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Saïd et Diana

Said-et-Diana-2.jpg

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  • : Les cahiers des diables bleus
  • : 19/09/2005
  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
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Colères noires

Mercredi 7 avril 2010 3 07 /04 /Avr /2010 21:20

    said1 Suite au poème dédié à Saïd que j'ai écrit y a trois jours quelqu'un qui a lu ce texte m'a demandé s'il s'agissait "juste d'un texte"... Ce qui prouve bien que ce fait terrible qui est un pur et simple assassinat de Saïd Bourarach jeune vigile de 36 ans dans un grand magasin de Bobygny par 6 types qui ne sont pas des êtres humains n'a été relayé par aucun journal sauf Libé et continue à être occulté par la plupart des médias pour des raisons dont on se doute quand on connaît l'origine des tueurs...

    Pour celles et ceux qui désirent prendre connaissance des faits qui ont provoqué chez moi une telle colère et un tel dégoût de ce pays la France de ses dirigeants et de ceux qui soutiennent ce genre de saloperie qui consiste à retirer comme ça la vie de quelqu'un juste pour le plaisir parce que "c'est un Arabe" voici quelques liens :

http://allainjules.wordpress.com/2010/04/03/mort-de-said-bahrarach-vigile-a-bobigny-limpossible-verite/

http://www.egaliteetreconciliation.fr/Rassemblement-pour-la-verite-sur-la-mort-de-Said-Barara-2998.html

http://www.mecanopolis.org/?p=15725

 

      Ce qui s'est passé là m'a tellement mise mal que je n'ai rien écrit depuis... Il n'y a pas de limites à l'horreur et à la haine mais il y en a à ce qu'on doit accepter et là elles sont dépassées pour moi... Je ne sais encore ce qu'il faut faire pour nous protéger et pour protéger nos amis Arabes et tous ceux qui ne sont pas "purement blancs" de ce genre d'actes mais nous devons réagir et agir... A suivre !

Publié dans : Colères noires
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Lundi 29 mars 2010 1 29 /03 /Mars /2010 20:27

La bande des hiboux de la night

Epinay, Dimanche, 27 mars 2010

  hiboux--blanc.jpg

 

Photo de Champagne 51


Ouaouf ! Je n’sais pas ce que vous en pensez mais il m’est venu d’un coup comme ça ce matin je n’sais pas pourquoi une grand zeph d’évidence qui m’a brouillé un p’tit moment le goût du déjeuner qu’est pourtant le moment sacré d’ma journée… Ouais ça s’est pointé au réveil et moi qui me pieute jamais de bonne heure comme vous savez c’est sûr que je me lève pas tôt et j’ai souvent les neurones au court‑bouillon alors avant d’avoir englouti le kaouah et grignoté les tartoches je pense pas… Même quand je suis dans notre gourbi de la cité d’Orgemont à Epinay toutes les fins de semaines et le mercredi rien que des moments de jubilation et que c’est Louis qui se colle à la préparation du café je n’mets jamais en route la machine à mots tant qu’il est pas onze heures au moins j’ai beau essayer je peux rien… Avant que je rencontre p’tit Louis l’enchanteur des jours et des nuits par la plus grande magie du mektoub qui m’est arrivée que j’en reviens toujours encore pas je ne pionçais pas des nuits entières sauf à partir de cinq plombes avec la chienne Bonie qui réclamait gémissait tonitruait que je l’emmène dans la night sur macadam trottoirs renifler les autres clébards et mettre la pagaille milieu des cartons des clochards une misère ! Ouaouf ! Ouaouf !

Ouais c’est vrai vous allez pas être étonnés mais le salariat comme ça a jamais été mon blot et pas plus à Bonie l’artiste du caniveau alors l’effarée du traversin à midi c’était mézigue !… J’sais pas à quelle magouille de la family laborieuse ou croisement de cellules je dois ma noctambulie mais j’l’ai eue à l’aube de ma life et ma daronne pestait que j’étais pire qu’une bande de hiboux à moi toute seule ! Elle se levait tôt elle était infirmière et elle trimait à l’autre bout du bout d’la banlieue et mézigue qui roupillais pour le départ à l’école la prison des moutards j’étais pas d’attaque et fallait me secouer à donf que j’émerge et Plouf ! aussi sec je replongeais aux mirages des rêveries… Toute façon y’avait rien de bon a attendre des matinées d’l’époque pour les ouistitis comme mézigue alors là rien j’vous rassure… C’était le café au lait j’ai jamais pu avaler cette saleté de mélange vomitif qui me remontait aux cages à miel dès que je l’avais forcé à descendre parce qu’avec la daronne y avait pas moyen elle était féroce d’autorité et après c’était la flotte du lavage que je piffrais pas plus mais la raison c’était qu’y fallait faire fissa et moi j’ai pas la possibilité vous voyez ?… Ouaouf !

Bon ça y est v’là que je vous raconte des trucs qui perdent le sens de c’que j’avais à vous dire au départ de cette petite chronique des nos banlieues blues mais c’est à cause du matin ça me revient c’est obligé… Et la Bonie elle était encore plus flemmarde que cézigue au clairon fallait voir sauf en cas de besoin d’urgence alors là elle me virait du paddock en hurlant toutes les morts des abattoirs et en enfonçant sa gueule baveuse qui puait trop dedans mon cou pour commencer et si ça donnait pas elles rentrait en entier l’énorme dégoutanceté la malpropre qui cognait de partout dessous la couette en ronflant comme mille locos vapeurs… Rouh ! Rouh ! Rouh !… Et elle aboyait en plus et elle criait encore et moi j’avais qu’à sauter dedans mon jean et mon pull‑over trop grand toujours au pied du plumard l’habitude que j’avais de ces drames vous pensez bien !… Ouaouf ! Ouaouf !

Ça explique peut‑être les insomnies de la night les maladies à répétition de mon vieux et les bruits dans l’ombre quand on est p’tit c’est pas le pied pour embarquer aux songes y avait si tellement de la peur et des revenants à la bidoche pendouillante des accidents qu’ils avaient tous eu dedans la family aux machines des usines alors j’le savais pas mais c’était comme une atmosphère de terreur qui tournoyait aux entournures du soir enfin voilà… Comme on s’occupait pas de mes effarements à mla-canaille1.jpgon goût alors je m’étais bricolé une bande de hiboux qui rappliquait quand j’avais mes épouvantes et ces bestioles des rouquines et des blanches surtout qu’effraient les braves dormeurs à l’heure convenue et les péquenauds à moi elles me faisaient la bonne compagnie et j’les ai jamais oubliées… Après elles sont devenues mes potes mes cracheuses d’encre mes déglutisseuses de souris en boules sèches et à l’intérieur des p’tits sachets de peau poils os et ongles croqués broyés desséchés y a mes réserves à écriture… Ouaouf ! Ouaouf !

