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Saïd et Diana

Said-et-Diana-2.jpg

Présentation

  • : Les cahiers des diables bleus
  • : 19/09/2005
  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
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Texte Libre

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Image de Dominique par Louis

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  Ecrits et dessinés à partir de nos banlieues insoumises toujours en devenir

      Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.

      Bienvenue à vos p'tits messages tendre ou fous à vos quelques mots grognons du matin écrits vite fait sur le dos d'un ticket de métro à vos histoires tracées sur la vitr e buée d'un bistrot, à vos murmures endormis au creux de vos draps complices des poussières de soleil passant par la fenêtre entrouverte...

      Bienvenue à vos fleurs des chantiers coquelicots et myosotis à vos bonds joyeux d'écureuils marquant d'une légère empreinte rousse nos chemins à toutes et à tous. Bienvenue à vos poèmes à vos dessins à vos photos à vos signes familiers que vous confierez à l'aventure très artisanale et marginale des Cahiers diablotins.

      Alors écrivez-nous, écrivez-moi, écrivez-moi, suivez-nous sur le chemin des diables et vous en saurez plus...

 

                                          d.le-boucher@sfr.fr


Notre blog est en lien avec celui
de notiloufoublog 2re illustrateur préféré que vous connaissez et on vous invite à faire un détour pour zyeuter ses images vous en prendrez plein les mirettes ! Alors ne loupez pas cette occase d'être émerveillés c'est pas si courant...

Les aquarelles du blog d'Iloufou l'artiste sans art  sont à déguster à son adresse                   www.iloufou.com  

Jeudi 27 mai 2010 4 27 /05 /2010 22:54

L'établi

Robert Linhart

Ed. de Minuit, 1978‑1981

 

L-etabli.jpg

Vous vous rappelez sans doute que je vous ai déjà causé de mon travail sur la mémoire ouvrière ou plutôt je dois dire sur les mémoires ouvrières ?… Je vous ai causé un peu de celle de ma family du côté d’un des plus anciens dont j’aie des images de vieilles photos des tirages sur carte sépia vous voyez le genre ?… Sylvain c’était le père de mon arrière grand‑mère vous vous souvenez… il était ouvrier paysan et c’est un morceau de l’histoire romancée de cette famille que j’utilise dans mon récit d’Alphabêtes City auquel je bosse en ce moment…

Mais là s’agit de continuer ces mémoires ouvrières sur une autre piste vu que je suis toujours en quête de ce genre de témoignage pour mettre bout à bout finalement tous ces récits que j’espère bien rassembler par ci par là si quelques‑uns ont la générosité de me les faire parvenir… mais je farfouille aussi de mon côté vous vous doutez… Je fais les vieux magazines des années 60 et tous les bouquins que je déniche avec des témoignages vrais et vécus mais y en a pas tant que ça et la véritable parole ouvrière elle court pas les feuilles imprimées c’est sûr…

Donc encore une fois si jamais vous tomber sur des journaux ou des magazines ou des bouquins qui laissent causer les ouvriers et les ouvrières pensez à mézigue merci bien !

 

Et en attendant que j’aie compilé les mots des hommes du labeur je m’offre le plaisir de vous faire découvrir ici un petit aperçu d’un bouquin sublime dans le genre de ce que je recherche et dont les imbéciles ont dit comme toujours le plus de mal possible… Et aussi de son auteur parce qu’il était maoïste dans les années 60‑70… z’imaginez un peu si par ces temps de bas du front et de Picsous ravis on a la haine ! Moi je ne l’étais pas maoïste mais comme je l’ai gribouillé pour répondre à ces gros nases j’ai fait aussi des choix de bosser du côté des prolétaires comme on disait et de ne pas continuer les études comme mes vieux voulaient pour des raisons toutes simples alors…

