Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Saïd et Diana

Said-et-Diana-2.jpg

Présentation

  • : Les cahiers des diables bleus
  • : 19/09/2005
  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
  • Retour à la page d'accueil
  • Partager ce blog

Texte Libre

Texte Libre

Pour faire défiler les images du catalogue cliquez sur la fenêtre dans le bleu et placer le curseur de la souris sur la page à gauche...

Commentaires

Image de Dominique par Louis

Recherche

Colères noires

Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 20:49

      J'ai eu une petite idée il y a quelques jours et je suis sûre qu'elle va vous plaire... Comme je tiens une correspondance acharnée avec des amis fidèles ( y en a très peu... ) et notamment Rania Aouadène ma copine écrivaine et poète kabyle que vous connaissez et que bien des choses tristes qui se sont passées depuis le début de l'année et la révolte arabe... je pensais vous faire partager nos échanges de ce moment-là où on y croyait fort... Rania 2008

      Rania est partie en Tunisie quelques temps après la révolution et elle m'a écrit de là-bas... enfin vous verrez... Voilà... il me semble que ça s'est passé il y a des années tant mon désenchantement est grand...

Alors cette marche ? 11 février 2011  

12 février 2011

Coucou Rania,

 

Hier soir c'était vraiment de la folie, j'ai regardé avec le direct live du Monde l'explosion de joie sur la place Tahrir au Caire et c'était impossible de ne pas être dans l'émotion et la frénésie avec eux, même si on sait très bien tout ce qui se dissimule et se magouille derrière ce que le peuple égyptien a voulu avec toute sa force et sa générosité, et surtout avec sa jeunesse qui est capable de donner sa vie pour son idéal... La fête ils l'ont gagnée avec leur peau et c'est pas rien de la risquer sa peau alors on peut être fiers car ce sont tous les peuples du monde exploités et asservis qui relèvent la tête aujourd'hui et le bonheur c'est que ce signal nous soit venu du Monde Arabe ! 

Maintenant bien sûr rien n'est joué dans cette partie de dés engagée contre-avec l'armée car tu sais comme moi qu'il n'y a rien de plus nuisible et de plus déterminé à se fritter avec tout ce qui n'est pas minablement conforme au pouvoir dominant : le leur, que les militaires... Et pour les subir depuis 60 piges en Algérie les militaires, tu sais aussi de quoi ils sont capables et par qui ils sont déplacés sur l'échiquier du monde du fric et des vieillards séniles qui jouent à la mort avec leurs peuples...

Ouais ma Rania, on a beau être dans l'écriture jusqu'au cou nous autres, ça ne nous empêche pas d'être lucides, hein ? Y a qu'à regarder Camus par exemple dans ses écrits libertaires de 1948 à 1960 que Lou marin a rassemblés et publiés, combien il revient sans cesse sur le rôle des créateurs et surtout des écrivains en face de l'histoire qui se fait avec du sang et avec le chaos qui broie et aussi souvent avec le désenchantement. 

Y a une phrase de lui que j'aime et qui me va bien je crois, je l'ai copiée pour ne pas l'oublier sur mon gros cahier de notes : “ Les écrivains ont toujours été du côté de la vie, contre la mort. Où serait la noblesse de ce dérisoire métier s'il n'était fait justement pour plaider inlassablement la cause des êtres et Camus journaldu bonheur ? ” Bon, nous deux c'est clair qu'on est du côté de la vie et du bonheur même si on a la grosse colère des fois...

Et au fait d'écrivains, j'ai lu sur le reportage du Monde concernant l'Algérie qui ne donne presque pas d'infos d'ailleurs, que Mohammed Kacimi que je connais bien et qui avait disparu dans le silence depuis les années de braise de l'Algérie était à la manif à Paris et qu'il a pris la parole pour parler de... l'Egypte enfin ce que j'ai cru du moins... mais peut‑être qu’il s’agit de son homonyme qui est écrivain et peintre marocain ?

M'étonneront toujours les écrivains algériens par rapport au pouvoir et à leur pays... Bon, ma Rania j'ai cherché en vain des infos pas trop pipeau sur les manifs d'aujourd'hui à Alger et à Oran, et aussi à Tizi Ouzou car je sais qu'il y en avait de prévues, et ouallou rien ou deux trois mots bidons comme on a l'habitude... Pas plus concernant Marseille Toulouse Bordeaux et le reste ici non plus… je me doute qu'on nous planque quelque chose ! Alors si tu veux me raconter ta marche ça me ferait bien plaisir d'avoir des infos en direct presque et du vécu vivant vu que l'Algérie c'est quand même notre utopie à nous autres hein ?

Alors qu'est-ce qu'ils attendent les peuples d'Algérie pour les virer ces bouffons sinistres et qui ont aussi les paluches bien sales que je crois... Z'ont pas que le sang de Jean Sénac sur les mains et aussi celui de ton père mais chaque personne qu'ils ont tuée doit rester dans la mémoire des peuples pour qu'on les empêche de nuire à nouveau... 

Tout ça m'inspire drôlement en tout cas et je n'arrête pas de gribouiller des textes que je balance sur notre blog parce qu'être solidaire en ce moment c'est évident ! J'ai commencé à rassembler des bouts de notre correspondance et ces échanges avec toi me plaisent de plus en plus ma Rania, y a si peu de personnes à qui je peux causer de cette passion arabe que j'ai, comme le dit si bien Leïla : l'Orient ma rêverie c'est tout ce que j'ai eu... Allez vas-y écris ! Bisous plus rebelles et plus poétiques que jamais de Dom et de p'tit Louis

                          

Manif

dim. 13/02/2011 16:35

 

 

Ma  Domi ! je suis rentrée à la maison épuisée mais en forme. Je n'étais pas comme de nombreuses fois, face à ce pouvoir militaire complètement désenchantée par le flop de la manif à Alger. Même s'ils ont déployé 30000 policiers, qu'importe les algériens ont compris que nous pouvions changer les choses et qu'il n'y a aucune force qui ne puisse gagner face au peuple quand il décide de s'unir.

