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Colères noires

Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /Nov /2009 23:26

Cet article est publié sur le site : www.info-palestine.net


Israël .. L’armée sous la domination des religieux

 Samedi 14 novembre 2009

 

Saleh Al-Naami

 

Les programmes, enseignés dans les écoles religieuses organisées au sein de l’armée, sont racistes et forment les soldats à être les plus féroces pour tuer les Arabes, écrit Saleh Al‑Naami.

 

La conférence annuelle tenue par des officiers supérieurs de l’armée israélienne et présidée par le chef d’état-major Gabi Ashkenazi, a récemment eu lieu dans une base militaire dans le centre d’Israël et a été suivie par tous les officiers de grade de lieutenant-colonel ou supérieur.

L’écrasante majorité des officiers ayant assisté à la conférence font partie du courant religieux sioniste ; un reportage diffusé par les chaînes de la télévision israélienne de cette réunion montrait une pléthore d’officiers supérieurs portant une kippa crochetée, ce qui a poussé le chef du renseignement militaire israélien, le général Shlomo Gazit, à déclarer : ces images prouvent que “ l’armée israélienne est tombé sous l’emprise des religieux sionistes. ”

L’éruption du courant sioniste religieux aux postes de direction dans l’armée et dans les unités d’élite militaire à conduit à une vive polémique en Israël concernant la répercussions de ce phénomène sur l’avenir de l’Etat sachant que les religieux sionistes ne représentent que 8% de la population juive en Israël, tandis que les adeptes du courant religieux ultra-orthodoxe ne constitue que 22% de la population, ces derniers ne sont pas mobilisables dans l’armée et sont exemptés du service militaire afin de leur permettre la poursuite des études à temps plein dans les écoles religieuses.

Le différend entre les religieux sionistes et les religieux orthodoxes réside dans la justification de la création de l’Etat d’Israël. Au début, le courant religieux orthodoxe, s’est opposé à la création d’Israël qui, selon lui, ne pourra intervenir que lors de la venue du Messie, alors que le courant religieux sioniste considère que la création d’Israël est une condition de la venue du messie et non le contraire.

C’est pour cette raison que les religieux sionistes se sont engagés dans les différentes institutions de l’État, en particulier l’armée, alors que les religieux orthodoxes ont accepté Israël comme un fait accompli.

 

Données significatives

 

Selon les chiffres publiés par le ministère de la défense en 2008 : 60% des officiers des unités de combat, 70% des brigades d’infanterie et 75% des unités spéciales sont des religieux sionistes.

L’ancien vice-chef d’état-major, Dan Harel, affirme que les sionistes religieux, dirigent la plupart des bataillons et des brigades d’infanterie, à savoir : les brigades Hnahal , Golani et Givati. Les religieux sionistes monopolisent totalement la direction des unités d’élite de Sayeret Matkal, Eyjoz, Samson et Dokhaevat, ainsi que le contrôle des unités d’élite de la police israélienne YASAM.

L’ancien commandant de la région du nord dans l’armée israélienne, Moshé Kaplinski prévoit le contrôle, par les religieux sionistes, de tous les organes de l’armée au cours des deux prochaines décennies si leur engouement vers les postes de direction perdure.

Les adeptes du mouvement religieux sioniste ne se sont pas contentés de courir derrière le contrôle de l’armée, ils se sont aussi rendu compte de l’importance d’investir le service de renseignement interne ( Shabak connu sous le nom de Shin Bet ), considéré comme l’organe le plus influent dans la prise de décision dans l’État juif.

L’ancien président du Shabak, Perry Yaakov, indique que la plupart des responsables du Shabak sont des religieux, sachant que l’actuel vice-président du Shabak, désigné par “ A ” est aussi un religieux sioniste et il est le plus probable remplaçant du président de l’agence du contre-espionnage, Yuval Diskin.

 

Les motivations pour rejoindre les unités de combat

 

Jusqu’au début des années quatre-vingts, la proportion des sionistes religieux dans les instances dirigeantes de l’armée était faible. Jusqu’à cette période, les membres des kibboutzim qui étaient laïques contrôlaient d’une manière exclusive les postes de direction, à tel point que l’appartenance au kibboutz signifiait l’appartenance aux unités d’élites, Moshe Dayan , Yitzhak Rabin, Moshé Ya’alon, Amnon Lipkin-Shahak, Uri Ssagyh et d’autres généraux venaient de kibboutzim .

Mais depuis cette époque il y a eu un retournement important de la situation et la proportion des personnes provenant des kibboutzim rejoignant les unités de combat a considérablement diminué en raison de la désillusion de ces derniers sur “ le devoir de se sacrifier pour l’Etat ”. A la différence du mouvement sioniste religieux qui, lui, a incité ses partisans à s’engager dans des brigades et des unités spéciales. Si le service militaire est obligatoire en Israël, l’armée ne force pas les soldats à rejoindre les unités de combat et chaque nouvelle recrue au sein de l’armée choisit elle-même l’unité qu’elle souhaite intégrer.

Les autorités du mouvement sioniste religieux n’ont pas caché leurs motivations derrière l’incitation de leurs membres à rejoindre les unités de combat et à s’accaparer des postes de direction dans l’armée, plusieurs rabbins de premier plan ont affirmé que cette approche vise à renforcer leur contrôle sur l’armée, car cela constitue une garantie importante pour ce courant d’avoir un impact sur la prise de décision dans le pays, et de ce fait, leur influence sera beaucoup plus grande comparée à leur proportion dans la population totale.

Le rabbin Abraham Shapira, chef de file de ce mouvement, a émis une fatwa dans les années quatre-vingts qui considère que “ la mobilisation dans des unités de combat est un sacrifice pour dieu ” et que “ le service militaire et l’esprit combatif sont imposés par Dieu pour diriger le projet sioniste ”.

 

Foyers du terrorisme

 

Afin d’assurer à leurs fidèles de préserver les valeurs religieuses durant leur service militaire, les responsables religieux de ce mouvement ont réussi à conclure des accords avec les dirigeants de l’armée afin de créer des institutions religieuses permettant à des officiers et à des soldats religieux de bénéficier d’études religieuses durant leur service militaire et des instituts connus sous le nom Yeshivat Hesder furent crées. Jusqu’à présent, 42 instituts de ce type ont vu le jour, le plus important et le plus grand est l’institut Mercaz Hrab dans Jérusalem occupée.

Bien que c’est l’armée qui finance la création de ces instituts et paye les salaires les rabbins qui les dirigent, ce sont les sionistes religieux qui ont un contrôle absolu sur ces écoles. En raison de l’extrême importance de ces écoles pour le courant sioniste religieux, leur gestion est confiée aux plus grands rabbins et d’autres personnes connus pour leur extrémisme radical.

 

Les programmes enseignés dans ces écoles sont des programmes racistes et forment les soldats pour être les plus féroces pour tuer les Arabes.