Et ces raisons on les trouve dès qu’on ouvre L’établi de Robert Linhart vu que c’est de ce bouquin‑là qu’il est question… Nous autres dans les années 70 on était des gamins des banlieues qui avaient reçu de nos vieux pas le moindre héritage de rien qui ressemble à une culture ouvrière ni à un savoir‑faire dont nos anciens étaient pourtant porteurs et qui sont nos trésors les seuls les vrais… Et c’qu’il faut bien comprendre c’est que les deux vont ensemble… En devenant des bourgeois nos vieux ont laissé de côté ce qui leur paraissait anecdotique à savoir pas seulement le fait de travailler avec ses mains car certains l’ont fait encore à leur façon mais ce que ça signifie d’être un ouvrier du labeur ou un compagnon artisan et toute l’histoire ou plutôt toutes les histoires qui accompagnent le savoir‑faire ou la belle ouvrage comme l’appellent les compagnons…

Pas de transmission de cette culture ouvrière et paysanne vu qu’ils ne pensaient pas que ç’en était une de culture… et pas de transmission socio‑politique qui va de pair… Les notions de solidarité et de lutte des classes leur étaient étrangères complet et c’est bien ça qui nous a mis dans la mouise humaine et sociale où s’qu’on se trouve aujourd’hui… Ce qui explique que nous autres avons décidé de sauter par‑dessus cette génération de nos parents et de nous relier avec celle des grands‑parents qui ont tant à nous apprendre… Et qui donc qui a pris la suite de ces prolétaires et paysans des années 20 et autres à votre avis ? Ben ce sont les ouvriers immigrés la plupart et c’est d’eux qu’y avait tant à apprendre et c’est pour ça qu’on est allé à leur rencontre dans les usines dans les campagnes vu qu’ils étaient travailleurs saisonniers sur les chantiers aux Intérims enfin partout quoi !…A-la-chasse-copie.jpg

Nous les mômes ignares on savait bien que ça c’était l’essentiel et que nos vieux faute de l’avoir pigé à temps laissaient filer entre leurs paluches toute la richesse du monde ouvrier et paysan qui est la base créatrice et réelle de notre société… On le sentait d’une manière informe mais on était sûrs de n’pas se gourer et preuve est faite aujourd’hui qu’on est dans la débine qu’on sait et que plus personne n’arrive à donner de sens à rien qu’on avait pas tort…  C’est de ce vide‑là qu’on est en souffrance  face aux chancres de la finance et à leurs vieillards morbides et c’est parce qu’on a pas su transmettre nos expériences des utopies des sixties et notre culture ouvrière paysanne aux gamins des cités de banlieue qu’ils sont désormais séparés de cette classe sociale qui ne se souciait ni de la “ race ” ni de la couleur de la peau… 

Ces cultures et ces mémoires populaires sont les nôtres et ce sont elles qui ont structuré des populations entières de travailleurs et de travailleuses durant les années passées et qui leur ont donné la force commune et une identité singulière pour agir et lutter afin de conquérir leurs droits et d’écrire leur histoire au fronton des usines et des chantiers… Alors ne les laissons pas se perdre dans l’oubli !

 

L'établi

 

“ Montre‑lui, Mouloud. ’

L’homme en blouse blanche ( le contremaître Gravier, me dira‑t‑on ) me plante là et disparaît, affairé, vers sa cage vitrée.

Je regarde l’ouvrier qui travaille. Je regarde l’atelier. Je regarde la chaîne. Personne ne me dit rien. Mouloud ne s’occupe pas de moi. Le contremaître est parti. J’observe, au hasard : Mouloud, les carcasses de 2 CV qui passent devant nous, les autres ouvriers.

