Peuple qu’attends‑tu ?
Epinay, jeudi, 2 juin 2011
Peuple insoumis comment vis‑tu ?
Peuple insoumis que deviens‑tu ?
Hommes et femmes de l’été
Beaux moissonneurs de rêves arrêtés
Ployées sous le poids nos épaules nues
Des choses pauvre trésor devenu
Des paysans au Larzac les mains fières
Avec les nôtres enchantaient les pierres
Là où nous plantons nos pas dans la terre
Nos outils au poing recule la guerre
Semences du fond de nos joies venues
Récoltes premières des peuples méconnus
Peuple insoumis où t’en vas‑tu ?
Peuple insoumis qu’acceptes‑tu ?
Hommes et femmes fatigués
Vos révoltes d’or vous avez larguées
Voyageurs nos mirages éperdus
Au yellow cake la pluie ont vendue
Nomades chevauchant du Ténéré
Les chants nous voici frères égarés
Vieilles mines du Nord jeune Niger
Se dissout notre lutte messagère
A l’eau de vos puits nos lèvres pendues
Boivent les clameurs crues peuple les entends‑tu ?
Peuple insoumis à quoi joues‑tu ?
Peuple insoumis mais qu’attends‑tu ?
Hommes et femmes tant pressés
Promesses de neige et de temps passé
Paysans guaranis au long des rues
Livrés hagards sans terres sans charrues
Les grands fermiers décapsulent des bières
De sang mousseux tueurs se désaltèrent
Pâturent la chair que les financières
Hordes aux états et leurs tenancières
De claques enténébrés prostituent
Au spectacle ils se ruent peuple qu’applaudis‑tu ?
Peuple insoumis pourquoi fuis‑tu ?
Peuple insoumis qui trahis‑tu ?
Hommes et femmes acharnés
Qu’est‑ce que ce monde vous a donné ?
Paysans sur leurs terres revenus
Face aux fusils qui les a soutenus ?
Ton nom femme noire hante les frontières
Des chambres ton courage de guerrière
Les voiles d’ombre crève exaspérés
Nos corps d’esclaves se croient libérés
Et la rumeur qui te tond qui te tue
Nous enchaîne encore peuple où te caches‑tu ?
Peuple insoumis quand naîtras‑tu ?
Peuple insoumis existes‑tu ?
Hommes et femmes aveuglés
Par l’amère stupeur du temps réglé
Aux promesses vous avez bu
Jusqu’à l’ivresse et mère Ubu
Infâme son mari derrière
Elle les deux sur vos arrières
Trament la riposte d’hier
Honteux héritiers du gros Thiers
Obscènes encaissent banquiers repus
Aux peuples d’Afrique ont pris tout ce qu’ils ont pu
Peuple insoumis te lèves‑tu ?
Peuple insoumis te souviens‑tu ?
Hommes et femmes qui marchez
Au devant des troupes sans vous cacher
Requiems planant au‑dessus
Cormorans noirs tranchées conçues
A vos pointures d’ouvriers
Des drapeaux pour panser vos pieds
Sans chaussures pour leur lancer
A la figure on va passer
Outre les ordres du destin reçus
D’en finir avec nos horizons aperçus
Peuple insoumis quand iras‑tu ?
Peuple insoumis prendre la rue
Hommes et femmes oubliés
Pas de pays voilà le monde entier
Enfants d’Afrique aube à l’affût
Des savanes au bon raffut
Vos mortiers fertiles mêlés
A nos vieux moulins envolés
Pilent nos désirs dédaignés
Haute confiance à regagner
La route rêche éclate à nos pieds nus
Grenades seuls les fruits saignent sans retenue
Fervent désordre tu es bienvenu
Peuples Peaux‑Rouges les temps je crois sont venus
Peuple insoumis comment vis‑tu ?
Peuple insoumis que deviens‑tu ?
Hommes et femmes de l’été
Beaux moissonneurs de rêves arrêtés.



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