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Saïd et Diana

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Présentation

  • : Les cahiers des diables bleus
  • : 19/09/2005
  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
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Texte Libre

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Image de Dominique par Louis

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P'tits poèmes diabolique

Mercredi 24 août 2011 3 24 /08 /Août /2011 22:27

 

      Je ne pensais pas rouvrir notre blog avant la date fatidique de mon anniversaire le 31 août et puis voilà...

      Revenir de ce moment extra de liberté sauvage à Saint-Malo dans le vide des nouvelles d'un monde qui n'est pas qui ne sera jamais le mien... revenir à reculons avec dégoût et avec le sentiment de l'imposture plus que jamais et retrouver ça... 

      Eh ouais... ce monde qui ne changera pas avant de se désintégrer et de débarrasser la petite terre ronde de sa puanteur enfin... Tel qu'on le quitte on le retrouve hein ?

      Les riches blancs judéos-chrétiens occidentaux colonisateurs gagnent depuis des lustres contre les pauvres tous les pauvres sans distinction les autres les miteux les nases les pourris les pas malins les ratés de quelque chose les hyppies les voleurs les femmes noires et menteuses les femmes de toute façon qui mentent depuis Eve c'est connu les Arabes les Négros les Indiens Rouges enfin nous quoi...

        Alors plus que jamais avec toi Nafissatou et avec les Libyens qu'on écrase au coeur de Tripoli incendiée napalmisée comme Beyrouth Bagdad Gaza... plus que jamais la rage au coeur et aux tripes !

Un monde sans eux world in hands

Mardi, 16 mai 2011

A Ophélia petite sœur violée du Bronx

A Nafissatou Diallo

 

Ophélia petit soleil qui sort du fleuve

Ophélia petite sœur ton cri c’est le mien

Nous défions ensemble leur sjambok dressé

Notre sang mêlé ce matin ta peau est neuve

Ophélia petite âme comme le tam‑tam

Des griots nos pères mon cœur bat et danse

La ville se réveille et toi tu n’as pas peur

La ville c’est un bloc de soucis et d’odeurs

Ton destin s’écrit là de sueur et de peine

Sa douleur est mûre comme une mangue douce

Le chant des cotonniers halète et se déchaîne

Notre jus va gicler dans la gorge du jour

Astre nouveau armé d’une lance qui pousse

Ton jeune corps dehors non tu n’es plus leur proie

 

Ophélia petite sœur tes pleurs sont les miens

Sur la coupe pleine se serrent nos mains

Ophélia petite ombre tu es le brandon

Arbre de feu chalumeau de notre colère

Ophélia petite guerrière de l’asphalte

Et du Bronx seule étonnée tu ne t’enfuis pas

Tu fais face à leurs couteaux de cérémonie

Ta tristesse se trempe à cette chair d’ébène

Qu’ils fouillent plaies gaspillées tes flancs percés

Pour les mettre au monde renient la puanteur

De leurs paroles poissons crevés dans la nasse

De la ville où veillent violeurs macs tondeurs

Et les familles précieuses des grands chasseurs

Dans les quartiers pauvres le gibier est gratuit

 

Ophélia petite sœur ton nom c’est le mien

Fiché comme un flambeau devant la porte noire

Ophélia petite enfant sacrée du fleuve

Tu remontes sur la rive nue insolente

Tes poings ne sont liés à aucun serment

De nourrir leur fringale de viande et de sel

Ophélia ma sœur fragile mon errante

Haute et fermée la porte des palais pour nous

Où ils marchandent le sang du sacrifice

De notre force enfouie sur les autels barbares

Ma sœur des rues notre bienveillance demeure

Pour la terre souillée par leurs soldats en rut

Qui s’abreuvent aux mamelles des louves folles

De guerres de fric de fureur et de ruines

 

Ophélia petite sœur des blancs oasis

Ophélia petite île où accostent au bout

De tant de matins las nos pirogues chargées

De butins de hontes et d’offenses cachées

Petite sœur perdue au large des rumeurs

Je viens me reposer de nos combats muets

Je viens poser ma tête sur tes seins en fleurs

Et écrire le chant des griots impatients

De lenteur qui berce ta détresse et la mienne

Ophélia petite sœur autour de toi le fleuve

Continue d’emporter leurs cadavres offerts

Aux dents des crocodiles bleus tes serviteurs

Ophélia petite sœur merci pour le rêve

De la puissante douceur d’un monde sans eux.