La chaîne ne correspond pas à l’image que je m’en étais faite. Je me figurais une alternance nette de déplacements et d’arrêts devant chaque poste de travail : une voiture fait quelques mètres, s’arrête, l’ouvrier opère, la voiture repart, une autre s’arrête, nouvelle opération, etc. Je me représentais la chose à un rythme rapide _ celui des ‘ cadences infernales ’ dont parlent les tracts. ‘ La chaîne ’ : ces mots évoquaient un enchaînement saccadé et vif.capital-copie.jpg

La première impression est, au contraire, celle d’un mouvement lent mais continu de toutes les voitures. Quant aux opérations, elles me paraissent faites avec une sorte de monotonie résignée, mais sans la précipitation à laquelle je m’attendais. C’est comme un long glissement glauque, et il s’en dégage, au bout d’un certain temps, une sorte de somnolence, scandée de sons, de chocs, d’éclairs, cycliquement répétés mais réguliers. L’informe musique de la chaîne, le glissement des carcasses grises de tôle crue, la routine des gestes : je me sens progressivement enveloppé, anesthésié. Le temps s’arrête.

Trois sensations délimitent cet univers nouveau. L’odeur : une âpre odeur de fer brûlé, de poussière de ferraille. Le bruit : les vrilles, les rugissements des chalumeaux, le martèlement des tôles. Et la grisaille : tout est gris, les murs de l’atelier, les carcasses métalliques des 2 CV, les combinaisons et les vêtements de travail des ouvriers. Leur visage même paraît gris, comme si s’était inscrit sur leurs traits le reflet blafard des carrosseries qui défilent devant eux. ( … )

Le fracas d’arrivée d’une nouvelle carrosserie toutes les trois ou quatre minutes scande en fait le rythme du travail.

Une fois accrochée à la chaîne, la carrosserie commence son arc de cercle, passant successivement devant chaque poste de soudure ou d’opération complémentaire : limage, ponçage, martelage. Comme je l’ai dit, c’est un mouvement continu, et qui paraît lent : la chaîne donne presque l’illusion d’immobilité au premier coup d’œil, et il faut fixer du regard une voiture précise pour la voir se déplacer, glisser progressivement d’un poste à l’autre. Comme il n’y a pas d’arrêt, c’est aux ouvriers de se mouvoir pour accompagner la voiture le temps de l’opération. Chacun a ainsi, pour les gestes qui lui sont impartis, une aire définie quoique aux frontières invisibles : dès qu’une voiture y entre, il décroche son chalumeau, empoigne son fer à souder, prend son marteau ou sa lime et se met au travail. Quelques chocs, quelques éclairs, les points de soudure sont faits et déjà la voiture est en train de sortir des trois ou quatre mètres du poste. Et déjà la voiture suivante entre dans l’aire d’opération. Et l’ouvrier recommence. (… )

Cette vie de la chaîne, je l’apprendrai par la suite, au fil des semaines. En ce premier jour, je la devine à peine : par la tension d’un visage, par l’énervement d’un geste, par l’anxiété d’un regard jeté vers la carrosserie qui se présente quand la précédente n’est pas finie. Déjà, en observant les ouvriers l’un après l’autre, je commence à distinguer une diversité dans ce qui, au premier coup d’œil, ressemblait à une mécanique humaine homogène : l’un mesuré et précis, l’autre débordé et en sueur, les avances, les retards, les minuscules tactiques de poste, ceux qui posent leurs outils entre chaque voiture et ceux qui les gardent à la main, les ‘ décrochages ’… Et, toujours, ce lent glissement implacable de la 2 CV qui se construit, minute après minute, geste par geste, opération par opération. Le poinçon. Les éclairs. Les vrilles. Le fer brûlé. ( … )COMBAT-copie.jpg

