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Saïd et Diana

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  • : Les cahiers des diables bleus
  • : 19/09/2005
  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
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Colères noires

Samedi 10 avril 2010 6 10 /04 /Avr /2010 21:17

http://www.lemonde.f

“ Moi, Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois, j'ai honte ”

 Le Monde 10.04.10  

Claude Dilain

          Lundi 29 mars 2010, nouvelle semaine banale à Clichy-sous-Bois, ville dont je suis le maire depuis 1995. Avec Xavier Lemoine, le maire de Montfermeil, la ville voisine, nous accueillons une délégation de parlementaires dans le cadre d'une “ mission d'évaluation des politiques publiques dans les quartiers en difficulté ”. Démarche logique : notre territoire, parmi les plus pauvres de France, est éligible à tous les dispositifs mis en place depuis des dizaines d'années. Il incarne la “ politique de la ville ”, une des politiques publiques les plus évaluées, les plus remises en question aussi, sans doute parce qu'elle n'a pas réussi, seule, à enrayer la ghettoïsation de nos quartiers.

          Lors de cette journée, je veux faire connaître la réalité méconnue de Clichy-sous-Bois, commune enclavée à 15 km de Paris. Je souhaite aussi que les dizaines de personnes qui s'investissent au quotidien dans les associations, dans les écoles ou dans l'immense projet de rénovation urbaine puissent témoigner. Enfin, je souhaite faire passer un message essentiel : la politique de la ville, si elle n'est pas défendue au plus haut niveau de l'Etat par un premier ministre capable de mobiliser tous les ministères, ne peut résoudre les problèmes des banlieues les plus difficiles, quelle que soit la volonté affichée par les ministres ou secrétaires d'Etat successifs.

 

          9 heures. Les parlementaires sont à peine arrivés que je suis alerté par une élue municipale, habitante du quartier du Chêne-Pointu : un local technique, squatté par des jeunes, a brûlé à “ Mermoz ”, l'une des barres de cette immense copropriété dégradée du centre-ville. Le feu a été assez vite circonscrit par les pompiers mais les fumées toxiques ont eu le temps de progresser jusqu'au 10e étage. Par miracle, il n'y a pas eu de victimes graves. Je quitte les parlementaires et me rends sur place. Je découvre un hall dévasté. Jusqu'au dernier étage, la cage d'escalier est noire de suie et dans l'obscurité, les câbles électriques ayant brûlé. Nous montons les étages à la lumière de nos téléphones portables et briquets. Inutile de dire que nous ne prenons pas l'ascenseur puisqu'il est en panne depuis des mois, comme la plupart des ascenseurs de cette copropriété de 1 500 logements. balade-petit.jpg

          Au 4e étage, nous visitons le logement d'un “ marchand de sommeil ”. Nous y rencontrons trois familles dans un trois-pièces dans un état effarant. L'un des enfants est hospitalisé avec sa maman. Les familles, africaines, avec enfants en bas âge, paient 420 € de loyer par mois pour une chambre de 10-15 m2. La famille qui occupe le salon paie 700 € par mois. Le business du sommeil est rentable. Le père, en situation régulière, travaille en France depuis onze ans. Il me montre les quelques feuilles volantes, écrites à la main, qui lui servent de reçus pour le paiement de ses loyers. Aucune de ces familles n'a de bail. Elles partagent la cuisine, une salle de bains. Plusieurs fenêtres sont brisées, les murs sont noirs d'humidité.

          Cas isolé ? Non. Ce logement vient d'être acheté par un nouveau marchand de sommeil après avoir été mis en vente par l'administrateur judiciaire de la copropriété parce que le propriétaire précédent ne payait plus ses charges. Dans ma commune, ce sont des centaines de logements qui appartiennent ainsi à ces profiteurs de la misère. En toute impunité, ou presque. J'invite les parlementaires, accompagnés du sous-préfet, à venir voir cette réalité. Nous nous retrouvons donc à grimper avec des lampes de poche dans les étages. Nouvelle visite de logement au 4e étage et rencontre hallucinante dans la cage d'escalier, noir complet, avec de nombreux voisins descendus ou montés pour l'occasion, venus crier une nouvelle fois leur désespoir, devant cette arrivée impromptue de représentants de la mairie, de l'Assemblée nationale et de l'Etat...