Nous avons défilé à Marseille en sachant les arrestations arbitraires et les violences commises à l'égard des manifestants. L'important est de se dire que nous ne continuerons pas indéfiniment à accepter les injustices et la corruption liées à ce régime. Nous ne dirons pas assez les horreurs liées à ce régime qui a décidé un jour qu'il était le seul maître à bord au lendemain d'une indépendance gagnée dans le sang. Place Tahrir 9 février 2011

Qu'importe si madame la France continue de parler de la guerre comme si elle n'avait pas fait autant de morts et détruit autant de familles quels que soient les bords. Nous arrêterons de penser que les bons fellaghas n'ont fait que défendre la Liberté alors qu'ils s'entretuaient entre eux pour des histoires de nanas, de détournement de fric et de gestion de bordels dans lesquels il faisaient la révolution. 

Tu vois j'ai donné hier un interview dans la Provence et encore une fois, j'ai aimé “ fille d'un opposant assassiné ”, comme la marque indélébile de la présence de mon père dans tous mes combats. Les salauds se sont appropriés la lutte de mon père et de ses amis, alors je n'aurais de cesse de leur servir jusqu'à ce que l'histoire franco-algérienne reconnaisse les torts commis au MNA, le traînant dans la boue, sans oublier le PC qui lui aussi a sa part de responsabilités dans le dénigrement du MNA.

Je suis choquée de voir les partis ne pas se prononcer sur la situation dans le monde arabo‑berbère. L'histoire recommence comme lorsque les cocos attendaient la révolution internationale avant de libérer les colonisés, les Indigènes. Si nos pères avaient attendu nous serions encore des sous-peuples, des sans “ âmes ” comme les Indiens et les Nègres l'ont été pour les peuples qui les ont soumis à leurs indignes lois de la colonisation.

Et oui ma belle,  que de prétention de la part des politiciens, des philosophes, des journalistes et avec comme mot d'ordre se taire et brandir la menace des islamistes, des intégristes… J'ai bien aimé ta phrase de Camus et je n'ose penser à ceux des intellos algériens qui refusent de reconnaître Camus comme Algérien et qui considèrent qu'il aurait du être du côté de l'Indigène.

Moi je ne sais pas, je me dis que la question est de savoir comment analyser le travail sur Misère de la Kabylie quant on sait qu'il n'a cessé de dénoncer la situation chaotique des populations et que personne n'a voulu l'écouter. Je préfère garder de Camus une oeuvre passionnante, engagée faite d'un humanisme sans limites et je jette à la poubelle les polémiques qui ne servent que ceux qui aujourd'hui sont assez lâches pour exhumer la dépouille de Camus et la donner aux chiens pour qu'ils en délectent.

Tu sais que je pars en Tunisie samedi et ne te pose pas de questions… De plus je vais peut‑être rencontrer une professeure de fac qui est passionnée de Camus et en est spécialiste. Bla bla bla je n'aime pas les spécialistes de... mais j'aime sa vision des choses et nous avons parlé de l'attitude des intellos algériens vis à vis de Camus. Au Caire

Je pars car j'ai besoin d'oublier mon séjour algérien qui s'est pas très bien terminé avec mon impossibilité de ne pas éponger les horreurs de ce pays, chaque fois que j'y séjourne.
Mais j'ai surtout envie de voir,  de sentir le changement même si je sais que rien est acquis et que les réactionnaires sont là tout près pour empêcher le changement.

Bon ma belle, je te laisse sur cette chanson que nous avons tous chantée lors des manifs pendant les années de manifestations à la fac et au lycée ! Venceremos porque nadie detiene a un  pueblo unido de ardorosa unidad ! Bises à tous deux ! Rania

 

 

 

 Un bon voyage !                                                     

16 février 2011 18:59

 

 

Coucou Rania,

 

Et merci pour ton long courrier qui me raconte tant de choses c’est vrai qu’en ce moment ça bouge tellement qu’on a envie de parler sans arrêt et d’échanger parce que c’est un peu nos utopies qui se réalisent enfin ces peuples qui se lèvent… Tu sais moi en dépit de mes opinions de vieille anar qui ne risquent pas de changer, je suis très peu dans les combats d’idées vu qu’en règle général ça me saoule et que les idées ça n’est pas mon truc… alg Jean Senac

Ce que j’aime justement chez les écrivains comme Camus et encore plus chez mon cher Jean Pélégri et bien sûr chez Sénac c’est la part de l’émotion et la poésie qui n’empêchent rien à la conviction h um aniste de Camus et à la formidable passion populaire de Jean Sénac et c’est bien pour ça qu’ils l’ont, lui aussi, assassiné en cette fin août 1973…

Ce que tu dis pour Camus, forcément que je suis d’accord et malgré mes va‑et‑vient le concernant car c’est le premier auteur que j’ai lu quand j’avais seize piges, un gribouilleur qui compte je veux dire, je n’avais jamais pu oublier la phrase que Rieux dit à Tarrou dans La Peste : “ Ce qui m’intéresse ce n’est pas d’être un héros c’est d’être un homme… ” Bon à l’époque moi j’étais du genre je pose des bombes et je fais tout sauter si ça peut faire que ce monde pourri dégage ( ouais ce blaze c’est le mien ils me l’ont piqué ! ) alors là j’ai passé des heures à retourner l’affaire dans tous les sens, tu imagines…

Mais c’est quand j’ai pu causer de Camus avec Jean Pélégri qui avait été reçu par lui comme lecteur chez Gallimard pour son premier bouquin L’embarquement du lundi et ils s’écrivaient mais ils n’avaient pas discuté ensemble jusqu’à ce qu’ils se rencontrent à Paris une nuit dans un café à Saint‑Germain en 1960 juste un peu avant qu’il meure comme on sait…