Mouloud ne dit toujours rien. Je le regarde travailler. Ça n’a pas l’air trop difficile. Sur chaque carrosserie qui arrive, les parties métalliques qui constituent la courbure au‑dessus de la fenêtre avant sont juxtaposées et clouées mais laissent apparaître un interstice. Le travail de Mouloud est de faire disparaître cet interstice. Il prend de la main gauche un bâton d’une matière brillante ; de la main droite, un chalumeau. Coup de flamme. Une partie du bâton fond et un petit tas de matière molle sur la jointure des plaques de tôle : Mouloud étend soigneusement cette matière, à l’aide d’une palette de bois qu’il a saisie aussitôt après avoir reposé le chalumeau. La fissure disparaît : la partie métallique au‑dessus de la fenêtre semble ne plus se composer que d’un seul tenant. Mouloud a accompagné la voiture sur deux mètres ; il l’abandonne le travail fait et revient à son poste, à son point de station, attendre la suivante. Mouloud travaille assez rapidement pour avoir un battement de quelques secondes entre chaque voiture, mais il n’en profite pas pour ‘ remonter ’. Il préfère attendre. Voici une nouvelle carrosserie. Bâton brillant, coup de chalumeau, la palette, quelques coups vers la gauche, vers la droite, de bas en haut… Mouloud marche en travaillant sur la voiture. Un dernier frottement de palette : la soudure est lisse. Mouloud revient vers moi. Une nouvelle carrosserie s’avance. Non, ça n’a pas l’air trop difficile : pourquoi ne me laisse‑t‑il pas essayer ?

La chaîne s’arrête. Les ouvriers sortent des casse‑croûtes. ‘ La pause ’, me dit Mouloud, ‘ il est huit heures et quart ’. Seulement ? Il m’a semblé que s’écoulaient des heures dans cet atelier gris, pris dans le glissement monotone des carrosseries et les éclairs blafards des chalumeaux. Cette interminable dérive de tôle, de ferraille en dehors du temps : une heure et quart seulement ? 

Mouloud me propose de partager le morceau de pain qu’il a soigneusement défait d’un empaquetage de papier journal. ‘ Non, merci. Je n’ai pas faim.

‑ Tu viens d’où ?

‑ De Paris.

‑ C’est ton premier boulot chez Citroën ?

‑ Oui, et même en usine.

‑ Ah bon. Moi, je suis Kabyle. J’ai la femme et les enfants là‑bas. ’

Il sort son portefeuille, montre une photo de famille jaunie. Je lui dis que je connais l’Algérie. Nous parlons des routes sinueuses de la Grande Kabylie et des falaises abruptes de la Petite Kabylie qui tombent dans la mer près de Collo. Les dix minutes ont passé. La chaîne repart. Mouloud empoigne le chalumeau et 2-CV.jpg se dirige vers la première carrosserie qui s’avance.

Nous continuons à parler, par intermittence, entre deux voitures.

‘ Pour le moment, tu n’as qu’à regarder ’, me dit Mouloud. ‘ Tu vois, c’est la soudure à l’étain. Le bâton c’est l’étain. Il faut attraper le coup de main : si tu mets trop d’étain, ça fait une bosse sur la carrosserie et ça va pas. Si tu ne mets pas assez d’étain, ça recouvre pas le trou et ça va pas non plus. Regarde comment je fais, tu essayeras cet après‑midi.’ Et, après un silence : ‘ Tu commenceras toujours assez tôt… ’

( … )

 

A suivre...

Publié dans : Colères noires
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Mardi 25 mai 2010 2 25 /05 /2010 19:31

La petite chaise de paille suite

LA-MARCHANDE-DE-SOLEIL-OVERBLOG.jpg

De grands papillons de nuit se posent sur ton ventre

Et le caressent

Dans l'herbe tes cheveux se mêlent aux narcisses

La poubelle renversée rit

Niveau moins trois

La bande des chats hirsutes entre en transe

Ils se vautrent dans la luxure

Et les brins de laine

L'un d'eux a repéré la petite chaise de paille jaune

Abandonnée sur la tomette rouge

Mais il hésite à franchir le seuil de la cuisine obscure

Des mains d'Ogre fouillent la terre chaude entre tes cuisses d'enfant

Le troupeau d'éléphants fait cercle autour de toi

" Ma parole… ils sont tombés de la lune ! "…

Le renard est en train de se taper un festin de groseilles

En attendant

Au niveau moins trois

On a remonté la fermeture éclaire jusqu'à ta bouche

 

