Le silence
que fait la mort d’un poète
Comme il est quasi impossible de trouver le moindre article dans les journaux nationaux
concernant les funérailles du poète palestinien Mahmoud Darwich je recopie ici les extraits d’articles que j’ai pu découvrir sur les sites Palestinenetwork et de l’association Solidarité avec la Palestine. Voir aussi la réaction de Jacques Richaud à la micro-annonce de Libé : la mort de Mahmoud dans
la rubrique “ Variétés ” …
www.legrandsoir.info
Parmi les réactions atterrées des compagnons
qui sont elles très nombreuses celle de Nadia Agsous sur le
site Bellaciao m’a beaucoup touchée, je vous la conseille… Mahmoud Darwish : Un poète au coeur d’un pays nommé
"Exils"
www.bellaciao.org
Mahmoud Darwich est allé rejoindre son ami Yasser Arafat sur une colline au sud de Ramallah avec vue sur la ville de Jérusalem à côté du Palais de la Culture
en attendant peut-être un jour… d’avoir droit au retour sur leur terre de Palestine dans le village où ils sont nés.
Après avoir lu à plusieurs reprises sur différents sites et journaux pour lesquels l’apartheid opposé depuis 60 ans aux
Palestiniennes et aux Palestiniens est passé dans les faits et où on se sert des mots pour effacer les faits, que Mahmoud “ avait choisi l’exil en 1970… ” alors qu’il a été chassé de sa
terre et de son pays avec une grande partie de la population palestinienne en 1948 voici le poème qu’il a écrit où tout est dit avec la force et la beauté des mots qui étaient les
siens…
Ce poème qui a fait scandale on s’en doute a donné lieu à un livre intitulé Palestine mon pays L’affaire du
poème publié aux Ed. De Minuit en 1988.
“ Passant parmi les paroles passagères ”
Vous qui passez parmi les paroles passagères
portez vos noms et partez
Retirez vos heures de notre temps, partez
Extorquez ce que vous
voulez
du bleu du ciel et du sable de la mémoire
Prenez les photos que vous voulez, pour savoir
que vous ne saurez
pas
comment les pierres de notre terre
bâtissent le
toit du ciel
Vous qui passez parmi les paroles passagères
Vous fournissez l’épée, nous fournissons le sang
vous fournissez l’acier et le feu, nous fournissons la chair
vous
fournissez un autre char, nous fournissons les pierres
vous fournissez la bombe lacrymogène, nous fournissons la
pluie
Mais le ciel et l’air
sont les mêmes pour vous
et pour nous
Alors prenez votre lot de notre sang, et partez
allez dîner, festoyer et danser, puis partez
A nous de garder les roses des
martyrs
à nous de vivre comme nous le voulons.
Vous qui passez parmi les paroles passagères
comme la poussière amère, passez où vous voulez
mais ne passez pas parmi nous comme les insectes volants
Nous avons à faire
dans notre terre
nous avons à cultiver le blé
à
l’abreuver de la rosée de nos corps
Nous avons ce qui ne vous agrée pas ic
pierres et perdrix
Alors, portez le passé, si vous le
voulez
au marché des antiquités
et restituez le
squelette à la huppe
sur un plateau de porcelaine
Nous avons ce qui ne vous agrée pas
nous avons
l’avenir
et nous avons à faire dans notre pays
Vous qui passez parmi les paroles passagères
entassez vos illusions dans une fosse abandonnée, et
partez
rendez les aiguilles du temps à la légitimité du veau d’or
ou au battement musical du revolver
Nous avons ce qui ne vous agrée pas
ici, partez
Nous avons ce qui n’est pas à vous :
une
patrie qui saigne, un peuple qui saigne
une patrie utile à l’oubli et au souvenir
Vous qui passez parmi les paroles passagères
il est temps que vous partiez
et que vous vous fixiez où bon vous semble
mais ne vous fixez pas parmi
nous
Il est temps que vous partiez
que vous mouriez
où bon vous semble
mais ne mourez pas parmi nous
Nous
avons à faire dans notre terre
ici, nous avons le passé
la voix inaugurale de la vie
et nous y avons le présent, le présent et
l’avenir
nous y avons l’ici-bas et l’au-delà
Alors, sortez de notre terre
de notre terre ferme, de notre mer
de notre blé, de notre sel, de notre blessure
de toute chose,
sortez
des souvenirs de la mémoire
ô vous qui passez
parmi les paroles passagères
Funérailles de Mahmoud Darwich à Ramallah
publié le mercredi
13 août 2008
Rula Shahwan et CL
Des milliers de Palestiniens et d’Internationaux ont assisté à Ramallah aux funérailles de Mahmoud Darwich dont le corps a été rapatrié des Etats-Unis dans un avion des Emirats arabes unis, puis
par hélicoptère spécial de Jordanie vers 11 heures locales (12h en France).