Jean me racontait souvent cette discussion dans un bistrot parisien qui n’a rien à voir avec ceux d’Alger comme il disait et j’avais noté pour mon bouquin de dialogue avec lui deux trois phrases du genre : “ Qu’il semblait loin le bonheur marin de Tipasa… Moi j’essayais d’accorder l’image de l’homme qui me parlait avec celle que je m’étais faite de lui à travers ses livres, j’essayais d’accommoder… ” PELEGRI SENAC

Il ne savait pas qu’ils ne se reverraient jamais mais Jean était fasciné par l’intervention de Camus en février 1956 quand il a pris part à la réunion sur la trêve civile au Cercle du Progrès de Ferhat Abbas sur cette Place du Gouvernement qu’il aimait tant où Camus avait tenté de convaincre à la fois les Pieds‑noirs et les Algériens qu’on n’appelait pas comme ça à l’époque faut pas oublier, de cesser les affrontements pour trouver un moyen de sortir de cette guerre ensemble… Et tiens, y a un témoignage de ce moment écrit par Roblès qui était avec Camus dans la petite Revue Celfan, je trouve ça vraiment incroyable : 

“ Je suis assis à la gauche de Camus, côté fenêtre. Je vois une partie de la foule qu’agitent des remous. Mêlés aux Européens je distingue de nombreux musulmans et l’idée me vient que si quelque fou lance une grenade dans cette masse tout peut finir en carnage. Camus aussi a jeté un coup d’œil et la même angoisse a dû lui venir. A cause de l’épaisse chaleur il a le front trempé de sueur et l’essuie parfois d’un geste prompt. Le tumulte continue : menaces, Marseillaise. Des milliers de visages sont levés vers nous dans ce crépuscule que créent les lampadaires ( … )

De nouveau : “ Camus à mort ! Mendès au poteau ! ” Dans la salle des regards se tournent vers moi. Certains auditeurs croient entendre mon nom. Camus lit toujours. Les manifestants ne sont pas si loin de la grille car leurs vociférations nous parviennent aussi par le puits sonore de l’escalier. Quand Camus a terminé, très applaudi, je lis la motion proposée, demande qu’on signe les listes, déclare le débat ouvert. Camus s’essuie le visage, me souffle : “ Dépêche‑toi, écourte, si tu peux. ” Si cette soirée devait faire une seule victime, pour un homme comme Camus ce serait une tragédie personnelle, capable de le détruire. ”

Voilà ma Rania, j’aime ce récit de Roblès parce qu’il nous envoie de cet homme qui a été si souvent décrit comme quelqu’un de froid qui a pris de la distance avec l’Algérie, la vraie image pleine de passion et la force de ses engagements qu’il n’a pas reniés, jamais, pas plus que ceux pour soutenir les Républicains espagnols et les anars de Barcelone et d’ailleurs jusqu’à la fin il a refusé l’oubli et les patouillages de tous les politicards et mafieux des grosse usines qui bricolaient avec Franco la muerte sans hésitations !

Tu as raison de ne pas répondre à tous ces donneurs de leçons de morale et autres de toutes façons les pourvoyeurs de vérités ce sont les pires, sont pas proches de la vie des peuples ces gaziers‑là vu que nous on sait bien que le passé comme disait Jean avec un clin d’œil n’est jamais simple ! C’est qui au fait ce prof qui connaît bien l’œuvre de Camus ? 

Moi je dois te dire que concernant l’Algérie et la période de la guerre et puis les combats internes entre le FLN et le MNA, et tout ce qui a comme toujours quand y a du pouvoir a la clef, sali cette lutte juste et généreuse, je suis sans avis car trop d’avis divers, trop de données ( j’ai beaucoup écouté les Algériens sur le sujet et pas un qui soit d’accord ou qui ait un avis un peu distancié… ) et plus je lis et plus j’ouis moins j’y trouve de la clarté dans l’affaire… C’est le côté obscur de la force si tu vois c’que j’veux dire pour mézigue ! Encore en ce moment pour écrire un article qu’on m’a commandé sur Frantz Fanon que je ne connais pas en détail mais un peu pas mal par la psychiatre Alice Cherki qui était ucamus01ne de ses collègues à Alger, et par ses bouquins bien sûr, ce que je lis dans ses articles de 57 sur les rapports de force me laisse ahurie car il affirme des choses… bon enfin, on recausera de ça à ton retour, c’est trop le pataquès…

 

A suivre...

Publié dans : Colères noires
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 14:58

       Je vous avais promis un texte de réflexion sur ce que ça signifie quand un pays se donne pour

" philosophe " un adepte des assassinats et un défenseur du retour à l'obscurantisme guerrier eh bien ! en voici un début car il y a bien à dire... Et l'adoption dès aujourd'hui de la loi sur la généralisation de la polygamie et l'interdiction du divorce en Libye par les " libérateurs " serait déjà fort drôle si ça n'était pas le début du drame qui s'annonce pour les femmes libyennes habituées à la liberté et à l'égalité depuis 42 ans... A suivre...