Ouais je sais vous me croirez pas et d’abord ce que ça a à voir avec le sujet de cette petite chronique des banlieues hein ? Ben juste vous tombez pile poil car le sujet qui m’a alpagué ce matin vers les 9 plombes avant qu’il en soit 10 et ça aussi c’est pas rien pour les gens comme mézigue qui vivent au rythme lent et renfrogné des saisons et des hibernations lunaires que l’arbitraire industriel ahuri qui nous aurait obligés si on l’avait fait à traire les chèvres une plombe plus tard !… elles auraient attendu que vous pensez vous autres hein ?… Ouaouf !… donc le sujet c’était qu’en écoutant d’une esgourde vaguement entrebâillée les news au poste que p’tit Louis allume à cause de la musique il s’en passe pas et les divagations des politicos que d’ordinaire je m’intéresse pas surtout à cette heure comme je vous ai expliqué je me suis dit d’un coup c’est pas croyable ce que ces gusses qui dirigent la loco emballée à fond et ses mille wagons à humains en folie ( clin d’œil aux jeun’s du groupe La Canaille et à leur texte extra “ Arrêtez ce train ! ” ) direction néant ils ont l’air de nous détester… de nous mépriser… de jouir qu’on soit chaque matin un peu plus dans la zermi et le désespoir !… Ouaouf ! Ouaouf !

Parole de chien que j’avais rien prémédité ni médité dans la night je vous le certifie… C’est vrai que quand je pieute à Epinay je dors avec les poules et surtout avec p’tit Louis qui peut pas lui faire le mariolle car il trime comme tous les gens normaux et il ouvre l’œil vers 5 plombes et demi du mat une semaine sur deux c’est les 2/8 de la banlieue alors mézigue je m’adapte je change mon rythme et la bande des hiboux mes potes pareil elle s’accomode pas d’lézards on est des personnes souples nous autres on vit parmi le monde hein ?… Ouaouf ! Alors parole de chien que malgré mes insomnies dans le pieu je n’bouge pas et je m’invente des histoires et les hib arrabal.jpg oux me préparent les boules à mots pour la nuit d’après c’est commode j’ai de l’avance… Ouais parole de clébard que cette nuit à cause du changement ou de je ne sais quoi j’ai pas été réveillée ni par les fureurs noctambules de la cité ni par les miennes de l’en dedans et c’est en captant la voix du type aux infos qui sont vite fait c’est la radio de la musique qu’on met p’tit Louis et mézigue le reste on supporte pas… que j’ai eu l’effarement du dimanche !…

Ouaouf ! Vous allez me dire que c’est pas la grande découverte et qu’y en a bien d’autres des conducteurs de locos déments qui ont détesté leurs peuples et chacune des créatures qui grouille dans les rues en bas sur macadam black qui trime pour sa life et pour les patates au beurre ou sans beurre et pour un p’tit week‑end au bord de la Loire ou à Dieppe c’est pas loin c’est pas trop cher et pour le crédit du préfa avec cages à lapins entières en récup et tout et tout !… Je n’vous cause pas de la niche du clébard vu que Bonie quand on vivait chez les moineaux et les mésanges elle en avait une très belle de cambuse tout en planches de bois d’arbre et le toit bien protégé en ardoises cassées rafistolées avec dedans une couvrante qu’elle en faisait des lambeaux et qu’on la changeait deux fois par an l’arnaque cette clébarde !… Ouaouf ! Sûr qu’y en a eu d’autres avant ceux‑ci qui se sont vautrés dans le plaisir de montrer tous les jours aux braves gueux et aux autres les moins gueux et aux pas gueux du tout là pour le coup je crois qu’on y est tous dans leur poubelle sur leur décharge au fond de leur chambre froide à barbaque pour les animaux de leur zoo privé… de leur montrer comment ils ont rien à faire de leurs désirs d’exister avec leurs rêves et leurs petites cambuses allumées pour ne pas avoir trop froid l’hiver…

Ouaouf ! Vrai qu’on imagine facile la chienne Bonie et mézigue que Pinochet et ses potes avaient bien de la haine pour ceux qui ne voulaient pas que la domination des mêmes réduise les paysans et les ouvriers à l’infâme qu’est notre lot populaire depuis qu’on existe nous autres les gens des rues et des champs… que Franco et sa clique de généraux détestaient itou pareil les “ ba arrabal_mundo96.jpg s de gamme ” comme dit Buko et les rebelles solidaires de Catalogne et d’Aragon… et tous les autres qui ont atterri réfugiés de c’côté de la frontière et qui ont pas été accueillis avec un formidable enthousiaste fraternel par Daladier ! La Retirada l’exode des populations après le 26 janvier 1939 est un des épisodes récents qu’a marqué les gens d’ma génération par le fait qu’on a tous eu des copines de bahut qu’étaient filles de réfugiés espagnols et qui racontaient… Et pour ceux qu’ont lu “ Lettre au Général Franco ” de Fernando Arrabal y’a pas de doute que ça a été un exemple de fort mépris d’un peuple par un pouvoir illégal en plus… Ouaouf !… là les hiboux ils suivent pas ils refusent recta ! Le Franco l’ordure y avait rien à perdre ses plumes et des boules à souris d’lui écrire !… Ah non non et non !… Arrabal il a pas senti la gourance lui qu’a eu son vieux de mouliné par les brigades de la muerte alors !

Et sûr que Thiers le nabot monstrueux aidé de son Galliffet abruti sanguinaire nourrissaient une haine sans limites pour les Communards et pour tous ceux qui dans la population de Paris et sa banlieue avaient osé rallier les Partageux… Il avait d’ailleurs déjà auparavant montré son mépris des ouvriers quand il était ministre de l’intérieur de Louis‑Philippe et qu’en 1834 après la révolte des Canuts il fait voter l’interdiction des associations et tirer sur ceux qui n’sont pas d’accord !… On sait dans quelle boucherie ça s’est terminé… encore un bon exemple de l’empathie qu’on en général ceux à qui on file niaisement et irresponsablement le pouvoir depuis des lustres ! Ouaouf ! Et les hiboux là ce qu’ils ont à dire les hiboux ?… Que Louise Michel elle est juste l’inverse de ces gens­‑là de ces rois ces généraux ces évêques ces présidents assis perchés sur de la mort et qui gavent le bon peuple de baratin propriété privée… ennemis d’la patrie… raison d’Etat… L La-commune.jpg ouise elle en avait de l’humanité et de l’intelligence avec les gaziers de n’importe où elle était proche…  qu’en Nouvelle Calédonie elle a continué à être solidaire des Canaques… Alors voyez que c’est possible et les z’hiboux ils approuvent tous en cœur… Ouaouh ! Ouaouh ! Ouaouh !… et la grosse fûtée de Bonie aussi Ouaouf ! 