      Des pères et mères de famille que nous connaissons bien à la mairie pour les avoir reçus à maintes reprises pendant l'hiver pour des problèmes récurrents de chauffage collectif et d'ascenseurs. Je sais hélas que nous les reverrons bientôt car ces problèmes ne sont pas résolus à ce jour. Il faudra évidemment y ajouter la cage d'escalier incendiée, qui attendra probablement des mois avant d'être rénovée, à moins que les habitants eux-mêmes ne décident de la repeindre par leurs propres moyens.

 

      Cette scène, dans une cage d'escalier étroite, à la seule lumière des lampes de poche, prend des allures surréalistes. Des personnes arrivent, toujours plus nombreuses, du dessus, du dessous... Dans ce capharnaüm, une femme monte lentement et silencieusement l'escalier, elle est pliée en deux, sous le poids d'un caddie plein, qu'elle porte avec une lanière sur le front. Elle habite au 8e étage. Nous sommes à 15 kmde Paris, est-ce possible ? Dehors, une trentaine de jeunes sont venus voir le maire et ces “ politiques ” qui ne “ font rien ”. Les parlementaires et les policiers qui nous accompagnent ne sont pas très à l'aise. Il faut dire que la semaine dernière un de leurs collègues a reçu, ici même, un projectile sur la tête (dix points de suture). banlieue-elephant.jpg

      Les jeunes comparent le Chêne- Pointu aux favelas. En tant qu'élu républicain, je ne peux me résigner à cette comparaison et j'évoque, devant eux, les "plans de sauvegarde" signés en janvier dernier, qui doivent nous permettre enfin de financer les travaux d'urgence et des équipes de travailleurs sociaux chargés d'accompagner les familles, dont 70 % - oui vous avez bien lu : 70 % - vivent en dessous du seuil de pauvreté. Ces explications ne convainquent pas les jeunes. Elles ne me satisfont pas non plus en réalité.

          Depuis des années, j'alerte les différents ministres compétents, les préfets, le conseil général, le conseil régional, j'ai été jusqu'à l'Elysée pour parler de la situation de ces copropriétés devenues des “ bidonvilles verticaux ”, portes d'entrée en Ile-de-France de nombreuses familles immigrées, de plus en plus précaires, qui viennent se loger à Clichy-sous-Bois faute de trouver un logement social accessible ailleurs.

         Les habitants aussi manifestent et crient régulièrement leur colère et leur impuissance à la mairie, à la sous-préfecture. Sans succès. Les travaux promis depuis des mois n'ont toujours pas pu démarrer faute de notification de certaines subventions publiques, toujours en attente. Un autre scandale parmi tant d'autres. Mais je sais surtout que les financements obtenus sont de toute façon largement insuffisants pour trouver une réponse globale. Je sais qu'il nous faudra innover, racheter en masse les logements des marchands de sommeil et ceux des propriétaires qui ne peuvent plus faire face aux charges collectives, mais aussi faire évoluer les législations sur les copropriétés dégradées. Je sais que sans une volonté politique forte, sans un travail étroit de construction avec les partenaires compétents et les habitants de ces copropriétés, toute intervention sera vouée à l'échec et nous resterons dans l'impasse.

La scène que je vous ai décrite n'a, hélas, rien d'exceptionnel et n'a mérité qu'une brève dans les pages locales du Parisien. De même, le policier blessé la semaine dernière au Chêne‑Pointu n'a pas mérité de faire partie de l'actualité. De tels événements font partie de notre quotidien et continuent à se produire très régulièrement dans ma commune. Qu'attendons-nous ? De nouvelles émeutes ? Que la “ Cocotte-Minute ” explose ? Aux dernières élections régionales, le taux de participation aux élections a été très faible à Clichy. Mais comment reprocher aux électeurs clichois de se désintéresser d'élections pour des institutions dont ils se sentent exclus, sur ce territoire abandonné de la République ? J'espère que les députés et représentants de l'Etat, témoins de cette journée ordinaire dans ma ville, copie-1-banlieuecolere.jpg seront porteurs de cette réalité au plus haut niveau de l'Etat. Parce qu'aujourd'hui, moi, maire de Clichy-sous-Bois, j'ai honte d'être le représentant impuissant de la République française. ”

 

      Post-scriptum : une réunion sur le “ plan de sauvegarde ” du Chêne- Pointu devait avoir lieu vendredi 9 avril. Elle a été annulée au dernier moment, la plupart des représentants institutionnels n'ayant pas pu se rendre disponibles. 