Le rabbin Shmuel Rosen, président de l’Institut religieux militaire à Maale Adumim, a déclaré enseigner à ses étudiants ( soldats et officiers ), la fatwa “ Amalek ” émise il y a deux années par le Rabbin Mordechai Eliyahu, président de l’institut Tsomet et grande référence religieuse juive. Cette fatwa émise en mars 2008 et qui a reçu un large succès appelle à l’application de la loi dite des “ Amaleks ” sur quiconque voue une haine à Israël. Cette loi appelle à tuer les hommes, les enfants, les nourrissons, les femmes, les vieux et même les animaux : “ Tuez tous les Amaleks, tuez-les et dépossédez-les de leurs biens, n’ayez aucune pitié d’eux. Tuez-les les uns après les autres. Ne laissez aucun enfant, aucune végétation, tuez leur bétail, du chameau jusqu’à l’âne. ”

Eliyahu considère les Palestiniens comme les “ Amalek ” de ces temps sur lesquels doit s’appliquer cette loi.

Plusieurs fatwa racistes ont été émises par les directeurs de ces écoles ; ainsi, le rabbin Shlomo Riskin, directeur de l’Institut militaire de la colonisation religieuse Shomron Krnih dans le nord de la Cisjordanie, a émis une loi pour rendre licite le pillage des récoltes d’olives palestiniennes et l’empoisonnement des puits d’eau.

Le Rabbin Iiezer Mlmid, Directeur de l’Institut religieux militaire dans la colonie Tafouh, au sud de Naplouse, a édicté une fatwa à ses étudiants les autorisant à voler les récoltes agricoles des palestiniens, au motif qu’ “ ils font partie des goys. ”

 

La guerre à Gaza comme exemple

 

On ne peut pas comprendre la brutalité de l’armée israélienne dans sa guerre criminelle contre la bande de Gaza sans tenir compte de la nature de la composante humaine des brigades et des unités militaires israéliennes qui ont participé à cette guerre.

Bien qu’il existe des instructions précises du commandement de l’armée de l’adoption de la stratégie de la “ terre brûlée ” pendant la guerre, on ne peut pas ignorer le fait que toutes les brigades d’infanterie qui ont participé à la guerre, à l’exception de la Brigade des Parachutistes, étaient dirigées par des généraux qui sont des sionistes religieux, justement ceux qui subissent un fort endoctrinement raciste.

Le journal israélien Ha’aretz a révélé que les écoles rabbiniques ont distribué aux soldats une fatwa émise par le rabbin Shlomo Avner, directeur de l’école extrémiste Kohnim Attiyrat dans Jérusalem, demandant la mise à mort des Palestiniens.

Au même moment, le rabbin militaire en chef, le général de brigade Avi Ronzki accompagné de rabbins extrémistes, a rendu plusieurs visites aux soldats durant la guerre au cours desquelles, il a exhorté les soldats à tuer les Palestiniens, soulignant qu’il n’y a pas de civils parmi eux.

Selon le journaliste israélien Amos Harel, citant un des soldats qui ont participé à la guerre, le rabbin de Safed Eliahou Saül , a fait un certain nombre de sermons aux soldats pendant la guerre, les exhortant à “ tuer des Palestiniens sans aucune compassion. ”

 

Garantie de la poursuite du conflit

 

Les enjeux du courant sioniste religieux actuel est de pousser ses partisans à accéder à des postes-clés dans l’armée et dans les établissements de sécurité afin d’influencer les décideurs du pays.

Bien que le gouvernement soit l’organe décideur officiel, il est d’usage en Israël que la décision politique soit subordonnée à l’avis des militaires et des services de sécurité avant toute prise de décision importante. Cette influence prépondérante des militaires a amené Dan Kertiser, ancien ambassadeur américain à Tel - Aviv, à déclarer que “ le chef du Shin Bet est le dirigeant de facto d’Israël. ”

Il est bien évident que si les adeptes du courant sioniste religieux continuent à rafler les postes de direction dans l’armée et la sécurité, les conseils qu’ils fourniront aux politiques seront largement influencés par leurs positions religieuses.

Par exemple, l’ancien ministre israélien de l’Education, Yossi Sarid, a accusé l’ancien directeur du Collège de défense nationale de l’armée israélienne, le Général Yaakov AmiDror sioniste religieux, d’avoir “ fabriqué ” selon sa ligne politique des évaluations stratégiques et de les avoir fourni au gouvernement ; il a ajouté que Dror avait dépassé le cadre de sa fonction pour convaincre les membres du gouvernement de l’inutilité des négociations avec l’Autorité palestinienne, la Syrie et le Liban.

D’autre part, les partis israéliens se font la concurrence dans le recrutement des généraux qui partent à la retraite dans leurs listes électorales, ce qui ouvre la voie aux sionistes religieux dans plus de participation aux prises des décisions politiques. Plus le nombre de hauts gradés religieux sionistes partant à la retraite est grand, plus leur influence sur la décision politique augmente. Ce qui signifie que la course des religieux sionistes vers des postes clés dans l’armée sera un facteur supplémentaire de l’échec des chances pour parvenir à un règlement politique du conflit.

Etant donné que la force de contribution des adeptes de cette tendan ce à l’effort de guerre dépasse celle de n’importe quel autre courant, les chefs religieux et les élites intellectuelles de ce mouvement exigent du gouvernement une oreille attentive et une prise en compte de leur position. Les religieux sionistes ne cessent de rappeler leur forte contribution dans la deuxième guerre du Liban, en mettant en parallèle le nombre de soldats tués dans cette guerre de la colonie Eli, ville de sept cent colons où habitent des adeptes de ce courant, qui est égal au nombre de soldats tués de Tel-Aviv, une ville de plus d’un million d’habitants.

 

Atteinte à la démocratie

 

Il est clair que le contrôle des adeptes du courant religieux sioniste de l’armée à des effets profonds sur la nature du régime en Israël, et entraînera l’érosion de la vie démocratique dans ce pays. Bien que l’une des caractéristiques d’une démocratie est que la hiérarchie militaire est sous les ordres du gouvernement élu, les partisans de cette tendance placent la loi de la Torah au dessus de toute autre loi y compris les lois émises par le gouvernement élu en Israël.

Quand un journaliste a demandé au rabbin le général Rontski “ Si le gouvernement élu vous donne des instructions contraires à celles données par le Rabbin Mordechai Eliyahu, à quelles instructions allez-vous obéir ? ” Rontski répondit fermement et sans équivoque : “ Je suivrai les instructions du rabbin Eliyahu et je démissionne de l’armée. ”

De là, il n’est pas étonnant de voir des officiers et des soldats de l’unité de Samson, dont la grande majorité sont des sionistes religieux, annoncer lors d’une cérémonie, vendredi dernier, que si le gouvernement émet des ordres d’évacuation des colonies, ils refuseront d’obéir. Il est à noter que des politiciens de la droite isra élienne ont défendu ces soldats et rejeté les appels pour les punir.

 

Sur le même sujet lire l’article :

http://www.isesco.org.ma/francais/g..

 

9 novembre 2009 - Al Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à :

http://www.aljazeera.net/NR/exeres/...