Ouais je sais les caves ça n’manque pas oh non !… mais ceux qu’envoient aujourd’hui ce pays dans le néant et nous autres avec ils ont pris radical le parti de la grosse finance mondiale et de ses mafias… de ses guerriers stupides et tueurs soutenus par les services secrets et la racaille à gerber des maîtres du monde et il hésitent pas à nous balancer en face qu’ils n’ont rien à fiche qu’on crève et qu’au contraire ça les fait bien se poiler à notre santé… ça les ravit les saligauds ça les rend tout prétentiards encore plus de mater les foules qui défilent à la lanterne et de clamer devant leurs loupiotes violettes de boîtes à culs qu“ c’est pas la rue qui décide ! ” comme ce brave Louis 16 qui pigeait pas ce que ça voulait dire “ avoir faim ” ! Ouaouf ! et qui se demandait ce que ces gens faisaient dehors… Hé les ziboux au pieux ! au pieux !…

Nous autres Bonie la chienne et mézigue j’peux vous assurer qu’on le sait c’que ça signifie que de n’pas pouvoir boucler la semaine et la grosse goinfre elle a pas fini de piailler pour ses boîtes qui sont encore un luxe elle se doute pas… Ouaouf !… Un de ces quatre si ça continue c’est bibi qui va se les taper les boîtes à clébard et p’t’être même que je finirai par becter Bonie aussi qui sait hein ?… Ouais alors tout ça c’était pour vous rencarder qu’on est revenus me semble deux trois siècles en arrière et que l’abolition des privilèges on n’la pas bien menée c’est probable… Les hiboux sont témoins eux qu’ouvrent l’œil dans les moments où les autres roupillent…  Mais ce qu’on a surtout pas réussi du tout alors c’est à se rejoindre dans cette population qui n’cesse pas de morfler et que la haine et le mépris qui nous viennent du haut des trônes où trônent les minables on les a bien adoptés aussi entre nous si on La-canaille.png regarde hein ?… c’que vous en pensez ? Ouaouf ! 

Alors encore une fois je vous renvoie à mes poteaux du groupe de rapp La Canaille dans son CD Une goutte de miel dans un litre de plomb avec une autre chanson cette fois : “ L’usine ”… Le refrain il vous dira tout mieux que mézigue “ Couper séparer jeter… ” et si vous pouvez regarder leur clip alors n’vous en privez pas c’est trop beau ! Ouaouf ! C’que Bonie l’anarchiste et mézigue on voulait vous souffler dans vos esgourdes c’est que si on avait pas de toujours pris le pli pourri de se couper se séparer et se jeter au trou entre nous au lieu de se retrouver solidaires pour vire Promethee.jpg r la misère et le fric qui vont ensemble et pour reprendre les mots et les utopies des Partageux et bien l’espoir de vivre libres avec le respect et la bonté on l’aurait encore !… Donc si vous voulez qu’une fois d’plus on se fasse pas mettre comme au temps de la Commune comme en Espagne comme au Chili et ailleurs essayons d’être solidaires hein ?… L’est pas trop tard foi de hiboux mais faut pas traîner !…  Ouaouf ! Ouaouf !

Allez salut et fraternité !

 


Texte écrit en 1870 pendant la Commune de Paris

« La canaille » :

« Dans la vieille cité française existe une race de fer

Dont l’âme comme une fournaise a de son feu brûlé la chair

Ses fils naissent sur la paille

Pour palais n’ont qu’ un taudis

C’est la canaille, eh bien j’en suis »

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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /Mars /2010 23:11

Cet article et les photos sont publiés sur le site : www.info-palestine.net

“ Mes chers compatriotes, je vais vous parler franchement d’une satanée petite nation appelée Israël... ” Boycott Israel

Jeudi 25 mars 2010

 

A. Cockburn - CounterPunch

  Colonisarion.gif

 



La colonisation se poursuit en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est

( Emad Hajjaj-Jordan )

 

 

1) - Une satanée petite nation appelée Israël

 Crise ou pas crise ?

 

Ne vous emballez pas. Elle n’arrivera jamais. D’ailleurs, est-ce seulement une crise dans les relations américano-israéliennes ? Oui et non. Oui, parce que la première puissance du monde se fiche de voir son vice-président publiquement humilié par une miniature de nation dont l’ensemble de la population ne représente même pas celle du comté de Los Angeles. Non, parce que les politiciens élus qui, théoriquement, dirigent le gouvernement de la première puissance du monde, vivent dans une frayeur mortelle du lobby proisraélien aux Etats-Unis. Cette fois, comme toujours, personne ne l’emportera. ( Vous pourrez trouver un récit détaillé de Jeffrey Blankfort sur CounterPunch daté d’aujourd’hui et dont une grande partie de cet article est tirée.)

Examinons la réaction de Biden, le lendemain du jour où le ministre de l’Intérieur, Eli Yishai, probablement au su de Netanyahu, annonça la construction programmée de 1 600 appartements - pour juifs, seulement - à Jérusalem-Est, juste au moment où Biden essayait de redonner vie au “ processus de paix ”.

Voilà le vice-président des Etats-Unis d’Amérique, drapé dans la dignité blessée d’un homme qui vient de recevoir un seau d’eaux usées sur la tête et qui, en pleine déconvenue, utilise vraiment les mots “ condamner ” et “ Israël ” dans le même paragraphe. Le lendemain, Biden se rend à l’université de Tel-Aviv et confie à l’auditoire qu’il est un sioniste et que, “ Tout au long de ma carrière, Israël n’a pas simplement été près de mon cœur, mais au centre de mon travail de sénateur des Etats-Unis et aujourd’hui, de vice-président des Etats-Unis. ” Ecoutez ça : “ le centre de mon travail ”. Cette déclaration de mission n’est pas reprise par la presse états-unienne.