 

 

Afrika blues

Chaines-copie-2.gif

Mardi, 5 janvier 2007

Il est cinq heures je me casse

Sinistre tour de passe-passe

Par un chapeau troué de guerre lasse

Et pourtant j'aime tant faire la grasse

Matinée de soleil boire la tasse

Grains de café ton cou enlacent

Prêtresse rouge d'Afrique en disgrâce

Escaliers trottoirs caniveaux en face

De moi qui fuis un immeuble bourgeois tu danses

 

Il est cinq heures je me casse

Quand le plastique jaune des godasses

Et les gandouras et les boubous font surface

Enterrés les ouvriers pas de trace

Dans la panse de la mère une volte face

Surtout qu'on ne les voie pas c'est dégueulasse !

A la sortie de l'ascenseur je croise en douce

Une petite dame ensommeillée qui pousse

Un chariot étoilé de balais et d'enfance

 

Il est cinq heures je me casse

De la vie d'un type vide la place

Aux carrefours de nos regards une rosace

Elle a soixante ou plus sa troublante tignasse

D'Afrique décolorée par la pluie aux trousses

Explose dans la crasse en une gerbe rousse

Liane de feu qui enflamme la frousse

De nos âmes paumées loin des appels de brousse

Qu'expions-nous ma sœur dans ces odeurs d'essence ?

 

Il est cinq heures et je me casse

D'une demeure d'or où je perdais la trace

De mes sentiers voyous aux églantines douces

Où tes cheveux carotte et tes nattes d'épices

Sur le coup de cinq heures alors qu'on se glisse

Dans les savanes d'encre aux saveurs de réglisse

Avaient tissé pour moi en un serment de mousse

Toute l'Afrique femme à ma désespérance.

 

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Dimanche 17 juillet 2011 7 17 /07 /Juil /2011 22:10

Le matin d’Alice

A Louis

apatetu.jpg

Il est venu de bonne heure

Il avait l’air bien content

Des oiseaux plein ses cheveux

Un cache-col de nuages

Il a frappé à la porte

Avec ses mains de fraîcheur

C’est toi qui lui as ouvert

Il n’avait pas pris ses gants

Il avait l’air bien content

Avec sa langue de joie

Il a léché ta sueur

Et ses épaules de laine

Ont salué mes paupières

 

Il est venu de bonne heure

Comme un tendre malfaiteur

Se glisser entre nos draps

Ton corps tout contre le mien

Il a refermé ses bras

Sur notre nuit tout entière

Il avait l’air bien content

Il était petit et grand

Comme un enfant solitaire

Lorsque tu t’es réveillé

Il veillait nu sur ton ventre

Du sable plein ses oreilles

Pour nous il avait construit

Des châteaux au bord du lit

Sémaphores de couleurs

 

Il est venu de bonne heure

chat-volant-petit.jpg

Tu as chauffé le café

Pendant qu’il faisait le guet

A la porte de Midi

Il a trempé dans le bol

Sa frimousse de soleil

Sa joie t’a éclaboussé

Tu m’as regardée dormir

Le café refroidissait

Il a épelé nos rires

Compté sur ses doigts nos jours

Il ne savait pas compter

Il avait l’air bien content

Tu as ouvert la fenêtre

Pour que les oiseaux s’envolent

 