Traduction de l’arabe : Leïla


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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /Nov /2009 00:26

Ils n’ont vraiment pas honte…

Epinay, 11 novembre 2009     

 

Ouaouf ! Je ne sais pas ce que vous en pensez vous mais moi les commémorations ça m’a toujours fait suer et ça a une odeur de truc réchauffé des centaines des milliers de fois pour nous enfumer le terrier bien comme y faut et qu’on se laisse faire ouallah !… Heureusement qu’y a des types formidables qu’on peut encore aimer et respecter nous autres les ouistitis de la lune des qui ont la plaisante idée de les prendre à rebrousse-poil les commémorations en nous laissant à nos pâquerettes le jour pile des flonflons obligés ressassés rassis… Ouaouf !

Y a notre Léo qui s’est tiré un 14 juillet c’est du pas croyable quand on y repense et ça incite à la vraie révolte la bonne la totale celle des ouvriers de la CNT à Barcelone et des travailleurs grévistes en France dans cette fameuse année 1936 et de tant d’autres encore… Et pis pour ce 11 novembre ahurissant de bêtise gonflante quand on sait qui et comment ils l’ont magouillée la petite guerre pour les tenir les prolos justement hein ? eh bien on a désormais le combattant palestinien Yasser Arafat qui lui n’a jamais rien lâché de la cause de son peuple comme le dit si justement René Naba dans on article et sur son blog… Ouaouf !

J’sais pas ce que vous en pensez mais moi franchement je trouve qu’ils sont gonflés et que vraiment alors ils ont pas honte… Ouaouf ! Ouaouf ! La honte d’ailleurs l’achouma comme ils disent les Arabes… eux les blaireaux qui décident des teufs bourges et nationalo machin ils ne savent pas du tout ce que c’est faut croire depuis le temps qu’ils se remplissent le bide avec la misère des p’tits mômes palestiniens et qu’ils dévorent de la barbaque nourrie au tourteau de soja cultivé volé aux populations des pays d’Afrique qu’ils regardent en se bidonnant crever la gueule ouverte ! Ouaouf !

Donc y a deux jours ils nous ont encore une fois tous ensemble les marioles des radios nationalo… toujours ce mot que j’arrive pas à écrire c’est pas du langage chien rien à faire ! Ouaouf ! enfin vous voyez de quoi on cause mézigue et le clébard des rues… encore une fois bourré les esgourdes avec la fête incontournable de la chute du mur… Y a pas à dire ils l’ont bien vissée leur opinion que la population qu’est à l’écoute est bonne pour l’abrutissage l’équarrissage le laminage intérieur complet et le vidage de toute sa compréhension de l’histoire des êtres qui l’entourent et qu’on peut y aller Zouh !…

Faut quand même pas manquer de souffle au‑dedans de son gros ballon rempli à donf de vide qui leur sert de ciboulot pour venir nous bassiner avec le conte qu’y aurait eu d’un coup comme ça la fin d’un monde pourri d’un côté celui des autres les ahuris méchants des communos avec leurs idées qui ne font rien qu’à empêcher de vivre gras repus ravis et de l’autre l’arrivée providentielle et vermeilleuse d’un monde heureux et bon… Ouaouf ! le leur le “ nôtre ”… Enfin pas le mien ni celui du clébard sauvage et rebelle qui m’accompagne Ouaouf !

Faut être dégoutté de rien du tout pour nous faire des pages et des pages de raminagondis sur la liberté qu’est arrivée avec ses bottes de sept lieues la gredine… et qui a submergé toute l’Europe le reste on s’en tape de sa présence bienveillante youpi ! Mais si jamais on l’avait la liberté désormais ça serait la liberté de quoi au juste ? Probable que la seule l’unique qu’ils ont été capable de répandre de renverser de bitumer sur tous les autoroutes de la pensée la seule qu’est convenable à leurs yeux de grands libérateurs du monde blanc judéo‑catho gréco‑latin c’est d’en avoir pas lerche d’idéal et d’idéologie et surtout pas de ceux – les idéaux – qui donnent envie de se révolter ensemble contre leurs magasins à bouffe et à choses qui débordent qui débondent qui dégueulent et qui nous ont anéanti notre intuition populaire en un siècle à peine…

Ouaouf ! La liberté d’entrer à donf les pattes ligotées le museau muselé le cerveau électrochoqué dans leur société mondiale morbide qui fait que pour vivre comme des blaireaux vieux et moches avec des apparts des baraques à crédit des bagnoles des écrans géants des consoles de jeu des fringues de pseudos riches des bijoux des sacs à main d’imitation des billets du loto des collines de déchets nucléaires à crédit faut noyer les moutards du Sud dans des marées blanches de lait qui coûte pas assez cher et des marées noires de biocarburants raflés aux forêts du Brésil par des hectares de canne à sucre qui sucrent les fraises de la p’tite planète crevée pourrie comme un chien Ouaouf !

Sûr que cette liberté‑là elle a honte de rien elle… Et les murs qu’elle constru it qu’elle bétonne qu’elle fomente à l’intérieur de la tronche des gens depuis qu’ils ont arrêté de lutter solidaires pour des utopies humaines et généreuses et qu’ils se sont laissés investir par le plaisir mortifère de posséder le plus d’industries d’armement le plus de généraux et de militaires dévoués le plus de centres de torture et de polices secrètes bénis par les curetons les rabbins les imams et tous les autres adorateurs du dieu qui déjà quand on était p’tits nous pompait l’air à nous empêcher de roupiller le matin pour aller servir les messes de la bêtise et de la soumission à des tyrannies de frustrés et des promesses de s’en mettre plein le cornet destinés à protéger leurs fabuleuses et fascinantes sociétés d’adorateurs du pognon et de la mort sont les plus convenables qui soient…

Mais bon… si vous pensez un peu hein ? Si vous réfléchissez qui c’est la clique qui fomente cette foutaise de farce et qui s’en met plein les fouilles pour finir sur le dos des p’tits loustics du Sud et de ceux du Nord qui vont suivre avec leur liberté sucette chocolat‑vanille qu’ils l’ont léchée jusqu’au bâton et qui faut yoyoter de la touffe pour croire qu’on va en avoir encore pour longtemps…

Alors là si vous jetez un coup d’œil du côté du mur qu’on voit que lui quand on veut regarder ouvrir grand ses chasses et qu’il est deux trois fois plus haut que l’autre celui “ de la honte ” le mur de la Palestine occupée que je vous cause hein… Celui‑là pour le coup il est debout dressé entre l’Occident et l’Orient entre les riches et les pauvres entre les colon et les colonisés entre les bourreaux et leurs victimes… ouais… d’accord… mais surtout vous avez remarqué ce qu’il fait ce mûr en premier d’abord de tout hein ?… Ouaouf !