Puis Biden se met à répéter les sornettes qu’il avait débitées à son arrivée à Jérusalem : “ Il n’y a aucun espace ; c’est ce qu’il ( le monde ) doit savoir, à chaque fois qu’on progresse c’est quand le reste du monde sait qu’il n’y a absolument aucun espace entre les Etats-Unis et Israël à propos de sécurité, aucun. Aucun espace. C’est seulement à ce moment-là que des progrès ont été accomplis. ”

Bien sûr, si aucun “ progrès ” n’a pu être identifié au cours des quarante années passées - affirmation à débattre - c’est seulement parce que, quand un président américain s’armait de courage pour établir rapidement l’agenda, avec ses menaces et ses dangers, le tout était dûment retiré quand le lobby concentrait et commençait sa contre-attaque. Gaza-Janvier-2010.jpg

Enfin, Biden s’avance en catimini vers la “ crise ”. “ J’apprécie... la réponse que votre Premier ministre a faite ce matin, disant qu’il mettait en place un processus visant à empêcher que ne se renouvelle ce genre d’évènements ( sic ) et précisant que le début de la construction proprement dite de ce projet spécifique n’aurait probablement lieu que dans plusieurs années... C’est important, parce que cela donne aux négociations le temps de résoudre ce problème, de même que d’autres questions en suspens. Parce que, lorsque cela a été annoncé, je me trouvais en Cisjordanie. Tout le monde a pensé là-bas que cela signifiait la reprise immédiate de la construction des 1 600 nouveaux logements. ”

Oui, c’est exactement ce que cela voulait dire, la reprise de la construction des 1 600 logements. Et comme le quotidien israélien Ha’aretz le souligne, ces 1 600 unités envisagées ne sont qu’une partie des 50 000 planifiées pour la partie orientale de Jérusalem. Netanyahu l’a dit, ce n’est pas négociable, quoi qu’en dise Washington, sans parler de la pitoyable Autorité palestinienne.

Au milieu des cris angoissés des princes et émirs arabes, cette conduite éhontée d’Israël à l’égard de Biden fait qu’il leur sera plus difficile de trahir les Palestiniens. Le premier conseiller politique d’Obama, David Axelrod - sans doute sans le feu vert de son patron - a déclaré à NBC News qu’il s’agissait non seulement d’une conduite “ insultante ” d’Israël envers les Etats-Unis, mais “ destructrice ” pour le processus de paix au Moyen‑Orient.

Hillary Clinton a fait savoir qu’elle avait chapitré Netanyahu au téléphone pendant 43 minutes. Son porte-parole prétend qu’elle lui a dépeint le projet de logements dans Jérusalem-Est comme l’expression d’un “ signal profondément négatif sur la démarche d’Israël quant aux relations bilatérales, et contraire à l’esprit du voyage du vice-président ”, et que “ cette action avait sapé la confiance et l’assurance dans le processus de paix et dans les intérêts de l’Amérique. ” Dans le même temps, l’envoyé spécial George Mitchell annulait son voyage dans la région.

Donc, oui, nous pouvons appeler cela une crise, mais de celles qui ne durent pas. Obama n’est pas le premier Président à avoir perdu patience avec Israël au point de semer la pagaille dans des projets plus vastes de l’Oncle Sam. Mme Clinton n’est pas la première secrétaire d’Etat à crier de colère au téléphone avec Tel-Aviv.

 

Ce n’est pas la première crise Enfants-2.jpg

Blankfort, historien du Lobby, énumère toute une liste d’autres crises, toutes résolues de façon satisfaisante au profit d’Israël. Celle de 1975, où le président Gerald Ford et son secrétaire d’Etat, Henry Kissinger, ont publiquement accusé Israël d’avoir rompu les négociations avec l’Egypte sur le retrait israélien du Sinaï. Ford déclara qu’il allait dire au peuple américain que les relations US-Israël seraient repensées. Poussés par l’AIPAC, 76 sénateurs US ont alors signé une lettre à l’attention de Ford lui disant de laisser tranquille Israël. Ce qu’il fit.

En mars 1980, le Président Carter fut contraint de s’excuser après le vote du représentant états-unien aux Nations-Unies, Donald McHenry, en faveur d’une résolution qui condamnait la politique des colonies d’Israël dans les territoires occupés, dont Jérusalem-Est, et qui demandait à Israël de les démanteler.

En juin de la même année, alors que Carter venait de demander l’arrêt des colonies juives et son secrétaire d’Etat, Edmund Muskie, de déclarer que les colonies juives étaient un obstacle à la paix, le Premier ministre Menachem Begin annonça les projets de constructions de 10 nouvelles colonies.

En août 1982, alors que la veille, Reagan avait demandé qu’Ariel Sharon mette fin au bombardement de Beyrouth, Ariel Sharon réagit en ordonnant le bombardement de la ville précisément à 14 h 42 puis à 15 h 38 dans l’après-midi, les moments coïncidant avec les deux résolutions des Nations unies qui exigeaient le retrait d’Israël des territoires occupés.

En mars 1991, le secrétaire d’Etat James Baker s’est plaint devant le Congrès, “ A chaque fois que je suis allé en Israël pour le processus de paix... j’ai été accueilli par l’annonce d’une nouvelle activité de colonisation... Cela affaiblit notre influence dans notre tentative d’aboutir à un processus de paix et crée une situation très difficile. ” En 1990, il était arrivé à un tel dégoût devant l’intransigeance d’Israël sur les colonies qu’il donna publiquement le numéro de téléphone du standard de la Maison-Blanche et dit aux Israéliens : “ Quand vous prendrez la paix au sérieux, appelez-nous ! ”.

Le 12 septembre 1991, le Président George Bush Senior s’est trouvé suffisamment exaspéré par le succès de l’AIPAC - qui avait acquis assez de voix dans les deux chambres du Congrès pour qu’elles passent outre son veto à la demande israélienne de 10 milliards de dollars de garanties de prêts - pour déclarer devant les caméras de télévision, “ Je me heurte à des forces puissantes. Elles ont quelque chose comme 1 000 lobbyistes au Capitole qui travaillent à contre-courant. Nous avons un gamin isolé ici qui fait cela ”. Un sondage national, réalisé immédiatement après, donna au Président 85% d’approbation. Le Lobby cligna des yeux mais pas longtemps. Non seulement il s’arrangea pour que les garanties de prêts passent finalement, mais les électeurs juifs se retournèrent en masse contre Bush aux élections de 1992, un fait que Bush Junior n’a jamais oublié.

Comme Blankfort le rappelle également, en janvier 2009, l’ancien Premier ministre israélien, Ehud Olmert, s’est vanté publiquement d’avoir fait “ honte ” à la secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice, en obtenant au dernier moment du Président Bush qu’il l’empêche de voter une résolution de cessez-le-feu à Gaza, une résolution qu’elle avait travaillée pendant plusieurs jours avec les diplomates arabes et européens aux Nations-Unies.

Olmert a aussi fanfaronné devant une assistance israélienne, disant qu’il avait fait descendre Bush d’une tribune où il faisait un discours pour qu’il prenne son appel, quand lui, Olmert, avait appris le vote imminent de la résolution et qu’il voulait exiger du Président qu’il intervienne.