Le festin des rats LybieItalienne

 

Je m’étais dit que si Mouamar Kadhafi ne quittait pas la Libye abandonnant sa terre et son pays avant que les tueurs payés pour le lyncher ne lui mettent la main dessus il serait abattu de la façon dont ils ont déjà massacré des milliers de Libyens qui avaient la peau noire… Et puis bien sûr quand on croit à la conscience humaine et au fait que les êtres qui forment des peuples se sont séparés de leurs instincts de primates au contact les uns des autres dans les luttes sociales pour leur liberté et leur dignité on se dit que non… Non… il ne peut pas y avoir à nouveau les scènes infâmantes de la pendaison de Sadam Hussein filmée photographiée et jetée aux populaces en pâture afin qu’elles se vengent de leur propre aliénation… Ou celles de l’assassinat de Che et son cadavre étalé devant la meute et le troupeau venant jouir de la mort selon la doctrine de Franco et de ses laquais : “ Viva la muerte ! ”

Eh bien si ! Non seulement le lynchage prévu et organisé a bien eu lieu mais encore il a fallu danser devant la dépouille de ceux qui ont été froidement abattus après avoir été des combattants à Syrte leur ville défendue par ses habitants durant des semaines entières… Le festin et le bal ont été ouverts comme il se doit par l’instigateur des basses œuvres libyennes et ses serviteurs et c’est là que l’écriture est essentielle pour tenter de saper à ses racines la prise de possession de nos esprits de nos consciences et de nos sensibilités par des malfaiteurs tels que ceux qu’on a nommés et intronisés intellectuels… dans un pays totalement décadent qui ne sait même plus faire lire à ses étudiants ni Camus qui s’est battu contre la peine de mort toute son existence ni Malraux l’écrivain de La condition humaine et de L’Espoir.

Je n’ai jamais rien lu du prétendant philosophe B.H. Lévy et le diable me garde et me préserve d’y retourner après l’épreuve qu’a été hier le passage en revue des quelques articles de son blog arrangés afin de redonner comme il le fait si bien en pervertissant le langage un semblant de bienveillance et de justice à son premier discours édifiant à l’annonce de la tuerie menée joyeusement par ses amis du CNT sur Canal + et France 2 à ce qu’il paraît… J’ai trouvé l’info concernant sa présence dans ces médias que je ne fréquente jamais dans l’article de Daniel Schneidermann récupéré après moult recherches sur le site Rue 89… N’approchant pas d’ordinaire ce genre de moyens d’information qui participent de la “ fabrique du consentement ” je suis tombée dessus en cherchant les premières réactions “ à chaud ” de ce “ philosophe ” devant les images de la mort infâme et indigne d’un homme. Je savais qu’il était essentiel si je voulais mettre à nu la fourberie de ce genre de type qui est un des responsables de l’invasion actuelle de la Libye par les colonisateurs de l’Occident et des tueries qui ont commencé et vont se poursuivre d’avoir les réactions “ à chaud ” du primate philosophe…

Je porte pourtant en grande estime les philosophes autant que les poètes et un peu plus que les écrivains car ils ont à mes yeux la tâche de redonner du sens à notre monde qui ne sort jamais quelques instants de l’insensé et du chaos que pour mieux y replonger passionnément et primitivement. Il me semble d’autant plus honteux et étrange d’avoir choisi… et qui donc est à l’origine de ce choix ?… ce genre d’individu pour pseudo guide de la pensée française du 21ème Siècle et l’occasion est malheureusement trop claire de dénoncer l’imposture de ce choix… sartre_1948_small.jpg

La personne de B.H. Lévy est entourée avec sa propre complaisance à ne jamais se séparer de son miroir de ses mises en scènes mégalomanes et délirantes d’une telle rumeur alimentée par ses mensonges et ses scénarii que ça n’est pas la peine de se coltiner ses écrits pour avoir des échos de ce qui lui tient lieu de pensée… au contraire le bruit qu’il entretient autour de sa personne dissuade de toute curiosité vis‑à‑vis de sa “ philosophie ”…   C’est bien sûr un très mauvais signe quand on peut dire d’un philosophe qu’il n’est pas nécessaire de le lire puisque le vacarme qui le suit rend toute envie et tout besoin de découvrir son œuvre superflus…  

Je n’ai jamais rien ressenti de tel avec J.P. Sartre qui était présent dans l’action sociale et politique quotidienne intervenant souvent aux émissions de radio qu’il préparait avec soin et répondant aux questionnements qu’on lui faisait… Au contraire… l’écouter éveillait en moi une véritable jubilation semblable à celle que me procure l’écriture…Celle de sentir ma réflexion et toute ma sensibilité en pleine action et tout mon être vibrant au plaisir de la quête d’une plus vaste conscience et de la poésie des mots sans fin renouvelée… Ce qui ne m’a pas empêchée d’être souvent en désaccord avec ses prises de positions mais je n’ai jamais été animée à son écoute par le dégoût et la colère qui sont les miens aujourd’hui face à quelqu’un qui utilise son pseudo prestige et le spectacle qui l’accompagne pour travestir la vérité dès qu’il s’agit du Monde Arabe ou Africain et pour apporter sa contribution à cette fameuse “ fabrique du consentement ” nommée ainsi par Noam Chomsky.

La première réaction à chaud de B.H. Lévy rapportée par Daniel Schneidermann après l’annonce de l’assassinat de Mouamar Kadhafi par ses “ amis ” du CNT ( c’est lui‑même qui les nomme ainsi dans les articles que j’ai lu sur son blog… ) est la suivante : “ “ Kadhafi a été achevé par des jeunes gens sympathiques et un peu énervés, il faut les comprendre, je le regrette, tout le monde le regrette, le CNT le regrette, je le sais, je leur ai parlé, mais c'est ainsi, on ne fait pas d'omelette, etc. ” Encore une fois il s’agit de quelqu’un qu’on nous présente comme un philosophe et pas un commentateur de télévision ou un quelconque de ces chefs de guerre barbouzes à la Bigeard… Les tueurs sont à l’entendre “ des jeunes gens sympathiques et un peu énervés ” et en plus “ il faut les comprendre ”… Je ne sais laquelle des deux parties de la phrase me terrifie le plus…

La seconde sans doute… Car que faut‑il comprendre au juste si les mots ont vraiment un sens ? Que de s’acharner sur un homme seul blessé désarmé est un acte résultant de l’énervement sympathique de personnes jeunes… ou bien encore que l’assassinat de Mouamar Kadhafi est sympathique parce qu’il a été accompli par des personnes jeunes et donc forcément énervées… je vous laisse le choix… de les comprendre comme vous voulez… 

