continue les destructions, nous viendrons, et nous reconstruirons. ”

 

       Sur une colline face au site de construction, se tient Younis Sabiyah, il regarde sa maison démolie en train d’être reconstruite. Sabiyah a habité Anata pendant 16 ans avec huit des membres de sa famille. L’an dernier, sa maison a été démolie. Depuis, il est en location.

      “ Si Dieu le veut, je crois que la maison sera reconstruite et qu’ils ne la détruiront pas. Les gens ici ne sont pas seulement des amis, ils sont comme des frères et des sœurs pour moi, ” dit Sabiyah.

 

      Les jeunes volontaires ont reçu un soutien surprenant, celui d’un conseiller municipal de Jérusalem. Meir Margalit ( Meretz [parti laïc et sioniste - ndt] ) vient aider le groupe à la reconstruction. “ Je n’essaie pas de me cacher. J’agis ouvertement contre la politique municipale et j’aide à construire les maisons qu’elle a démolies. C’est mon profond attachement aux valeurs humanitaires, ” dit Margalit à Ynet.

      “ A chaque fois que l’Etat détruit une maison, il sape les piliers porteurs sur lesquels il est basé. Ce que je fais, c’est tenter désespérément de sauver le pays de lui-même, de démanteler le mécanisme d’autodestruction qui est en mouvement de ce pays depuis 1967. Ma motivation essentielle est d’essayer de remettre l’Etat d’Israël sur le chemin du bon sens, ” explique Margalit.

      Margalit prend une part active dans le projet de reconstruction et participe à la construction. “ L’objectif principal n’est pas juste la philanthropie. En plus de la maison, nous construisons aussi un pont pour coexister. Nous vivrons en fin de compte côte à côte dans des Etats indépendants et actuellement nous posons les fondations de ce qui nous aidera à vivre dans la paix, ” dit l e conseiller municipal.

 

4 août 2009 - YnetNews et publié également sur le site de l’ICAHD - traduction : JPP
Qui sommes-nous ?

Solidaires de la Palestine

 

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Lundi 7 septembre 2009 1 07 /09 /Sep /2009 23:29

La vie... une affaire de pauvres... suite
Sylvain et sa femme Palmyre 1890
              

         Ouaouf ! Ouaouf !…

      Vivre un échange constant avec l’univers avec la terre où on trimballe sa petite carcasse d’oiseau voyageur et avec les gens qui ont toujours quelque chose à donner et envie pareil de recevoir je vous disais que c’est un bonheur… et même pour moi c’est le bonheur le vrai celui qui vaut la peine et sans quoi j’n’ai pas grand-chose à faire ici… 
       Et pour l’écriture c’est la même ce qui m’a refilé bien des embêtements car les promoteurs de bouquins et d’auteurs qui doivent c’est forcé être à la hauteur ou sur les hauteurs ce qui n’est pas mon truc vu que mézigue c’est dans les rues et les p’tits chemins que je trouve du sens à ce que je gribouille et pas ailleurs… les promoteurs eux n'l'entendent pas de cette oreille ! 
        Et pis moi tant qu’à faire je préfère la grandeur à la hauteur… la grandeur celle de Jean Pélégri mon pote écrivain d’Algérie avant qu’il ne se tire dans la lune et de Louis Bénisti son frangin peintre poète sculpteur qui lui disait un dernier jour : “ La grandeur Jean, la grandeur et les amis Hein ?… ”

      Ouais… je ne sais pas vous mais pour moi vivre c’est quand même avoir besoin d’y piger quelque chose et ce que j’ai trouvé de mieux c’est rien d’autre que ça… un échange qui nous relie à tout et aux autres et même s’ils sont parfois un peu rats sur leur croûton ben c’est pas grave… tant qu’ils ne nous empêchent pas d’y aller dans le sens de nos utopies !