“ Je n’ai eu aucun problème avec ce qu’a fait Olmert, ” dit Abraham Foxman, directeur national de la Ligue anti-diffamation, “ Je pense que l’erreur fut d’en avoir parlé en public ”. Enfants-de-Palestine.jpg

 

Je dois souligner que cette liste ne date pas de Mathusalem de même que les affirmations tout aussi retentissantes de l’implication d’Israël, comme celle sur son agression contre le USS Liberty en juin 1967, tuant 34 personnes et en blessant 171, toutes étouffées par l’administration Johnson, en particulier Lyndon Johnson et Robert McNamara.

 

Des forces puissantes aux USA pour s’y opposer

En somme, comme Stephen Green l’écrit dans Prendre position : Les relations secrètes des USA avec l’Israël militant ( Morrow, 1984 ) il y a un quart de siècle, “ Depuis 1953, Israël et les amis d’Israël en Amérique déterminent les grandes lignes de la politique américaine dans la région. Ne sont laissés aux présidents américains que la mise en œuvre de cette politique, avec des degrés variés d’enthousiasme, et le traitement des questions tactiques. ”

Il existe des forces puissantes aux Etats-Unis qui voudraient qu’il en soit autrement, à commencer par l’armée US. Avant le récent voyage de Biden, ce n’est pas moins qu’un commandant de premier plan et grandement admiré, le général David Petraeus, qui écrivit une note au Comité des chefs d’état-major interarmées ( Joint Chiefs of Staff ), et son opinion fut réitérée dans un témoignage, mardi dernier, devant une Commission des services armés au Sénat.

Dans sa déclaration au Congrès, Petraeus présente le conflit israélo-arabe comme le premier “ défi transversal posé à la sécurité et à la stabilité ” dans la zone d’influence du CENTCOM ( Commandement central US ) - Moyen-Orient ( AOR ). “ Les hostilités constantes entre Israël et certains de ses voisins présentent des défis distincts à notre capacité de faire avancer nos intérêts dans les pays de l’AOR. ”

Petraeus déclare alors à la Commission du Sénat que “ le conflit fomente un sentiment antiaméricain, en raison d’une perception de partialité US en faveur d’Israël. La colère arabe sur la question palestinienne limite la force et la profondeur des partenariats US avec les gouvernements et les peuples de la zone AOR, et affaiblit la légitimité des régimes modérés du monde arabe. ” Peu avant, Mike Mullen, président du Comité des chefs d’état major interarmées, avait prévenu les Israéliens publiquement qu’une agression contre l’Iran serait un “ gros, gros, gros problème pour nous tous. ”

En Israël, le très lu quotidien Yediot Ahronoth, a fait savoir qu’en privé, Biden s’était fait l’écho de l’opinion de Petraeus, disant à Netanyahu que la conduite d’Israël “ commençait à devenir dangereuse pour nous ( les USA ) ”. “ Ce que vous faites ici, ” aurait dit Biden, “ menace la sécurité de nos troupes qui combattent en Iraq, en Afghanistan et au Pakistan. Cela nous met en danger, et met la paix régionale en danger. ”

L’accusation selon laquelle Israël met en danger la vie des Américains combattant en première ligne le terrorisme ne serait-elle pas dévastatrice si elle était présentée d’une façon aussi dure par une personnalité politique capable au peuple américain ? Oui, elle le serait. Et avec des sondages réalisés honnêtement, sans mots équivoques, cette personnalité obtiendrait probablement des pourcentages aussi élevés ou plus élevés que ceux de Bush en 1991. Marchand de pommes de terre sur la plage à Gaza

 

Le général Petraeus, à supposer qu’il s’embarque dans la course politique en 2012 ou 2016, prendra-t-il une telle initiative ? Tout d’abord, on peut avancer l’hypothèse qu’après sa note et son témoignage, il ne se passera guère de temps avant qu’on ne lise quelque histoire d’investigations à propos “ d’allégations douteuses ”, en lien avec les nombreuses médailles du général Petraeus, peut-être même des révélations sur sa prudence Flashmanesque sur le champ de bataille. Ensuite, tout candidat républicain devra courtiser les ultrachrétiens républicains, passionnés dans leur soutien à Israël, en raison d’une programmation doctrinale de l’ultime Extase. Enfin, pourquoi tenter une telle intimidation qui ne ferait qu’envoyer l’argent des campagnes juives vers le Parti démocrate ?

Comme le remarque Blankfort, peu avant la première entrevue avec le Président Obama, 76 sénateurs états-uniens, conduits par Christopher Dodd et Evan Bayh, plus 330 membres de la Chambre, envoyèrent des lettres à en-tête de l’AIPAC au Président, l’appelant à ne pas mettre la pression sur le Premier ministre israélien lors de leur rencontre. La Chambre, ne l’oubliez pas, a acclamé l’agression israélienne contre Gaza et, par 334 voix contre 36, a condamné le rapport Goldstone.

Le Parti démocrate est fortement dépendant des plus grands donateurs politiques juifs, jusqu’à 60% du niveau le plus élevé des donateurs, selon Blankfort. L’AIPAC va bientôt tenir son congrès ( où Tony Blair sera une attraction mineure ). Y viendront toutes les principales personnalités politiques, pour flagorner et rendre leur hommage. Le 3 juin 2008, juste après avoir battu Hilary Clinton dans la course à l’investiture, Obama s’était adressé à la foule de l’AIPAC, quelque 7 000 personnes : “ Nous utiliserons aussi tous les éléments de la puissance américaine pour faire pression sur l’Iran, ” assura-t-il à l’AIPAC. “ Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire. Tout ce qui est en mon pouvoir. Tout, et je veux dire, tout. ” Il jura qu’il ne parlerait pas aux représentants élus palestiniens du Hamas. Tonnerre d’applaudissements. Et de déclarer alors : “ Jérusalem restera la capitale d’Israël, et elle doit rester indivisible. ” Le lendemain, les conseillers en politique étrangère d’Obama, horrifiés par cet éclat, apportaient quelques corrections.

 

Uri Avnery, écrivain chevronné israélien et activiste pacifiste, indigné, s’était exprimé furieusement à la suite de ce dernier propos : “ Et voici qu’arrive Obama qui ressort des poubelles le slogan usé de ‘Jérusalem indivisible, capitale d’Israël pour l’éternité ’. Depuis Camp David, tous les gouvernements israéliens ont compris que ce mantra constituait un obstacle insurmontable à tout processus de paix... La crainte de l’AIPAC est si épouvantable que même ce candidat qui promet le changement en tous domaines n’ose pas l’affronter. Dans ce domaine, il accepte le pire conformisme du Washington ancien style. Il est prêt à sacrifier les intérêts américains les plus fondamentaux. Après tout, les États-Unis ont un intérêt vital à réaliser une paix israélo-palestinienne qui leur permette de toucher les cœurs des masses arabes, de l’Irak au Maroc. Obama a nui à son image dans le monde musulman et hypothéqué son avenir - dans le cas où il serait élu président... S’il maintient ces déclarations un fois élu, il sera contraint de dire, à chaque fois qu’il sera question de la paix entre les deux peuples de ce pays : ‘ Non, je ne peux pas ’. ”

Donc oui, la crise sera bientôt terminée, et non, il n’y a pas d’ère nouvelle dans les relations US/Israël à l’horizon.