Donc comme si cette façon de disculper des personnes qui se sont chargées de lyncher un homme sans défenses désormais ne suffisait pas : il nous est demandé de les comprendre… on réclame de nous en complément de complicité de les trouver sympathiques… Après tout en effet c’est bien dommage qu’on ait massacré un homme mais quand on est jeune et énervé n’est‑ce pas… On ne va quand même pas exiger que ces “ jeunes sympathiques et énervés ” soient recherchés appréhendés questionnés et jugés pour assassinat hein ? Ce “ qu’il faut comprendre ” en réalité c’est que ces tueurs n’ont fait qu’exécuter la mission dont “ on ” B.H.Lévy and Co. les ont chargés et que s’il peut aujourd’hui se laver les mains de cette mort ainsi que toute la communauté internationale c’est parce que cette mort‑là est unanimement et collectivement comprise et légitimée… 

Et c’est bien pour ça aussi qu’on se doit que “ nous ” nous devons de regarder en boucle les images de cet homme torturé qu’on  “ nous ” a minutieusement arrangées pour qu’elles soient “ regardables ” afin de nous rendre d’un seul regard associés à l’infâme… Le journal Libération a trouvé nécessaire de justifier le passage de ces images en une de son édition parce qu’elles sont une catharsis paraît‑il… Du “ philosophe ” justifiant l’assassinat au journaliste justifiant la délectation de la tuerie il y a juste un pas déjà franchi depuis longtemps… Et de l’un à l’autre : celui qui déclare qu’un meurtre est compréhensible et celui qui incite à y assister en direct grâce aux vidéos il y a tout simplement le principe de jouir de la mort d’autrui “ comme si on y était ”… qui est évidemment mitoyen de celui de mettre en scène la mort de l’autre comme une façon d’exister. Voilà nous y sommes c’est la doctrine nazie franquiste et pinochiste qu’on peut résumer par le slogan bien connu et que Fernando Arrabal a repris pour titre de son fil arrabal03.jpg m sur le franquisme : “ Viva la muerte ! ” 

En clair ce monsieur philosophe qui se targue de responsabilités dans l’histoire actuelle de la Libye ( à laquelle il ne connaît rien cela va sans dire… ) se décharge aujourd’hui sur nous tous des assassinats finals et sans parler de ceux de toutes les victimes civiles de Syrte et d’ailleurs et de tous les hommes de couleur noire emprisonnés maltraités et massacrés par ses amis du CNT… et de ceux à venir ça va de soi… 

C’était déjà exactement le même discours biaisé et faux à la suite du bombardement au phosphore blanc des Palestiniens de Gaza pendant l’opération sioniste “ Plomb durci ”… Là aussi nous étions sommés non pas de condamner toute forme de tuerie collective incluant femmes vieux et enfants comme ici de condamner sans équivoque l’assassinat d’un homme blessé et désarmé quel qu’il soit mais de “ comprendre ” l’énervement des Israéliens et leurs tueries disproportionnées ripostes sympathiques ou au choix leurs ripostes disproportionnées tueries sympathique…

Comprenons‑nous bien… si “ nous ” acceptons de comprendre le lynchage de Mouamar Kadhafi “ nous ” sommes déjà d’accord avec le fait qu’on peut assassiner quelqu’un si on a de bonnes raisons de le faire et parmi celles‑ci on comprend aussi que celle qu’évoque B.H.Lévy est la soif de vengeance… Mais on reviendra sur cette proposition du primate philosophe plus tard car il faut avant tout que je vous présente une autre version que celle des “ jeunes sympathiques et énervés ” et des regrets du CNT… Nous voici donc à nouveau sur le site de Rue 89 où j’ai déniché une interview de “ Abu Mouhaned, l'émir de la Brigade des martyrs de Souk Al-Juma, à Tripoli ” qui est effectivement à la tête d’une bande de jeunes comme il le confie à celui qui le questionne sur le lynchage de Mouamar Kadhafi et ce qu’il en pense…

 

“ Il dirige plus de 1 700 “ thouwar ” ( rebelles ), pour la plupart des jeunes qui n'avaient jamais manié une arme avant la révolution de février. ” ( … )  Avant de devenir un des plus puissants chefs de la rébellion, Abu Mouhaned était commerçant de matériaux de construction. ( … )   Jeudi, les hommes d'Abu Mouhaned, ont participé à la chasse de Kadhafi à Syrte avant de l'attraper vivant et de le lyncher. Entretien. ”

 

Kadhafi a été lynché. Pensez-vous qu'il aurait mieux valu le faire comparaître devant un tribunal ?

 

Tous les Libyens sont contents de voir une crapule comme lui périr d'une mort atroce. Il ne fallait pas attendre le travail de la justice. C'est nous qui l'avons combattu et c'est nous qui l'avons abattu.

 

Ainsi vous montrez qui commande...

 

Oui. C'est notre combat. J'ai été informé à 7 heures de la capture de Kadhafi. J'ai commencé à crier “ Allah Akbar ” comme un fou. J'étais fou de joie.

 

Que faire avec les corps de Kadhafi et de son fils Mouatassim ?

1591626_3_5e7a_le-nouveau-gouvernement-libyen-est-confronte.jpg

Il faudrait les jeter en mer. Même les requins n'en voudraient pas. Comme l'islam nous empêche de maltraiter les morts, le mieux est d'enterrer rapidement le cor ps du tyran dans un lieu secret ou à l'extérieur du pays. Bref, loin des Libyens. ( … ) ”

 