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Vendredi 9 avril 2010 5 09 /04 /Avr /2010 15:02

Communiqué UAM 93

http://www.palestine-solidarite.org/communique.UAM93.080410.htm

Palestine solidarité

  said1

Justice et vérité sur la mort de Saïd BOURARACH

 

Jeudi 8 avril 2010

 

Tous à la place de la république à Paris le samedi 10 avril à 15H

 

L’Union des Association Musulmanes de la Seine-Saint-Denis (UAM93) appelle à une marche le samedi 10 avril à partir 15H à Paris, départ de la Place de la République vers la Bastille.

 

Mobilisons nous pour exiger la vérité sur la mort de Saïd BOURARACH, vigile maghrébin, sauvagement agressé pendant qu’il exerçait son métier, par une demi-douzaine de voyous le 31 mars 2010 et retrouvé mort noyé dans les eaux du canal de l’Ourcq, à Bobigny, en Seine-Saint-Denis, laissant derrière lui une femme et un enfant.

 

Nous nous devons d’organiser une GRANDE MANIFESTATION qui condamne ce crime infâme, lâche et ignoble pour que toute la lumière soit faite, en toute transparence, sur les circonstances « douteuses » de ce meurtre odieux.

 

Si la crainte de certains de voir une flambée de violences communautaires se répandre justifie le mutisme intolérable des médias et des politiques sur ce lynchage, nous pensons que c’est plutôt ce silence qui va alimenter la haine et la frustration.

 

Par ailleurs, c’est un devoir pour tout un chacun de répandre l’information, de ne pas taire cet acte raciste et islamophobe terrifiant.

 

Pourquoi une telle injustice ? Cette logique de deux poids deux mesures dans le traitement médiatique, selon l’origine ou la confession de la victime est tout simplement scandaleuse.

 

L’UAM-93 rappelle bien évidemment qu’elle tient au respect du vivre ensemble et rejette tout amalgame et toute tentative de stigmatisation de n’importe quelle communauté.

 

Elle exige que justice soit faite.

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Jeudi 8 avril 2010 4 08 /04 /Avr /2010 20:17
Cet article est publié sur le site : www.info-palestine.net Boycott Israel

Avec la volonté, ils créent l’avenir

Vendredi 19 mars 2010

 

Ziad Medoukh

  Khan Younis

Par l’équipe du centre d’information francophone

Département de français

université Al-Aqsa-Gaza

Reportage sur la volonté des gens à Gaza

 

Dans le cadre de leurs activités et leurs reportages partout dans la bande de Gaza, l’équipe du centre d’informations et de recherches francophone au département de français de l’université Al-Aqsa de Gaza, a organisé une visite le samedi 13 mars à une ex-colonie israélienne de Gane Tal qui est devenue un territoire libre et qui est située au sud de la bande de Gaza à côté de la ville de Khan Younis. Ce territoire était occupé par les Israéliens depuis 1948 jusqu’à 2005, avant leur retrait de toute la bande de Gaza, les colons israéliens occupaient 40% de toute la superficie de la bande de Gaza, il y avait 21 colonies, six d’entre elles étaient à Khan Younis au sud, “ Gush Qatif, Nezser Hazane, Gane Tal, Gan Or, Gadid, Naveh Dakalim ” et les autres colonies étaient installées sur le reste des autres villes de Gaza.

L’équipe du centre a rencontré le directeur général de ce territoire à Khan Younis, monsieur l`ingénieur Hamad Al Réghib, pour avoir les informations sur le travail effectué dans ce territoire par les paysans et les travailleurs sur place.

M.AL Réghib a commencé par expliquer ses efforts avec ses collègues en vue de réparer les dégâts ; après le retrait de l’armée israélienne, tout était désert, ni espaces verts, ni arbres, seul des réservoirs d’eau explosés par les soldats israéliens avant leur départ.

 

Mais, ces colonies libérées sont devenues plus belles qu’avant grâce à l’expérience des paysans palestiniens et à leur grande volonté ; avec la participa Petits oliviers tion et l`initiative des experts et des ingénieurs agricoles, les paysans et les ouvriers, gardant le moral et l’espoir, ont pu envisager leur avenir avec sérénité, en progressant dans leur coopératif, en l’amenant à sa réussite, ils ont pu réparer et reconstruire les réservoirs de l`eau et cultiver la terre.