Tu ne parleras pas aux enfants citrons


Au coin d'un porche un type a sorti un couteau d'argent

Blanc comme le clair de lune

On ne sait pas s'il veut se faire la peau du chat

Ou celle de la petite chaise de paille jaune

Larguée dans la tomette rouge

De la salle des éléphants vigiles du muséum

Je songe

A tes petits seins sous ton tee-shirt

Au baiser des papillons sur ton sexe-enfant

A tes poings trop serrés pour contenir

Les étoiles de laine ébouriffées

Les cailloux Les boulons Les billes d'agate

Le Requiem de Mozart

Et tes bas roulés en boule

Nos secrets de femmes

Nos foulards et nos jeans ouverts

Où se planquent les mésanges

Et cette douleur d'enfant qui ne passe pas


Il faudrait ramer à l'envers de l'eau

Surtout ne pas perdre tout cela

Ce trou minuscule à notre oreille

Cette marée haute à l'odeur louve

Tout cela si peu si tant de nous et des narcisses

S'ils pouvaient nous le prendre tout cela

Et nos genoux que nos mains tiennent

Il suffirait d'un coup de pinceau maladroit

Pour remettre la chaise à sa place jaune

Dans la cuisine ocre-rouge de Nuenen

Au coin du feu qui n'a jamais entendu parler du soleil de souffre

Ni des squelettes d'éléphants blancs comme des clairs de lune

Dans la grande salle du muséum

 

Mais…

Tout cela

S'ils viennent nous le prendre Les chats pourront enfin s'asseoir

Au centre du triangle d'or des soupirails          

Les groseilles rapatrieront le goût écrasé des confitures

L'entre-deux des filles baillera salement

Sur des jarretelles marée noire

Et on entendra voler les mouches

Dans le crâne perdu de Mozart

Alors tout rentrera dans l'ordre viril des extincteurs

" Si seulement ils cessaient de se prendre pour des artistes ! "… Mesanges.jpg

Et qu'ils bouffaient tranquilles la paille de leurs cachots

Le marchand de rats est passé à quelques mètres de l'asile

Mais on n'allait pas dans la même direction 

Lui et moi

Dommage !… 

 

La petite chaise de paille jaune 

Dans le théâtre abandonné

Surveille courageusement l'entrée des artistes

"On ne sait jamais "         

 

Publié dans : P'tits poèmes diabolique
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Dimanche 23 mai 2010 7 23 /05 /2010 00:59

 

“Je t'ai trouvé ta voix suffit le monde s'ouvre

nous arracherons l'homme à son ombre ensemble      

nous fermons ses plaies”.

J.Sénac Terre possible Notes

 

La petite chaise de paille

Chameau-de-chat.jpg

 

                       

Pourquoi

La petite chaise de paille jaune sur la tomette rouge

A-t-elle l'allure abandonnée

Du coin où poussaient les groseilliers ?

 

Il faudrait refaire le voyage

Remonter dans la barque bleue

Museler les nénuphars gloutons

Ramer à l'envers de l'eau

Nous frayer un passage entre les maisons des saules

Où habitent les sorcières                     

Dans un refuge d'argile et de tourbe

Casser le temps du Ghetto et des incendies

Le temps des pavés en pleine figure

 

Mais

Il pousse de l'herbe drue sur ton sexe

Pudique un vieil eucalyptus que je connais

Te couvre d'étoiles ébouriffées comme des brins de laine

Les gardiens du muséum n'imaginent pas que tu es là

Tendre et lascive tu es un hibou dormant le jour

Son corset d'aube café-crème lacé sur sa poitrine

Derrière moi j'entends leurs imprécations d'esclaves laborieux

" C'est un oiseau de malheur ! "

