Ecrire sur la peinture ma presque unique passion aujourd'hui c'est ce que je voudrais
faire et je n'en aurai peut-être plus la force... Reprendre les crayons et les pinceaux un de ces jours sans illusions cette fois-ci rien que pour voir...
Le Caravaggio... un des peintres qui m'a de toujours fascinée... mais il y en aurait si
tellement à citer... El Greco... Michelangello... Rembrandt... Goya... Boticelli... Veermer... Vinci... L'Italie l'Espagne la Hollande... Les plus grands qui possédaient cette technique
incroyable... Les glacis les sfumato les résines les huiles cuites les vernis...
Mais le Caravaggio c'est autre chose encore à cause du clair-obscur comme Rembrandt...
Je connais quasi toutes ses toiles par coeur et pourtant il y a longtemps que je ne vais plus dans les Musées... Mais mes bouquins d'art sont toute ma richesse tant qu'on ne vient pas me les
prendre aussi... Et dès que j'en ouvre un alors le délire me prend... Et ça donne des choses comme ça...
A-fresco
“ Les lèvres (lavées de la mort) gorgées de mots
Elles donnent naissance aux fils multiples de la race sans Père.”
J.Sénac Le Mythe du Sperme Méditerrannéen
Sous un porche la vie m'attend
Dans sa chevelure de laine rouge
De tout mon corps qui s'efface
Je lui laisse la place
Sous la pluie elle se jette en sautillant
Enveloppée dans la laine rouge de sa chevelure
Mon corps mouillé la regarde danser
Et s'éloigner de porte en porte
Comme une enfant qui joue
Avec son ombre que le jour emporte
Sous un porche l'amour m'attend
Avec son masque de jeune loup
Son masque de soie rouge
Mon cœur qui cherche un chemin pour traverser
Entre les gouttes de pluie lourdes
Comme des gouttes de plomb
Sans être vu par les bradeurs d'éternité
Se cache derrière le masque de jeune loup
Et s'enfonce sur la pointe des pieds
Dans les draps de soie rouge
Que ses amants solitaires offrent à la nuit
Sous un porche la mort m'attend
Avec sa verge de velours rouge
Dressée démesurément comme un sucre-d'orge
Et prête à me faire rendre gorge
A coups de poings A coups de pluie
De tout mon sexe tambour battant
La retraite entre les échafaudages géants
Où le petit homme noir de Florence joue
A me refiler une encablure de viande morte
Je repousse son désir de velours rouge
Qui étale son enduit d'éternité
Et s'égoutte d'un pinceau rageur
Je bouscule les Sibylles et les Géants
L'immortalité a fait son temps
Sous un porche la vie m'attend
A pleine bouche de jeunes garçons
A pleins baisers de corps volés à de vieux mecs
Tu ne crois pas que je vais passer ma nuit à poser
Dans ton atelier où la pluie dort
A l'abri des flaques de marbre
Alors qu'ils jettent sur moi
Leur toison de laine rouge
Et m'affichent fièrement
Dans le plâtre frais des tours
Vivante je suis la bouture cerise
De leur chair matinale
Sous un porche l'amour m'attend
Comme un gamin sur un trottoir escroc
Rappeur de pluie Lapeur de lune
Peu importent les sillons d'écorce qui nous séparent
Je lui retirerai son masque de soie rouge
Et la pluie remontera sur nous
Sa couverture de doigts
A pas de jeune loup
Les souffles écarlates des peintures cuisantes
Nous ont marqués au cou
D'une même naissance
Je giclerai lueur
Dans le cœur de sa nuit adolescente
Sous un porche la mort m'attend
Avec sa main de dieu comme un sexe bâtard
Qui façonne ma course à l'intérieur des pierres
Et lui cloue sa comète sur la voûte du temps
A fresco Je veux ma vulve comme un trou
Dans un ticket de métro
Je veux ma bouche comme la lune
Dans les miroirs ouverts
A fresco Je veux mes lèvres comme un glaïeul
Sur la verge de velours rouge des jeunes garçons
Qui se taillent à même la chair
De ma grossesse obscure
Un costume d'urgence fragile et dénudée
Refusant d'être mes fils
Sans plus attendre.
Commentaires