Actuellement, dans cette zone qui était bondonnée, il y a plus que 16 000 pommiers, six types variés de manguiers plantés sur 300 donoms ( 1 donom = 1 000 m2 ) - l’année dernière la production est parvenue à 130 tonnes vendues sur les marchés locaux - une vaste étendue de pêchers et d’abricotiers, plus de 50 000 poiriers et d’amandiers, plus que 5 000 donoms de serres de raisins variés dont, l`année dernière, la production a été de 60 tonnes, 30 donoms d’orangers qui ont produit 6 tonnes l`année dernière, et aussi, 1 300 citronniers, 27 000 oliviers .

M. Al-Reghib dit que les Palestiniens aiment planter ce type d’arbres, parce qu`il représente le symbole de l’héritage et de la tradition palestinienne. Tous ces arbres sont reliés entre eux par des canaux venant des puits et des réservoirs qui irriguent les vergers.

M. Al-Righib a ajouté que ce projet-là va bien aider le secteur alimentaire et apporter une sécurité pour l’alimentation dans la bande de Gaza ; comme cela, le peuple palestinien n’aura plus besoin d’importer les fruits qui rencontrent souvent de grandes difficultés à franchir les passages israéliens et il va aussi améliorer l’économie nationale ; grâce à ce projet, nous n’aurons plus besoin de compter sur les autres.

En 2008, une compagnie privée “ Rawafid ” a loué une grande superficie de 72 donoms et a pu y construire des fermes, avec des vaches pour le lait, des lapins, des moutons, des oies, des poulets. Rawafid a pu louer des terrains vides et des serres. Au bout d’une certaine période, elle a réussi à réparer ces serres et à y cultiver des tomates, des oignons, de l’ail, des poivrons rouges et verts, des conco A Gaza mbres, des pommes de terre, des melons, des pastèques, pour les vendre sur les marchés de toutes les villes de Gaza ; cette compagnie est managée par le ministère de l’Agriculture.

Celui-ci est chargé de faire des statistiques et des études très poussées, afin de déterminer les besoins du peuple, en légumes et en fruits. Alors, à chaque saison, le ministère envoie une liste de tout ce que cette compagnie doit cultiver dans l’avenir - afin d’éviter des manques et des déficits de productions - liste de ce que les citoyens palestiniens auront besoin dans leur vie quotidienne, en prenant garde que ces listes ne touchent pas à la production des simples paysans.

Le directeur de Rawafid, M. Adnan Tanira, a expliqué les défis à relever et les difficultés rencontrées par une telle compagnie privée, dans son travail, sous blocus israélien , dans la bande de Gaza, depuis quatre ans, surtout pour faire franchir les passages aux engrais agricoles, aux tuyaux, et nylons pour les serres. Mais l’administration de cette compagnie n’a pas baissé les bras, elle s’est servie des déjections des animaux et les a utilisées dans l’agriculture. Serres

 

D’un autre côté, depuis six mois de coupures quotidiennes d’électricité qui peuvent aller jusqu’à plus de douze heures par jour, il n’est pas possible aux ouvriers et aux paysans même de pomper l’eau des sept puits et de la faire couler pour les semis, ce qui menace la vie de ces semis surtout ceux des petits arbres. A cause de cela, ces paysans ont beaucoup souffert, et pour ne pas perdre tous leurs efforts et leurs projets d’avenir, ils ont fini par acheter un grand générateur venu d’Egypte ; ainsi, leur projet pourra se poursuivre dans de bonnes conditions.

On peut ajouter à cela que les paysans palestiniens cultivent de jolies fleurs de bonne qualité, mais à cause de ce siège inhumain, ils ne peuvent pas exporter cette production, donc ils sont obligés de vendre toute la production de fleurs aux fermes, à très bas prix.

 

La compagnie de Rawafid est en train de penser à plusieurs projets pour l`avenir : l’un d’entre eux s’appelle “ le développement du secteur poissons  ” ; actuellement elle a creusé un grand lac, sur 60 donoms, et a creusé des canaux qui viennent de la mer, mais le blocus l`a empêchée de continuer, car il n’ont pas trouvé un plastique de bonne qualité pour les lacs, Israël a interdit de le passer à Gaza en 2007.

L`objectif de ce projet est d`enrichir et d’encourager le secteur poissons à Gaza Citronnier .