Au bout de plusieurs
heures les autorités israéliennes ont fini par ouvrir le point de contrôle de Beituniya en Cisjordanie (près de Ramallah) afin de permettre aux Palestiniens d’Israël de se rendre à Ramallh
assister aux funérailles de Mahmoud Darwish.
Membre palestinien de la Knesset, Muhammad Baraka a contacté le vice ministre
de la Défense israélien Matan Vilnai et le coordinateur du cabinet israélien pour la Cisjordanie, Yousif Mishlib,demandant l’ouverture du check-point.
Des Palestiniens ont fait le voyage depuis le village natal de Darwich, al-Birweh, rasé lors de la Nakba qui a forcé à l’exode quelque 850 000
Palestiniens en 1948. Ils regrettent que Darwich ne soit pas enterré dans son village natal, comme l’a demandé le président Abbas ( quoi qu’en disent les divers porte-parole du gouvernement
israélien ) “ Nous avons apporté avec nous un peu de terre de son village pour qu’il lui serve d’oreiller dans sa tombe ”, ont-ils
ajouté.
Lors de ces funérailles nationales à Ramallah, Darwich a été mis en terre ( de façon “ temporaire ”, car
la demande qu’il soit inhumé dans son village reste d’actualité ) à 14 heures devant le palais de la Culture de Ramallah, auquel on va donner son nom.
Une cérémonie officielle avait été organisée à la Mouqata’a ( le QG de l’Autorité palestinienne où est enterré - temporairement aussi -
le président Yasser Arafat ), avant l’enterrement en présence de diplomates, dont Dominique de Villepin pour la France, et d’hommes politiques arabes.
Une garde d’honneur a présenté les armes devant le cercueil, enveloppé du drapeau palestinien et porté par huit officiers avant que Mahmoud Abbas
ne lui rende un dernier hommage. Des dizaines de milliers de Palestiniens l’ont salué alors qu’il était transporté dans les rues de Ramallah.
Icone culturelle respectée internationalement, chez les Arabes et les Palestiniens, il est bien connu des Internationaux qui soutiennent la cause
palestinienne.
Les Palestiniens enterrent leur poète national Mahmoud Darwish
13.08.08
Des dizaines de milliers de personnes ont salué aujourd’hui Mahmoud Darwish, au QG de l’Autorité Palestinienne, la Mou’qataa, et dans les rues de Ramallah, où on voit partout les affiches avec
l’effigie du poète.
Le Président Mahmoud Abbas a fait ses adieux au poète palestinien, au milieu de l’énorme foule en
deuil: “ A toi tous les synonymes et les contraires… Toi, le présent absent... L’absent présent… Tu nous n’as
pas quitté, parce que tu es parmi nous… L’indocilité et la beauté restent dans la poésie… A toi nos bougies allumées, car tu étais le flambeau parmi nous, à toi les larmes de fidélité… Dans
chaque ville, chaque village et chaque camp il y a ton nom… A toi les affiches des murs, les drapeaux, les récitations de poèmes, le décret du deuil... ”.
“ Nous nous affligeons de sa mort, mais reste l’instinct de l’espoir qu’il a planté en nous, l’espoir
d’atteindre la liberté et l’indépendance… ”
La procession a été accompagnée par le Président et les
personnalités jusqu’à la parcelle de terre, au Palais de la Culture au sud de Ramallah – qui sera nommé dès aujourd’hui Palais de la Culture «Mahmoud Darwish» –, où a eu lieu l’enterrement, selon
un rituel sunnite présidé par le Grand Mufti.
L'écrivain Rasim Obeidat s’est exprimé ainsi: “ Darwish a été le poète de la nation et la révolution... Le poète de la Terre et de la vie... Le symbole de la culture palestinienne ... Un des symboles de l'identité nationale
de notre peuple, mais aussi un des plus grands symboles de la culture humaine contemporaine… un des poètes qui ont contribué au développement de la poésie arabe moderne et à l'introduction du
symbolisme. ” (PNN)
t ouf… on n’pourrait pas les compter si on savait sur tous nos doigts d’étoiles
de mer !…
rents mais
semblables comme étranges mais familiers comme venant d’ailleurs mais si proches est tout ce que nous avons à opposer aux maîtres d’un monde déjà mort et à ceux qui les
servent…
uples, leur faire admettre des compromis de plus en plus graves. Mais une
limite est désormais atteinte qu’il faut annoncer clairement, et passée laquelle il ne sera plus possible d’utiliser des consciences libres : il faudra au contraire les combattre elles
aussi. ”
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