      Et pour en revenir à mon histoire du départ on allait donc porter régulièrement des paniers de fruits aux paysans qui n’avaient pas le loisir en plus de leur job à temps complet de s’occuper d’un verger et on revenait avec le pot à lait rempli après la traite du soir les œufs dessus la paille qui faisait mon plaisir d’en fiche partout et de la bourrer ensuite au fond d’une boîte à chaussures pour les p’tits piafs d’hirondelles qui nous tombaient du toit et qu’on maternait le temps qu’ils s’envolent… le recyclage je vous disais… des fromages de chèvre et quelques bouteilles de temps en temps…

      Devant la porte de la maison vu que la cour aux fleurs n’était pas fermée on trouvait souvent un panier avec un lapin dépouillé dans un torchon et de la rhubarbe des branches de laurier avec des tas d’herbes cueillies sur les p’tits chemins que la voisine déposait et ma grand‑mère rapportait le panier rempli de pots de confiture de groseille et de cassis. Ma grand‑mère elle était pas aussi simple que mon grand‑père le cheminot du réseau Nord qui avait trop bourlingué pour ne pas savoir que la vie c’est bien de n’pas s’la compliquer avec des chiffres et des comptes quand on peut… S’il en avait vu mon grand‑père des tribus d’immigrés arriver en grande détresse et désarroi avec des baluchons rafistoles qui leur pendouillaient et de la misère plein… ça l’avais vacciné de la comptabilité des gugusses qui croient qu’on paie tout avec du fric et lui il savait qu’on paie le plus avec sa peau… yallah !

      Alors des fois ma grand‑mère elle sortait son porte‑monnaie pour le lapin et la voisine faisait les gros yeux et on en parlait plus… Si y’avait eu un discours autour de ça je vous le dirais mais j’y peux rien y en avait pas et on s’en passait bien et ça marchait et voilà… Ouaouf ! Ouaouf !…

      Alors comme je vous disais au démarrage de cette histoire on n’peut pas raconter n’importe quoi quand on cause des gens et de leur façon avec ce qui les entoure sans y être jamais allé voir… Ces gens‑là eux qui étaient souvent pauvres pourraient servir de symboles à cause du respect qu’ils avaient pour le monde qu’ils connaissaient et c’est déjà pas mal !… Et ne pas oublier vu qu’on est toujours dedans la marmite des mots en plein à trifouiller que respecter ça veut dire regarder… les racines des mots qu’on n’sait plus ce que ça signifie à force c’est comme pour les plantes faut aller voir du côté des petites taupes qui aèrent nos galeries d’ignorance d’un peu de lumière par ci par là…

      Ouais… je vous parlais de ce respect premier que les gens des villages de mon enfance avaient à l’égard du monde et des autres et qui vaut bien le goût de tout détruire que d’autres se trimballent… Bien sûr que la cause de ça elle n’est pas compliquée même si l’humain depuis cette époque fraternelle qui ressemble à celle qu’on retrouvait dans le mouvement ouvrier anarcho‑syndicaliste il a pas trop évolué dans le sens de l’intuition et du bonheur mis en commun ça non alors !… La cause de cette façon d’être c’est que les paysans ils avaient de la terre plein les poches et plein leurs sabots alors ils savaient qu’on est tous des bouts d’étoiles de cette géante voie lactée qui tourbillonne et par l’expérimentation qu’ils faisaient du rythme des saisons et des cycles de la vie et de la mort ils avaient conscience qu’il y a un vaste mouvement dans lequel on est entraînés et que les gestes simples que les anciens leurs avaient refilés prenaient leur place au gré de ce mouvement et ils le perpétuaient… Leur rôle à eux il était aussi essentiel que celui d’un moissonneur du royaume de Sumer ou d’une paysanne de Casamance récoltant le riz dans un des films d’Ousmane Sembène…