 

Autre projet, c’est de faire un partenariat avec le Kuwait pour cultiver 16 000 palmiers-dattiers afin d’encourager l’agriculture de dattes dans la bande de Gaza ; c`est un projet pour encourager les paysans et la solidarité entre les Palestiniens qui sont toujours sous blocus et subissent toujours ce siège inhumain.

 

17 mars 2010 - Diffusé par Ziad Medoukh - ziadmedoukh@hotmail.com

 

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Mercredi 7 avril 2010 3 07 /04 /Avr /2010 21:20

    said1 Suite au poème dédié à Saïd que j'ai écrit y a trois jours quelqu'un qui a lu ce texte m'a demandé s'il s'agissait "juste d'un texte"... Ce qui prouve bien que ce fait terrible qui est un pur et simple assassinat de Saïd Bourarach jeune vigile de 36 ans dans un grand magasin de Bobygny par 6 types qui ne sont pas des êtres humains n'a été relayé par aucun journal sauf Libé et continue à être occulté par la plupart des médias pour des raisons dont on se doute quand on connaît l'origine des tueurs...

    Pour celles et ceux qui désirent prendre connaissance des faits qui ont provoqué chez moi une telle colère et un tel dégoût de ce pays la France de ses dirigeants et de ceux qui soutiennent ce genre de saloperie qui consiste à retirer comme ça la vie de quelqu'un juste pour le plaisir parce que "c'est un Arabe" voici quelques liens :

http://allainjules.wordpress.com/2010/04/03/mort-de-said-bahrarach-vigile-a-bobigny-limpossible-verite/

http://www.egaliteetreconciliation.fr/Rassemblement-pour-la-verite-sur-la-mort-de-Said-Barara-2998.html

http://www.mecanopolis.org/?p=15725

 

      Ce qui s'est passé là m'a tellement mise mal que je n'ai rien écrit depuis... Il n'y a pas de limites à l'horreur et à la haine mais il y en a à ce qu'on doit accepter et là elles sont dépassées pour moi... Je ne sais encore ce qu'il faut faire pour nous protéger et pour protéger nos amis Arabes et tous ceux qui ne sont pas "purement blancs" de ce genre d'actes mais nous devons réagir et agir... A suivre !

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Lundi 29 mars 2010 1 29 /03 /Mars /2010 20:27

La bande des hiboux de la night

Epinay, Dimanche, 27 mars 2010

  hiboux--blanc.jpg

 

Photo de Champagne 51


Ouaouf ! Je n’sais pas ce que vous en pensez mais il m’est venu d’un coup comme ça ce matin je n’sais pas pourquoi une grand zeph d’évidence qui m’a brouillé un p’tit moment le goût du déjeuner qu’est pourtant le moment sacré d’ma journée… Ouais ça s’est pointé au réveil et moi qui me pieute jamais de bonne heure comme vous savez c’est sûr que je me lève pas tôt et j’ai souvent les neurones au court‑bouillon alors avant d’avoir englouti le kaouah et grignoté les tartoches je pense pas… Même quand je suis dans notre gourbi de la cité d’Orgemont à Epinay toutes les fins de semaines et le mercredi rien que des moments de jubilation et que c’est Louis qui se colle à la préparation du café je n’mets jamais en route la machine à mots tant qu’il est pas onze heures au moins j’ai beau essayer je peux rien… Avant que je rencontre p’tit Louis l’enchanteur des jours et des nuits par la plus grande magie du mektoub qui m’est arrivée que j’en reviens toujours encore pas je ne pionçais pas des nuits entières sauf à partir de cinq plombes avec la chienne Bonie qui réclamait gémissait tonitruait que je l’emmène dans la night sur macadam trottoirs renifler les autres clébards et mettre la pagaille milieu des cartons des clochards une misère ! Ouaouf ! Ouaouf !