Eh ben voilà je m’en vais vous affranchir d’une bonne rigolade que vous avez peut‑être flairés ouistitis roublards que vous êtes… Ce mur qu’on voit que lui il planque dedans son ombre énorme la plus grande imposture qu’y ait et qu’on n’remarque pas quand on est au pied… du mur justement c’est la prodigieuse unanimité du retour en arrière rét ropédalage toute vitesse qu’y a désormais que l’autre ( le mur faut suivre hein ! ) il est tombé badaboum !… Vous avez vu comment d’un seul remous de haine et de désir de mort elles se sont retrouvées réunies collées toutes les trois religions et leurs sous sacristies leurs subdivisions leurs rampantes commères asservies à leur dogme du délire de ratatiner en bloc les millions de gugusses qu’en sont pas de leur passion à crever de trouille et à vouloir asservir le monde à leurs peurs… Les trois du même mouvement elles en font plus qu’une ! Trop en extase les blaireaux de pouvoir relooker leur obsession à poussière de l’Interdit de vivre et de s’éclater ensemble qu’on croyait nous autres avoir virée définitif dehors Zouh !

Ben ouiche ! Les revoilà les séparateurs les coupeurs de viande en quatre les exclueurs les adorateurs des étiquettes baveuses : “ infidèles… roumis… goims… ” les prophètes élus semeurs de malédictions et tous et chacun par un de ces mail messianiques du tonnerre Ouaouf ! Ouvrez vos esgourdes vous allez l’entendre aussi le message qui confirme que vous êtes les seuls à avoir pigé la bonne parole et d’ailleurs y en a qu’une c’est pas compliqué : la mort… Ouaouf ! Allez‑y regardez‑les tous n’importe où qu’ils déboulent les zigomars ils ont le même goût pour la viande saignante et le même discours qui consiste à obliger les autres à entrer dans leur système d’aliénés ou à crever… 

Les Lech Walesa modérateur et empêcheur des révoltes ouvrières grand pote de JP2… Slobodan Milosevic promoteur du nationalisme ethnique fils d’un prête orthodoxe… ne sont que deux petits exemples récents des frangins de Franco et de Pinochet tous soutenus par l’église catho dans leurs “ combats pour la liberté ”… Et ça serait trop long de citer toute la clique des rabbins du parti sioniste religieux qui ont des postes clefs dans l’armée israélienne et qui sont prêts à ratatiner tous les “ Amaleks ”… chats, chiens et n’importe quel être vivant non “ ami des juifs ”, on se contentera du rabbin Abraham Shapira bien connu pour ses fatwa… Pour les musulmans y aurait foule aussi donc on se contentera aussi de Sayyid Qutb théoricien des Frères Musulmans et ses notions de rupture par rapport à la société impie et de reconquête. Et pour tout dire ce mur de Palestine qui est juste un remake de l’autre en Orient il permet une fois de plus de faire vendre les installations de sécurité militaires les plus sophistiqués et d’entretenir l’idée fixe et tellement nécessaire à ceux qui veulent faire régner la terreur que la guerre est toujours là embusquée au pied du mur… Ouaouf ! Ouaouf !

Et si on commençait par les abattre vraiment ces murailles qui entourent les recoins de peurs ancestrales qu’on a dans le crâne… les psychoses collectives ou singulières… les certitudes avalées depuis des siècles que de l’autre côté c’est la mort alors que la mort on se la trimbale tous plus ou moins et que les plus efficaces promoteurs de cimetières ce sont ces prétendus dispensateurs de “ la bonne parole ” qu’est la plupart du temps rien d’autre qu’un cantique d’extermination et de haine pourri de bêtise et d’ignorance ! Si vous me croyez pas allez‑ y donc faire un tour dedans l’Ancien Testament pour voir et vous allez bien rigoler… Ouaouf ! D’ailleurs tiens, rien que pour le plaisir et après je vous lâche je vous en donne à renifler juste un tout p’tit bout… ouais un tout p’tit bout pour la curiosité hein ?

“ Quand tu approcheras d’une ville pour l’attaquer, tu lui offriras la paix. Si elle accepte la paix et t’ouvre ses portes, tout le peuple qui s’y trouvera te sera tributaire et asservi. Si elle n’accepte pas la paix avec toi et qu’elle veuille te faire la guerre, alors tu l’assiégeras. Et après que l’Eternel, ton Dieu, l’aura livrée ,entre tes mains, tu en feras passer tous les mâles au fil de l’épée. Mais tu prendras pour toi les femmes, les enfants, le bétail, tout ce qui sera dans la vielle, tout son butin, et tu mangeras les dépouilles de tes ennemis que l’Eternel ton Dieu, t’aura livrés. ” 43 ( Deutéronome 20 : 10‑16 ). Et si vous voulez en savoir plus sur ces textes pleins d’amour je vous conseille de lire la suite :

 www.isesco.org.ma/francais/gaza/documents/dimension raciste.pdf

C’est pas piqué des vers !

Beurk ! Non seulement c’est des assassins mais des cannibales en plus… Tien ça me coupe l’appétit… Ce soir je vais à la niche sans dîner foi de clébard anar athée et rebelle ! Ouaouf ! Allez je vous salue bien !

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Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /Nov /2009 20:32

Cet article est publié sur le site : www.info-palestine.net
Du fleuve à la mer

Samedi 14 novembre 2009

 

Gilad ATZMON

 

      Cessons une bonne fois pour toutes de nous bourrer le mou sur l’Amérique augmentant-la-pression-sur-Israël-pour-qu’il-gèle-les-colonies-en-Cisjordanie.

 

       Toute la fascination pour ce sujet est un pur produit des labos des docteurs folimage sionistes. Elle a pour but de détourner l’attention de la cause profonde du conflit : le vol de la Palestine et des Palestiniens au nom d’un “ retour des Juifs à la maison ”. L’appel à arrêter les constructions israéliennes en Cisjordanie ne vise qu’à nous donner la fausse impression que le vol de la Palestine a commencé en 1967. Les faits sont connus de beaucoup d’entre nous, mais pas de tous. C’est en 1948 que la grande majorité des Palestiniens ont été expulsés de leurs villes, villages, champs et vergers.

      Ce qui se présente comme une initiative de paix usaméricaine mettant la pression sur Israël pour qu’il mette un terme à son expansion en Cisjordanie est en fait un agenda promu par les sionistes au sein de l’administration usaméricaine qui se rendent compte, tout comme Sharon vers la fin ( de sa carrière ), que la seule chance pour l’État juif de survivre à la prochaine décennie, est de rétrécir aux dimensions d’un petit shtetl ( ghetto ). La solution à deux États est en effet le dernier effort pour maintenir en vie le sionisme.

      Netanyahu est loin d’être stupide. Il comprend tout ça. Il sait que le rêve de son père du révisionniste sioniste de père ( Benzion Mileikowsky alias Netanyahou, secrétaire de Ze’ev Jabotinsky ) d’un “ grand Eretz Israel ” est inaccessible.