      La chaîne depuis les premiers à semer un grain d’épeautre ou de sarrasin elle ne s’est jamais rompue et leur savoir‑faire il comprenait le cycle entier jusqu’aux vers de terre qui digèrent les ordures et redonnent la bonne glèbe fertile et prête pour que le soc de la charrue l’enfonce au‑dedans du sillon et Hop ! Giono je vous dis… mon grand‑père il l’avait sans doute pas lu mais dans le courant de nos promenades qui en finissaient pas on pratiquait le ramassage du crottin que les chevaux laissaient en revenant à la ferme après le travail de la journée… On connaissait les pistes qu’ils prenaient les chevaux celles où on avait des chances d’en trouver un max des grosses mottes de crottin chaud encore qu’on fourrait à la main dans le sac en toile de jute récupéré lui aussi après la récolte des truches  ( patates ) exprès pour cette affaire. Et pis on versait le sac par‑dessus la tas énorme de fumier ( compost ) qui récoltait les pluches trognons croûtons de pain sec qui résistait au pain perdu orties mauvaises herbes et tout le bazar et c’était moi qui arrivais pas à la hauteur du rebord du tas avec les grosses bottes caoutchouc qui touillais touillais le tas armée de la fourche à fumier fallait voir…

Je touillais donc de toutes mes forces de môme des banlieues qui f aisait le paysan avec un bonheur magnifique que les ouvriers paysans de ma famille auraient trouvé étrange sans doute et je retournais j’aérais le magma épais glissant et vibrant de volumineuses odeurs et quand j’arrivais au fond du tas je sortais des vers gros comme mes doigts qui avaient fabriqué une couche aussi haute que mes guiboles d’un humus brun et léger et généreux prêt pour les semailles prochaines et ce que j’étais fière de moi… de nous… les gens la terre le jardin les fruits les truches les étoiles tout quoi ! Vous comprenez ?… Mais au fait moi je vous cause du fumier des vers et des odeurs à vous qui êtres vautrés devant votre téloche tranquilles après une journée de boulot… je me demande ouais je me demande bien si vous allez me suivre hein ?…
A suivre... 


Mon grand-père Célestin  

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Vendredi 4 septembre 2009 5 04 /09 /Sep /2009 23:26

La vie... une affaire de pauvres ! suite

     























          Donc pour en revenir à ma petite histoire de nos enfances des années 50‑60 j’étais propulsée chaque vacance moi la gamine des banlieues béton la baraka alors ! dedans l’univers de subsistance simple où n’importe quel môme sait ce qu’il vient faire là comme ça devait être aussi au creux des villages africains avant les colonisations… ce recoin aux  présences bienfaisante qu’avait bricolé mes grands‑parents sans même se rendre compte enfin y avait rien de réfléchi ni de programmé derrière je pense… Et c’est ça qui me laisse baba quand je capte les méga tonnes de paplars et les couches de baratin qui  circulent pour tout juste refaire ce qu’existait dans les campagnes y’a 50 piges de ça au moins et qu’on a bazardé à l’aise…
          Et des cambrousses pouvez me croire que j’en ai flairé d’autres que celle de mes 3 balais et des quantités énormes et partout jusqu’à ce que la géante ogresse de l’industrie ramène son gros cul devant notre soleil ça fonctionnait à l’écoute des petits dieux païens de la culture et des sources du vent et des moissons des pierres dressées et des ruches troncs… Ouais partout je vous assure que les compagnons paysans y savaient régler le soc des charrues aiguiser les lames des faux construire les clèdes à châtaignes faire ronfler les alambics à lavande débarder le bois avec les chevaux de montagne et tant de choses qui fait qu’on est capable de repasser un savoir‑faire à d’autres et qu’y a pas besoin de bouquins pour ça…
          Mais y a besoin des gens et de la pratique de l’échange pour qu’une société elle crée du devenir et pas de la mort comme unique façon de se développer… Ouais y a besoin des gens en équilibre sur la piste de leur destin des gens heureux de vivre milieu de la nature comme des arbres de l’eau vive sur les cailloux comme de la neige qui fait pelote de laine par‑dessus les lauzes et qui ne bouzillent pas le monde parc’qu’ils ont pas l’envie de le dominer… Quand je pense à ça j’ai l’impression qu’y a deux sortes d’hommes dessus la terre… ceux qui sont du côté de la puissance et ceux qui sont du côté du pouvoir… La puissance c’est ce qu’on a en nous qui nous permet de créer de concevoir des utopies de réaliser des projets d’inventer de devenir ensemble et le pouvoir c’est ce qui cherche à aliéner et à dominer… 
          Les paysans de nos enfances ils avaient tout pour exprimer leur puissance et pour l’accomplir pareil que ceux de Giono ils travaillaient dans l’ordre du monde à faire de la vie et dans les villages africains aussi on faisait de la vie et on était riches de ça si on était pauvres de fric et de choses qu’on vend… Mes grands‑parents c’était des gens modestes qu’avaient toujours vécu dans un milieu citadin et aussitôt la retraite qui n’suffisait pas à grand-chose ils s’en sont retournés vers ce qu’ils connaissaient intuitif… une existence dans un village à la fois autonome et communautaire basée sur l’autosuffisance comme on pouvait l’entendre à l’époque… 
          Et c’était drôlement actuel ça a pas vieilli d’aucune façon. Leur quotidien était basé sur la non‑consommation dites la décroissance et sur la consommation des produits de proximité quasi uniquement… sur l’échange avec les paysans et les habitants du coin dites pratique solidaire et communautaire… sur le tri et la réutilisation des choses qu’on jette et qu’on trie systématiquement dites recyclage des déchets ménagers et récupération de tout ce qui peut être remis en piste… et enfin sur le partage avec les gens plus défavorisés… Toutes pratiques qui pour moi sont inséparables… Ouaouf ! Ouaouf !…