Ouais c’est vrai vous allez pas être étonnés mais le salariat comme ça a jamais été mon blot et pas plus à Bonie l’artiste du caniveau alors l’effarée du traversin à midi c’était mézigue !… J’sais pas à quelle magouille de la family laborieuse ou croisement de cellules je dois ma noctambulie mais j’l’ai eue à l’aube de ma life et ma daronne pestait que j’étais pire qu’une bande de hiboux à moi toute seule ! Elle se levait tôt elle était infirmière et elle trimait à l’autre bout du bout d’la banlieue et mézigue qui roupillais pour le départ à l’école la prison des moutards j’étais pas d’attaque et fallait me secouer à donf que j’émerge et Plouf ! aussi sec je replongeais aux mirages des rêveries… Toute façon y’avait rien de bon a attendre des matinées d’l’époque pour les ouistitis comme mézigue alors là rien j’vous rassure… C’était le café au lait j’ai jamais pu avaler cette saleté de mélange vomitif qui me remontait aux cages à miel dès que je l’avais forcé à descendre parce qu’avec la daronne y avait pas moyen elle était féroce d’autorité et après c’était la flotte du lavage que je piffrais pas plus mais la raison c’était qu’y fallait faire fissa et moi j’ai pas la possibilité vous voyez ?… Ouaouf !

Bon ça y est v’là que je vous raconte des trucs qui perdent le sens de c’que j’avais à vous dire au départ de cette petite chronique des nos banlieues blues mais c’est à cause du matin ça me revient c’est obligé… Et la Bonie elle était encore plus flemmarde que cézigue au clairon fallait voir sauf en cas de besoin d’urgence alors là elle me virait du paddock en hurlant toutes les morts des abattoirs et en enfonçant sa gueule baveuse qui puait trop dedans mon cou pour commencer et si ça donnait pas elles rentrait en entier l’énorme dégoutanceté la malpropre qui cognait de partout dessous la couette en ronflant comme mille locos vapeurs… Rouh ! Rouh ! Rouh !… Et elle aboyait en plus et elle criait encore et moi j’avais qu’à sauter dedans mon jean et mon pull‑over trop grand toujours au pied du plumard l’habitude que j’avais de ces drames vous pensez bien !… Ouaouf ! Ouaouf !

Ça explique peut‑être les insomnies de la night les maladies à répétition de mon vieux et les bruits dans l’ombre quand on est p’tit c’est pas le pied pour embarquer aux songes y avait si tellement de la peur et des revenants à la bidoche pendouillante des accidents qu’ils avaient tous eu dedans la family aux machines des usines alors j’le savais pas mais c’était comme une atmosphère de terreur qui tournoyait aux entournures du soir enfin voilà… Comme on s’occupait pas de mes effarements à mla-canaille1.jpgon goût alors je m’étais bricolé une bande de hiboux qui rappliquait quand j’avais mes épouvantes et ces bestioles des rouquines et des blanches surtout qu’effraient les braves dormeurs à l’heure convenue et les péquenauds à moi elles me faisaient la bonne compagnie et j’les ai jamais oubliées… Après elles sont devenues mes potes mes cracheuses d’encre mes déglutisseuses de souris en boules sèches et à l’intérieur des p’tits sachets de peau poils os et ongles croqués broyés desséchés y a mes réserves à écriture… Ouaouf ! Ouaouf !

Ouais je sais vous me croirez pas et d’abord ce que ça a à voir avec le sujet de cette petite chronique des banlieues hein ? Ben juste vous tombez pile poil car le sujet qui m’a alpagué ce matin vers les 9 plombes avant qu’il en soit 10 et ça aussi c’est pas rien pour les gens comme mézigue qui vivent au rythme lent et renfrogné des saisons et des hibernations lunaires que l’arbitraire industriel ahuri qui nous aurait obligés si on l’avait fait à traire les chèvres une plombe plus tard !… elles auraient attendu que vous pensez vous autres hein ?… Ouaouf !… donc le sujet c’était qu’en écoutant d’une esgourde vaguement entrebâillée les news au poste que p’tit Louis allume à cause de la musique il s’en passe pas et les divagations des politicos que d’ordinaire je m’intéresse pas surtout à cette heure comme je vous ai expliqué je me suis dit d’un coup c’est pas croyable ce que ces gusses qui dirigent la loco emballée à fond et ses mille wagons à humains en folie ( clin d’œil aux jeun’s du groupe La Canaille et à leur texte extra “ Arrêtez ce train ! ” ) direction néant ils ont l’air de nous détester… de nous mépriser… de jouir qu’on soit chaque matin un peu plus dans la zermi et le désespoir !… Ouaouf ! Ouaouf !