Comme on peut le lire de la part de cet Emir qui a lui‑même participé avec ses “ jeunes sympathiques et un peu énervés ” à massacrer un homme sans défenses il ne s’agit pas du tout d’un acte de guerre classique entre des combattants mais bien d’une exécution donc d’un assassinat froidement préparé et mis en œuvre. Et bien entendu ce genre de personnage tout à fait recommandable qui fait sans doute également partie des connaissances du primate philosophe ne regrette absolument pas son acte au contraire il s’en vante et en rajoute… Nous vivons donc actuellement dans un pays où un “ philosophe ” soutient les actes barbares de ce style en les légitimant par des mensonges et en nous invitant à être compréhensifs au lieu de les dénoncer sans la moindre équivoque et d’en réclamer le bannissement absolu en tant qu’éthique et que loi. A partir de là il est loisible de penser que plus rien ne nous sépare ni ne nous protège du danger d’un retour à des pratiques prenant pour base les rapports de force et de pouvoir entre êtres humains fondés sur la violence et l’inégalité entre les peuples selon leurs origines ethniques leur religion et leur couleur de peau et entre les sexes… Bref un simple retousouriez.jpgr à la barbarie dont on n’est jamais vraiment sûr d’être sortis…

 

Et nul doute que l’application de la Charia loi islamique dans le pays de la Libye libre que personne n’a jamais eue à affronter depuis 42 ans réjouira beaucoup les instincts de p ri mate de B.H.Lévy le “ philosophe ” car il pourra en vérifier les premiers effets dès son prochain voyage chez ses amis du CNT ayant rétabli aussitôt la polygamie et l’interdiction du divorce…

 

A suivre...    

Publié dans : Colères noires
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 23 octobre 2011 7 23 /10 /Oct /2011 12:05

      A toutes celles et à tous ceux qui crachent leur haine morbide sur un homme désarmé seul lynché par les " libérateurs " extrémistes islamistes la réponse est ce testament rempli de grandeur de dignité de sagesse et d'humanité.

Mouamar-et-Hugo.jpeg

      Lire ces mots a mis en moi dans le chaos du désespoir et des émotions intenses que si peu de gens autres que les imbéciles du tas peuvent appréhender une grande paix et m'a confirmée dans mes convictions concernant cet homme.

        Paix à toi Mouamar et paix à ton fils Moutassim à tes autres fils et à tes petits enfants assassinés. Paix à tous les tiens et au peuple de Libye que tu as défendu jusqu'au bout avec les convictions qui étaient les tiennes.

        Ceux qui t'ont abattus se comportent comme les primates qu'ils sont on le voit chaque jour et le monde est empuanti de leur charogne. 

        Merci pour ces mots qui me font à moi tout le bien possible dans l'impuissance terrible où je me sens aujourd'hui comme durant toute la guerre contre la Libye face à l'Afrique dépecée et recolonisée.

         Et face à la mort de notre âme.


Testament de Mouammar Kadhafi Mouamar-vivant-1.jpg

         Quelques jours avant sa mort, le Guide libyen déchu avait rédigé un testament qu'il avait transmis à trois de ses proches. L'un d'entre eux a été tué, un autre emprisonné et le troisième s'est enfuit vers une destination inconnue. Un site libyen a publié ce qui est donné comme étant le testament de Mouammar El Kadhafi, rédigé quelques jours avant sa mort. “ Algérie-Focus.Com ” l'a traduit :

 “ Au nom de Dieu le clément et miséricordieux

 Ceci est mon testament, moi, Mouammar Bin Mohammed Bin Abdessalam Bin Humaïd Bin Aboumeniar Bin du Naïl Al Fohsi Al Kadhafi.

Je témoigne qu'il n'y a de dieu qu'Allah et que Mohammed est son Messager et que je mourrais sur la doctrine des sunnites et d'El Djamaâ.

 Mes volontés dernières sont :

 - Que je ne sois pas lavé à ma mort et que je sois enterré selon le rite islamique et ses enseignements dans les vêtements que porterai à ma mort.

- Que je sois enterré au cimetière de Syrte, à côtés de ma famille et de ma tribu.

- Que ma famille soit bien traitée surtout les femmes et les enfants.

- Que le peuple libyen sauvegarde son identité, ses réalisations, son histoire et l'image de ses ancêtres et ses héros et qu'il ne soit pas attaqué dans les sacrifices de ses hommes libres.

- Que continue la résistance à toute agression étrangère subie par la Jamahiriya, aujourd'hui, demain et pour toujours.

- Que soient convaincus les hommes libres de la Jamahiriya que nous aurions pu monnayer, avec notre cause, une vie personnelle meilleure, stable et en sécurité. Nous avions eu tant de propositions, mais nous avons choisi d'être au front par devoir et honneur. Et même si nous ne gagnons pas aujourd'hui, nous allons offrir une leçon aux générations futures pour qu'elles puissent gagner, car le choix de la Nation est la bravoure et la vendre est une trahison que l'Histoire retiendra ainsi et pas autrement.

 - Que soit transmis mon salut à chaque membre de ma famille et aux fidèles de la Jamahiriya ainsi qu'aux fidèles de part le monde qui nous ont soutenus ne serait-ce qu'avec le cœur.

 - Que la paix soit sur vous, tous.

   Mouammar El Kadhafi Afrique_Brise_tes_chaines-2.jpg

  Syrte, 17/10/2011 ”

Publié dans : Colères noires
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 22 octobre 2011 6 22 /10 /Oct /2011 11:48

      Merci à Michel Collon pour ce beau texte que j'aurais été incapable d'écrire moi-même... Il est un des rares à ne pas éprouver le besoin de se justifier en permanence en disant ce qu'il a à dire sur le lychage de Mouamar Kadhafi et des siens.

      Nous n'avons à nous justifier de rien car contrairement aux serfs de ce pays soumis nous sommes des hommes libres.

      Ceux qui ont abattu Mouamar Kadhafi son fils et les siens sont des primates aux réactions pseudo-animales et les BHL et compagnie ont exactement le même niveau de réfléxion. Un pays qui nomme

" philosophe " ce genre de tueur primaire par procuration est un pays déjà mort.

      Il y a à écrire sur le sujet. Je le ferai.

 

      Paix à toi Mouamar. Paix aux tiens.