          Ce qui signifie dans la réalité que curieusement mon grand-père en plus d’une maison qui avait sur le devant un jardin rempli de fleurs et une tonnelle avec des murs à raisins et sur le derrière un potager où il cultivait aussi du raisin des pêches de vigne des prunes des groseilles des cassis et des fraises entourés de touffes de fleurs sauvages et d’herbes aromatiques… il avait acheté un verger quasi sauvage lui aussi situé à un kilomètre de là au milieu des vignes et de la campagne voisine.

Dans mon souvenir très vif car vous pensez si ça a été formateur pour mézigue vu que par un certain hasard poétique j’y ai passé trois années pleines de ma vie de môme des banlieues… tout ça donnait en abondance et mon grand8père qui y passait ses journées entières était plutôt le chef d’orchestre d’une sorte de paradis terrestre bienheureux qu’un paysan comme on l’entend à cette heure !

Bien sûr en dépit du fait que ma grand‑mère transformait les fruits en confitures et compotes les tomates en coulis… que le grenier s’arrondissait de pommes poires noix raisins la cave de pommes de terre d’endives et d’oignons on était débordés par cette manne généreusement nourricière offerte par les petits dieux païens de la terre qui permettait suggérait et alimentait la tendance à l’échange avec les paysans du village et les autres habitants.    
            Notre petit univers autogéré où chacun avait son recoin à lui et ses prérogatives qui allaient de pair avec des travaux de recyclage instinctifs et qui profitait à tous n'était pas une ferme du tout. Donc ni poules ni oeufs ni lapins ni chèvres ni lait et c'est là que l'échange communautaire fonctionnait sans qu'y ait à en causer à l'organiser à le planifier... Rien de rien... une anarchie paisible et un désordre cohérent qui avait éliminé de lui-même toute forme de pouvoir et qui se dépatouillait sans lois et sans maîtres... Avec des gens qui se sentaient probable très bien comme ça dans leurs pompes... Ouais l'anarchie hein ? Ce mot-là aujourd'hui je sais que c'est au coeur de ce petit univers fraternel que je l'ai appris sans le savoir...
          Alors à suivre... Ouaouf ! Ouaouf !...

Publié dans : Colères noires
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