 

      Haaretz rapporte aujourd’hui que le Premier ministre israélien, à Washington, a admis qu’il était résolu à la solution de “ deux États vivant côte à côte ”. Toutefois, il a souligné que “ le droit des réfugiés palestiniens à retourner dans leurs foyers dont ils ont été expulsés, ne serait pas mis sur la table. ” Apparemment, un Premier ministre faucon israélien affronte délibérément le péché originel d’Israël à savoir l’expulsion de la grande majorité des Palestiniens. Toutefois, le fait qu’il insiste pour dire qu’il ne sera pas “ mis sur la table ” ne peut signifier qu’une chose : qu’il est déjà sur la table. “ Ils ”, poursuit M. Netanyahu, “ doivent abandonner le fantasme d’une invasion d’Israël par des réfugiés, renoncer aux revendications irrédentistes [ 1 ] sur le Néguev et la Galilée, et de déclarer sans équivoque que le conflit est bel et bien terminé  ”.

      De toute évidence, M. Netanyahou exprime ici le souhait qui est partagé par la plupart sinon par tous les Israéliens. Ils rêvent tous d’ouvrir leurs yeux un beau matin, pour découvrir que tous les Goyim, les Palestiniens, les Arabes et les Musulmans viennent de quitter la région.

      Je tiens à signaler à Netanyahu et à tous les Israéliens qui veulent bien l’entendre que cela ne va pas se passer comme ça. Autant une invasion de “ réfugiés ” palestiniens est un cauchemar ancré chez les Israéliens, autant il est loin d’être un fantasme palestinien. C’est plutôt une réalité qui attend son heure. Israël a perdu sa chance de se réconcilier avec ses voisins. Il a échoué à régler son conflit avec le peuple autochtone de cette terre. Le sort d’Israël sera déterminé par les “ faits sur le terrain ” à savoir la démographie. En termes de réconciliation, Israël a passé la zone non-retour. Son sort est scellé. Une Palestine du fleuve à la mer n’est plus une question de “ si ”, mais plutôt une question de “ quand ”.

 

      Contrairement à la plupart des Israéliens qui rejettent la cause palestinienne, M. Netanyahou a admis aujourd’hui que les Palestiniens ont effectivement été expulsés. Pour la première fois les “ revendications irrédentistes ” des Palestiniens sont évoquées par un Premier ministre israélien. Et pourtant, M. Netanyahu et ses gens devraient cesser de se faire des illusions. Ce n’est pas seulement du Néguev et de la Galilée qu’il s’agit. Il s’agit en effet de chaque bout de terre entre le fleuve et la mer : Tel Aviv, Jérusalem, Haïfa, Beer Sheva et chaque village, verger, terrain, rivière et arbre entre les deux. La seule question qui reste ouverte est : combien de temps faudra-t-il pour que le Shekel s’effondre ?         
      Combien de temps faudra-t-il aux Israéliens pour saisir qu’ils habitent sur des terres volées ? Combien de temps faudra-t-il avant que les Israéliens se rendent compte que la bataille est perdue ? Combien de temps faudra-t-il pour que les Israéliens intériorisent le fait évident qu’ils ont une fois de plus réussi à se placer sur le mauvais côté de leurs voisins ?

 

Note [1] Irrédentiste : quelqu’un qui prône la récupération culturelle et historique de son territoire.

 

Du même auteur :

 

Un automne à Shanghai - 24 octobre 2009

L’IDF ou le scalpel d’Israël - 23 août 2009

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Une interview de Gilad Atzmon - 24 janvier 2009

 

11 novembre 2007 - Cet article peut être consulté ici :

http://www.gilad.co.uk/writings/fro...

 

Traduit par Fausto Giudice

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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /Nov /2009 17:58

Extraits du texte publié sur www.info-palestine.net
et sur le blog de René Naba publié par Mondialisation


Yasser Arafat Mister Palestine for ever

Mardi, 10 novembre 2009
René Naba 

        “ Paris, 7 novembre 2009.
   Rien, absolument rien, ne sera épargné à celui que l’on a surnommé parfois, à juste titre, “ le plus célèbre rescapé politique de l’époque contemporaine ”, et ce prix Nobel de la Paix, un des rares arabes à se voir attribuer un tel titre, boira la coupe jusqu’à la lie.
        Le chef palestinien décédera pourtant le 11 novembre 2004, sans n’avoir cédé rien sur rien, sur aucun des droits fondamentaux de son peuple, pas plus sur le droit de disposer de Jérusalem comme capitale que sur le droit de retour de son peuple dans sa patrie d’origine. Sa stature sans commune mesure avec celle de son terne successeur, Mahmoud Abbas, un bureaucrate affairiste sans envergure et sans charisme, hante encore la conscience occidentale, cinq ans après sa mort. ( … )
         Carbonisé par ses atermoiements dans l’affaire du rapport Goldstone sur Gaza et par la rebuffade américaine à propos des colonies de peuplement, la renonciation de Mahmoud Abbas à une nouvelle mandature présidentielle apparaît d’autant plus cruellement pathétique qu’elle s’est accompagnée d’une cinglante leçon de courage que lui ont asséné de jeunes Palestiniens en opérant, non sans risque, une percée dans le mur d’apartheid à l’occasion de la commémoration du vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, une action qui a retenti comme un camouflet à Mahmoud Abbas et à Israël, un défi à la léthargie des instances internationales, un cadeau posthume à Yasser Arafat, initiateur de la lutte armée palestinienne.

 
      Retour sur une vie de combat à l’occasion de la commémoration du 5 ème anniversaire de la mort de Yasser Arafat à l’hôpital militaire de Clamart ( région parisienne ), l’homme sans lequel la Palestine aurait été rayée de la carte du monde.


I. Le keffieh palestinien, c’est lui.


             
        Le keffieh palestinien, c’est lui. Son portrait en lunettes noires et Keffieh, en couverture du magazine Time, dans la foulée du premier fait d’armes palestinien contre l’armée israélienne, lors de la légendaire bataille d’Al-Karameh, le 20 mars 1968, provoquera un choc psychologique majeur au sein de l’opinion internationale, contribuant grandement à la prise de conscience de la lutte du peuple palestinien pour la reconnaissance de son identité nationale.
        Plusieurs dizaines de fedayin palestiniens, sous le commandement direct de Yasser Arafat présent dans le camp assailli, se laisseront ce jour là décimer sur place forçant l’armée israélienne à battre en retraite sous le regard impassible de l’armée jordanienne, demeurée durant la première phase de la bataille l’arme au pied dans la vallée du Jourdain.
         La bataille d’Al Karameh tire son nom, par un curieux clin d’oeil du destin, du lieu de la localité d’Al Karameh, la bourgade où s’est déroulé ce fait d’armes. Acte fondateur du combat palestinien sur le plan international, elle sera perçue et vécue comme “ la bataille de la dignité retrouvée ” en ce qu’elle lavera dans l’imaginaire arabe la traumatisante défaite de juin 1967, infligeant aux Israéliens des pertes humaines plus importantes que celles subies sur le front jordanien un an plus tôt. Elle galvanisera longtemps la jeunesse arabe dans son combat politique et propulsera la lutte du peuple palestinien au sein de la jeunesse du Monde. Par sa portée symbolique, elle passera à la postérité pour l’équivalent palestinien de l’antique bataille des Thermopyles, en ce qu’elle signait par le sang et le sacrifice suprême l’esprit de résistance des palestiniens et leur détermination à prendre en main leur propre combat.
        Publiée par la revue américaine, la photo du chef palestinien jusque là anonyme popularisera et le porte-parole de la cause palestinienne et le symbole de l’identité palestinienne. Elle précipitera la mise à l’écart de son calamiteux prédécesseur Ahmad Choukeiry et propulsera, dans le même temps, le Keffieh, la coiffe traditionnelle palestinienne, au rang de symbole universel de la révolution. Le Keffieh, à l’origine en damier noir et blanc, sera décliné depuis lors dans toutes les couleurs pour finir par devenir le point de ralliement de toutes les grandes manifestations de protestation à travers le monde de l’époque contemporaine.