Il est parti avec eux

Oubliant son cache-col

Sur nos oreillers de ciel

Quand on a eu faim soudain

Il était déjà très tard

On a rejeté les draps

Des paillettes sur nos lèvres

Ressemblaient à des étoiles

Tu as allumé la lampe

Je t’ai parlé de mon rêve

D’un Pierrot aux pieds d’aurore

Qui m’avait volé le vent

Quand j’étais encore enfant

Et vidé mon encrier

Dans les yeux de l’océan

 

Tu avais l’air bien content

pointutu-petit.jpg

Je t’ai raconté l’histoire

De mon ami Lapin Blanc

Tu as posé sur ma peau

Un édredon de baisers

Tu voulais tant que j’oublie

Les voleurs de féerie

Qui viennent toujours à l’heure

Couper la tête des fleurs

On a frappé à la porte

C’était un marchand d’oranges

C’est toi qui lui as ouvert

Il n’avait pas pris ses gants

Et l’été était l’hiver

La vie s’enfile à l’envers

 

Tu avais l’air bien content

Lorsque tu es revenu

Tu m’as tendu une lettre

Le papier était tout blanc

Rien qu’un ou deux mots écrits

“ Au creux des paumes usées

J’étais venu de bonne heure

Amants vous m’avez gardé

Des murmures de chandelles

Pour mon petit-déjeuner

Tristes matins ouvriers

Demain sera infidèle

A vos cadences vieillesses

Dans vos draps je cueillerai

Heures de sables mouvants

Des étreintes crépuscules ”

 

Il est venu à midi

Il n’avait pas pris ses gants

Petite-lectrice-1978-petit.jpg

Lapin Blanc le temps recule

Tout le monde est bien content.

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Jeudi 14 juillet 2011 4 14 /07 /Juil /2011 18:58

Fréquence fêtes

A Léo mon frangin mon pote

Jeudi, 14 juillet 2011 LeoFerre

 Oui les cerises seront belles toujours même aux arbres ravagés par la couardise des fabricants de désirs formatés qui font des enfants de demain des promoteurs de cerisiers plastique colorés d'artifice sur les scènes bâtardes du carnage où les projecteurs miradors ricanent au sang des mômes de la Djamaa pulvérisés...

Oui les cerises seront belles malgré la cruauté des dieux Drones Missiles Uranium et Plutonium les deux jumeaux du temple de la mort Nucléa l’hydre aux cinq cent têtes d’or sculptée nue comme un ver sur un billet de banque et ses trois fils Yro Naga et Fuku qui incendient le monde et le muent en un silencieux désert noir… qui plongent leur lance de lave en fusion au fond de l’œil de soleil du matin d’Horus et changent ses eaux fécondes d’horizon en feu noyant l’azur de ses bontés océanes dans l’obscur de leurs déjections…

Oui les cerises seront belles dans leur galabia de soie rouge giclant en plein cœur du désert blanc d’Egypte et du Fezzan sauvage de Libyia que les caravanes fantômes aux cent mille chamelles traversent pour mettre les trésors de l’histoire des hommes au cœur fier et généreux et leurs parchemins où goutte à goutte s’émaille le sang de leurs luttes à l’abri des pilleurs d’âmes au volant de leurs pick-up bourrés de vieillards tueurs et séniles…

Oui les cerises seront belles et leur sueur sucrée dessous leur burnous écarlate mêlée au lait bleu des fleurs des acacias et à la réserve d’eau fraîche des prairies de coloquintes au pied des dunes du Djebel Idinen du Tannezouft coulera sur les autels de banco rouge des villages Dogon avec la bouillie de mil et le sang des coqs égorgés pour que Nommo le gardien des sources des puits et des fontaines ne tarisse pas notre rêve sur la terre…

  Léo paroles et musiques          

Donner donner encore parce que c'est ça qui fait de nous des êtres démesurés et vastes comme l'univers gorgé de la poésie aussi ancienne que l'étoile Sirius la grande sœur d’Amma le tisseur de nos mondes sacrifiés et des bogolans indigo de la parole et aussi nouvelle que la jeunesse des danseurs et des porteurs de masques Awa qui nous rendent la joie et la grandeur de nos fêtes frappées d’imposture… dévoyées par les marchands d’armes et de miroirs violets… par les fabricants de jeux qui distribuent des Famas aux soldats enfants…