 Le Mur d’Apartheid à Abu Diss - Photo sur Flickr.com Abu-Diss.jpg

 

2 - La lutte contre le pouvoir des grandes entreprises

 

Dans son important rapport spécial paru dans notre dernier bulletin, Mason Gaffney traite de la fameuse décision du 21 janvier 2010 de la Cour suprême des Etats-Unis dans l’affaire “ Citoyens unis c/Commission fédérale des élections ”, où la Cour décide qu’une grande entreprise peut contribuer financièrement sans limite pour faire connaître ses opinions et s’opposer aux candidats politiques de son choix - en pratique, du choix de son PDG ou de ses directeurs. “ Les Etats-Unis sont nés d’une rébellion contre les entreprises, ” écrit Gaffney. “ La Cour suprême des Etats-Unis commença très vite à restaurer leur pouvoir et quand elle devenait trop ambitieuse, des mouvements dirigeants et populaires forts l’ont fait reculer : sous Andrew Jackson, Abraham Lincoln, Teddy Roosevelt et Franklin D. Roosevelt ( FDR ). Aujourd’hui, elle va trop loin à nouveau ; reste à savoir si un nouveau mouvement ou dirigeant va se présenter pour la faire reculer une nouvelle fois. ”

Gaffney analyse les meilleures stratégies politiques pour une contre-attaque populaire. Il conclut, “ Les contribuables ‘ ordinaires ’ vont-ils se rebeller comme ils l’ont fait lors de la Révolution américaine, de l’Emancipation, à l’époque de la Réforme progressive, et du New Deal ( Nouvelle Donne ), ou le pouvoir des grandes sociétés va-t-il croître, incontrôlé, jusqu’à remplacer tout à fait la démocratie ?

Selon une théorie cyclique, nous devrions avoir une autre réaction anti-sociétés, mais l’histoire enregistre aussi des points de basculement vers le déclin des nations, lesquelles mettent des générations à se redresser, quand elles y parviennent. Ceci pourrait passer de justesse. ”

Retour à FDR, je dis. Remballez la Cour suprême ! Bedouins.jpg



Des bédouins palestiniens dans leur village face à la colonie juive de Maale Adumim en Cisjordanie - Photo : AFP



Dans le même bulletin exceptionnel, JoAnn Wypijewski, publie un article vraiment terrible sur “ la chaîne du fret ” tel que l’ont décrite, lors d’une récente conférence, des dockers radicaux venant du monde entier, réunis à Charleston, Caroline du Sud. Elle écrit :

“ ‘ Les gens qui font bouger le monde peuvent aussi l’arrêter, ’ affirment les dockers radicaux, et cela rend d’une fragilité essentielle une production mondiale et un système de distribution à la merci d’une coordination précise de centaines de milliers de parties mobiles. Si certaines de ces parties mobiles - des travailleurs sur des plates-formes de correspondances aériennes importantes, dans des centre de triages vitaux sur des grands axes ferroviaires, ou, surtout, dans un ensemble stratégique de ports maritimes - si certaines de ces parties refusent de faire leur part, alors c’est tout le système qui se bloque. Le refuser suffisamment longtemps et assez largement, et c’est tout le système qui est en crise. ”

 

Alexander Cockburn, né le 6 juin 1941, est journaliste politique irlando-américain. Cockburn a grandi en Irlande mais vit et travaille aux États-Unis depuis 1972. Avec Jeffrey St. Clair, il anime la lettre d’information CounterPunch. Il tient également une chronique intitulée Beat the Devil pour The Nation et une chronique hebdomadaire dans le Los Angeles Times et The First Post.

 

Du même auteur :

  A-lexander-Cockburn.jpg

-  Mais que font les pacifistes américains ? ( Le Monde diplomatique )

-  Ça ne sert à rien d’accuser l’Iran pour l’insurrection en Irak ( The Independent )

 

CounterPunch - édition hebdo du 19 et 21 mars 2010 - Illustrations et sous-titrage 1ère partie par la traduction ( JPP )

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Vendredi 19 mars 2010 5 19 /03 /Mars /2010 22:25

Cet article est publié sur le site : www.info-palestine.net Boycott Israel

Pourquoi faut-il autant d’agents du Mossad pour étouffer un Palestinien avec un oreiller ?

 Mercredi 3 mars 2010

 Gilad Atzmon

 

 Alors qu’en Angleterre, en France, aux Etats-Unis et en Argentine le Mossad bénéficie du soutien de milliers d’agents dormants locaux, les Sayanim (des juifs bien trop heureux de trahir leurs voisins afin de servir leur Etat juif bien-aimé ), le Mossad, lorsqu’il opère dans des pays arabes, est contraint de shléper [yid.: infiltrer, ndt] ses nombreux assassins et leurs assistants en recourant à diverses méthodes frauduleuses.

G.-Atzmon.jpg  

L’on est tout de même fondé à se demander pour quelle raison il faut rien moins de 26 agents du Mossad pour mener à bien un seul assassinat d’un combattant palestinien pour la liberté désarmé au moyen d’un oreiller. Je vais m’attacher ici à apporter quelque éclairage à cette question stupéfiante.

Le Mossad, ça n’est pas n’importe quelle agence de renseignement gérée par des gentils chiants comme la pluie. De fait, il est géré par des Elus, et sa raison d’être est de servir les intérêts de l’Etat juif et du projet national juif. Ces derniers jours, nous avons appris que plus de deux dizaines d’agents du Mossad ont été identifiés - pour l’instant - par la police de Dubaï. L’on se serait attendu à ce qu’un groupe aussi varié et étendu d’assassins juifs opérant dans un pays arabe hostile, un rabbin combattant au moins eût été requis, ne serait-ce qu’afin de respecter les lois de la cacheroute, de maintenir une ligne téléphonique fonctionnant 24/24 avec Dieu et de pérenniser un esprit juif vindicatif.