      “ Tout cela était possible à cause de la jeunesse ( ... ), d’être le point le plus lumineux parce que le plus aigu de la révolution, d’être photogénique quoi qu’on fasse, et peut-être de pressentir que cette féerie à contenu révolutionnaire serait d’ici peu saccagée : les Fedayine ( les volontaires de la mort ) ne voulaient pas le pouvoir, ils avaient la liberté ”, prophétisait déjà en ces termes l’écrivain français Jean Genêt, un de leur nombreux compagnons de route de l’époque, qu’il immortalisa dans son inoubliable reportage sur le massacre des camps palestiniens de Sabra-Chatila, dans la banlieue de Beyrouth. ( Cf. Jean Genet Quatre heures à Sabra-chatila, in Revue d’Etudes Palestiniennes, N° 6 Hiver 1983 ). ( … )

 
      Dans le camp arabe, le Roi de Jordanie, Hussein le Hachémite, s’appliquera en premier, en septembre 1970, à le mettre au pas dans un épouvantable bain de sang, le premier du supplice palestinien, alors que les autres pays arabes s’emploieront à limiter sa marge de manœuvre, en infiltrant la centrale palestinienne, l’Organisation de Libération de la Palestine, de mouvements fantoches, désormais fossiles, à l’instar d’Al-Saika pro syrienne, du Front de Libération Arabe pro-irakien ou du Front de libération de la Palestine pro égyptien ou encore de la duplicité marocaine qui compensait un soutien affiché à la cause palestinienne par une collaboration souterraine avec les services marocains. De tous les grands pays arabes, seule l’Algérie accordera un soutien sans faille à la guérilla palestinienne, “ Zaliman kana aw Mazloum ”, oppresseur qu’il soit ou opprimé, selon l’expression du président Boumediene. ( … )

       Prenant par surprise New York au saut du lit, Yasser Arafat débarque le 13 novembre 1974 d’un avion spécial algérien dans la métropole américaine pour s’adresser, fait sans précédent dans les annales diplomatiques, devant l’assemblée générale des Nations unies, présidée à l’époque par le fringant ministre de affaires étrangères de Boumediene, Abdel Aziz Bouteflika.
      Fraîchement sacré par ses pairs arabes porte-parole exclusif des Palestiniens, le chef de l’OLP plaide la cause de son peuple, inexistant juridiquement, et inaugure solennellement une stratégie combinant la lutte armée et l’action diplomatique – “ le fusil et le rameau d’olivier ”, selon sa formule, pour retrouver une patrie, la Palestine, rayée depuis un quart de siècle de la géographie politique.
      Dans ce discours répercuté depuis la plus grande ville juive du monde jusqu’aux confins de la Péninsule arabique, le dirigeant palestinien, dix ans après la fondation de son mouvement au Caire, en 1964, évoque timidement la possibilité d’une coexistence judéo arabe. Arafat est au Zénith, secondé par la nouvelle puissance pétrolière arabe révélée par la guerre d’octobre 1973. ( … )


       Six mois après son sacre onusien la guerre éclate à Beyrouth, sombre présage, le 13 avril 1975, dans la quinzaine qui voit la chute de Pnom-Penh et de Saigon, les deux bastions américains en Asie. ( … ) Les rebondissements de ce conflit à projection régionale et internationale vont faire voler en éclats, au fils de sept années (1975-1982), la cohésion libanaise, la cohabitation libano-palestinienne et la solidarité arabe.
       L’Egypte fait la paix avec Israël et l’Amérique se lie par la clause Kissinger, qui subordonne tout contact avec l’OLP à des conditions équivalant, selon les Palestiniens, à une capitulation sans condition. Happé par la tourmente, Arafat touchera le fond de l’abîme, en juin 1982, dans Beyrouth assiégée, devenue pour ses adversaires le “ foyer du terrorisme international ”, et, pour ses sympathisants, le “ vivier de l’opposition tiers-mondiste ”. Abandonné de tous, il assure avoir humé dans son ancien sanctuaire transformé en camp retranché les “ senteurs du paradis ” ( Rawaeh al Janna ), le pressentiment de l’au delà.   
         Il quitte son fief de Beyrouth avec les honneurs de la gu erre, mais, exsangue, son organisation, le plus important mouvement de libération du tiers monde, quasiment désarticulée.
        Douze ans après le septembre noir jordanien (1970), où les bédouins du Roi hachémite s’étaient donnés à cœur joie contre les Fedayine palestiniens, les Israéliens se livrent, à leur tour, à une chasse aux Palestiniens, dans Beyrouth, haut lieu de la contestation arabe, assiégée sous le regard impavide des dirigeants arabes. ( … )