L'arbre aux sorcières s'entrebâille un instant

Pour donner la parole aux monstres

Les petites fées rouges arrachent l'écorce

Et les lambeaux de cris de guerre s'écoulent

De sous la mousse vorace

" Qu'on  leur cloue le bec ! "

Ils entrent en bande dans les Blocks

Pour voler la paille des chaises

Y'a plus rien pour s'asseoir

Ni ici ni ailleurs

Nous marchons d'un bout à l'autre de la douceur bleu-marine

Des rues

Au coin d'un porche masqué dans l'enduit frais

Un type guette ton pas de louve

Le voleur d'oiseaux passe à quelques mètres de lui

Dommage ! Ils ne vont pas dans la même direction

 

Des squelettes d'éléphants blancs comme des clairs de lune

Surveillent jalousement tes petits seins sous ton tee-shirt

Grains de groseille

Squelettes blafards Vigiles du jardin

Mes grands oiseaux de nuit

Les lattes du vieux plancher ne craquent pas lorsque tu danses

Entre les lèvres de la petite joueuse de flûte

"C'est une regrettable erreur…"

Ricane le vent des fous à l'entrée des artistes

Le muséum est un endroit où on empaille des sexes vivants

Au coin d'un porche un type guette ton pas de louve

 

Je songe

A ta jupe tirée sur tes genoux

A tes cahiers d'écolière

A la mousse des ruisseaux et aux godasses des militaires

Aux baquets où trempent les bas des filles

A la buée rousse du hammam

A la petite chaise de paille jaune en plein désert

Sous un soleil de souffre

Qui ne lui arrive pas à la cheville

Fermeture éclaire

Ton jean ouvert pour les mésanges

Nos messagères éblouissantes

Vite ! Avant qu'il ne dégaine

J'ai fabriqué une fronde avec un porte-jarretelles

Mes poches sont bourrées de cailloux De boulons De billes d'agate

Dans les casernes les enfants-citrons

Lèchent la verge des mitraillettes

Pendant que l'œuf d'or du monde roule au fond du terrier du renard

Dedans il y avait le Requiem de Mozart

La petite chaise de paille jaune sur les tomettes rouges

Le ventre de la louve recousu

Après l'intervention des vigiles dans le jardin

Les groseilliers

Un poète assassiné dans un bassin de nénuphars

Et le soleil de souffre

Qui ne s'est pas pointé à son enterrement

Le coupeur de doigts est passé à quelques mètres

Du champ de lotus pourpres

Où il s'est arrêté pour pisser

C'est un spécimen de toute beautéLa-route-de-l-ete.jpg

Mais…

Dommage!… On n'empaille pas en ce moment

A suivre...

Publié dans : P'tits poèmes diabolique
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Jeudi 20 mai 2010 4 20 /05 /2010 20:00

      Et voici la suite avec une très belle photo prise par Jacques Du Mont notre photographe attitré des Salons au Salon des Revues 2008 !

Article-Rania-3.jpg

 

Rania-2008.jpg

Publié dans : Ecritures d'Algérie
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Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /2010 23:42

      Voici un article que j'ai trouvé excellent concernant une copine écrivaine d'Algérie que vous connaissez déjà Rania Aouadène et dont je vous ai souvent causé...

ARTICLE-Rania-1.jpg

 

 

ARTICLE-Rania-2.jpg

Rania-Algerie.jpg  Rania a publié dernièrement Guillaume et Nedjma aux Ed. Marsa animées par Marie Virolle et en fouinant un peu sur ce blog vous pouvez trouver l'article que j'ai écrit sur son bouquin...

 

      La suite de cet article demain si ça vous dit...

      Le lien est en haut à gauche... Allez faire un tour sur son blog ça en vaut la peine !

      Y a des poèmes mis en musique et accompagnés à la guitare par le guitariste Denis Chauvet... Vous serez épatés... A demain !

Publié dans : Ecritures d'Algérie
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