Autant il est bien connu que la nourriture, à Dubaï, est fabuleuse, autant les marchands de delicatessen [ charcuteries, ndt ] cachères y sont rares, en centre-ville. Par conséquent, nous avons besoin, aussi, d’un expert juif formé à cette fin, qui achèterait le poisson en vue de la préparation du gefilte, ainsi que les poulets, pour le bouillon. Nous aurions besoin d’au minium un chef connaissant la façon dont on transforme des poulets et de l’eau en Pouvoir Juif ( le consommé de poulet ). Vous devez vous souvenir du fait que, d’un point de vue juif, la nourriture est essentielle. A la différence des animaux, qui ne tuent que lorsqu’ils ont besoin de manger ou lorsqu’ils ont détecté un danger imminent, l’Israélien tue pour des “ motifs futurs ” ( démocratie, pluralisme, guerre “ contre la terreur ”, etc. ), et tuer pour des “ motifs futurs ”, il préfère le faire en ayant le ventre bien plein. Controle.jpg

Entre préoccupations culinaires et réglementation propres au régime cachère, voilà trois membres de notre équipe d’ores et déjà affectés. Reste que vingt-trois assassins en puissance sont plus que suffisants pour un unique assassinat. Mais il y a d’autres éléments à prendre en considération. Gardant présent à l’esprit le fait que les révélations récentes au sujet de l’instabilité mentale de certains des membres du Mossad, il est plus que probable qu’un psychiatre, un analyste freudien, un infirmer psychiatrique et une infirmière aient été requis afin de porter assistance aux héros juifs mortels “ avant et après ”. Mais cela porte, de fait, notre petite équipe à à peine dix-neuf assassins en puissance.

Comme nous l’apprennent les journaux, six des agents du Mossad étaient des femmes. Cela pourrait signifier que nous avons besoin, aussi, d’expertes esthéticiennes. Une coiffeuse spécialisée dans “ les situations qui décoiffent ”. Nous avons sans doute besoin, aussi, d’une consultante en cosmétiques juifs, qui connaisse, de plus, la manucure et la pédicure. Qui soit capable de transformer l’ongle d’une beauté juive en un mortel poignard sioniste ( juste au cas où une panne technique d’oreiller se produirait ). Nous avons besoin aussi d’un spécialiste ès‑moumoutes, qui sache transformer un garçon de Tel-Aviv en dandy d’Essex. Ces “ spécialistes ès-beauté J. ” ramènent notre équipe à dix-sept assassins.

Mais nous n’avons pas encore fini, comme nous l’apprennent les journaux. Nos assassins Mossad étaient très amateurs de tennis. Manifestement, ils ne pouvaient se fier, en la matière, en un consultant arabe ou jihadiste : ils devaient donc emmener avec eux le leur propre. Ils avaient sans doute besoin d’un arbitre de tennis israélien cachère et de quelques colons athlétiques courant après leurs balles. Supposons que nous ayons besoin de deux ou trois lanceurs de balles et d’un arbitre, cela réduirait notre équipe d’assassins potentiels à quatorze membres, l’un dans l’autre.

A en croire The Times, l’Holocauste joue un rôle central dans la philosophie du Mossad. “ Nous devons être forts, user de notre intelligence et nous défendre afin que l’Holocauste ne se répète jamais ”, dit ainsi Meir Dagan, le chef actuel du Mossad. Or il se trouve que le Mossad est en nakba2.jpg train d’assassiner au nom du passé juif. Il est plus qu’évident que le Mossad a schlépé, infiltré à Dubaï certains de ses meilleurs prêtres de l’Holocauste, ceux qui rappellent eux espions pourquoi il faut qu’ils tuent et pourquoi ils doivent s’exclure de la famille humaine. Considérant le récit holocaustique basé sur le chiffre six, l’on peut raisonnablement supposer que le Mossad a envoyé à Dubaï au minimum six mentors ès‑Holocauste : un pour chaque million.

Toutefois, comme nous le savons, l’holocauste nazi n’est qu’un épisode de plus dans une liste innombrable d’autres judéocides. “ Ne jamais oublier de ne jamais pardonner ” est, apparemment, la devise sous laquelle sera placé l’avenir juif. L’un dans l’autre, nous pouvons estimer qu’il convient d’inclure neuf ou dix prêtres juifs du Judéocide afin d’inclure les pogromes est-européens du dix-neuvième siècle, l’Inquisition, Amalek et tutti quanti. Voilà qui devrait réduire notre liste d’agents d’élimination à tout juste cinq.

 

Reste qu’autant les juifs nationalistes et leurs chefs spirituels jurent de “ ne jamais oublier ” et de “ toujours se rappeler ”, il y a des choses qu’ils insistent véritablement à négliger, à balayer sous le tapis ou à négliger. Ainsi, par exemple, ils semblent incapables de comprendre la véritable signification de la Mission d’Investigation sur le Confit à Gaza, dont les conclusions sont connues sous l’intitulé de rapport Goldstone. Ils insistent à rejeter la lecture que Shlomo Sand fait de leur histoire, n’y voyant qu’un ramassis de contes phantasmatiques totalement imaginaires, bien près de verser dans le mensonge absolu. Ils s’ingénient à fermer les yeux sur le fait que les envoyés de l’AIPAC, l’AJC, l’Anti‑Defamation League, le LFI et le CFI sont tous en train de pratiquer, chez nous, un lobbying abject en faveur d’une idéologie raciste expansionniste, le sionisme..

Avec un ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, couché sur la liste des auteurs de propagande israélienne ( Hasbara ), et avec des sionistes prêchant des guerres interventionnistes dans tous nos médias, avec un Bernie Madoff nous faisant des cours sur Ponzi et un Alan Greenspan qui nous a amené le plus grave effondrement financier que nous ayons jamais connu, nous avons grandement besoin de quelques spécialistes juifs qui soient à même d’endoctriner des agents du Mossad afin de les rendre totalement aveugles et complètement amnésiques. J’imagine aisément qu’avec des gens comme Wolfowitz, Miliband, Goldstone, Abe Foxman, Greenspan, Madoff, Olmert, Livni, Sharon, Peres et d’autres, bien trop nombreux, nous avons besoin de bien plus de cinq malheureux experts pour convaincre l’équipe de tueurs du Mossad que la cause juive est entièrement cachère.

Que voit-on ? Nous avons déjà dénombré vingt-six assistants absolument indispensables pour assassiner, et encore, nous n’avons pas mentionné le moindre opérateur‑oreiller du Mossad. Ainsi, il faut bien plus que vingt-six agents du Mossad pour assassiner un seul Palestinien désarmé : CQFD. J’imagine que ces prochains jours, la police de Dubaï va nous gratifier de beaucoup d’autres photos d’Israéliens déguisés. Joe-Sacco.jpg

 

Force m’est de reconnaître qu’avec Israël, la vie est toujours pleine de surprises. Que ferons-nous pour rigoler, quand il ne sera plus là ( ce qui ne saurait tarder ) ?