Parole de chien que j’avais rien prémédité ni médité dans la night je vous le certifie… C’est vrai que quand je pieute à Epinay je dors avec les poules et surtout avec p’tit Louis qui peut pas lui faire le mariolle car il trime comme tous les gens normaux et il ouvre l’œil vers 5 plombes et demi du mat une semaine sur deux c’est les 2/8 de la banlieue alors mézigue je m’adapte je change mon rythme et la bande des hiboux mes potes pareil elle s’accomode pas d’lézards on est des personnes souples nous autres on vit parmi le monde hein ?… Ouaouf ! Alors parole de chien que malgré mes insomnies dans le pieu je n’bouge pas et je m’invente des histoires et les hib arrabal.jpg oux me préparent les boules à mots pour la nuit d’après c’est commode j’ai de l’avance… Ouais parole de clébard que cette nuit à cause du changement ou de je ne sais quoi j’ai pas été réveillée ni par les fureurs noctambules de la cité ni par les miennes de l’en dedans et c’est en captant la voix du type aux infos qui sont vite fait c’est la radio de la musique qu’on met p’tit Louis et mézigue le reste on supporte pas… que j’ai eu l’effarement du dimanche !…

Ouaouf ! Vous allez me dire que c’est pas la grande découverte et qu’y en a bien d’autres des conducteurs de locos déments qui ont détesté leurs peuples et chacune des créatures qui grouille dans les rues en bas sur macadam black qui trime pour sa life et pour les patates au beurre ou sans beurre et pour un p’tit week‑end au bord de la Loire ou à Dieppe c’est pas loin c’est pas trop cher et pour le crédit du préfa avec cages à lapins entières en récup et tout et tout !… Je n’vous cause pas de la niche du clébard vu que Bonie quand on vivait chez les moineaux et les mésanges elle en avait une très belle de cambuse tout en planches de bois d’arbre et le toit bien protégé en ardoises cassées rafistolées avec dedans une couvrante qu’elle en faisait des lambeaux et qu’on la changeait deux fois par an l’arnaque cette clébarde !… Ouaouf ! Sûr qu’y en a eu d’autres avant ceux‑ci qui se sont vautrés dans le plaisir de montrer tous les jours aux braves gueux et aux autres les moins gueux et aux pas gueux du tout là pour le coup je crois qu’on y est tous dans leur poubelle sur leur décharge au fond de leur chambre froide à barbaque pour les animaux de leur zoo privé… de leur montrer comment ils ont rien à faire de leurs désirs d’exister avec leurs rêves et leurs petites cambuses allumées pour ne pas avoir trop froid l’hiver…

Ouaouf ! Vrai qu’on imagine facile la chienne Bonie et mézigue que Pinochet et ses potes avaient bien de la haine pour ceux qui ne voulaient pas que la domination des mêmes réduise les paysans et les ouvriers à l’infâme qu’est notre lot populaire depuis qu’on existe nous autres les gens des rues et des champs… que Franco et sa clique de généraux détestaient itou pareil les “ ba arrabal_mundo96.jpg s de gamme ” comme dit Buko et les rebelles solidaires de Catalogne et d’Aragon… et tous les autres qui ont atterri réfugiés de c’côté de la frontière et qui ont pas été accueillis avec un formidable enthousiaste fraternel par Daladier ! La Retirada l’exode des populations après le 26 janvier 1939 est un des épisodes récents qu’a marqué les gens d’ma génération par le fait qu’on a tous eu des copines de bahut qu’étaient filles de réfugiés espagnols et qui racontaient… Et pour ceux qu’ont lu “ Lettre au Général Franco ” de Fernando Arrabal y’a pas de doute que ça a été un exemple de fort mépris d’un peuple par un pouvoir illégal en plus… Ouaouf !… là les hiboux ils suivent pas ils refusent recta ! Le Franco l’ordure y avait rien à perdre ses plumes et des boules à souris d’lui écrire !… Ah non non et non !… Arrabal il a pas senti la gourance lui qu’a eu son vieux de mouliné par les brigades de la muerte alors !