Donner donner encore parce que c’est ça qui fait de nous des êtres féconds créateurs d’abondance et récolteurs de miel doux semeurs de regain que nous offrons à la terre nourrice infinie des fils et des filles des étoiles… notre matrice errante au large des tumultes et des désordres causés par les arpenteurs et leurs rouleaux de fils barbelés nous te couvrirons du drap de noces de tes oiseaux marins de tes enfants migrateurs beaux nuages aux pluies abondantes…

Leo.jpg

Oui les sources appartiennent à la terre secrète à ses rites généreux et nomades à ses mystères toujours renaissants à sa bonté et au génie du Nommo qui bientôt ça ne sautait tarder les rendra aux peuples d'Afrique et les tarira là où les mots ne désignent plus rien que la sécheresse de l'âme et de l'esprit. Les sources comme la pluie dans le creux des paumes ouvrières et paysannes brûlées et enfantant des sillons pour le fonio le mil et le sorgo sont un don que nul ne peut tenir captif.

Quels que soient ces temps maudits et leurs créatures sans conscience la quête du renard pâle se poursuit et ils n'auront pas la force de nous retirer de ce rêve. Plus que jamais restons solidaires et créateurs. Plus que jamais sachons lire les traces à l'aube sur la piste des transhumances partagées. 

Plus que jamais offrons les cerises gorgées de nos utopies sucrées et tendres de la bonne lumière du sens frémissant d'êtres et de poésie aux enfants d'aujourd'hui qui joueront encore et toujours au pied de la falaise de Bandiagara avec les étoiles.

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Dimanche 3 juillet 2011 7 03 /07 /Juil /2011 11:56

            A toi Nafissatou ma petite soeur violée du Bronx... plus que jamais solidaire avec toi et ceux qui comme tu le fais se battent contre leur puissance de mort... Nous savons ce qu'ils sont et de quoi ils sont capables avec leur fric avec leurs armes avec leur haine et leurs tueurs...

            Un jour nous le ferons ensemble ruisselant de bonté et de beauté ce monde sans eux... C'est pour bientôt ! Courage ma soeur !...

Un monde sans eux

revolte-petit.jpg

Mardi, 16 mai 2011

A Ophélia petite sœur violée du Bronx

A Nafissatou Diallo

Ophélia petit soleil qui sort du fleuve

Ophélia petite sœur ton cri c’est le mien

Nous défions ensemble leur sjambok dressé

Notre sang mêlé ce matin ta peau est neuve

Ophélia petite âme comme le tam‑tam

Des griots nos pères mon cœur bat et danse

La ville se réveille et toi tu n’as pas peur

La ville c’est un bloc de soucis et d’odeurs

Ton destin s’écrit là de sueur et de peine

Sa douleur est mûre comme une mangue douce

Le chant des cotonniers halète et se déchaîne

Notre jus va gicler dans la gorge du jour

Astre nouveau armé d’une lance qui pousse

Ton jeune corps dehors non tu n’es plus leur proie

 

Ophélia petite sœur tes pleurs sont les miens

Sur la coupe pleine se serrent nos mains

Ophélia petite ombre tu es le brandon

Arbre de feu chalumeau de notre colère

Ophélia petite guerrière de l’asphalte

Et du Bronx seule étonnée tu ne t’enfuis pas

Tu fais face à leurs couteaux de cérémonie

Ta tristesse se trempe à cette chair d’ébène

Qu’ils fouillent plaies gaspillées tes flancs percés

Pour les mettre au monde renient la puanteur

De leurs paroles poissons crevés dans la nasse

De la ville où veillent violeurs macs tondeurs

Et les familles précieuses des grands chasseurs

Dans les quartiers pauvres le gibier est gratuit

 