          Premier coup de semonce, Issam Sartawi, l’homme de l’ouverture pro-occidentale, est assassiné, puis, fait inconcevable à l’époque, deux des plus fidèles lieutenants d’Arafat - Abou Saleh et Abou Moussa - entrent en dissidence, plus grave encore, le chef de l’OLP, fait unique dans l’histoire, est expulsé de Syrie en juin 1983.
          C’est la fêlure : les guérilleros se muent en desperados. Des Palestiniens portent les armes contre d’autres Palestiniens. Pour la troisième fois de son existence mouvementée, Arafat, comme il y a treize ans à Amman et l’année précédente à Beyrouth, est assiégé à Tripoli ( Nord Liban ), cette fois par les Syriens et les Israéliens. ( … )
           Amputé de ses deux principaux adjoints, Khalil Wazir, Abou Jihad, l’adjoint opérationnel sur le plan militaire, et, Abou Iyad, le responsable des renseignements, de son homme de confiance, Ali Hassan Salameh, officier de liaison auprès de la CIA, tous trois éliminés par les services israéliens pour tuer dans l’œuf tout dialogue entre Palestiniens et Américains, Yasser Arafat va faire l’objet d’un processus de diabolisation, qui débouchera quinze ans plus tard sur son confinement arbitraire sur ordre du boucher de Sabra-chatila, le général Ariel Sharon, sous le regard indifférent des pays occidentaux. ( … )
        L’invasion du Koweït par l’Irak, en 1990, fera fondre sur lui le souffle du boulet. Plutôt que de se ranger dans un camp contre un autre et accentuer la division du monde arabe, Arafat choisira d’endosser le rôle de médiateur entre Saddam Hussein et le Roi Fahd d’Arabie, talonné par l’Egyptien Hosni Moubarak trop heureux par son activisme belliqueux de restaurer le rôle moteur de l’Egypte sur la scène diplomatique arabe et justifier sa fonction de sous-traitant régional de la diplomatie américaine.
        Yasser Arafat sera mis au ban de la commun auté arabe et internationale, plus précisément au ban de la coalition occidentale, l’alliance de vingt-six pays occidentaux et arabes mise sur pied pour châtier Saddam de son outrecuidance à l’égard d’une principauté pétrolière, le Koweït. Il ne devra son salut qu’à l’accord israélo-palestinien d’Oslo conclu quasiment à l’insu des chancelleries occidentales.
        L’homme, pour son audace, se verra gratifier du Prix Nobel de la paix, le 14 octobre1994, en compagnie des co-auteurs israéliens de l’accord d’Oslo, le premier ministre Itzhak Rabin et le ministre des affaires étrangères Shimon Pères. Conclu le 13 septembre 1993, l’accord d’Oslo devait conduire à l’autonomie de la bande de Gaza et la zone de Jéricho ( Cisjordanie ) avant de déboucher cinq ans plus tard sur la proclamation d’un Etat palestinien. Il ne tiendra pas un an.


II. La coupe jusqu’à la lie


      En 1995, Benyamin Netanyahu, le chef de Likoud, nouveau Premier ministre israélien, freinera l’application de l’accord avant de le vider complètement de sa substance dans l’indifférence des pays occidentaux. En toute impunité. C’est une nouvelle descente aux enfers pour Yasser Arafat dont le Nobel sera de peu de poids face aux avanies que les alliés occidentaux d’Israël vont lui infliger régulièrement. ( … )
       La suite est connue et porte condamnation de l’Occident et de ses pratiques déshonorantes : la pression finale mise par Bill Clinton, en 1999, pour arracher un accord israélo-palestinien en vue de redorer la fin de son mandat éclaboussé par le scandale Monika Lewinsky. Décrié par ses ennemis, dénigré par ses faux frères arabes, Arafat, seul contre tous, face au déchaînement médiatique sur les prétendues offres généreuses de Ehud Barak, ne cédera pas, sur rien.
         Deux ans plus tard, les attentats du 11 septembre 2001 contre les symboles de l’hyper puissance américaine mettent au goût du jour la thématique de la “ guerre conte le terrorisme ”, une aubaine pour son implacable ennemi Ariel Sharon et son disciple américain George Bush qui diaboliseront à outrance Yasser Arafat pour en faire l’incarnation du mal absolu, quand bien même le commanditaire de l’opération, Oussama Ben Laden, le chef d’Al Qaïda, n’était autre que l’ancien sous-traitant des Américains, celui-là même qui aura détourné vers l’Afghanistan des milliers de combattants musulmans pour faire la guerre aux soviétiques, les principaux alliés alors de Yasser Arafat du temps du siège de Beyrouth en 1982.
         2003, l’invasion américaine de l’Irak offre à Ariel Sharon l’occasion de confiner Yasser Arafat dans sa résidence administrative, avec la complicité honteusement passive des pays occidentaux, et, toute honte bue, certaines des plumes les plus réputées du monde arabe, tels des mercenaires de la presse, participeront à la curée. ( … )

        Dix huit mois de réclusion n’entameront pourtant pas la volonté de résistance du chef palestinien, qui décédera le 11 novembre 2004, sans n’avoir cédé rien sur rien, sur aucun des droits fondamentaux de son peuple, pas plus sur le droit de disposer de Jérusalem comme capitale que sur le droit de retour de son peuple dans sa patrie d’origine. Mieux, comme un intersigne du destin, son bourreau, Ariel Sharon, sera réduit, treize mois plus tard, le 5 janvier 2006, à un état végétatif de mort-vivant, transformé en « légume » selon le jargon médical, plongé dans un coma, à l’image de sa politique belliciste.
        Sa stature sans commune mesure avec son terne successeur, Mahmoud Abbas, un bureaucrate affairiste sans envergure, sans charisme, hante toujours la conscience occidentale, cinq ans après sa mort. Elle conduira les dirigeants occidentaux, sans crainte du ridicule, à de pathétiques contorsions : Hillary Clinton, Secrétaire d’Etat américain, en tournée au Moyen-Orient, de même que son prédécesseur républicain Condoleeza Rice, tel un rituel immuable, fleurissent régulièrement à chacun de leur passage à Beyrouth la tombe de Rafic Hariri, l’ancien Premier ministre libanais assassiné, mais persistent à négliger à leur passage à Ramallah ( Cisjordanie ), le mausolée de Yasser Arafat. Il en est de même de Nicolas Sarkozy, autoproclamé « ami du peuple palestinien », qui contournera Ramallah, le siège du pouvoir légal palestinien, pour rencontrer Mahmoud Abbas à Jéricho, lors de son voyage en juin 2008. Comme si un Prix Nobel de la Paix palestinien constituait une monstruosité infamante, comme si le porte-étendard de la revendication nationale palestinienne était pestiféré même au delà de la mort.
       Qu’il est dérisoire de contourner sa conscience par un chemin de traverse. Pathétique de se voiler la face devant ses propres forfaitures : George Bush et Condoleeza Rice ont rejoint depuis belle lurette les oubliettes de l’histoire et leur compère Ariel Sharon a déserté depuis longtemps la mémoire des hommes, mais le mausolée de Yasser Arafat trône, lui, toujours devant le siège de l’autorité palestinienne, objet de l’hommage régulier de tout un peuple, comme une marque de gratitude indélébile à l’égard de son combat pour la renaissance de la nation palestinienne. ( … )

       L’Etat palestinien qui se profile désormais inéluctablement à l’horizon, compensation au rabais des turpitudes occidentales à l’égard du peuple palestinien innocent, retentit aussi rétrospectivement comme le triomphe posthume de Yasser Arafat, un hommage rétroactif au combat du chef historique du mouvement national palestinien, un hommage au porteur du keffieh palestinien, le symbole de l’identité palestinienne, promu désormais au rang de symbole universel du combat contre l’oppression.


Pour aller plus loin

Gilbert Achkar : Les Arabes et la Shoah, La guerre israélo-arabe des récits - Sindbadoctobre 2009/528 pages ISBN 978-2-7427-8242-0
Gilbert Achkar, professeur à la School of Oriental and African Studies (SOAS) de l’université de Londres, est l’auteur, conjointement avec Noam Chomsky, de La Poudrière du Moyen-Orient (2007).