Lybie, le sang du lion et le festin gaddafi

Bahar Kimyongür

Vendredi 21 octobre 2011

 

Pour les progressistes et révolutionnaires qui passent leur temps à se réjouir de la mort de Kadhafi, pour ceux qui n’approuvent pas son assassinat mais qui passent plus de temps à s’acharner sur ses erreurs, je les invite à lire ce texte du journaliste belge Michel Collon.

 

Espérons que l’anti‑impérialisme dont certains se revendiquent se fera par les actes et non par les mots.

 

Bonne lecture.

 

Syrte ou la Stalingrad du désert, aura résisté de tout son sang contre la barbarie céleste de l’OTAN et ses mercenaires indigènes. Au milieu de ruines fumantes de la ville martyre, un lion est mort. Un lion qui, de son vivant comme dans sa trépas, aura rendu sa fierté à sa patrie, à son peuple, à son continent et à tous les damnés de la terre.

Autour de son corps agonisant, tels des rats affamés, les barbares du CNT et de l’OTAN se sont disputés des lambeaux de sa noble chair.

“ C’est nous qui l’avons achevé ” clament les rats du Shape et de l’Elysée.

“ Non, c’est nous. ” rétorquent les rats indigènes.

Le corps lacéré de Kadhafi, c’est la Libye lacérée, donnée en pâtures à l’OTAN et au CNT.

La Libye de Kadhafi était un pays fier. Ses citoyens ne devaient pas quémander l’aumône à la porte des seigneurs européens.

La Libye de Kadhafi était un pays prospère. Elle était l’Eldorado de toute l’Afrique. Un pays de cocagne assurant le plein emploi. Syrte-en-ruines.jpg

 

 

 

Syrte en ruines

 

La Libye de Kadhafi était un pays paritaire. Les femmes étudiaient et réussissaient mieux que les hommes. Les femmes décidaient. Les femmes dirigeaient. Les femmes combattaient.

La Libye de Kadhafi était un pays généreux. Ecoles gratuites munies d’équipements les plus modernes. Hôpitaux gratuits ne manquant de rien. Cette Libye a entre autres, financé RASCOM 1, un satellite de télécommunications qui allait permettre à tous les Africains de téléphoner quasi gratuitement, eux qui payaient les tarifs téléphoniques les plus chers au monde. L’Europe avait été jusqu’à coloniser les réseaux de communication africains, forçant le continent à verser 500 millions de dollars par an pour le transit vocal des Africains sur ses satellites.

La Libye de Kadhafi était un pays solidaire. Dotée d’un ministère chargé de soutenir la révolution mondiale, cette Libye a accueilli à bras ouverts tous les résistants du monde, a financé d’innombrables mouvements de libération : Black Panthers, militants anti-Apartheid, résistants chiliens, salvadoriens, basques, irlandais, palestiniens, angolais. Habités par leurs fantasmes primaires, des journaleux européens ont rapporté que des snipers féminins des Forces armées révolutionnaires de Colombie ( FARC ) avaient été enrôlés par Kadhafi. Pure intox. En revanche, les guerriers du mouvement de libération du Sahara occidental, le Front polisario, protégeaient bel et bien Tripoli de la barbarie de l’OTAN/CNT.

La Libye de Kadhafi a fait l’expérience de la démocratie directe. Kadhafi n’avait qu’un rôle symbolique, celui du vieux sage à la fois redouté et rassurant. La population était encouragée à débattre et à choisir sa destinée à travers les Comités populaires. Pas besoin de parlement ni de partis.

Hélas, la Libye de Kadhafi n’est pas parvenue à faire vivre une démocratie durable. Les luttes personnelles ont pris le dessus sur les intérêts collectifs. Comme bien des révolutions, la Libye de Kadhafi a connu sa dégénérescence idéologique et son cortège de souffrances et d’injustices.

La Libye de Kadhafi n’est pas parvenue à instaurer la concorde entre clans et tribus de la Tripolitaine et de la Cyrénaïque.

La Libye de Kadhafi a cru que seule la force viendrait à bout des djihadistes endiablés d’Al Qaida, des opportunistes et des renégats pro-occidentaux.

La Libye de Kadhafi a tenté de briser son isolement international, pensant que les rats de l’Elysée, du 10 Downing Street, du Palais Chigi ou de la Maison Blanche viendraient manger dans sa main. Ces rats se sont en réalité sournoisement glissés dans la manche de sa tunique. Ils ont saisi l’occa

che allende

sion pour infiltrer son pays, le saboter, le ruiner et le pomper pour un siècle.

A présent, les rats d’Europe et les rats du CNT étanchent leur soif dans la crinière du lion.

 

Mais le lion s’est dérobé à leurs griffes pour rejoindre Lumumba et Sankara, les autres enfants martyres de l’Afrique héroïque.

 

Buvez, hordes de lâches, buvez ! Que son sang brûle vos entrailles comme le Zaqqoum !

 

Pleurez patriotes libyens pleurez ! Que vos larmes engloutissent vos bourreaux et leurs armées !

 

http://www.michelcollon.info/Libye-...

Publié dans : Colères noires
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 21 octobre 2011 5 21 /10 /Oct /2011 11:25

      Paix à toi Mouamar et paix à tous les tiens. Paix à la population de Syrte assassinée aux enfants morts et à leurs rêves détruits.

      Non jamais je ne serai du côté de ceux qui exécutent, qui lynchent, qui condamnent, qui se repaissent dans le sang versé par leurs commanditaires, qui regardent des images de la tuerie qu'on accomplit en leur nom avec leur fric et pour leur plaisir morbide.anouarfinal.jpg

      Comme Camus je m'élèverai toujours contre les crimes d'Etat que la populace imbécile savoure comme elle savourait les exécutions en place de grève et contre tous les crimes.

      Ce monde lâche et décadent n'est pas le mien, n'est pas le nôtre.

      Comme sur le cadavre de Che ils se sont repus de leur " victoire " sans sentir la mort qui déjà habite sous leur peau et couche dans leur lit. 