 

Gilad Atzmon est écrivain et musicien de jazz, il vit à Londres. Son dernier CD : In Loving Memory of America. Gilad Atzmon

Dessin de Joe Sacco

Du même auteur :

 

-  Dreyfus, les Protocoles et Goldstone - 13 février 2010

-  Holocauste : retour de manivelle - 30 janvier 2010

-  The Shoa (The show) must go on ! - 28 janvier 2010

-  Telle une lumière pour les nations - 26 novembre 2009

-  Du fleuve à la mer - 14 novembre 2009

-  Un automne à Shanghai - 24 octobre 2009

-  L’IDF ou le scalpel d’Israël - 23 août 2009

-  Adhérer au Club Minyan de l’Aipac, moi ? Vous voulez rire ? Très peu pour moi - 19 juin 2009

 

1er mars 2010 Boycott.jpg

Vous pouvez consulter cet article à :

http://www.gilad.co.uk/writings/why...

 

Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

 

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Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /Mars /2010 18:45

      J'avais rien l'intention d'écrire aujourd'hui... travailler à mes ours et voilà... un p'tit week-end tranquille avec l'ami Louis malade enrhumé et voilà que la dernière image du combat de nos adolescences rageuses vient de se casser ! Une encore une de trop... Jean Ferrat même si on est loin d'être toujours al avec lui mais on s'en fout car c'était un poète de l'engagement total et un être solidaire des gens simples des ouvriers et paysans de nous autres quoi...
      Après Léo notre frangin anar nous v'là encore un peu plus seuls un peu plus largués des amarres alors pas possible d'écrire un mot pour l'instant... Voici trois textes dont un d'Aragon que vous n'risquez pas de lire ailleurs que sur notre blog des Cahiers diaboliques rien que pour dire que le combat des gens du peuple ne s'est jamais arrêté et qu'il continue avec des mots qui sont nos armes à nous !...
       Voilà de quoi bien énerver les rampants qui croient qu'il n'y a plus de gens debout et que les poètes attendent leur médaille et leur fin de mois ! Notre espoir à nous il est mis en chantier chaque matin et chaque nuit... On continue !

Au revoir Jean et Vive La Commune ! Nous serons toujours des Partageux Salut et Fraternité

La Commune
jean_ferrat.jpg

Jean Ferrat

 

Il y a cent ans commun commune

Comme un espoir mis en chantier

Ils se levèrent pour la Commune

En écoutant chanter Potier

Il y a cent ans commun commune

Comme une étoile au firmament

Ils faisaient vivre la Commune

En écoutant chanter Clément

 

C'étaient des ferronniers

Aux enseignes fragiles louise-Michel.jpg

C'étaient des menuisiers

Aux cent coups de rabots

Pour défendre Paris

Ils se firent mobiles

C'étaient des forgerons

Devenus des moblots

 

Il y a cent ans commun commune

Comme artisans et ouvriers

Ils se battaient pour la Commune

En écoutant chanter Potier

Il y a cent ans commun commune

Comme ouvriers et artisans

Ils se battaient pour la Commune

En écoutant chanter Clément

 

Devenus des soldats

Aux consciences civiles

C'étaient des fédérés

Qui plantaient un drapeau

Disputant l'avenir

Aux pavés de la ville

C'étaient des forgerons

Devenus des héros

 

Il y a cent ans commun commune

Comme un espoir mis au charnier

Ils voyaient mourir la Commune

Ah ! Laissez-moi chanter Potier

Il y a cent ans commun commune

Comme une étoile au firmament jeanferrat.jpg

Ils s'éteignaient pour la Commune

Ecoute bien chanter Clément


 

Jean Ferrat 

Cuba Si

 

La nuit quand je m'en vais à rêve découvert

Quand j'ouvre mon écluse à toutes les dérives

Cuba dans un remous de crocodile vert

Cuba c'est chez toi que j'arrive

 

Je rencontre un vieux nègre aux yeux de bois brûlant

Assis devant la mer grain de café torride

Le front dans le soleil il me montre en riant

Là-bas, les côtes de Floride

 

Cuba, Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba... sí

 

Il dit j'ai vu Harlem il dit j'ai vu New-York

Et noir j'avais si peur devant les chiens à nègresche_guevara.jpg

Que j'aurais préféré la peau rose d'un porc

Collée sur ma poitrine maigre

 

Et maintenant Cubain pauvre comme Cuba

Je suis libre et ma femme a la couleur du sable

S'il n'y a rien à manger on danse la conga

Mais les chiens restent sous la table

 

Cuba, Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba... sí

 

Adieu Cuba adieu mon rêve à la peau brune

Mes éperons d'argent sonnent sur tes galets

Et mon cheval rêvé qui renifle la lune

Piétine déjà l'eau salée

 

Que je devienne un jour un vieux singe ridé

Que le ciel de Cuba se brise comme verre

Je sais que l'on peut vivre ici pour une idée

Mais ceci est une autre affaire

 

Cuba, Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba... sí

 

 

Un jour un jour

Louis Aragon

  Fidel-Castro-3.jpg

Tout ce que l'homme fut de grand et de sublime

Sa protestation ses chants et ses héros

Au dessus de ce corps et contre ses bourreaux

A Grenade aujourd'hui surgit devant le crime

 

Et cette bouche absente et Lorca qui s'est tu

Emplissant tout à coup l'univers de silence

Contre les violents tourne la violence

Dieu le fracas que fait un poète qu'on tue

 

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange

Un jour de palme un jour de feuillages au front

Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront

Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

 

Ah je désespérais de mes frères sauvages

Je voyais je voyais l'avenir à genoux

La Bête triomphante et la pierre sur nous

Et le feu des soldats porté sur nos rivages

 

Quoi toujours ce serait par atroce marché

Un partage incessant que se font de la terre

Entre eux ces assassins que craignent les panthères

Et dont tremble un poignard quand leur main l'a touché

 

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange

Un jour de palme un jour de feuillages au front

Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront

Un jour comme un oiseau sur la plus haute brancheAragon.jpg

 

Quoi toujours ce serait la guerre la querelle

Des manières de rois et des fronts prosternés

Et l'enfant de la femme inutilement né

Les blés déchiquetés toujours des sauterelles

 

Quoi les bagnes toujours et la chair sous la roue

Le massacre toujours justifié d'idoles

Aux cadavres jeté ce manteau de paroles

Le bâillon pour la bouche et pour la main le clou

 

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange

Un jour de palme un jour de feuillages au front

Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront

Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

 

 

 

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