René Naba : Ancien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’Agence France Presse, ancien conseiller du Directeur Général de RMC/Moyen orient, chargé de l’information, est l’auteur notamment des ouvrages suivants :

 Liban : chroniques d’un pays en sursis, (Éditions du Cygne) ;
 Aux origines de la tragédie arabe, (Editions Bachari 2006) ;
 Du bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français, (Harmattan 2002) ;
 Rafic Hariri, un homme d’affaires, Premier ministre, (Harmattan 2000) ;
 Guerre des ondes, guerre de religion, la bataille hertzienne dans le ciel méditerranéen, (Harmattan 1998) ;
 De notre envoyé spécial, un correspondant sur le théâtre du monde, (Editions l’Harmattan mai 2009).

7 novembre 2009 - Blog de René Naba - publié par Mondialisation

 

 

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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /Nov /2009 21:13

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Une autre voix juive pour la paix : réponse de Michèle Sibony et Michel Warschawski

Samedi 7 novembre 2009

 

      La tribune d’Une autre voix juive ( UAVJ ) parue dans le n° 1070 de Politis ( “ Que faire après Gaza ? ” ) appelle quelques remarques.

 

       Michèle Sibony et Michel Warschawski réagissent aux propos d’Une autre voix juive pour la paix, qui, selon eux, associent dangereusement antisionisme et antisémitisme.

      Évacuant en préliminaire l’attaque israélienne sur Gaza et ses conséquences sur la population, UAVJ s’intéresse immédiatement à son propos majeur : “ certains cercles pro‑palestiniens ” qui remettraient en cause les négociations israélo-palestiniennes. Et, pire, voudraient abandonner la “ perspective deux peuples deux États ”.

         Près de vingt ans de négociations... comme s’il n’était pas légitime de s’interroger sur le sens de ces négociations et leur résultat : démantèlement de l’intégrité territoriale de la Cisjordanie, séparation de celle-ci et de la bande de Gaza, colonisation massive, mur de séparation, annexion de Jérusalem-Est, siège de Gaza, puis bombardements, invasion et crimes de guerre, peut-être même crimes contre l’humanité, dit le rapport Goldstone.

         Tout cela ne s’est-il pas passé à l’ombre de négociations tronquées où les droits des Palestiniens n’ont pas été pris en compte mais progressivement réduits, et où les faits du terrain imposés par Israël ont été progressivement entérinés par la communauté internationale ?

         Et comment ne pas s’interroger sur la perspective de deux États, alors que la carte qu’Israël dessine sous nos yeux depuis dix ans, sans que personne ne tente sérieusement de l’arrêter, est celle d’un grand État juif de la mer au Jourdain avec quelques enc laves palestiniennes isolées, destinées à lui servir de bassin de main-d’œuvre sans droits ? Mais ce n’est visiblement pas ce qui préoccupe UAVJ, dont le problème majeur transpire à chaque ligne : protéger inconditionnellement la légitimité d’Israël, menacée par des groupes palestiniens extrémistes et certains courants ambigus dans le mouvement de solidarité.

 

           L’existence d’une Palestine indépendante aux côtés d’un État israélien n’a de sens pour UAVJ que parce qu’elle garantirait la pérennité d’un État israélien, en tant qu’État ( démographiquement ) juif. Il faut pour cela interdire l’antisionisme, qui permettrait de remettre en question la nature actuelle d’Israël. Et l’antisionisme est renvoyé aux antisémites qui l’utilisent,“ ce qui suffit à le disqualifier ”.

          Ce discours-là ressemble à s’y méprendre à celui de certains “ penseurs ” français du choc des civilisations. Mais UAVJ va plus loin et n’hésite pas à lier les mouvements antisémites qui pourraient s’emparer du boycott avec les populations musulmanes : “ Une telle orientation [ celle d’un boycott universitaire culturel et sportif ] serait un grave danger pour les forces progressistes françaises et israéliennes qu’elle isolerait.

           Elle pourrait aisément être endossée par des mouvements antisémites, et ainsi contribuerait à creuser, en France, le fossé entre les populations de culture juive et de culture musulmane. ” Insupportable raccourci qui disqualifie pour le coup la suite de la tribune présentant le travail d’UAVJ.

 

        L’action politique des mouvements anticolonialistes en Israël et d’organisations juives progressistes en Europe, comme l’UJFP en France, où nous avons, dans nos pays respectifs, fait le choix de militer, est en effet l’inverse de celui-là, et répond à une double démarche : d’une part, défaire les liens insupportables qui devraient nous rendre a priori solidaires de notre “ communauté ”, de ses porte-parole et d’un discours politique dont l’alpha et l’omega sont le soutien inconditionnel à Israël et la défense de son impunité ; d’autre part, développer des liens de solidarité et un combat commun avec tous ceux qui luttent contre le colonialisme et le racisme, et pour l’application du droit. Un tel combat ne peut, évidemment, être conduit sous le drapeau du sionisme.

          En Israël comme en France, nous combattons le discours de propagande ( du Crif en particulier ) qui identifie sionisme et judaïsme, et son corollaire infâme qui lie antisionisme et antisémitisme. Lien qui emprisonne les Juifs dans un soutien inconditionnel à Israël et qui interdit toute critique d’Israël comme antisémite, en désignant de plus les nouveaux antisémitismes : “ les populations de culture musulmane ”.

À propos des citations de cette tribune, la première ( “ le temps de la négociation est dépassé ” ) n’est attribuée à personne, ce qui laisse évidemment l’imaginaire travailler en paix. La citation de Stop the Wall, dont la source est, involontairement, nous en sommes convaincus, tronquée, est tirée du “ Rapport de synthèse de la 1re conférence palestinienne pour le Boycott d’Israël ( BDS ), 22 novembre 2007, Al-Bireh, Ramallah, sur le site d’ISM, rapport d’atelier n° 3 pour la campagne mondiale : stratégie et message ”.

          Celle-ci remet effectivement en cause la légitimité d’Israël en tant qu’État colonial et d’apartheid. Petite différence, qu’élude peu élégamment UAVJ, parce qu’elle fait le parallèle avec l’Afrique du Sud : c’est en tant que régime d’apartheid que la légitimité de cet État était remise en question, et, une fois ce régime démantelé, l’Afrique du Sud a trouvé sa place dans la communauté des nations. Or, ce qu’il faudrait précisément pouvoir examiner après Gaza, sans avoir à être traité d’antisémite par UAVJ, c’est la nature sioniste de l’État d’Israël, ses institutions racistes, ses lois discriminatoires, en un mot ce qui en fait un État colonial et un régime d’apartheid.

          À l’inverse, ce qui n’est plus audible après Gaza, c’est un certain “ sionisme de gauche ” dont la préoccupation majeure demeure, même après le massacre, la préser vation de l’État juif ( et démocratique pour ses citoyens juifs ) et non celle d’un État moderne et laïque pour tous ses citoyens.

 

* Michèle Sibony est membre de l’Union juive française pour la paix ( Paris ).

* Michel Warschawski est membre du Centre d’information alternative ( Jérusalem ).

 

5 novembre 2009 - Cet article peut être consulté ici :

http://mcpalestine.canalblog.com/ar...

 

 A suivre...

 

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