Et sûr que Thiers le nabot monstrueux aidé de son Galliffet abruti sanguinaire nourrissaient une haine sans limites pour les Communards et pour tous ceux qui dans la population de Paris et sa banlieue avaient osé rallier les Partageux… Il avait d’ailleurs déjà auparavant montré son mépris des ouvriers quand il était ministre de l’intérieur de Louis‑Philippe et qu’en 1834 après la révolte des Canuts il fait voter l’interdiction des associations et tirer sur ceux qui n’sont pas d’accord !… On sait dans quelle boucherie ça s’est terminé… encore un bon exemple de l’empathie qu’on en général ceux à qui on file niaisement et irresponsablement le pouvoir depuis des lustres ! Ouaouf ! Et les hiboux là ce qu’ils ont à dire les hiboux ?… Que Louise Michel elle est juste l’inverse de ces gens­‑là de ces rois ces généraux ces évêques ces présidents assis perchés sur de la mort et qui gavent le bon peuple de baratin propriété privée… ennemis d’la patrie… raison d’Etat… L La-commune.jpg ouise elle en avait de l’humanité et de l’intelligence avec les gaziers de n’importe où elle était proche…  qu’en Nouvelle Calédonie elle a continué à être solidaire des Canaques… Alors voyez que c’est possible et les z’hiboux ils approuvent tous en cœur… Ouaouh ! Ouaouh ! Ouaouh !… et la grosse fûtée de Bonie aussi Ouaouf ! 

Ouais je sais les caves ça n’manque pas oh non !… mais ceux qu’envoient aujourd’hui ce pays dans le néant et nous autres avec ils ont pris radical le parti de la grosse finance mondiale et de ses mafias… de ses guerriers stupides et tueurs soutenus par les services secrets et la racaille à gerber des maîtres du monde et il hésitent pas à nous balancer en face qu’ils n’ont rien à fiche qu’on crève et qu’au contraire ça les fait bien se poiler à notre santé… ça les ravit les saligauds ça les rend tout prétentiards encore plus de mater les foules qui défilent à la lanterne et de clamer devant leurs loupiotes violettes de boîtes à culs qu“ c’est pas la rue qui décide ! ” comme ce brave Louis 16 qui pigeait pas ce que ça voulait dire “ avoir faim ” ! Ouaouf ! et qui se demandait ce que ces gens faisaient dehors… Hé les ziboux au pieux ! au pieux !…

Nous autres Bonie la chienne et mézigue j’peux vous assurer qu’on le sait c’que ça signifie que de n’pas pouvoir boucler la semaine et la grosse goinfre elle a pas fini de piailler pour ses boîtes qui sont encore un luxe elle se doute pas… Ouaouf !… Un de ces quatre si ça continue c’est bibi qui va se les taper les boîtes à clébard et p’t’être même que je finirai par becter Bonie aussi qui sait hein ?… Ouais alors tout ça c’était pour vous rencarder qu’on est revenus me semble deux trois siècles en arrière et que l’abolition des privilèges on n’la pas bien menée c’est probable… Les hiboux sont témoins eux qu’ouvrent l’œil dans les moments où les autres roupillent…  Mais ce qu’on a surtout pas réussi du tout alors c’est à se rejoindre dans cette population qui n’cesse pas de morfler et que la haine et le mépris qui nous viennent du haut des trônes où trônent les minables on les a bien adoptés aussi entre nous si on La-canaille.png regarde hein ?… c’que vous en pensez ? Ouaouf ! 

Alors encore une fois je vous renvoie à mes poteaux du groupe de rapp La Canaille dans son CD Une goutte de miel dans un litre de plomb avec une autre chanson cette fois : “ L’usine ”… Le refrain il vous dira tout mieux que mézigue “ Couper séparer jeter… ” et si vous pouvez regarder leur clip alors n’vous en privez pas c’est trop beau ! Ouaouf ! C’que Bonie l’anarchiste et mézigue on voulait vous souffler dans vos esgourdes c’est que si on avait pas de toujours pris le pli pourri de se couper se séparer et se jeter au trou entre nous au lieu de se retrouver solidaires pour vire Promethee.jpg r la misère et le fric qui vont ensemble et pour reprendre les mots et les utopies des Partageux et bien l’espoir de vivre libres avec le respect et la bonté on l’aurait encore !… Donc si vous voulez qu’une fois d’plus on se fasse pas mettre comme au temps de la Commune comme en Espagne comme au Chili et ailleurs essayons d’être solidaires hein ?… L’est pas trop tard foi de hiboux mais faut pas traîner !…  Ouaouf ! Ouaouf !

Allez salut et fraternité !

 


Texte écrit en 1870 pendant la Commune de Paris

« La canaille » :

« Dans la vieille cité française existe une race de fer

Dont l’âme comme une fournaise a de son feu brûlé la chair

Ses fils naissent sur la paille

Pour palais n’ont qu’ un taudis

C’est la canaille, eh bien j’en suis »

Publié dans : Colères noires
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