Ophélia petite sœur ton nom c’est le mien

Fiché comme un flambeau devant la porte noire

Ophélia petite enfant sacrée du fleuve

Tu remontes sur la rive nue insolente

Tes poings ne sont liés à aucun serment

De nourrir leur fringale de viande et de sel

Ophélia ma sœur fragile mon errante

Haute et fermée la porte des palais pour nous

Où ils marchandent le sang du sacrifice

De notre force enfouie sur les autels barbares

Ma sœur des rues notre bienveillance demeure

Pour la terre souillée par leurs soldats en rut

Qui s’abreuvent aux mamelles des louves folles

De guerres de fric de fureur et de ruines

 

Ophélia petite sœur des blancs oasis

Ophélia petite île où accostent au bout

De tant de matins las nos pirogues chargées

De butins de hontes et d’offenses cachées

Petite sœur perdue au large des rumeurs

Je viens me reposer de nos combats muets

Je viens poser ma tête sur tes seins en fleurs

Et écrire le chant des griots impatients

De lenteur qui berce ta détresse et la mienne

Ophélia petite sœur autour de toi le fleuve

Continue d’emporter leurs cadavres offerts

Aux dents des crocodiles bleus tes serviteurs

Ophélia petite sœur merci pour le rêve

Afrika.jpg

De la puissante douceur d’un monde sans eux.

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Mardi 21 juin 2011 2 21 /06 /Juin /2011 23:24

J'ai eu envie d'offrir ce poème à l'été et à la jolie planète bleue tellement malmenée qui malgré tout nous offre ses moissons et ses fêtes pour nous enchanter avec sa patience et sa bonté maternelle à notre égard depuis un sacré bout de temps...


Destinée d’araignéeVisage-d-tail.jpg

Epinay, Dimanche, 22 juin 2008

 

File file petite araignée

L’étrange fil de ma destinée

Ton recoin obscur rare au soleil

Pétille de savanes sans pareilles

 

Ton chemin sous l’argent et les palmes

Englouti jette des grappins calmes

Sur mes mangroves d’argile naines

Sur mes marigots graves à la traîne

 

Toi tisseuse de lisse nocturne

Et moi ravisseuse des cothurnes

Ecarlates des chats de Sumer

Ou d’Abyssinie troussons des chimères

 

Des caféiers d’Erythrée qui glissent

Liqueur d’ébène sous nos pelisses

Qu’aux yeux des fillettes on se pare

De rimmel d’or noir de khôl de Harrar

 

Vers l’Arabie heureuse acrobate

Sur ton filin frêle je me hâte

Les feux sourds d’Orient nous fiancent

Leurs laines nous vêtent d’outre nuances

 

File file petite enchantée

La quenouille nue de nos étés

Comme les femmes le coton noir

D’Aden je rembobine notre histoire

 

Tu sais seule les sources nomades Petite-pomme-main.jpg

Donnant naissance à nos promenades

Indigo teinte nos labyrinthes

Et boit la rosée des cités éteintes

 

Dans mes pas de géante tu tends

Ta corde à linge et la lune y pend

Ses draps où dorment des photophores

Gouttes d’eau vertes qui sont nos trésors

 

Toi ouvrière inconnue des contes

Ton attente reine à tout s’affronte

Tu défais le jour au pas des nuits

Ta navette noue du rêve à l’ennui

 

Quand tes doigts fins trament mes roseaux

Mes burineurs d’aveux ton fuseau

Défie mes chants outrage tu changes

Mes frissons d’encre rageurs sous tes langes

 

Chevalière des licornes grises

Par le lacet des frondes surprises

Tu cardes des chardons hérissonsPetite-pomme.jpg

Bleus les cris des hommes à l’unisson

 

File file petite araignée

Sur le sol de cuivre dédaigné

Danse l’écheveau de ton escorte

Guérisseuse de mon chagrin d’eau forte

 

File file petite araignée

L’étrange fil de ma destinée

Que nous ne cessions de relier

L’obscure clameur des voix oubliées.

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