      Ils ne portent en eux que la mort comme leur grand frère Franco qui est mort de vieillesse après 40 ans de dictature en Espagne et leur chant de gloire résonne dans nos oreilles ce matin : " Viva la muerte ! "

      Une petite lumière a brillé toute la nuit dans mon atelier d'écriture pour dire que la vie est là et que nous continuerons à refuser d'être leurs laquais, leurs apôtres, leurs bourreaux.

      Jamais nous n'utiliserons leurs armes et jamais nous ne porterons leurs paroles car nous savons quel est le visage de la barbarie.

      Restons humains.

      Salut et fraternité.


Et Ceci, Ce N’est Pas De La Barbarie, Peut-Etre ?

Philippe SAGE

Vendredi 21 octobre 2011

 

             Lorsque la mort de Marie Dedieu fut confirmée, et considérant les faits ainsi que les circonstances, le ministre des Affaires Etrangères et Européennes, M. Juppé tint, mercredi 19 octobre, ces propos : “ C’est (…) un acte d’une barbarie, d’une violence, d’une brutalité, inqualifiables. Donc nous le condamnons avec la plus grande fermeté. ”

 

Et ça, c’est quoi ?

 

            N’est-ce pas, là itou, un acte barbare ? N’est-ce pas juste insupportable, inacceptable ? Mais qui le dit ? Qui s’en émeut ? Qui est venu dire que cela était “ inqualifiable ” ? Qui est venu condamner cet acte barbare “ avec la plus grande fermeté ” ?

Oh, pardon, il s’agit, non d’un otage, mais de Mouammar Kadhafi. Dont on ne sait plus quel qualificatif il convient de lui adjoindre : dictateur, fou, terroriste ( repenti ), mégalomane, brute sanguinaire, que sais-je encore. Mais que nous reçûmes, en grande pompe, en décembre 2007, à l’occasion, de surcroît, du 59ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Oh pardon, encore, nous sommes en guerre, or donc, tout est permis, n’est-ce pas ? Même cela. La barbarie.

Mais qui sommes-nous ? Et que sommes-nous venus faire en Libye ? Ne sommes-nous pas la civilisation, je veux dire les garants d’un monde civilisé ? N’avons-nous pas, de fait, à cet égard, des responsabilités à assumer, l’idée ( au moins, cela ) d’un monde à défendre, celui qui se réclame de justice, d’équité, de démocratie ?

Qu’est-ce que ce film, sinon l’exécution, pure et simple, d’un homme ? Une négation de ce que l’on nomme : monde civilisé. Avec, je le précise, la participation active de l’Otan. C’est cette force qui a tiré sur le convoi. Ensuite, de ce qui pouvait survenir, elle s’en est lavé les mains. C’est bien ça, n’est-ce pas ?

Et peu compte, là, à ce moment, qui était cet homme ; peu importe oui, ce qu’il a fait, ce qu’il commis.

A ce propos, dans les commentaires fort nombreux qui émaillèrent cette “ exécution ”, j’entendis, sur une chaîne d’informations en boucle, celui-ci :

“ Le procès d’Eichmann permit d’en apprendre beaucoup sur la Shoah ”.

Mais là qu’apprendrons-nous désormais ? Que nous reste-t-il ? Avons-nous pensé, une seule seconde, à toutes celles et tous ceux, qui ne souhaitaient qu’une chose : justice, ou un peu de vérité, quelques explications. Que nous reste-t-il, sinon cela, un acte barbare, insupportable ?

Et puis d’abord, qui sont-ils, ces gens que nous soutenons, qui tirent en l’air comme des crétins, dès qu’ils prennent possession d’un quartier ? Qui sont-ils ces gens qui lynchent, qui se comportent, c’est sur le film, ça crève les yeux, comme des barbares ? Qui les dénonce ? Qui les condamne ? Qui les réprouve ?

Alors ça n’aura pas suffi, n’est-ce pas, Saddam Hussein, pendu, images largement diffusées, le jour-même de l’Aïd. Comme une insulte. Oh oui, certes, là, au moins, auparavant, il y eut, paraît-il, procès. Je précise bien : “ paraît-il ”. Car, pour qui s’en souvient, ce fut une gigantesque parodie.

N’aura pas suffi, non plus, l’exécution d’Oussama Ben Laden et sa rocambolesque immersion.

Alors, ça continue, jamais nous n’arrêterons les conneries, les humiliations, les assassinats ?

Mais bon sang, quand on se prétend être les représentants du monde civilisé, on ne tolère pas cela. Mieux : on prévient, pour l’empêcher. Et ce, quel que soit l’homme. Qu’il fût Eichmann ou Gaddafi. Oui, quel que soit le bourreau qu’il fût, une salope intégrale même, on ne permet pas cela. En cas contraire, et ça l’est, autant dire, de suite, alors, que oui, nous sommes pour la peine de mort, nous les gens civilisés, représentants, paraît-il, d’un monde libre. Juste. Hérauts de la démocratie. Au minimum, au moins, on condamne. Sinon, ne nous prétendons plus “ civilisés ”.

Ah, nous ne sommes, au fond, que des barbares comme les autres. Des enfoirés. Drapés sous l’alibi de : démocratie.

  Image oiseau

Nous ne valons pas mieux que ces crétins armés jusqu’aux dents. Ces lyncheurs à la petite semaine. Ces résistants de la dernière heure. Assoiffés de sang, de vengeance. Combattant non pour la Liberté, mais au seul nom de la Loi du Talion. Des aveugles, des sourds, des barbares. Que nous armons. Pour commettre, à notre place, l’insupportable. Et signifier ensuite, par notre silence, cette non-condamnation de l’acte barbare : “ Ce n’est pas nous ”.

 

Bien sûr que si, c’est nous. Bien sûr que si, nous sommes coupables. Bien sûr que si, nous sommes des barbares.

 

Et plus que jamais, le monde entier le sait.

Publié dans : Colères noires
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés